Errance et mépris


Inspiré par la réapparition inéluctable, dans nos relations,
des besoins affectifs insatisfaits


Mille fois je suis restée sans voix.
Mille fois je suis restée figée
devant ton regard courroucé.

Mille fois je t'ai craint,
clouée sur place
... par ton regard de glace.

Mille fois j'ai réprimé mon chagrin.
Je me suis tue...
le coeur en désarroi.

Mille fois je suis restée sans voix,
j'ai ravalé ma rage
pour avoir l'amour en partage,
mais, le silence gonflait mon désarroi.

Mille fois je me suis tue
devant ton refus,
le coeur plus lourd
de jour en jour.

Mille fois tu m'as répété
de ne pas te déranger.
Mille fois comme du venin,
cette phrase faisait son chemin
et rendait mon coeur de plus en plus en chagrin.


Mille fois tu m'as repoussée.
Je me suis sentie dévastée.

Ton regard furieux me transperce.
Mon coeur bat la chamade
en attendant l'estocade.
Tu me mets à mort
comme un agneau sans défense,
à qui il ne restera que l'errance.

Milles fois je me suis tue,
contenue par l'espoir...
mue par ce besoin
jailli de mon sein

... m'approcher de toi
reposer ma tête sur ton sein
... tout mon être en a besoin...
Mais tu sèmes le désarroi
en te détournant de moi.

Le coeur chagrin,
je m'abîme en mon sein.
Tu me tues
par tes refus.

Le soleil, la douceur,
ont soudain un goût a-mère.
Tout est sans attrait dans mon univers.

Mille fois je suis restée sans voix,
jusqu'à l'abattement total
dans ce désert glacial,
jusqu'à souhaiter la mort...
pour échapper à mon triste sort...
totalement dévastée
ma voix reste sans portée,
ensevelie sous le poids du désarroi.

Le coeur et la chair en lambeaux
mourir comme un agneau,
comme une bête écorchée.
Mourir enfin,
immolée par ton venin.

Les coups ont porté
je suis atterrée.
Un voile opaque
me sépare du monde.
Tout est obscur et ténébreux
je suis coupée de ce monde insensé.

J'ai baissé les bras,
mon corps avait soif de toi.
Je m'éteins
le coeur chagrin.
Tu me refuses ton sein,
je plonge dans un gouffre sans fin.

Assaillie d'un vertige
mes sens se figent.
Incapable de comprendre mon émoi,
je vacille coupée de toi,
... tout se voile et l'esprit confus
complètement déboussolée par tes refus,
je perds pied...
je suis désemparée.

La peur, la terreur et le froid
soudain s'emparent de moi.
Tout bascule.
Ma vie vole en éclats
sous le son de ta voix
«Achale-moi pas».

Je perds pied.
Où me mènent mes pas,
si ce n'est vers toi?

Atterrée, déboussolée,
désormais je vais porter ma rage
comme un ours en cage.
Ma vie a changé de cap,
je pleure et je meurs sous cape.

Une longue errance
entrecoupée d'extravagances:
je cherche ma voie,
coupée de ma voix.

Que je cris, que je hurle,
mon sein toujours brûle.
Mon cri reste sans empathie,
les gens autour je meurtris
et de plus en plus je m'aigris,
coupée de ma voix,
en cherchant ma voie.
Restée sage, je bouts de rage
j'ai colporté ton venin:
Tu m'as donné la vie
et tu l'as nourri de mépris.

J'ai semé à tout vent
comme un germe de mort,
le sperme de mon tourment
pour te mettre à mort.

Je t'ai cherché dans les bras de
Gabrielle à la douce voix
à qui j'ai prêté vos voix, vos choix.

Gabrielle au regard bleu si affectueux,
... qui suscite tout un émoi.
Gabrielle qui ne se doute pas
de cette rage que je porte en moi.

Gabrielle à la peau de satin,
devant qui je deviens pantin.

Gabrielle qui tire les ficelles
comme une implacable ritournelle.

Gabrielle à qui je me sens liée en mon sein.
Gabrielle qui me replonge dans les eaux troubles du désarroi.
Gabrielle avec qui je me débats.

Après quelques ébats,
je reste sans voix.
Toujours je cherche ma voie.

Gabrielle ma vie vole en éclats.

Gabrielle je te claque la porte,
frustrée par nos amours mortes.

Gabrielle tu provoques la rage
de l'ours en cage.

Gabrielle devant toi,
désemparée,
je revis mon amour frustré.

Gabrielle tu me tues,
tu me laisses sans voie.
Je cherche ma voix
pour retrouver la voie.

Complètement perdue,
je te quitte.
Je survis en ermite.
Je te quitte,
je cherche ma voie.

Pour mettre fin à l'errance
de l'agneau sans défense,
pour libérer l'ours en cage
et continuer le voyage,
je cherche terre et asile
pour reprendre pied,
pour retrouver ma voix.
Je cherche une terre fertile
capable de me porter.

Une terre où les cris de l'ours en cage
pourront faire bon ménage
avec les pleurs de la brebis sans défense
pour mettre fin à l'errance,
et redonner vie à l'agneau immolé.
Une terre fertile pour sortir de l'exil.

Une terre qui accueillera mes vers,
peut-être malhabiles
mais jamais futiles,
Une terre pour me libérer de toi ma mère,
et apaiser enfin mon tourment.

Voici la complainte, maman
de l'enfant qui s'est tue.
Au-delà du silence,
enfin m'entendras-tu?
Maman


Jour après jour
tu me sers la même rengaine
ma coupe est pleine.

Ton courroux m'écroue.
Je sonne la charge
pour te mettre en marge.

De mes demandes tu te moques.
Gonflée à bloc,
de la soumission je défroque.
À quoi bon chérir la vertu
si jour après jour je subis ton refus.



Par Louise (lalou01@hotmail.com)

2 avril 1999


Menu
ReD Tous droits réservés © 1999 par Ressources en Développement inc.
Nous n'exprimons aucune opinion concernant les annonces google
Si vous voulez reproduire ou distribuer ce document, lisez ceci
Communiquer avec ReD