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Les psychologues humanistes !










L'anxiété et l'angoisse,
les Vigiles de l'équilibre mental


Par Michelle Larivey , psychologue


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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?

Question: Les vieux problèmes

Est-il encore possible de découvrir ce que l'on repousse lorsqu'on est angoissé depuis de nombreuses années? Il me semble que le problème doit-être tellement enfoui. D'ailleurs, j'ai beau me poser la question, rien ne me vient.

Réponse

Oui, c'est possible. J'ai de multiple exemples qui en témoignent. C'est possible parce que l'angoisse est le résultat du fait qu'on repousse quelque chose qui cherche à émerger 'dans le présent'. Il se peut qu'il s'agisse d'un sujet que vous tentez d'écarter de votre conscience depuis longtemps. Il se peut que ce soit un nouvel aménagement de ce sujet, dans le présent. Quoiqu'il en soit, en devenant ouvert à ce qui vous 'tracasse', vous l'identifierez. Cependant, il faut être réellement disponible à la réponse qui cherchera à apparaître.

Se poser réellement la question

Que signifie 'être réellement disponible'. La disponibilité est l'attitude que l'on adopte en s'interrogeant. Il faut savoir que ce n'est pas parce que la phrase est énoncée sur un ton interrogatif qu'il s'agit pour autant d'une question. 'Qu'est-ce que j'ai, donc?' n'est pas une question mais bien une protestation. La véritable signification de cette pseudo-question est: 'cette angoisse me contrarie, je ne devrais pas la ressentir!' Inutile de dire qu'une question qu'on se pose sur ce ton n'entraînera aucune réponse. C'est parce que je ne cherche pas réellement une réponse lorsque je la prononce.

Une autre variation de cette simili interrogation, fort populaire aussi, est la suivante: 'quel est donc mon problème?' Ici, c'est le 'donc' qui fait toute la différence entre une question réelle et un 'blâme'. Le ton dit que la réponse ne m'intéresse pas. En fait, je suis choquée contre moi de me trouver dans cet état.

Au besoin, examiner ses résistances

Si c'est de cette manière que je m'interroge, il serait plus utile que j'examine mes 'objections' à éprouver cette angoisse. C'est seulement après avoir fait une certaine place à mes 'résistances' que je deviendrai disponible à laisser émerger ce qui me préoccupe. Lorsque je serai devenue disponible, la question deviendra: 'quel est le sujet que je repousse?'

Une attention toute réceptive à la réponse

Il faut être ouvert à 'toute' réponse, qu'elle nous plaise ou non. C'est difficile. Tellement difficile que sans vouloir censurer, on élimine parfois une réponse parce qu'on la juge inopportune. Souvent, la réponse apparaît sous la forme d'une idée. Une toute petite idées sans panache aucun. L'idée passera rapidement, ne laissant aucune trace si je ne l'attrape pas au passage, car j'ai l'habitude de repousser tout ce qui concerne ce sujet. Au lieu d'une idée, ce peut être une image, un souvenir, une émotion qui prendra place. Encore une fois, peut-être ces émergences seront- elles floues, sans intensité. La tentation de les banaliser à cause de cela est grande.

La meilleure méthode pour trouver la vraie réponse est de prendre en considération la première réponse qui nous vient en nous posant la question. Lorsqu'elle apparaît, il faut s'y arrêter, lui faire de la place. Pour faciliter cette émergence du sujet, on peut écrire. Par exemple, écrire tout ce qui nous passe par la tête sur le sujet qui vient d'apparaître, en évitant autant que possible de censurer. (On peut voir à ce sujet l'outil ''Journal de bord")

Il faut se rappeler que l'angoisse est le résultat d'un évitement et que même à ce stade-ci, l'évitement de notre trouvaille par la censure ou la banalisation est un danger qui nous guette.

