Ressources en Développement
Les psychologues humanistes branchés !
Les chemins de la croissance
Par Michelle Larivey, psychologue


Résumé de l'article

Ce texte s'adresse principalement aux personnes qui s'occupent activement de leur développement personnel. Vous y verrez une description des principales étapes: Se faire une place, s'explorer, s'assumer ouvertement et résoudre ses transferts. Vous trouverez aussi des moyens efficaces de faciliter le passage d'une étape à une autre et les pièges à éviter!


Table des matières
    Avant propos
    Introduction
    1e étape: Se faire une place
    2e étape: S'explorer
    3e étape: S'assumer ouvertement
    3b: Résoudre ses transferts
    Conclusion



Avant-propos


Ce texte a été rédigé à l'occasion d'une conférence donnée à Montréal le 4 février 1996 dans le cadre du Salon de la santé et des médecines douces.

Il s'adresse principalement aux personnes qui s'occupent activement de leur développement personnel, en s'aidant de divers moyens et services qui s'offrent à eux.

Cette conférence visait à aider ces personnes à faire des choix plus éclairés et efficaces dans leur cheminement. Ainsi, elles deviendront des proies moins faciles pour la publicité et certains intervenants dont l'éthique et le professionalisme laissent parfois à désirer.



Introduction


"Grow or Die". Croître ou mourir. Ce titre de livre est percutant, mais il traduit vraiment la réalité. Tout ce qui est vivant est soit dans un processus de croissance, soit dans en dégénérescence.

Il n'existe pas de stade inerte chez les vivants. Le rosier donne des boutons qui s'ouvrent lentement, les roses atteignent leur maturité dans toute leur splendeur et commencent immédiatement à se flétrir. Physiquement il en est ainsi de l'humain. Ayant atteint le maximum de son développement physique vers 25 ans, le processus de dégénérescence s'amorce.

Malgré cette réalité, les humains, dans bien des cas, s'acharnent à ne pas vouloir changer. Ils se refusent à grandir, même si la situation appelle un changement.

Marie a un mari qui va au-devant de ses besoins et se montre très enveloppant. Ça la satisfait car elle a beaucoup besoin de marques d'affection sans lesquelles elle est insécure.

Mais son milieu de travail n'est pas aussi chaud que son cocon familial. De fait, sa collègue de travail est plutôt froide et ne fait pas de cas d'elle. Marie enrage de ce manque de considération et fait durant plusieurs années, maints efforts pour faire changer le comportement de sa partenaire.

Lorsque j'interviens, elle est sur le point de quitter l'entreprise parce qu'au bord de la dépression. Cette situation est si intenable, que même sa vie familiale est empoisonnée par ses réactions. Mais il n'est pas question pour Marie de faire la démarche de développement psychique nécessaire pour devenir capable de tolérer de n'être pas minimalement aimée de tout le monde. Marie ne veut pas changer.

Croître, c'est changer. Changer pour le mieux, pour s'adapter lorsque nécessaire, pour traverser une difficulté qui nous empêche d'être satisfait, pour mieux se posséder, etc. En Auto-développement, l'approche dont s'inspire mon travail comme psychothérapeute, croître c'est plus particulièrement devenir continuellement de plus en plus sujet dans son existence. C'est exactement le contraire que de se vivre comme un objet à la merci de la vie, des événements, de l'entourage, des êtres aimés.

Si Marie, comme nous tous souvent, préfère l'immobilité et s'acharne à changer l'autre pour l'adapter à son besoin, ce n'est pas par mauvaise volonté, ou par paresse. Je crois que c'est essentiellement pour deux raisons:

  1. D'abord par peur d'être inconfortable ou de souffrir. Elle a, pense-t-elle, une recette gagnante dans le mode d'interaction de son milieu familial. Elle ne voit pas pourquoi elle l'abandonnerait.

  2. Mais c'est surtout, par ignorance qu'elle choisit l'immobilité. Marie ne sait pas combien elle y gagnerait en solidité personnelle si elle arrivait à être capable de vivre, même dans l'adversité.
Il n'y a pas de raison que Marie sache cela, à moins qu'elle ne soit une spécialiste du développement humain. C'est une réalité qui n'est absolument pas évidente.

