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Les quatre types d'expériences émotives
| Pour explorer d'autres expériences émotives! |
Des synonymes
- peine
- chagrin
- douleur émotive
Des exemples
- Je suis triste aujourd'hui. Je n'ai aucune idée de ce que j'ai car tout va bien dans ma vie.
- Quelqu'un me fait une gentillesse et je deviens vaguement émue, puis triste.
- J'assiste aux funérailles d'une cousine lointaine. J'ai beaucoup de peine.
Qu'est-ce que c'est ?
La tristesse est une émotion simple. Elle révèle un manque de nature affective. Je suis
triste de la perte d'une personne, d'un animal, d'un objet qui a une valeur affective.
J'éprouve de la tristesse lorsque je rate une occasion importante. Je me sens triste
quand je suis privée de quelque chose qui a de la valeur à mes yeux. Ma tristesse
révèle alors la présence d'un besoin affectif.
La tristesse est d'autant plus intense que la perte ou le manque est subjectivement
considérable. Il est impossible de faire une liste exhaustive de tous les manques ou
les besoins affectifs que la tristesse peut révéler. Il en est de la tristesse comme de
toutes les émotions, c'est en la ressentant complètement qu'on obtient une
information précise.
- La tristesse que j'éprouve aujourd'hui est le signe que je suis "en déficit" au plan
émotif. En demeurant dans la tristesse, je découvre que le départ de mon collègue me
prive du seul support que je trouvais au travail. Depuis une semaine qu'il a quitté
l'entreprise, je n'ai pas été sensible à son absence et je n'ai pris aucun moment pour
m'arrêter à ce que cela me faisait. Mais ce matin j'ai eu besoin de lui... c'est maintenant
que je me rends compte que son absence me bouleverse. Et c'est ce matin que je me
rends disponible à ressentir ma tristesse devant la perte que son départ représente.
- J'éprouve d'abord de la joie devant la gentillesse du geste mais rapidement, la
tristesse prend le dessus. En me laissant aussi vivre ma peine, j'ai accès à quelque
chose dont je suis rarement conscient: mon besoin de douceur... une douceur qui
pourrait me donner l'impression d'être important pour un autre. Cela m'arrive, à un
moment inattendu; j'éprouve de la joie, mais surtout, toute la tristesse accumulée
durant une longue privation.
- Il est bien clair que ma tristesse n'est pas en rapport avec cette cousine lointaine.
Défilent dans mon esprit, les images de mon frère, mort il y a plusieurs années... c'est
cette tristesse que je n'ai jamais vécue complètement qui remonte.
Colère vs tristesse
Consentir à la tristesse c'est accepter une certaine vulnérabilité. Ceux qui craignent
leur sensibilité peuvent transformer la tristesse en colère. Ils se concentrent alors sur
l'objet, la personne ou l'événement qu'ils considèrent responsable de leur frustration
et l'attaquent (en pensée, en parole ou en action). On peut devenir obnubilé par ce
qu'on juge être le responsable de notre insatisfaction et perdre tout contact avec le
besoin. Ce genre de détournement de l'attention donne lieu à des joutes
interpersonnelles aussi stériles qu'interminables.
Tristesse vs colère
D'autres personnes sont inconfortables avec la colère ou l'affirmation. Elles ont
tendance à pleurer lorsqu'elles sont en colère ou en proie à la rage. La partie de
tristesse qu'il y a alors dans les pleurs traduit à la fois la frustration et l'impuissance à
obtenir satisfaction.
À d'autres moments, la frustration prend l'allure d'une plainte teintée d'hostilité. Ce
genre de détournement donne lieu à des impasses car en nous affaissant au lieu de
confronter ce qui est responsable de notre frustration on évite de canaliser l'énergie
là où il serait efficace de la diriger. (Voir l'article: Affirmation et agressivité.)
À quoi ça sert ?
La tristesse est présente lorsqu'on est privé d'une nourriture affective importante.
Elle nous informe donc de l'importance ou de la présence d'un besoin affectif.
Les personnes qui sont tristes sur le même sujet, depuis longtemps, ont tendance à
se plaindre du fait qu'elle ne disparaît pas. On entend souvent des protestations du
genre: "Depuis le temps que je pleure sur ce sujet, ma tristesse devrait être épuisée!"
Il faut mal comprendre en quoi consiste la tristesse pour faire une telle affirmation.
C'est comme si je croyais que le signal lumineux indiquant un faible niveau d'huile
dans ma voiture devrait s'éteindre après un certain temps. S'il s'éteint, je risque de
brûler mon moteur!!! C'est le rôle de la tristesse de demeurer là comme signe que le
besoin est toujours en souffrance. Si elle disparaissait, je serais en danger!
La tristesse perpétuelle
La présence perpétuelle de la tristesse n'est que le signe que le manque affectif
persiste. Ma tristesse demeurera et s'amplifiera si, par exemple, je ne cherche pas une
nouvelle relation aussi nourricière lorsqu'une personne importante disparaît de ma
vie.
Si je demeure en déficit trop longtemps, le ou les manques auront toutes sortes de
répercussions dans ma vie. Je sentirai que l'énergie me fait défaut et j'aurai de moins
en moins d'enthousiasme à entreprendre des choses qui pourraient m'apporter de la
satisfaction. Comme c'est la satisfaction qui est responsable de l'énergie psychique,
je me trouverai dans un cercle vicieux: être en besoin et n'avoir ni le goût, ni l'énergie
de faire ce qu'il faut pour m'en sortir.
Pour en savoir plus sur les quatre types d'expériences émotives!
Pour explorer d'autres expériences émotives!
Voyez aussi:
La puissance des émotions
Par Michelle Larivey
Éditions de l'Homme, 2002
ISBN 2-7619-1702-2
334 pages, 26.95 $can
Préface Jacqueline C. Prud'homme, ts
psychanalyste, thérapeute familiale
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