Question: Gérer les situations imprévisibles

Je suis souvent anxieuse. Même lorsque je me demande ce qui me rend ainsi et que je règle ce que je peux régler, l'anxiété demeure. Par exemple, si je dois dîner avec des amis, je m'en fais énormément. Que vais-je choisir au menu? Vais-je bien paraître dans la conversation? Serai-je assez intéressante pour que ces gens aient encore envie de me rencontrer. De grâce, dites-moi comment m'en sortir. Ces situations imprévisibles me rendent folle et j'en ai assez de me terrer pour éviter l'angoisse qu'elles m'infligent.

Réponse

Les deux préoccupations qui vous empoisonnent ne sont pas de mêmeimportance. Le choix du menu me semble secondaire, d'autant plus que de décider une semaine d'avance de ce que vous désirerez manger est une mauvaise idée. La deuxième préoccupation est d'un autre ordre. Il semble que vous ayez peur de l'effet que vous ferez, probablement peur de ne pas être à la hauteur des attentes de vos amis. Ils sont importants pour vous et vous ne voulez pas faire mauvaise figure, être inintéressante, et risquer ainsi de les perdre.

J'ai retenu votre question parce qu'elle est typique des personnes anxieuses. Ces personnes sont persuadées que si elles arrivaient à tout contrôler, leur vie serait un paradis. Elle n'arrivent pas à tout contrôler bien sûr et leur vie est un enfer. Comment pouvez-vous, en effet, vous préparer suffisamment pour avoir une conversation qui réponde parfaitement aux attentes de vos amis, qui seront plusieurs, ignorant dans quel état ils seront ce jour-là, ce qui les préoccupera, etc?). Il y a de multiples situations pour lesquelles il n'y a aucune préparation possible, où il n'y a qu'une chose à faire: prendre le risque d'être soi-même.

Prendre le risque d'être à votre propre hauteur et voir ce que cela donne est le meilleur conseil que je puis vous donner. Si cela est très difficile pour vous, pratiquez en commençant dans des situations où vous trouvez que le risque d'être vous-même est moins lourd de conséquences et augmentez la difficulté à mesure que vous prenez de l'assurance. Pour des résultats rapides cependant, il faut prendre soin de ressentir dans ces situations et d'observer l'effet qu'on fait. Parfois même, il est utile d'interroger les gens sur l'effet qu'on leur fait.

Bon courage! Il vous en faudra. 'Qui n'ose rien, n'a rien' comme dit le proverbe.


Question: Comment aller plus loin ?

J'ai bien compris vos explications sur l'angoisse et l'anxiété. Que me conseillez-vous pour aller plus loin? J'ai déjà beaucoup lu. Ça ne me donne pas grand chose.

Réponse

Lire ne vous avancera pas plus si vous comprenez bien comment on en arrive à faire de l'angoisse et si vous savez quoi faire pour la faire disparaître. Il vous faut maintenant mettre tout ça en pratique pour identifier vos préoccupations. Ensuite, il faut prendre en main ces préoccupations si vous voulez que l'angoisse disparaisse.

Il est possible que vous ne sachiez pas comment vous y prendre pour régler le problème émergé. L'article 'À quoi servent les émotions' vous donne un aperçu du processus naturel à suivre pour s'occuper d'une préoccupation. Toutefois, la plupart des gens ont des difficultés à certaines étapes de ce processus, c'est pourquoi, ils n'arrivent pas à régler à leur satisfaction certains problèmes, habituellement les plus importants. Vous allez peut-être reconnaître vos difficultés dans la description de ces étapes.

Si vous avez de la difficulté, ou peur, de faire de la place à ce qui est en vous, le Programme Savoir Ressentir est de nature à vous aider. Il vous familiarisera à une écoute de ce qui se passe en vous et vous apprendra à ressentir précisément. Les gens qui le font en sortent avec une vie intérieure plus solide.


