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Le burnout: prévention et solutions

Par Jean Garneau , psychologue

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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?

 
Question: burnout et dépression ?

J’aimerais savoir en quoi consiste la dépression situationnelle et comment la distinguer du burnout ou d’une dépression majeure. Comment faut-il agir avec l’un et l’autre pour les aider à guérir.

Réponse

La personne qui explore notre site peut facilement le constater: nous n'écrivons pas sur les maladies mentales et autres troubles de la personnalité qui sont définis dans le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ou ailleurs. Ce n’est pas un oubli: nous avons plusieurs bonnes raisons de ne pas vouloir le faire et il nous semblerait irresponsable d’agir autrement. Voici en bref les principales raisons...

  • Ces termes, tels qu'ils sont utilisés actuellement, ne sont que descriptifs et n’ont aucune valeur explicative. Ils appliquent un nom à un groupe de symptômes sans fournir quelque information que ce soit sur les causes ou les origines de ces symptômes ou de ces troubles.

  • Ces termes n'apportent rien à la compréhension de ce qui se passe intérieurement chez la personne diagnostiquée. Ils ne touchent que son comportement visible de l’extérieur.

  • Ces termes sont trompeurs car ils semblent plus faciles à appliquer qu'ils ne le sont en réalité. Ils sont très souvent mal utilisés par des personnes n'ayant pas la formation pour en comprendre la portée et les implications. Même certains professionnels de la santé qui ne sons pas spécialistes en santé mentale font régulièrement des erreurs grossières dans l’application de ces termes.

  • Ces termes ont été créés pour l'usage des professionnels du domaine. Ceux qui ont les connaissances nécessaires pour s'en servir adéquatement n'ont pas besoin de nos articles pour savoir de quoi il s’agit. Selon nous, les autres feraient mieux de ne pas essayer de s'en servir.
Nous comprenons les motifs qui amènent plusieurs personnes à vouloir en savoir davantage sur une maladie particulière. Les plus fréquents sont le besoin de comprendre ce qui se passe, la recherche d’une solution appropriée, la recherche d’une façon de s’adapter à la maladie d’un proche et le désir de savoir s’il y a un espoir de guérison. Il y a aussi parfois des motifs moins avouables comme la recherche d’arguments et d’armes pour blesser quelqu’un ou le projet de simuler un trouble. Il s’agit très rarement d’une simple curiosité gratuite...

Comme ces termes cliniques ne contiennent aucune information sur les causes ou les solutions, ils ne peuvent généralement servir à ceux qui cherchent à les connaître. Au contraire, en apposant une étiquette pour désigner un style de problème, ils ont tendance à prendre une signification bien plus large et plus figée que celle qu’ils ont vraiment: ils définissent la personne et ses capacités.

Bien sûr, les professionnels pour lesquels ces termes sont des outils de travail en comprennent bien les limites et ne tombent pas dans ce piège. Mais c’est parce qu’ils ont toutes les autres connaissances nécessaires à une compréhension d’ensemble. C’est aussi parce que leur entraînement clinique leur a enseigné les limites de cette classification.

Même dans le plus long des articles de La lettre du Psy, il serait impossible d’en dire assez pour permettre de faire les nuances nécessaires. Les explications seraient donc, selon nous, parfaitement inutiles et probablement nuisibles. Les certitudes qu’une personne pourrait en tirer ne seraient qu’illusoires.

Un professionnel qui connaît bien les personnes impliquées peut sans doute donner des conseils appropriés, au moins superficiellement. Mais c’est avant tout grâce à son habileté clinique et à la capacité d’en discuter avec l’autre qu’il est en mesure de se prononcer ainsi. Il serait bien incapable de donner des conseils judicieux sur une base générale, sans savoir à qui il s’adresse exactement.

Dans la plupart des cas, un professionnel répondrait aussi qu’une personne trop directement concernée et personnellement impliquée est mal placée pour être vraiment utile. Tout comme le médecin ne se soigne pas lui-même et comme l’avocat ne se défend pas lui-même, le psychologue se considère inapte à traiter ses proches ou lui-même.

Mais si on veut vraiment en savoir plus sur les catégories diagnostiques du DSM, il est facile de trouver ailleurs que sur notre site une documentation abondante. Apparemment, plusieurs professionnels ne voient pas les choses de la même façon que nous et considèrent le fait de copier des sections de leurs livres de référence comme une contribution valable..


Question: L'aide professionnelle est-elle nécessaire ?

Vous mentionnez plusieurs fois l'importance d'une aide professionnelle comme la psychothérapie pour prévenir et surtout guérir le burnout. Vous n'indiquez pas clairement si cette aide est vraiment nécessaire ou si elle est seulement préférable ou utile. Est-ce que je peux m'en sortir par moi-même ou dois-je absolument consulter un psychologue ?

