Ressources en Développement
Les psychologues humanistes










Répondre au vrai besoin
Par Jean Garneau , psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 9, No 5: Mai 2005


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Suite de Les besoins humains et Reconnaître les vrais besoins .


Table des matières
    Introduction

    Identifier notre besoin réel
      Les dimensions à considérer
      À la recherche de critères simples
        Un test plus concret
        Continuons notre exercice

    Quand le besoin est bien identifié
      Assumer l’existence du besoin
      Assumer la recherche de satisfaction
      Lui donner sa juste place

    Conclusion

Vous pouvez aussi voir:
Vos questions liées à cet article et nos réponses !




Introduction

Dans le premier article de cette série sur les besoins (Les besoins humains), nous avons vu comment et pourquoi nous sommes si maladroits lorsque nous voulons répondre à nos besoins. Nous avons vu que notre manque d’éducation dans ce domaine nous laisse impuissants à les identifier correctement et à les distinguer de tous nos autres élans. En examinant trois grilles théoriques pertinentes, nous avons un peu organisé notre vision des besoins, mais nous sommes restés aussi maladroits pour distinguer nos besoins réels.

Dans le deuxième article (Reconnaître les vrais besoins), nous avons identifié les dimensions les plus importantes à considérer pour l’identification des besoins. Nous avons également analysé les pièges les plus fréquents qui contribuent à notre confusion.

Deux tâches importantes restent maintenant à accomplir. (1) Trouver une façon concrète de bien identifier notre besoin réel lorsqu’il ne s’impose pas clairement à nous et (2) découvrir comment nous pouvons tenir compte de notre besoin lorsque nous l’avons bien identifié.

Identifier notre besoin réel

Les dimensions à considérer

Nous connaissons déjà les caractéristiques fondamentales de nos besoins. Chacun est vital pour un aspect de notre vie ; chacun est à la fois permanent dans l’ensemble de notre vie et fluctuant selon les moments ; les formes de satisfaction de chaque besoin changent à travers nos expériences de vie ; chaque besoin est universel même s’il se présente différemment selon les individus et les milieux. (Tout ceci a été développé dans l’article précédent.)

Nous savons aussi que ces caractéristiques essentielles découlent toutes de la même dimension : la satisfaction du besoin est nécessaire à notre vitalité. C’est par son effet sur notre vitalité que nous pouvons juger avec certitude de l’importance du besoin. Si la privation a pour effet de diminuer notre vitalité dans le même volet de notre vie, il s’agit sans doute d’un besoin réel et nous devons considérer sa satisfaction comme une nécessité. Tant que la satisfaction augmente notre vitalité, nous pouvons considérer que le besoin n’est pas pleinement comblé.

L’inverse est également vrai : si la privation ou la satisfaction du désir ne produisent pas ces effets, nous pouvons supposer qu’il ne s’agit pas d’un besoin réel ou d’une réponse adéquate au besoin. Ainsi, si notre vitalité cesse d’augmenter pendant que nous continuons de répondre au besoin, c’est le signe que le besoin est déjà comblé et que nous créons un nouveau déséquilibre en continuant d’y répondre.
    Par exemple, si nous continuons de manger ou de boire lorsque notre faim ou notre soif sont apaisées, nous devenons plus lourds, somnolents, inconfortables, etc. Notre besoin est alors “sur-satisfait” et nous en ressentons immédiatement les effets néfastes sur notre vitalité.
complexitéMais la situation est rarement aussi simple que dans cet exemple familier. Comment savoir, par exemple, que notre besoin d’amour ou de reconnaissance est suffisamment comblé et que nous avons dépassé le seuil de la sur-satisfaction ? Pour bien des gens, un besoin de ce genre apparaît comme insatiable. Aucune réponse ne semble réussir à le combler vraiment.

En réalité, la ressemblance avec la faim et la soif est plus étroite qu’on ne le croit. Lorsque la réponse que nous apportons est adéquate, le besoin est comblé et la satisfaction fait bientôt place à la répulsion si nous continuons à y apporter la même réponse. À l’inverse, si la réponse est inadéquate, le besoin n’est pas comblé et semble insatiable. La tentative d’y répondre n’entraîne pas de satisfaction et c’est dans un effort compulsif qu’on continue à agir de la même façon.
    Par exemple, la personne qui cherche à satisfaire son besoin d’être aimée en attirant l’attention ou la compassion n’est jamais satisfaite. Elle continue pourtant à accaparer l’attention ou à susciter la pitié sans tenir compte du fait qu’elle n’en retire aucune satisfaction réelle. Et cette répétition compulsive lui attire de plus en plus la réponse inverse à celle qu’elle recherche. On la fuit et la rejette au lieu de l’aimer, parce qu’on n’en peut plus de se laisser ainsi accaparer à l’infini.