Question: Le problème insoluble

Je suis régulièrement angoissé. Je suis allé en thérapie, mais ça ne donne rien. Je sais quel est mon problème, mais il est insoluble. Mon problème est le suivant: je fais tout pour que mon entourage me trouve correct. J'aimerais que ma femme me donne une certaine reconnaissance. J'aimerais que mon père m'en donne, même mon fils. Mais ils s'en fichent tous! Ma femme et mon père me disent que je suis comme un enfant. Que je n'ai qu'à me la donner moi-même. Je sais qu'il faudrait que je me sépare car ma femme ne changera jamais là-dessus. Mais je ne veux pas me séparer. Alors, comme vous voyez, il n'y a pas de solution à mon problème. Je devrai donc vivre angoissé jusqu'à la fin des temps! Alors votre solution à l'angoisse...

Réponse

Vos propos illustrent bien deux choses. La première c'est que l'angoisse dissimule un problème non résolu. La deuxième c'est qu'il est possible de se paralyser en décidant de l'action à poser avant d'avoir traité le problème. Dans ce cas, on a tellement peur de la solution non désirée que l'on enterre de nouveau le problème.

Votre besoin de reconnaissance est assez fort et vivace pour avoir persévéré pendant des années. Il est essentiel de vous en occuper sérieusement. Vous séparer n'est pas une solution à votre besoin: il ne vous donnera pas la reconnaissance dont vous avez besoin. Vous donner vous-même cette reconnaissance n'est pas une solution non plus. Ce dont vous avez besoin, c'est de celle de certaines personnes, qui ont une valeur particulière à vous yeux: vos proches, épouse, père, fils. La reconnaissance que l'on se donne soi-même ou l'estime de soi est une chose, mais l'estime des autres en est une autre.

Le problème devient donc maintenant: comment aller chercher cette reconnaissance dont j'ai besoin? Vous me répondrez certainement que vous avez tout essayé, mais que ces personnes refusent de vous en exprimer.

Si j'étais votre psychothérapeute, je vous dirais que vous avez du travail à faire pour arriver à obtenir la reconnaissance dont vous avez besoin. Si vous êtes en manque depuis si longtemps, si vous butez sur les mêmes réactions des autres depuis longtemps, il y a des choses à comprendre et des choses à changer. Je vous demanderais alors de commencer votre exploration de cette question en mettant par écrit toutes les façons que vous avez déjà utilisées pour tenter d'obtenir cette reconnaissance avec chacune de ces personnes. Je vous demanderais ensuite de mettre par écrit toutes les façons que vous refusez d'utiliser pour obtenir la reconnaissance de chacune de ces trois personnes.

Une fois que vous aurez fait cet exercice, la lecture du chapitre sur le Transfert, dans le livre 'L'auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne' pourrait vous aider à mieux comprendre avec quoi vous êtes aux prises. Vous pouvez aussi consulter les articles:
Question: L'anxiété du mourant

Je travaille auprès de personnes mourantes sur une unité de soins palliatifs. L'anxiété est phénomène courant. Il s'agit souvent de personnes qui ont repoussé tout au long de leur vie les signaux d'anxiété et d'angoisse. En fin de vie, cela peut souvent prendre des proportions impressionnantes et l'énergie est limitée pour y faire face. On recours donc souvent à une médication anxiolytique. Auriez-vous d'autres pistes de solutions à proposer? On a souvent très peu de temps pour intervenir.

Réponse

Au vestibule de la mort, il me semble qu'on n'a plus rien à perdre. La faiblesse aidant, d'ailleurs les défenses tombent. Il est très certainement possible alors d'identifier ce qui nous trouble. Le personnel hospitalier qui offre une écoute entièrement réceptive à ce moment-là et qui encourage la personne à ressentir les émotions qui émergent prodigue une aide très précieuse. À mes yeux, il vaut mieux mourir en contact avec des émotions comme la tristesse et le regret, même très intenses, qu'en proie à une angoisse 'vide'. Au moins il nous est possible de mourir en s'assumant avec ce que l'on vit. On meurt alors 'en personne' et non en 'ombre' comme ce en quoi la médication anxiolytique peut nous changer.