Réponse

Il est difficile de s'en tirer par soi-même parce que la vraie solution au burnout exige des changements profonds dans les attitudes envers soi-même. Pour arriver à cet épuisement physique et psychique majeur, il faut avoir énormément tendance à ignorer ses limites et ses besoins. La personne qui est ainsi portée à sacrifier son bien-être et à abuser de ses forces ne peut facilement corriger cette tendance.

En fait, une partie de la découverte de la solution se fait par imitation. À force de voir son psychothérapeute la considérer comme importante et précieuse sans qu'elle ait à accomplir des prouesses, la personne en vient à considérer que son bien-être et sa satisfaction sont importants. Elle ne pourrait normalement faire cette découverte par elle-même car ses attitudes vont exactement dans la direction opposée.

Les proches de la personne en burnout pourraient, en principe, l'aider. Après tout, ils l'apprécient réellement et sont alarmés par sa maladie. Mais en réalité, il est souvent très difficiles pour eux de ne pas devenir des obstacles car ils ont l'habitude de compter sur la performance "normale" de cette personne. Ils y sont habitués et il leur faut beaucoup de renoncement pour consentir à s'en passer. Pour cette raison, les personnes les plus proches peuvent facilement devenir des obstacles à une véritable solution. Les confrontations importantes à ce sujet font souvent partie de la démarche de changement qui permet une solution durable.


Question: Qu'est-ce que la dépersonnalisation ?

Vous faites allusion, très brièvement, à la "dépersonnalisation" qui sert à continuer de performer malgré l'épuisement. Qu'est-ce que c'est exactement?

Réponse

Le terme "dépersonnalisation" (utilisé dans ce contexte particulier) désigne la tendance qu'ont certaines personnes à nier le caractère concrètement humain (personnel) de certaines réalités qui les affectent trop. Par exemple, on désigne une personne comme "le pontage du 407".

Il s'agit d'une façon de tenter de se mettre à l'abri en prenant une distance émotive devant la personne dont la souffrance nous atteint. Il arrive souvent que les personnes utilisent ce mécanisme de défense particulier au début d'un burnout. Il s'agit d'une façon de réussir à continuer, malgré l'épuisement psychique, à assumer ses fonctions.

Bien sûr, cette adaptation est peu efficace. Elle contribue au contraire à aggraver les problèmes de deux façons.

Premièrement, la distance qu'elle procure est en grande partie illusoire. Elle ne réussit pas vraiment à neutraliser l'impact subi et à empêcher l'usure d'augmenter. C'est pour cette raison que la dépersonnalisation ne permet rien de plus que de retarder l'échéance du congé de maladie prolongé.

Mais en plus, ce mécanisme contribue à diminuer la qualité des services rendus par la personne. Par le fait-même, la dépersonnalisation ajoute à la gravité du problème en devenant une des principales causes de la perte de confiance en soi et du sentiment d'inadéquacité.


Question: Les manques signalent le besoin

Selon ce que je comprends, il y aurait des manques qui signalent l'importance du besoin d'être aimé et il est important d'en reconnaître l'existence. Comment se manifestent ces manquent et comment les reconnaître?

Réponse

La personne qui se dirige vers le burnout est souvent étonnée par le fait que les témoignages d'appréciation qu'elle reçoit la touchent très peu. Elle travaille très fort à mériter des félicitations bien justifiées pour la qualité et l'ampleur de son travail. Pourtant, elle reste indifférente au moment où ses collègues, ses supérieurs ou ses proches lui expriment leur admiration ou leur reconnaissance.

Dans d'autres cas, c'est l'ampleur des émotions qui étonne la personne. Elle sera, par exemple, bouleversée par le témoignage d'estime qu'elle observe dans un film, parfois même par le regard reconnaissant du chien pour son maître. Les émotions qui l'envahissent lui semblent alors tout à fait inappropriées.

Ces émotions sont la manifestation de besoins importants. Ceci a été expliqué, notamment, dans " À quoi servent les émotions" et dans " Mettre mes émotions au travail". Si on y regarde de plus près, avec une attitude ouverte, on peut constater que ces émotions fortes signalent des manques importants qui correspondent bien à leur intensité.

En laissant ces émotions prendre place en nous, il est possible de découvrir le message précis qu'elles contiennent. Dans le cas du burnout, ces réactions rejoignent typiquement le besoin d'être aimé, non pas pour sa performance, mais pour ce qu'on est.