    À l’inverse, la personne qui trouve le moyen d’obtenir des réponses adéquates à son besoin d’amour est profondément touchée par l’expérience. Elle est bientôt satisfaite et sent son besoin se calmer. Après un certain temps (qui varie selon l’ampleur de la carence), elle ne ressent plus le manque mais éprouve au contraire une saturation ; elle est prête à passer à autre chose car un besoin différent occupe la place principale.

    Il arrive que ce passage soit difficile car la personne éprouve de la difficulté à s’avouer qu’elle n’a plus le même besoin. Craignant de se montrer ingrate, ou redoutant simplement d’affronter le nouveau défi qui se présente, elle peut être tentée de continuer dans la même voie. Mais elle voit bientôt sa satisfaction se transformer en saturation, puis en répulsion.
L’auto-régulation nous avertit en effet de l’urgence de répondre à un besoin, mais elle sert également à nous signaler que le besoin est comblé. L’impression de saturation indique qu’il faut cesser de répondre à ce besoin assouvi. La répulsion, pour sa part, nous avertit d’un trop-plein et de l’urgence d’arrêter.
    Bien des personnes obèses sont familières avec cette sensation d’être un peu trop “rempli”. Elles en viennent parfois à rechercher cette impression comme signal pour arrêter de manger. Parce qu’elles ne sont pas assez attentives aux signaux plus subtils de satisfaction et de saturation, elles prennent l’habitude de toujours trop manger. En les invitant à manger plus lentement et à rester attentives pendant qu’elles le font, les spécialistes tentent de les remettre en contact avec ces signes plus précis que leur donne leur organisme.


À la recherche de critères simples

simplicitéCes caractéristiques peuvent nous aider à réaliser une analyse plus précise lorsque nous avons des doutes sur la nature réelle d’un désir. Nous pouvons en tirer quelques principes qui nous aident à faire une vérification sommaire dans les situations normales de notre vie quotidienne. C’est notre vitalité qui nous fournit les indices nécessaires. En bref, ces critères pourraient s’énoncer ainsi:


  • Une réponse adéquate à un besoin réel augmente toujours notre vitalité
  • Une réponse inadéquate à un besoin réel n’augmente pas notre vitalité
  • Une réponse adéquate à un faux besoin n’augmente pas notre vitalité
  • Une réponse excessive à un besoin entraîne une réaction de répulsion

  • Pour nous servir de ces critères, nous avons besoin d’une compréhension bien claire de ce que nous entendons par vitalité, car c’est celle-ci qui nous sert d’instrument de mesure. Comment pouvons-nous rendre utilisable ce concept très abstrait ? Concrètement, qu’est-ce que la vitalité?

    Dans ce contexte-ci, je parle de vitalité pour désigner la qualité de ce qui est vivant. Nous pouvons être plus ou moins vivants selon les moments et selon les domaines de notre vie. Nous sommes plus vivants dans les domaines où notre façon d’être et d’agir correspond davantage aux caractéristiques d’un être vivant. (Ces caractéristiques sont décrites de façon assez détaillée dans Une théorie du vivant. Elles sont appliquées à la relation de couple dans Évaluer la vitalité de ma relation de couple.)

    En bref, on peut considérer que nous faisons preuve d’une plus grande vitalité dans un domaine de notre vie lorsque...

  • nous sommes actifs dans ce domaine
  • nous avons de l’énergie et de l’enthousiasme pour agir
  • nous changeons nos façons d’agir dans ce domaine
  • notre changement va dans le sens de l’épanouissement


  • Autrement dit, ce qui contribue à notre vitalité, c’est ce qui nous pousse à nous impliquer activement et énergiquement d’une façon où nous changeons continuellement pour mieux tenir compte de notre situation intérieure et de notre environnement. À l’inverse, ce qui nous pousse à la passivité, nous amène à manquer d’énergie, nous incite à appliquer toujours la même solution ou à inhiber notre créativité ne favorise pas notre vitalité.


      Un test plus concret
    Voici une façon simple de vérifier si vous avez bien réussi à identifier votre vrai besoin. Elle s’appuie indirectement sur ce qui précède tout en fournissant des informations utiles pour la suite de la démarche.