Si le mourant est en proie à des angoisses existentielles, l'écouter réellement et lui permettre de vivre peur, révolte, tristesse ou tout autre sentiment est certainement ce qu'on peut faire de mieux. L'encourager à faire face à la réalité à laquelle il ne peut échapper, à la fois sa mort et son passé m'apparaît comme une tâche thérapeutique de grande valeur pour toute personne qui désire regarder sa vie en face. Les questions existentielles, telles la mort, la solitude, la finitude, la liberté font surgir des émotions très intenses, peut-être encore davantage quand on y est confronté de manière définitive. (Pour plus de détails sur ces défis inhérents à la condition humaine, voir le chapitre 8 de L'auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne.)

Si le mourant est tracassé par des choses qu'il n'a pas eu le temps de dire ou de faire, principalement avec les personnes importantes pour lui, il est possible de l'aider à exécuter ses volontés. Dans ce cas, l'aider à bien cerner ce qu'il a besoin d'exprimer est une première aide qu'il est facile de lui fournir. Cela fait, s'il n'a pas la force de le faire lui-même, on peut l'écrire, lui faire approuver notre formulation ou encore l'enregistrer. D'autres façons de lui permettre de mourir davantage en paix avec lui-même peuvent être de contacter les personnes à qui il veut parler, de faire les messages qu'il n'a pas la force ou le temps de faire lui même en l'assurant qu'il peut compter sur nous et de lui rapporter les réactions de ces personnes.

Bien entendu on ne peut forcer quelqu'un à fournir ces efforts. Mais au nom de la dignité humaine, il serait intéressant que le personnel hospitalier donne au mourant le choix de confronter sa réalité ou de plonger dans le brouillard. Vous avez raison de penser que les personnes qui travaillent auprès des malades dans ce genre d'institution peuvent jouer un rôle important pour permettre ce choix.


Question: Angoisse et stress

Le stress est-il la même chose que l'angoisse? Existe-t-il un lien entre ces deux phénomènes? Qu'est-ce qui les distingue essentiellement?

Réponse

Le stress est un mot générique qui réfère à la fois à la situation extérieure et à ce qu'on éprouve. On parle de situations stressantes et du stress vécu dans ces situations. On parle de stress quand l'origine du stress vécu est à l'extérieur de soi. Il s'agit habituellement de 'pressions' venues de l'extérieur même si parfois il s'agit plutôt d'événements intenses qui ont un effet néfaste sur les personnes. C'est le cas dans les expériences traumatisantes engendrant un stress post-traumatique, par exemple.

On parle de stimulation lorsque l'on compose bien avec ces pressions externes. On parle de stress lorsque l'on compose moins bien avec elles. C'est dans ce cas que l'angoisse peut survenir. Quand je souffre de stress, en effet, c'est que je ne me sers pas de mes indices pour m'ajuster dans la situation. Écouter mes indices me permettrait d'agir parfois sur les ''stresseurs'' eux-mêmes, parfois sur d'autres facteurs qui me permettraient de me nourrir suffisamment pour faire face aux exigences de la situation. N'écoutant pas mes indices, je dois les faire taire car, on le sait, ils continueront à chercher à s'imposer. Ce faisant je prépare donc le terrain à l'angoisse.

Écouter ses indices ne veut pas nécessairement dire se retirer de la situation. C'est pourtant ce que nous croyons et c'est ce qui nous empêche d'agir pour améliorer notre sort. Il n'y a qu'à penser au surfeur qui affronte des vagues monstrueuses pour comprendre que si le stress vécu est compensé par le plaisir de réussir et l'estime de soi gagnée à se dépasser il est non seulement abordable, mais nourrissant.


Pour en savoir plus:

Le stress:
causes et solutions


par le psychologue
Jean Garneau
Question: Comment trouver rapidement un bon psychothérapeute ?

