Guide des émotions
Par Michelle Larivey, psychologue
Ressources en Développement

La reconnaissance
Une pseudo-émotion

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Synonyme

  • gratitude

Des exemples

  1. Je suis reconnaissant à mon père du grand respect qu'il a toujours eu à mon égard. C'est en partie de lui que je tiens le courage de me respecter dont je fais preuve aujourd'hui.

  2. Ces gens ont été d'une générosité inouïe à mon égard alors que rien ne les y obligeait. J'ai énormément de gratitude à leur égard et je voudrais leur rendre la pareille.

Qu'est-ce que la reconnaissance ?

Être reconnaissant c'est reconnaître que l'on est redevable à un tiers qui nous a procuré un bienfait. La reconnaissance est une opération de l'esprit: c'est une évaluation. Cette appréciation est toujours accompagnée d'une certaine dose de contentement.

La reconnaissance suscite parfois de l'affection. Le bienfait reçu de cette personne est si précieux à nos yeux qu'on aime cette personne de nous l'avoir procuré.

La reconnaissance implique toujours un mouvement pour souligner l'importance de ce qu'on a reçu. C'est une expérience qui génère de la générosité. Dans certains cas, on veut remercier celui qui nous a donné: "j'ai un grand respect pour mon père et j'aimerais lui faire des faveurs en reconnaissance de ce qu'il m'a apporté". Dans d'autres cas, on veut faire bénéficier d'autres de la chance qu'on a eue: "je me trouve privilégiée d'avoir eu la chance d'étudier et je désire donner aux jeunes des opportunités comparables à celles que j'ai connues".


Reconnaissance et gratitude

La gratitude est aussi une forme de reconnaissance à l'égard d'une personne vis-à-vis de laquelle on se sent obligé. Il y a dans la gratitude une impression d'obligation. L'exemple #2 illustre bien cette distinction d'avec la reconnaissance (exemple #1). Je considère comme normal que mon père se soit comporté comme un bon père, bien que je me trouve privilégié. Je ne suis pas "obligé" à son égard. Par contre, les personnes qui m'ont hébergée, elles, n'avaient aucune obligation de le faire avec tant de générosité. Avec elles j'ai l'impression d'être en dette.


À quoi sert la reconnaissance ?

L'idée de privilège

L'expérience de reconnaissance met en évidence un apport que l'on considère précieux. Elle implique toujours un tiers, qu'on tient pour responsable de cet apport. Elle peut susciter une gamme d'émotions.

Pour que l'expérience de reconnaissance soit complète, il faut l'exprimer à la personne concernée. Une telle expression, de manière ouverte et directe donne souvent une impression de plénitude. C'est une occasion de mettre en lumière des liens importants qu'on a gardés jusqu'ici plus ou moins dissimulés. Cela permet habituellement un rapprochement affectif entre les personnes concernées.

Par contre, la personne qui fait des faveurs sans jamais exprimer directement sa reconnaissance reste dans une impasse. Elle ne peut atteindre par ce moyen l'équilibre recherché. C'est ce qui explique la multiplication des tentatives et leur insuccès caractéristique.


Reconnaissance et regrets

Lorsqu'on ne s'est pas donné l'opportunité d'exprimer et de tenir compte suffisamment de sa reconnaissance on éprouve généralement du regret. On se sent en déséquilibre face à la personne dont on est tributaire. On regrette aussi parfois qu'il soit trop tard pour la lui manifester concrètement. On demeure donc avec l'impression d'une expérience incomplète. Il s'agit d'une expérience qui a été partagée dans une première partie, lorsqu'on a reçu. Mais elle ne l'est pas dans un deuxième temps, lorsqu'on réalise toute l'importance de ce qu'on a reçu. Dans le cas de la reconnaissance le besoin de montrer son appréciation n'est pas un devoir, mais bien un élan de l'intérieur.


L'expression de la gratitude

Il y a une certaine subtilité dans la différence entre la reconnaissance et la gratitude. Elle se manifeste aussi dans la nécessité d'expression ou de réaction. Ainsi, on a l'impulsion d'exprimer sa reconnaissance pour compléter cette expérience. Dans le cas de la gratitude, c'est différent: on a besoin de dédommager ou de compenser pour rétablir l'équilibre. C'est comme si dans le premier cas on se devait à soi-même d'être expressif alors que dans le cas de la gratitude on "doit quelque chose" pour avoir une impression d'équité.



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Couverture du livre
Voyez aussi:

La puissance des émotions
Par Michelle Larivey

Éditions de l'Homme, 2002
ISBN 2-7619-1702-2
334 pages, 26.95 $can

Préface Jacqueline C. Prud'homme, ts
psychanalyste, thérapeute familiale
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