Les pleurs appartiennent à ce besoin négligé et ils dénoncent le fait que l'admiration ne constitue pas une réponse adéquate. L'indifférence devant les éloges dénonce la même inadéquacité: ce n'est pas d'admiration dont on a besoin, mais simplement d'amour "gratuit", d'amour qui ne découle pas de nos succès, mais qui s'adresse à ce que nous sommes, à notre existence elle-même.


Question: La fragilité réelle

Vous dites qu'il est important de prévenir le burnout parce que ça nous évite d'avoir à résoudre un problème de fragilité réelle. Pourriez-vous expliquer ça plus clairement ?

Réponse

Lorsqu'on se rend assez loin dans l'épuisement pour être forcé de prendre un congé de maladie prolongé malgré toutes les objections qu'on a, on dépasse un seuil critique. Ceci entraîne un affaiblissement général de l'organisme qui se manifeste par des troubles physiques et une grande vulnérabilité émotive.

Le repos et l'adoption de nouvelles habitudes de vie permettent de récupérer en grande partie ces forces, mais il semble bien que la résistance physique et psychique demeure affaiblie. En conséquence, les rechutes sont toujours possibles pour peu qu'on recommence à abuser de soi. L'abus nécessaire pour retomber est bien moindre que celui qu'il avait fallu la première fois.

Cette fragilité à laquelle je faisais allusion dans le texte est un problème supplémentaire qui demeure à long terme, mais il s'agit en même temps d'une partie importante des conditions qui favorisent une solution réelle. En effet, cette fragilité interdit à la personne de revenir à ses anciennes habitudes néfastes, car elle n'en est plus capable. Elle se trouve donc obligée, par sa propre vulnérabilité accrue, de changer non seulement ses habitudes, mais également ses attitudes envers elle-même et envers la vie.

C'est pour ça que plusieurs personnes qui ont souffert de burnout sévère considèrent, après coup, qu'il s'agit vraiment d'une étape cruciale de leur vie. L'ampleur des changements rendus nécessaires par cette grave maladie en font souvent une crise salutaire.


Question: burnout et médication

Je suis en burnout depuis trois mois. Je prends des somnifères pour résoudre mes problèmes de sommeil et je prends un autre médicament pour contrôler mes palpitations. Mon médecin constate que je ne m'améliore pas et voudrait que je commence à prendre des antidépresseurs. Je voudrais prendre un autre chemin que celui des antidépresseurs. Est-ce qu'il y a d'autres possibilités plus douces et plus naturelles ?

Réponse

Dans la plupart des cas, la vraie solution au burnout implique des changements importants dans notre façon de vivre. Il est possible, mais très difficile, de cerner les changements nécessaires et de les réaliser sans une aide professionnelle et plus particulièrement une psychothérapie.

Les médicaments (somnifères et antidépresseurs surtout) sont des outils qui peuvent aider à retrouver assez de forces pour entreprendre les changements nécessaires. Ils ne sont pas une solution au burnout; seulement un support temporaire pour faciliter la recherche de vraies solutions.

Ce support n'est pas nécessaire "en soi". Plusieurs parviennent à résoudre leur burnout sans médicaments. Mais leur démarche est plus exigeante et elle n'est pas nécessairement plus efficace. Pour d'autres, la phase médicaments est non seulement nécessaire, mais très utile. Sans ces moyens qui permettent de retrouver un sommeil plus raisonnable et de calmer leur tourbillon émotif, ils ne parviendraient pas toujours à une solution.

Quelles que soient nos préférences théoriques, il faut avant tout choisir les moyens qui nous aident le mieux à faire la démarche de changement nécessaire dans notre vie. Le burnout n'est pas un état qui disparaît tout simplement avec le temps ou le repos. Il est la manifestation d'un déséquilibre profond dans notre façon de vivre, notre identité et notre valeur personnelle.

Les enjeux sont trop importants pour les mettre à la merci de notions abstraites peu pertinentes comme le fait qu'un ingrédient soit "naturel" ou "chimique". Mais il ne faut pas non plus s'imaginer que les médicaments (même en ajoutant des antidépresseurs) vont résoudre quoi que ce soit. Ils ne peuvent faire plus que leur effet: fournir des conditions plus favorables en calmant le tourbillon émotif et en facilitant le sommeil. Le travail qui compte vraiment est d'un autre ordre, comme je l'explique dans "Prévenir le burnout".


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    Le psy virtuel est à votre disposition. Pour 50$ (canadiens) un de nos psychologues consacrera 30 minutes à vous répondre s'il estime pouvoir vous être vraiment utile. Il s'agit d'un genre de consultation individuelle et vous aurez la réponse en 3 jours.

    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à



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