Je sais que mon salut passe par une thérapie, je souhaite consulter mais en même temps, la peur d'avoir à affronter ce qui crée mon malaise me paralyse. Je voudrais trouver rapidement le bon thérapeute pour moi et pour mon type de problème, mais je ne veux pas avoir à 'magasiner', c'est- à-dire à confier ce douloureux problème à plusieurs personnes avant de trouver celle qui saura m'aider à cheminer. Ma question est la suivante: comment faire en sorte de 'tomber' sur le bon thérapeute pour moi dès le premier coup? Vous savez, je crois qu'un seul échec à cette délicate étape risquerait de me faire reculer de façon importante. Je veux mettre toutes les chances de mon côté dès le départ.

Réponse

On ne 'tombe' pas sur le bon thérapeute. Il faut le chercher. Mais il n'est pas nécessaire d'en rencontrer un grand nombre. Voici ce que vous pouvez faire.

  1. S'il y a des personnes de votre entourage qui sont en psychothérapie et que vous aimez ce qu'elles deviennent sous l'influence de celle-ci, demandez-leur le nom de leur psychothérapeute.

  2. Choisissez le genre d'influence que vous désirez subir. Il y a trois courants principaux en psychothérapie: psychanalytique, humaniste et béhavioriste. Dans chaque courant vous trouverez plusieurs approches. Chaque approche a sa conception de la personne, de la santé mentale, une conception du processus de changement et des façons particulières de faciliter ce changement. Chaque approche a donc un effet différent sur le client.

    Nous ne pouvons ici vous présenter toutes les approches ni même les trois courants principaux. Ce que vous trouvez dans La lettre du psy s'inscrit dans le courant humaniste. Si vous recherchez le même genre de point de vue sur la personne, la santé mentale et le changement, vous avez de meilleures chances de trouver satisfaction avec un psychothérapeute d'orientation humaniste. Vous pouvez voir un résumé sommaire des principes essentiels de cette orientation.

    Dans un prochain numéro de la revue 'Santé', publiée au Québec, on donnera de l'information sur ce sujet afin de permettre au lecteur un choix plus judicieux en matière de psychothérapie. Le journaliste Guy Sabourin interviewera Michelle Larivey pour préparer son article.

  3. Expliquez brièvement le sujet que vous voulez traiter dès le premier contact téléphonique avec le psychothérapeute que vous avez sélectionné. Ses réponses et la qualité de votre contact vous permettront de savoir immédiatement si votre relation de confiance sera facile à établir.

    Même avec toutes ces précautions, vous pouvez ne pas aimer le psychothérapeute que vous rencontrerez ou ne pas apprécier sa manière de travailler. De grâce, faites confiance à votre réaction! Il est inutile de persévérer en croyant que vous êtes la cause du problème et en espérant que ça va s'améliorer. Assurez-vous de choisir quelqu'un en qui il vous sera facile d'avoir confiance. Il y a assez d'embûches dans une démarche thérapeutique sans ajouter des obstacles superflus.

Question: L'anxiété peut elle mener à la folie?

L'anxiété peut elle mener à la folie? Je fais de l'angoisse depuis longtemps. Le problème c'est que plus que je viellis et plus les questions qui me terrassent durant mon angoisse deviennent inquiétantes .J'ai peur de perdre le contrôle sur mon esprit et mon corps car j'ai peur de me faire du mal à moi même et aux autres. Pourtant, je prends soins de moi et suis très douce face à mon entourage. Alors pourquoi de telles peurs?

Réponse

Si on comprend bien ce qui génère l'angoisse, on comprend aussi pourquoi celle-ci ne peut qu'augmenter lorsqu'on ne s'occupe pas du problème qui est à sa source. L'angoisse peut effectivement devenir intenable. C'est comme si on tentait d'empêcher une source de couler. La quantité d'eau devient alors de plus en plus considérable et la pression augmente jusqu'à donner l'impression que tout va éclater.

