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" Vouloir changer son conjoint "

Par Michelle Larivey , psychologue


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Question: Les différences entre parents
    Mon mari et moi avons une vision différente de l'éducation des enfants. Cela sur plusieurs points. Notamment, il est beaucoup plus sévère que moi. J'essaie de lui faire voir les méfaits d'une telle sévérité, mais il n'y a rien à faire. Nos discussions donnent lieu à de nombreuses chicanes. J'ai parfois le goût d'abandonner, mais je ne puis faire cela à mes enfants!

Réponse


Une expérience de vie différente fait que les parents, partenaires dans l'éducation des enfants, sont des êtres distincts qui ont développé chacun leur conception personnelle. Est-il nécessaire ou souhaitable que leur approche soit identique pour assurer une bonne éducation à leurs enfants?

Selon moi, le fait de tenter de nier ou d'éliminer cette différence risque plus d'être préjudiciable aux enfants que le fait de l'afficher. Je m'explique.

La différence entre les parents reflète une réalité omniprésente dans la vie, une réalité qui prend de plus en plus de place dans notre environnement social. Élever les enfants en les exposant à cette réalité, c'est les entraîner à y faire face. Il me semble plus sain pour les enfants d'être exposés à des parents qui demeurent fidèles à eux-mêmes qu'à c'eux qui afficheraient un consensus factice. (Voir «Fidèle à moi-même» .)

Diversité culturelleMais comment faire la place cette différence tout en ne soumettant pas les enfants à une incohérence déroutante? J'estime que, de ce point de vue, l'important c'est que chaque parent demeure cohérent avec lui-même. Ainsi, par exemple, les enfants s'attendront toujours à être traités plus sévèrement par leur père que par leur mère. Ou encore ils sauront que leur mère sera toujours moins encline à leur laisser prendre des risques que leur père le sera. Etc. Tant que cette cohérence interne de chaque parent est conservée et clairement affichée, les différences ne serons pas vraiment déroutantes. Les parents séparés savent par expérience à quel point les enfants découvrent vite ces différences et s'y adaptent facilement.

On peut évidemment s'attendre à ce que les enfants tentent d'exploiter ces différences à leur avantage. Par exemple, demander à papa la permission de faire ce que maman, ils en sont sûrs, ne leur permettrait pas de faire. Ou encore, s'adresser à maman pour une permission qu'ils savent que papa ne leur accordera pas.

Dans ces situations, chacun des parents assume sa décision en fonction de sa propre échelle de valeur plutôt que de tenter de se conformer à celle de son conjoint, ce qu'il ferait de mauvaise grâce. Par ailleurs, chaque parent préfère alors que sont conjoint se respecte plutôt que de le voir se conformer en passant outre à ses convictions. Cette option permet à chacun d'être authentique, cohérent et consistant dans sa façon d'éduquer les enfants. Et c'est dans cette cohérence et cette consistance, où l'arbitraire a plus difficilement sa place que dans l'entente factice, que l'enfant trouve la stabilité dont il a besoin.

L'enfant, quant à lui, est encouragé à «se débrouiller» dans ses rapports avec son parent. (Il est même supporté par l'autre parent dans ses tentatives.) Il apprend ainsi à demander, négocier, réagir par lui-même au lieu que l'un des parents intercède ou prenne sa défense contre le «mauvais parent». Il y apprend aussi que les différences sont conciliables et compatibles et même souhaitables. Cela influencera le développement de sa propre capacité à accepter et tolérer les différences.

Le fait que les parents soient d'accord pour affirmer leur différence et respecter celle de l'autre comporte un autre avantage important: l'enfant peut difficilement utiliser leurs divergences à des fins de manipulation. Nous savons déjà que l'enfant perçoit clairement le besoin de son parent d'être aimé par lui. Ce «transfert» du parent le rend vulnérable aux manipulations. Il pourrait facilement se conformer à l'attitude de son conjoint dans le but d'être aimé autant que lui. Par exemple, céder comme le fait toujours l'autre pourrait être une façon de s'attirer l'affection au lieu de la colère de l'enfant. (Voir «Transfert et droit à l'existence» .)

Le parent qui choisit plutôt de se respecter n'élimine pas son besoin d'être aimé par son enfant, mais il n'y subordonne pas son besoin de se respecter lui-même. Autrement dit, il prend le risque d'être moins apprécié de son enfant, pour un motif supérieur, soit la fidélité à lui-même. En cela, il exprime ou consolide sa capacité d'être lui-même malgré le désaccord de personnes auxquelles il tient. C'est à cause de cette priorité qu'il est plus difficile à manipuler. (Voir «Transfert et conquête de l'autonomie» .)

Il y a également des avantages importants pour le couple dans cette façon de faire. Elle permet d'éviter plusieurs problèmes qui affligent habituellement les couples qui désirent que les deux partenaires soient identiques. Le plus fréquent est sans doute l'argumentation pour déterminer lequel des deux a raison; une argumentation toujours stérile parce que ni l'un ni l'autre ne modifiera vraiment sa conception.

La démission d'un des parents est une autre conséquence néfaste qui attend les conjoints incapables de tolérer leurs différences. Usé à force de faire face à l'obstination, désespéré devait la difficulté d'atteindre l'harmonie, dégoûté du mépris qu'il reçoit de son conjoint, l'un des deux (généralement le père) décide de laisser toute la responsabilité au partenaire qui veut tout contrôler. Dans une telle issue, malheureusement fort répandue, tous sont perdants. Les enfants sont abandonnés et perdent le bénéfice de cette différence entre les deux adultes distincts de plusieurs point de vue, ne serait-ce que par le sexe. L'autre parent est bientôt écrasé sous les responsabilités tandis que le démissionnaire paie son retrait par l'effritement de ses relations, autant avec son conjoint qu'avec ses enfants.

Un autre désavantage, en non le moindre, du refus de la différence, c'est le sabotage par le parent en désaccord ou jaloux de l'affection que l'autre reçoit des enfants. On peut l'observer autant dans les unions qui durent que dans celles qui aboutissent au divorce. Dans les deux cas, le dénigrement constitue souvent une arme puissante. Même si à un certain âge les enfants ne sont pas dupes de ce subterfuge, ils n'en souffrent pas moins. La tentative de prise de contrôle, qui va parfois jusqu'à soustraire l'enfant à son autre parent sans motif valable, est une autre tactique répandue pour empêcher son partenaire d'exercer une influence dans l'éducation de ses enfants. Inutile de s'étendre ici le désastre qu'engendre cette tactique chez le conjoint et les enfants (et même chez celui qui l'induit). Des vies sont parfois brisées par ce stratagème. (Voir «Les âmes brûlées» dans Ravage et... délivrance.)

En somme, la dissimilitude des parents est un atout précieux et même indispensable dans l'éducation des enfants. L'expérience des familles monoparentales confirme l'importance de la présence de deux parents qui, par leur spécificité, jouent des rôles complémentaires dans l'éducation de l'enfant. Cette réalité amène le parent qui élève seul son enfant à rechercher cette diversité en favorisant le rapport de l'enfant avec un ou des «parents substituts».


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