Par Michelle Larivey, psychologue Ressources en Développement |
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| Les quatre types d'expériences émotives | Pour explorer d'autres expériences émotives! | Des exemples
Qu'est-ce que la violence ? La violence est synonyme d’agressivité à outrance. Elle a la même étymologie que “violer” c’est-à-dire, enfreindre les limites. La violence consiste à agir sur quelqu’un ou à le forcer, contre sa volonté, en utilisant la force physique ou psychique. L’usage de force se fait en frappant ou en intimidant, en infligeant des blessures physiques ou morales. De plus, il y a une forme d’abus ou de tricherie dans la violence. Cette fourberie est vécue comme une trahison lorsque c’est un proche qui nous violente.
De même, le conjoint battu ne peut plus donner sa confiance à son partenaire. Ce dernier a abusé de sa force pour obtenir ce qu’il voulait, trahissant ainsi le contrat implicite d’égalité entre eux.
Il faut déployer beaucoup moins d’énergie pour faire perdre l’équilibre à un vieillard ou à un enfant en le rudoyant. Mais il s’agit d’un acte violent parce que ceux-ci ne sont pas “objectivement” de taille pour résister ou se défendre. Par contre, pousser vigoureusement son mari ou sa femme sous l’effet de la colère, n’est pas un acte de violence dans la mesure où il s’agit de deux adultes capables d’absorber ce coup. Mais administrer une claque à la figure de son mari ou de sa femme pourrait sûrement être considéré comme violent. Ce n’est pas parce qu’ils sont physiquement incapables de l’absorber mais parce que le geste est humiliant; parce qu’il atteint l’intégrité psychique. L’atteinte à l’intégrité est un peu plus facile à déterminer. Le boxeur se fait molester, mais cela fait partie des règles du jeu. Sa personne n’est pas vraiment la cible des coups. Par contre, le joueur de hockey qui reçoit un coup de bâton à la figure est victime de violence. Le coup est une intrusion qui n’est pas autorisée par les règles du jeu et ne fait pas partie des attentes normales de celui qui choisit de jouer au hockey. Ces distinctions mettent en lumière le fait qu’une personne puisse être violentée sans que le geste qui en est la cause ne soit vraiment violent.
À quoi sert la violence? La violence est un moyen d’obtenir quelque chose qui nous échapperait autrement ou qui nécessiterait une plus grande dépense d’énergie. C’est un moyen d’arriver à nos fins en nous appuyant non pas sur nos propres forces, mais sur la faiblesse ou la vulnérabilité de l’interlocuteur. Il est plus facile de renverser une vieille dame pour lui voler son sac à main que de travailler pour gagner l’argent que nous lui arrachons. La personne colérique m’utilise lorsqu’elle est très choquée plutôt que de faire l’effort de bien identifier ce qu’elle vit et d’en cerner l’importance pour elle (exemple 1). Au lieu de me donner accès à elle, ce qui l’impliquerait beaucoup émotionnellement, elle choisit de se venger en me blessant, ce qui fait de moi la personne la plus impliquée. Elle peut ainsi libérer une partie de sa charge émotive sans se rendre vulnérable. Mais au lieu d’émettre cette charge émotive elle-même, elle se sert de l’intensité provoquée chez moi pour passer son message. C’est un message qui passe rarement de cette façon, toutefois. L’exemple 4 illustre la même chose. Avec la peur répandue des émotions intenses et le règne du “politiquement correct”, le terme violence est galvaudé dans les rapports interpersonnels. Les limites “objectives” étant difficiles à déterminer, on y introduit toutes sortes de distorsions et même d’abus. Par exemple, c’est parfois notre incapacité de recevoir (ou ressentir) de l’agressivité qui nous amène à qualifier de violent un propos ou une personne. Mais la peur de la colère est-elle une limite réelle? Si elle l’est pour celui qui la vit, doit-elle le devenir nécessairement pour ses interlocuteurs? Dans un rapport sain entre adultes, la réponse est négative. Mais il n’est pas facile de tracer la ligne. La capacité d’un enfant de recevoir de la colère n’est pas la même que celle d’un adulte mais quelle est la différence exactement? La capacité d’un nourrisson est nulle. Mais quelle est vraiment celle d’un enfant de cinq ans? Lorsque nous tentons de museler la colère de quelqu’un parce que nous en avons peur, nous abusons de l’impopularité de ce terme. Et, paradoxalement, nous faisons alors nous-même acte de violence. Pour éviter de montrer notre vulnérabilité, nous tentons de contraindre l’autre à s’abstenir de s’exprimer d’une façon émotive. Il est souvent tentant de contrôler l’autre son je suis impressionnée par son intensité (exemple 2).
Cette distinction est extrêmement importante parce que la peur de l’intensité peut nous faire rejeter l’expression intense chez les autres (et chez nous-mêmes bien entendu). Or se priver d’une expression intense de colère, ou en priver les autres, c’est se condamner à ne pas pouvoir régler à fond nos conflits et partant, à garder sur le coeur des sentiments qui nous minent et détruisent nos relations. Pour plus de détails sur la nature de la colère et la place de l’expression, voir “Agressivité et affirmation”, et “L’expression qui épanouit”.
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