Il en est de même avec l'angoisse. Elle est la manifestation de la pression qui se bâtit à force de repousser un ou des sujets importants de notre vie. Comme il est rare que les choses se règlent par elles-mêmes, on peut prévoir que si on ne s'attaque pas au problème, il augmentera. La pression (l'angoisse) augmente alors avec le problème. À un moment donné, comme pour la source, la pression n'est plus contrôlable. On a l'impression de devenir fou.

Bien souvent, rendu à cette étape, on nous conseille de prendre des médicaments qui allègeront l'angoisse. Cette solution peut être interprétée comme une confirmation de notre incapacité de régler les problèmes à l'origine de notre angoisse... comme une confirmation qu'on est "malade".

Il faut donc revenir à la "source" de l'angoisse pour se rappeler qu'au départ, on n'était pas "malade". On était un simple humain avec des problèmes d'humain... des problèmes qu'il faut régler si on ne veut pas qu'ils s'accumulent.

Et, lorsqu'on est à bout, au point d'avoir peur de perdre le contrôle et de poser des gestes graves, c'est souvent le signe qu'on a repoussé les problèmes trop longtemps. Il est alors bien utile d'avoir l'aide d'un professionnel pour s'y retrouver et commencer à trouver des vraies solutions aux problèmes de notre vie.


Question: Peines enfouies et anxiété

Est-ce possible que certaines peines que l'on avait déjà enfouies quelque part en soi, cherchent à remonter? Par exemple, la perte de ma mère subitement lorsque j'avais 10 ans, abus sexuel par la suite. Avant l'année dernière je n'avais pas pleuré, jusqu'à ce qu'un nouveau décès et autres événements ont fait remonter ces vieilles peines ? Donc ma question : Est-ce que le fait d'avoir de la misère à laisser remonter une vieille peine traumatisante peut expliquer l'angoisse que je ressens lorsque tous ces souvenirs douloureux cherchent à refaire surface? (et que je referme le couvercle tellement j'ai peur d'exprimer ces émotions).

Réponse

Le psychisme humain fonctionne de telle façon qu'il lui faut "processer" pour employer un terme moderne, toutes les émotions qui surgissent. Certaines sont faciles à vivre et nous n'y faisons aucune objection. Elles font alors leur chemin sans qu'on ait à intervenir. On a juste l'impression que ce qu'on vit change, avance. D'autres émotions sont trop pénibles ou encore nous font peur. Nous tentons alors de nous en distancer. Si nous réussissons à les contrôler afin de ne pas les vivre ou de ne les vivre que partiellement, elles resurgissent plus tard à l'occasion d'événements qui nous touchent d'une manière semblable.

Pour plus d'information sur cela, vous pouvez lire les articles suivants:
Pendant tout le temps où nous réussissons à empêcher d'exister ces émotions nous sommes souvent en proie à l'angoisse. Il faut être bien confortable avec le fait d'avoir des émotions pour "soulever le couvercle et laisser mijoter ce qui se trouve dans la marmite en ayant confiance qu'il n'en sortira que du bon pour soi". Quand on sait notre marmite pleine et qu'on a peur de ce qu'elle mijote, c'est une bonne idée de demander l'aide d'un psychothérapeute. S'il est familier avec le processus émotionnel, celui-ci nous aidera à "processer" ce vécu. Il pourra même nous montrer à le faire par nous-même.

Alors, la réponse à votre question est: oui, si vous cherchez à vous soustraire à ce qui émerge en vous, vous pouvez vivre de l'angoisse.


Comment aider une personne déficiente intellectuelle qui souffre d'anxiété ?

Comment aider efficacement une personne déficiente intellectuelle de moyen à léger souffrant d'anxiété importante et qui a une faible estime de soi ?

Réponse

L'anxiété ou l'angoisse, chez une personne déficiente mentalement a la même origine que chez une personne qui a un quotient intellectuel plus élevé. Il n'y a pas d'autre solution que de chercher ce qui est repoussé de la conscience.