Même si l'humain est mû de l'intérieur par une force qui le pousse à rechercher la satisfaction et même à se développer (cf. la tendance actualisante dont parle Abraham Maslow), il a souvent tendance à éviter ce qui le fait souffrir. Or, le changement passe toujours par une certaine souffrance, ou du moins un certain inconfort.

On accepte cette souffrance lorsqu'on sait qu'elle est temporaire et quelle prépare un mieux être. Comme disent les véliplanchistes extrêmes "Pain is only temporary" (entendre la joie est tellement grande qu'on est prêt à payer le prix qu'il faut).

Dans certains domaines où on s'y connaît, on peut faire ce choix éclairé. On s'entraîne, douloureusement, pour être en forme. On se prive dans l'espoir d'atteindre la silhouette rêvée. On étudie à se crever pour réussir son examen. Mais dans le domaine de la croissance personnelle, peu de gens possèdent les connaissances qui leur permettent de choisir la douleur pour un mieux-être ultérieur.

C'est la raison qui m'a poussée à offrir une conférence sur le thème "Les chemins de la croissance": fournir des éclaircissements qui permettent de voir son développement dans une perspective plus large. Je vois souvent des clients qui ont investi beaucoup d'énergie, d'argent et de temps dans toutes sortes d'activités de croissance et qui, au bout du compte, se retrouvent à peu près au même point qu'au départ. Parfois, ils sont confus, mêlés, découragés que leurs efforts n'aient pas donné plus de résultats, malgré la sincérité et la force de leur investissement personnel.

Que vous soyez parmi ces personnes où non, si vous êtes intéressé à demeurer en mouvement et si vous êtes préoccupé de votre développement comme personne, les réponses aux questions suivantes vous seront utiles.

  • Quelles sont les étapes de la croissance?
  • Quelles sont les moyens de rendre notre démarche de développement personnel la plus efficiente?
  • Y a-t-il des conditions plus favorables que d'autres?
Dans notre optique, il y a 3 grandes étapes de développement personnel. Ces trois étapes que je vais développer ici sont:
  1. se faire une place
  2. s'explorer
  3. s'assumer.


Pour en savoir plus:

À quoi servent les émotions?

Par le psychologue
Jean Garneau

1ère étape: Se faire une place


Se faire une place, c'est oser être réceptif à ce qui est important pour soi, à ce qui est vivant en soi. Cela revient essentiellement à être prêt à ressentir ses sentiments, à considérer d'un regard accueillant ses besoins et ses préoccupations.

Certaines personnes parviennent à l'âge adulte sans avoir réussi à se donner ainsi une place dans leur vie. Il est absolument essentiel qu'elle se consacrent à atteindre cet objectif. Plusieurs raisons expliquent pourquoi c'est si important.
  1. Nos émotions sont les données fournies par un système d'information qui nous renseigne continuellement sur nos besoins. Et pour vivre de façons satisfaisante, il faut prendre nos besoins en considération (ce qui suppose, bien sûr, qu'on apprend à se centrer pour qu'ils puissent émerger par ordre de priorité). Il est essentiel d'être à l'écoute de ce qui est important, de ce qui nous préoccupe; c'est ce qui nous permet d'avoir une vie pleine.

  2. La seule motivation de changement qui dure est celle qui vient de l'intérieur. Il est indispensable d'être à l'écoute et réceptif à soi pour y avoir accès. Sinon, on cherchera à se manipuler: on se dira qu'il faut arrêter de fumer, prendre plus de vacances, être plus gentille avec son amoureux. Où encore, on tentera de céder aux pressions de l'extérieur: "tu devrais...." sans que cela ait de sens pour nous.

  3. Pour devenir davantage sujet de sa vie, il faut être en contact avec sa vie (son corps, ses besoins, ses émotions, ce qui est important pour soi...).
Se faire ainsi une place, c'est aussi la garantie de n'être jamais la proie d'un gourou ou d'une secte. Personne ne peut alors se substituer à nous pour savoir ce qui est bon pour nous. Personne ne peut nous manipuler en répondant à nos besoins inconscients, car nous avons la capacité d'être en contact avec nos besoins.

Les moyens

Si devenu adulte on n'est pas parvenu à se faire une place, il est plus efficace de chercher de l'aide pour y arriver car on a développé des "plis" et on oppose des résistances à le faire.