    Lorsque vous croyez avoir bien identifié votre vrai besoin, appliquez les deux tests suivants:

  • Inventez trois façons vraiment différentes de bien répondre à ce besoin.
  • Vérifiez l’effet d’une privation volontaire de ce besoin sur votre vitalité.


      • Trois moyens différents
    C’est moins simple qu’on pourrait le croire et il ne faut pas tricher. Je parle bien de trois façons vraiment différentes. En parler à Pierre, à Marie et à Claude, c’est un moyen et non trois. Je parle de réponses efficaces. Refaire la même demande qui ne donne habituellement rien de bon n’est pas une façon efficace de répondre au besoin.

    Si vous êtes capable d’inventer trois façons vraiment différentes, c’est le signe que vous ne confondez pas le moyen avec le besoin. Non seulement cela confirme qu’il s’agit probablement d’un besoin, mais en plus cela vous fournit des outils dont vous pourrez vous servir lorsque viendra le temps de combler votre besoin.


        Privation volontaire
    Nous savons que chacun de nos vrais besoins doit être satisfait pour nous maintenir en vie dans son secteur de notre vie. En nous privant volontairement de cette satisfaction, nous devrions constater rapidement une baisse de vitalité. Si le manque de satisfaction vous pousse à la passivité, vous amène à manquer d’énergie ou tue votre créativité dans ce domaine, c’est un signe fiable ; il s’agit probablement d’un besoin réel (par opposition à un goût, un caprice, une lubie ou un simple moyen).

    Si vous ne parvenez pas à faire ce test parce qu’il faudrait compter sur la collaboration d’une autre personne pour vous priver, il faut examiner sérieusement cette dimension de la question. Je vois deux explications possibles.

    Il peut s’agir d’un besoin réel que vous avez réussi à faire assumer par l’autre (par exemple c’est toujours lui qui prend les décisions dans ce domaine). Dans ce cas, vous aurez plus de travail à faire dans la prochaine section de cet article (pour assumer votre besoin).

    Il peut aussi s’agir d’une règle implicite de votre relation avec cette personne. Par exemple, une exigence à laquelle l’autre doit se soumettre pour vous prouver son estime, son amour, sa dépendance ou sa loyauté. Il peut aussi s’agir d’une entente implicite entre vous dont le but est de vous permettre d’éviter une question importante. Par exemple, il ne doit pas regarder les autres femmes ou elle ne doit jamais exprimer une opinion différente de la vôtre. Dans ce cas, vous auriez intérêt à identifier clairement ce que vous cherchez à éviter afin de pouvoir vous en occuper plus directement. C’est en le faisant que vous pourrez identifier votre besoin réel.


      Continuons notre exercice
    Revenons maintenant à la liste de “besoins” que vous aviez faite pendant la lecture du premier article de cette série sur les besoins. Les éléments de votre liste devraient maintenant être annotés de plusieurs façons. Ils ont chacun une cote M, une cote S et une cote L. Certains ont hérité d’un point d’interrogation et certains sont rayés (éliminés) parce qu’il ne s’agit clairement pas de vrais besoins.

    Pour cette étape, nous allons nous occuper uniquement des “besoins” qui ne sont pas rayés et n’ont pas obtenu de point d’interrogation. On peut supposer que ceux qui restent sont probablement des besoins réels.
      Si aucun des éléments de votre liste originale ne correspond à ces critères, inspirez vous de ce que vous avez appris sur les besoins pour en identifier deux ou trois que vous considérez comme de vrais besoins pour vous maintenant. Notez les à la suite de votre liste originale.
    Pour la suite de cet exercice, je vous demande de choisir un des besoins qui restent, celui sur le quel vous aimeriez le plus progresser. Si vous préférez choisir un autre besoin réel sur lequel vous aimeriez travailler, vous pouvez le faire même s’il ne figure pas sur votre liste initiale. L’important, c’est qu’il s’agisse selon vous d’un vrai besoin sur lequel vous voulez progresser.

    Lorsque vous aurez choisi ce besoin, appliquez lui les deux tests dont il a été question plus haut. Voici un aide-mémoire:

  • Inventez trois façons vraiment différentes de bien répondre à ce besoin.
  • Vérifiez l’effet d’une privation volontaire de ce besoin sur votre vitalité.