Les déficients mentaux sont des personnes sensibles. Il n'est pas surprenant qu'elles souffrent d'angoisse si elles n'ont pas l'opportunité de faire place à ce qui se passe d'important émotivement. Or si des personnes avec davantage de ressources intellectuelles ne savent pas toujours quoi faire avec leurs émotions, on imagine facilement une personne moins équipée intellectuellement avoir des difficultés sur ce plan. Le processus émotif est un processus naturel, mais notre éducation et notre culture nous en éloignent. La plupart d'entre nous devons donc réapprendre à vivre certaines de ses étapes si nous voulons intégrer nos expériences de vie, nous adapter à travers les changements que la vie nous amène et croître comme personnes.

Pour plus d'information sur ce processus, voyez l'article "La vie d'une émotion".


Question: Causes physiques, psychiques ou sociales?

J'ai lu un article qui prétend que la guérison de certaines maladies physiques peut être favorisée par la résolution des conflits psychiques de la personne malade. Qu'en pensez-vous?

Réponse

Il y a longtemps qu'on a découvert l'importance des facteurs psychiques dans certaines maladies physiques. On a développé le concept de maladie psycho-somatique pour désigner les problèmes où les composantes psychiques et physiques sont indissociables. À une époque, on avait même tendance à rechercher les causes psychiques de tous les troubles physiques.

À une autre époque, certaines auteurs cherchaient à tout expliquer par l'influence de la société ou de l'éducation. Plusieurs recherches venaient alors confirmer l'importance de la société dans le développement de diverses maladies.

À l'heure actuelle, la mode est plutôt aux explications physiques. Un grand nombre de recherches signalent des causes physiologiques aux problèmes psychologiques. On identifie des hormones, des structures neurologiques ou même des gênes qui pourraient être les causes de ces problèmes.

Il s'agit de tendances qui se ressemblent et comportent toutes des dangers importants. Il faut comprendre que les organismes vivants en général et les humains en particulier sont des êtres complexes qui fonctionnent de façon unifiée. La distinction entre les forces psychiques, les formes physiologiques et les forces de l'environnement qui agissent sur un individu à un moment particulier est avant tout théorique. Nous distinguons ces dimensions pour essayer de mettre de l'ordre dans notre compréhension de ce qui se passe, mais notre organisme ne s'embarrasse pas de ces séparations artificielles; il fonctionne comme un tout. C'est comme un orchestre symphonique: on peut bien distinguer les cordes et les cuivres, mais il ne s'agit que de vues de l'esprit. La musique est la résultante unifiée de ce que font tous les instruments et de l'interaction entre chacun.

Nous considérons que les trois tendances ci-dessus correspondent à des points de vue et non à des réalités fondamentales. Chacun met une dimension en lumière et apporte avec lui des possibilités d'action particulières. Mais s'il est considéré comme seul facteur ou comme seule explication vraiment importante, il impose aussi des limites artificielles à ce qu'on peut faire.

Il faut noter également que, selon les lois de la statistique, il suffirait de multiplier les études pour en arriver à une "corrélation significative" (un lien scientifiquement acceptable) même lorsqu'il n'y a pas de lien réel. C'est pour cette raison qu'on donne toujours les résultats des sondages scientifiques avec des explications qui ressemblent à: "la marge d'erreur de ce sondage est de 3% 19 fois sur 20". Cette précaution signifie que, selon les lois statistiques utilisées par cette étude, les résultats d'un sondage sur vingt pourraient être faux sans qu'on puisse le savoir.

Si nous examinons une personne du point de vue des influences qu'elle a subi (société, éducation, famille), nous trouverons toujours des corrélations statistiques pour supporter notre hypothèse de départ. Ces études nous amèneront à identifier des "causes" particulières et nous conduiront à des "solutions" qui y sont reliées. À cause de la façon de poser la question, on découvre des facteurs qui dépendent de l'environnement et on invente des solutions qui s'appuient sur l'éducation ou sur l'organisation de la société.

De même, si on fait des études sur les facteurs neurologiques, les facteurs endocriniens ou la structure génétique, on trouvera forcément des corrélations de ce type. Les solutions seront alors entre les mains des neurologues, ou passeront par la manipulation génétique ou celle des hormones.