La psychothérapie individuelle est un moyen très efficace d'y arriver. Il est indispensable, toutefois, qu'il s'agisse bien de psychothérapie et non de traitement de problème dans le genre des différentes thérapies brèves, cognitives, béhavioristes.

Un autre moyen peut être utilisé par ceux qui ne veulent pas où ne peuvent pas entreprendre une psychothérapie, mais souhaitent apprendre à se faire une place dans leur vie. Ressources en Développement a publié dernièrement un outil qui poursuit exactement cet objectif. Il s'agit du Programme Savoir Ressentir, un ensemble d'instruments dont on peut se servir seul pour améliorer sa capacité de contact avec son monde intérieur.

Toute personne qui s'attarde quelque peu sur elle pour reconnaître ce qui la touche, ce qui lui importe et pour cerner ses besoins, se met automatiquement à devenir quelqu'un d'intéressant. C'est alors que naît le désir de se connaître davantage. On est intrigué par certains de nos comportements, on ne comprend pas pourquoi on n'arrive jamais à...etc. On est alors prêt pour la phase suivante.

Il existe cependant un danger (il se présentera d'ailleurs à toutes les phases), c'est d'en rester là. Passer à la phase suivante implique nécessairement de nouveaux défis, de nouvelles difficultés et nous avons probablement atteint un niveau de confort agréable qu'il n'est pas intéressant, à priori, de bouleverser.

Si on atteint un point où on se fait presque une religion de "s'écouter", de "prendre soin de soi", de "se faire plaisir", si on se met à trouver "qu'on est donc bien tout seul... que la vie est donc plus facile", il y a de bonnes chances qu'on soit en train d'éviter le passage normal à la phase suivante.



2ième étape: S'explorer


Si la première étape est complétée, on en viendra tout naturellement à l'exploration de soi. Celle-ci se fera harmonieusement, les sujets s'arrimant les uns aux autres.

C'est parce que le questionnement viendra de l'intérieur qu'il en sera ainsi. Et c'est parce qu'il se fera à partir de l'intérieur qu'il en restera quelque chose. C'est exactement le contraire de ce qui se produit lorsque l'exploration est conduite par des questions parachutées de l'extérieur comme celles qui viennent des autres ou qui nous sont suggérées par des auteurs.

J'ai vu beaucoup de personnes qui n'arrivaient à rien en essayant de mettre en pratique des conseils comme "change de genre de femme!", "sois ta propre mère", "aime-toi" ... Si ce conseil n'arrive par exactement au moment où la personne est rendue à cette étape précise dans sa démarche (un synchronisme infiniment rare), il est à toute fin pratique inutile.

Combien de personnes se sont perdues en cherchant à mettre en application des choses intéressantes et valables qu'elles avaient lues mais pour lesquelles elles n'avaient pas fait le cheminement préalable. Combien se sont retrouvés en mauvais état en suivant le conseil de leur gourou "d'adresser leur colère immédiatement à leurs parents, quelle que soit leur réaction"!

Je ne le répéterai jamais assez, pour être constructives, les expérimentations doivent être assumées et pour cela, il faut qu'elles soient commandées de l'intérieur. Les suggestions ne sont pas à bannir, mais elles doivent être évaluées soigneusement pour choisir celles qui nous conviennent au moment et au point précis où on se trouve.

Les moyens pour alimenter l'exploration

  • la lectures
  • l'expérimentation active
  • parler de nos découvertes avec d'autres
Les moyens pour rendre la démarche plus efficace

  • la psychothérapie individuelle (qui doit être absolument enrichie de diverses expériences). La psychothérapie servira de lieu pour

    • traiter nos découvertes
    • digérer les nouvelles expériences
    • comprendre ce qu'on a vécu (le vécu avec le psychothérapeute constitue un matériel d'exploration très précieux qui doit faire partie de cette exploration)
Durant cette phase on se rend compte qu'il y a certaines choses de soi qu'on préfère cacher aux autres. Il y a des sentiments, des besoins, des comportements qu'on n'est confortable d'avoir que lorsqu'on est seul avec soi.
  • Mon opinion est claire, mais je n'arrive pas à l'exprimer en réunion.
  • Je ne peux pas me permettre de n'être pas à mon meilleur devant les autres.
  • Je n'arrive pas à dire non.
  • Il m'est impossible de faire voir à un homme qu'il me plaît. C'est tellement vrai que je choisis ceux qui ne me plaisent pas.
Malgré les indices clairs que nous présentent ces constatations, le danger d'en rester-là nous guette encore une fois. On est en effet assez confortable avec soi, on réussit à avoir une vie relativement agréable et intéressante.