  • Il est préférable de faire cette vérification avant de continuer votre lecture. Si vous ne voulez pas attendre, faites au moins l’étape 1 maintenant et décidez immédiatement quand vous ferez l’étape 2.

    Si cet exercice vous amène à constater que vous aviez choisi un “besoin” qui n’est pas réel, choisissez-en un autre et refaites les tests. C’est plus long qu’une simple lecture, mais vous développez pendant ce temps votre capacité de reconnaître vos vrais besoins. Ce n’est pas du temps perdu.

    Quand le besoin est bien identifié

    Que devons-nous faire lorsque nous avons bien identifié un besoin réel ? C’est simple : il ne reste qu’à l’assumer ! Ça semble simple, mais c’est une action pleine de subtilités. Il faut assumer l’existence du besoin, assumer la recherche de satisfaction et agir concrètement pour lui donner sa juste place dans notre vie. Voyons ça de façon plus détaillée.


    Assumer l’existence du besoin

    Curieusement, c’est à ce niveau qu’on trouve la cause de la plupart des insatisfactions chroniques concernant des besoins psychiques importants. C’est très souvent parce que la personne ne veut par reconnaître son besoin, parce qu’elle le conteste ou le dissimule, qu’elle en vient à souffrir d’une carence psychique sérieuse.
      Une nuance s’impose : les affirmations ci-dessus s’appliquent essentiellement aux adultes. Dans le cas des enfants, surtout plus jeunes, la dépendance physique et psychique réelle vient compliquer le tableau. Même si le jeune enfant est parfaitement conscient de son besoin d’être aimé et y consent sans réserve, ses parents peuvent se servir de leur pouvoir pour lui interdire toute satisfaction de ce besoin et mettre en danger son équilibre psychique.

      Mais même lorsque la carence initiale est imposée par des parents abusant de leur pouvoir sur l’enfant, elle ne peut persister à l’âge adulte qu’avec la collaboration de celui-ci. Qu’elle le sache clairement ou non, la personne reste en manque parce qu’elle refuse d’assumer son besoin qu’elle considère maintenant comme dangereux.
    Assumer l’existence de son besoin, c’est d’abord reconnaître qu’il existe réellement. Il s’agit de le considérer comme un fait réel et non comme une illusion. C’est aussi le traiter comme une réalité légitime et non comme une aberration.

    Je le veuxAssumer l’existence de son besoin, c’est aussi le laisser vivre. Les manifestations de nos besoins changent continuellement en fonction des influences extérieures auxquelles nous sommes exposés ainsi que des actions que nous posons pour y répondre ou pour nous priver. Laisser vivre un besoin, c’est le laisser changer d’intensité et constater ses variations sans en contester la pertinence.

    Pour assumer l’existence d’un besoin, nous devons aussi le laisser voir. Chaque fois que nous choisissons de cacher notre besoin aux personnes qui nous entourent, nous le renions et nous rendons la satisfaction plus improbable. En fin de compte, nous ne dissimulons nos besoins que lorsque nous les refusons nous-mêmes parce que nous les mésestimons. Nous les cachons parce qu’ils nous semblent excessifs, inappropriés, inavouables ou illégitimes.

    Au total, le fait d’assumer l’existence de nos besoins est étroitement relié à notre droit d’exister comme êtres vivants. Michelle Larivey a élaboré ce point dans Le défi des relations et dans Transfert et droit de vivre.


    Assumer la recherche de satisfaction

    En plus endosser l’existence du besoin, il faut assumer la recherche de satisfaction, c’est à dire prendre sur soi la responsabilité de parvenir à répondre adéquatement au besoin. Tout comme la précédente, cette dimension est une attitude plus qu’une action. C’est une autre façon de consentir au besoin, mais cette fois sous l’angle de la satisfaction.

    risquerPlus concrètement, ceci signifie que nous sommes à l’origine de la démarche conduisant à la satisfaction. C’est à partir de notre initiative que les événements satisfaisants auront lieu. Plutôt que d’attendre l’action, la proposition ou l’initiative de quelqu’un d’autre, nous prenons la situation en mains et nous posons les gestes nécessaires pour nous procurer ce que nous voulons. Le besoin devient donc un désir et un choix que nous portons nous-mêmes.

    Non seulement nous prenons les initiatives nécessaires à notre satisfaction, mais en plus nous reconnaissons d’emblée que les autres personnes impliquées dans notre quête sont parfaitement libres d’accepter ou de refuser de nous répondre. Nous estimons, au fond, que les seules réponses valables sont celles qui nous sont données librement, par un élan intérieur et non en vertu d’un devoir ou d’une obligation quelconque.