Il en va de même avec les explications psychologiques. Elles ne sont ni plus vraies ni plus fausses que les autres. Elles s'appuient sur les même méthodes statistiques et ont des marges d'erreur comparables. Comme les autres, elles nous amènent à envisager des solutions d'un genre particulier: agir sur le fonctionnement psychique.

Mais il existe une différence très importante: le pouvoir que nous pouvons y exercer nous-même.

La plupart du temps, les explications neurologiques, endocriniennes ou génétiques nous obligent à un acte de foi. Nous ne pouvons vraiment comprendre ni la cause ni le remède; il faut s'en remettre à un spécialiste qui décide de quoi nous souffrons et qui est seul à savoir comment y remédier. De même, les explications sociales ont tendance à nous échapper. Même si nous pouvons plus facilement les comprendre et évaluer dans quelle mesure elles nous semblent pertinentes, les solutions ne sont pas entre nos mains. Le gouvernement ou l'école sont les seuls à avoir les moyens d'agir.

Mais dans les cas des explications psychologiques, nous exerçons un pouvoir nettement plus grand. Tous les humains sont un peu spécialistes en psychologie, car ils sont conscients de ce qui se passe en eux. Ils peuvent donc souvent faire la différence entre une explication psychologique plausible ou non. Il leur suffit de se servir de leur intelligence et de leur expérience pour vérifier directement ce qu'on leur explique. Mais ils peuvent en plus contribuer de façon déterminante à la solution. Même lorsqu'ils font appel à un spécialiste, leur contribution active fait habituellement partie du traitement.

La réalité humaine est complexe et il faut se souvenir que les découpages de l'esprit que nous lui appliquons ne changent pas le fait qu'elle fonctionne comme un ensemble où chaque partie est liée à toutes les autres. Mais si nous devons choisir des explications partielles, nous croyons que les explications psychologiques sont les plus avantageuses à cause du pouvoir qu'elles nous donnent sur notre destin.


Question: Le supplice des crises d'angoisse et de panique

Malgré la médication et les traitements en thérapie comportementale, je n'arrive pas à régler mon problème. Que faut-il que je fasse?

Réponse

Ni la médication, ni les exercices de désensibilisation propres à l'approche behaviorale ne peuvent résoudre vraiment le problème des crises d'angoisses et de panique. Si l'angoisse est présente, c'est en tant que "symptôme". Elle est là parce que je néglige de m'occuper de quelque chose qui est un problème dans ma vie. Le problème négligé n'est pas le même chez tous les gens qui souffrent d'angoisse et de panique. Chacun doit trouver ce qui en est la cause pour lui-même.

L'identification de ce qui ne va pas dans ma vie est la partie la plus facile à faire dans la démarche de changement qui m'amène à sortir de cet enfer. Ce qui est plus difficile, c'est de faire les changements qui s'imposent. Si, par exemple, j'en suis venue à étouffer dans ma vie à force de me laisser définir par les autres et que je ne connais même plus mes propres aspirations, ce n'est pas du jour au lendemain que je deviendrai capable de sortir de l'étau. Si je refuse de m'affirmer de peur de perdre l'affection des autres et si c'est pour ce motif que je respecte rarement mes besoins, ce n'est pas du jour au lendemain que je vais changer.

Toutefois, c'est sur la résolution de ce problème de fond que doit porter l'essentiel de la psychothérapie. C'est la bonne orientation si je veux résoudre vraiment mes angoisses et non seulement les "contrôler".

Par exemple, certaines personnes sont parvenues à régler leur problème d'aérophobie ou de phobie des araignées, sans qu'il soit question de ce sujet en psychothérapie. La première a travaillé sur sa capacité de se laisser être (au lieu de chercher à tout contrôler). L'autre a travaillé sur son affirmation. Elles n'ont jamais eu à faire de désensibilisation.



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    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

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