![]() Par Michelle Larivey, psychologue Ressources en Développement |
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| Les quatre types d'expériences émotives | Pour explorer d'autres expériences émotives! | Des exemples
Qu'est-ce que le ressentiment? Le ressentiment s'apparente à la rancune; les deux expériences s'organisent autour d'une colère conservée. Celle-ci n'est pas toujours présente à la conscience, mais on y réfère de temps en temps, ce qui réveille l'animosité. En plus de cette colère statique, le ressentiment renferme une importante tristesse. Cette dernière est cependant peu apparente, car la colère lui sert de paravent. Comme la rancune, le ressentiment résulte d'une colère avortée et s'applique à un événement qui est terminé. Cet événement peut être récent ou appartenir à un passé lointain. Contrairement à la rancune, qui est surtout statique, le ressentiment est une expérience qu'on pourrait qualifier de "vivante". En effet, la personne qui l'éprouve conserve précieusement sa colère et va même jusqu'à la cultiver en ramenant à sa mémoire les faits qui l'ont déclenchée. La tristesse, par contre, est ignorée autant que possible, comme si la ressentir pouvait diminuer la colère à laquelle on ne veut pas du tout renoncer. Le ressentiment se caractérise aussi par le fait qu'il s'appuie sur la perception d'une d'injustice. C'est à cause de cette perception que celui qui l'éprouve ne veut pas se départir de sa colère. Ne pas conserver son ressentiment serait à ses yeux une façon d'endosser l'inacceptable. De plus, il désire empêcher le responsable de cette injustice de se sortir indemne de la situation. Cet objectif se manifeste souvent par une recherche de vengeance qui n'a pas de fin. À quoi sert le ressentiment? D'abord, il faut savoir que le ressentiment est toujours un choix (éclairé ou non). C'est souvent l'option la plus facile pour celui qui ne sait pas que sa colère pourrait être traitée différemment. Dans plusieurs cas, ce choix devient délibéré; il sert alors à conserver intacte la mémoire de ce qui l'a choqué. Le choix du ressentiment contient en plus une volonté de ne pas exprimer la colère et la tristesse de façon complète, directe et avec leur intensité. C'est surtout le cas lorsqu'on éprouve le ressentiment envers des personnes qu'on côtoie encore. (Cela pourrait sans doute s'appliquer aussi à des situations historiques comme celles du dernier exemple.) En refusant cette expression, nous maintenons notre ressentiment dans notre expérience présente. Autrement dit, nous portons une colère étouffée et une tristesse larvée dans notre contact avec ceux à qui nous en voulons. Voici quelques exemples.
De même, c'est avec une colère froide (sans expression complète de mes vrais sentiments) que je ne cesse de faire "payer" mon ex-mari pour l'affront et l'injustice qu'il m'a fait subir (exemple 2). Je me sers alors de toutes les astuces permises par la loi pour m'assurer qu'il n'emporte pas son geste en paradis. J'agis ainsi parce que je considère comme déloyal son choix de se séparer de moi et de se lier à une jeune femme; une injustice à l'égard de la femme vieillissante que je suis. Je ne veux pas ajouter à l'humiliation que je subis déjà en exprimant la colère et la tristesse que j'éprouve. En résumé, on pourrait donc dire que le ressentiment nous sert à maintenir la force de notre colère et de notre lien émotif avec une expérience passée. Mais en même temps, cette fidélité à notre colère nous maintient dans une position de fermeture et de tristesse tout en nous interdisant tout nouveau contact qui pourrait être réparateur.
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