    Cette façon d’aborder la recherche de satisfaction est à peu près exactement à l’inverse de la méthode très populaire qui conduit la plupart du temps à l’échec. Au lieu d’attendre l’initiative de l’autre et de compter sur sa générosité, sa dépendance ou sa pitié, on agit soi-même en espérant que l’autre nous répondra parce qu’il le désire vraiment pour des motifs égoïstes.

    Bien sûr la réponse des autres personnes impliquées n’est pas toujours celle que nous aurions voulue. Mais dans ce cas, nous tenons compte de la situation et des informations nouvelles que cette expérience nous a permis de découvrir pour inventer une autre solution plus efficace. Dans cette perspective, les autres sont des occasions de satisfaction, des moyens à notre disposition et non pas des êtres tout-puissants indispensables à notre bien-être et à notre bonheur. Nous regagnons ainsi la liberté de voir à notre satisfaction au lieu de nous retrouver à la merci du bon vouloir de l’autre.


    Lui donner sa juste place

    En assumant l’existence de notre besoin ainsi que la recherche de satisfaction, nous adoptons les attitudes nécessaires pour y répondre efficacement. Il ne reste alors qu’à passer à l’action pour lui donner la place qui lui revient. Lorsqu’elle s’appuie sur ces attitudes, l’action est relativement facile car elle échappe à la plupart des pièges susceptibles d’en saboter les résultats.

    Cette action est essentiellement une expression complète qui traduit en actions concrètes les attitudes que nous venons d’étudier. C’est l’équivalent de l’action unifiante, la cinquième étape du processus vital d’adaptation (voir La vie d'une émotion) et de la forme d’expression qui permet la résolution du transfert (voir Le défi des relations).

    ouvertementIl s’agit de s’exprimer directement, avec les personnes concernées, en étant porteur de son besoin réel, sans chercher à contraindre l’autre et sans accepter de compromis. Ce programme peut être simple si on s’appuie sur les attitudes dont nous avons déjà parlé, mais il peut devenir extrêmement compliqué lorsqu’on n’assume pas le besoin ou sa satisfaction. (Voir à ce sujet une grille d’auto-évaluation permettant d’identifier les aspects réussis et les aspects défectueux d’une tentative d’expression.)

    En exprimant directement, nous laissons voir ouvertement notre besoin réel. Nous le traitons comme une réalité légitime qui mérite d’être respectée et que nous n’envisageons pas de renier, quelles que soient les réactions des autres. Notre besoin est alors un fait indéniable que nous présentons comme tel.

    C’est en nous adressant directement aux personnes concernées que nous exprimons notre besoin. Il n’est pas question de nous contenter d’en parler à un tiers ou d’en faire une confidence à garder secrète. Lorsque nous assumons vraiment notre besoin, il devient important de le respecter au moment où nous sommes en contact direct avec les personnes auxquelles il s’adresse ou avec celles devant lesquelles nous avons déjà accepté de le renier.

    Dans cette action expressive, nous cherchons avant tout à être vrais. Nous tenons à exprimer exactement ce besoin, avec ses diverses dimensions et son importance exacte. Il ne s’agit absolument pas d’un marchandage où nous tenterions de contraindre ou de manipuler notre interlocuteur pour l’amener à nous donner les réponses que nous souhaitons. Nous ne voulons bénéficier d’aucune faveur et nous ne sommes prêts à aucune concession par rapport à notre besoin.

    Notre interlocuteur est alors un des moyens de satisfaction possibles. Il n’est pas indispensable qu’il contribue à combler notre besoin. Il est déjà bien important en nous fournissant l’occasion de nous assumer pleinement dans cette dimension de nous-même. S’il ne contribue pas à notre satisfaction, nous sommes capable de trouver une autre façon ou un autre interlocuteur pour combler le besoin maintenant devenu pleinement légitime.

    Conclusion

    En terminant cette série d’articles sur l’expression, j’espère avoir réussi à mettre un peu d’ordre dans ce domaine souvent bien confus des besoins. Ce ne sera un succès que si les lecteurs parviennent plus souvent ou plus facilement à identifier et à assumer leurs besoins réels sans se perdre dans les chemins secondaires des goûts, des caprices, des devoirs et des jeux d’influence.

      Jean Garneau, psychologue
      Ressources en Développement


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