Pourquoi se forcer à passer à un autre stade? D'ailleurs, y a-t-il un autre stade? N'est-ce pas important de se suffire dans la vie? L'important n'est-il pas d'être bien avec soi et d'être assez autonome pour avoir ses activités? Toutes les rationalisations populaires de notre époque sont au service de notre goût de confort et de notre crainte du changement!

D'abord, il n'est pas évident qu'il existe un autre stade. Quant aux autres questions, la réponse de beaucoup de gens est un GROS OUI. Ils confondent "autonomie dans l'initiative pour répondre à ses besoins" et autarcie, c'est-à-dire, se suffire.

Mais aucun être vivant ne peut se suffire. Il a besoin de contact avec l'univers. Entre humains, le contact est indispensable pour combler les besoins affectifs qui perdurent la vie durant. Il est donc important de savoir qu'il existe une phase subséquente. Seul quelqu'un de familier avec ces étapes peut nous informer de leur existence!



3ième étape: S'assumer devant les autres


Cette étape est cruciale dans la vie de tout individu. C'est en réussissant, graduellement, à s'assumer devant les autres qu'on gagne la sérénité tant espérée. C'est un processus dans lequel on a avantage à être guidé par un expert car il est facile de s'égarer.

Par exemple, s'assumer devant les autres ne signifie pas "pouvoir faire quoi que ce soit devant les autres parce qu'on s'est durci". Cela n'a rien à voir non plus avec se "foutre" du monde.

Au contraire. C'est un cheminement dans lequel nous prenons le risque de nous respecter dans toute notre intégralité devant des personnes auxquelles on tient vraiment.

Les moyens de rendre cette démarche efficiente

Il est important de choisir un groupe où les gens auront des réactions vraies, ni complaisantes, ni exagérées. C'est essentiel pour pouvoir en tirer une vision réaliste de notre impact sur les autres. Il est important de choisir une approche de psychothérapie qui encourage à s'assumer soi-même et qui ne cherche pas à faire adopter des attitudes et des comportements corrects.

En cours de démarche, on se rendra compte qu'il existe des personnes devant lesquelles il est plus difficile de s'assumer. Sans le savoir très clairement, nous investissons ces personnes d'un pouvoir particulier de nous reconnaître. On s'aperçoit qu'on trouve continuellement de telles personnes sur notre chemin et que parfois même on les cherche. S'affirmer devant ces personnes devient un défi supplémentaire, mais essentiel à notre satisfaction.

Le danger, ici aussi, c'est de renoncer à s'assumer devant ces personnes. En les évitant, par exemple.

Il est facile de trouver dans la littérature populaire et chez plusieurs conférenciers un encouragement à éviter les personnes qui réveillent nos vieilles blessures. Je ne pense pas qu'il faille les éviter. Au contraire. D'ailleurs une force intérieure nous pousse sur le chemin de ces personnes, pour régler ces vieux conflits. Mais encore faut-il savoir comment arriver à les régler.

C'est ici qu'on doit distinguer une deuxième partie de cette troisième étape, une partie où on cherche encore à s'assumer ouvertement devant autrui, mais avec des personnes spéciales. Il s'agit de s'assumer vraiment devant les personnes qui ont pour nous le plus d'importance.


Pour en savoir plus:

Le transfert dans les relations

Par la psychologue
Michelle Larivey

3b: Résoudre ses transfert


On est mûr pour cette démarche lorsqu'on commence à penser qu'il y a anguille sous roche du fait par exemple,
  • d'être systématiquement en désaccord avec les personnes en autorité
  • d'être aussi défensive avec son mari qu'on l'était avec son père
  • d'avoir avec son conjoint des chicanes qui ressemblent étrangement à celles qui nous faisaient tant souffrir avec nos parents
  • qu'on enrage que l'entreprise ne nous manifeste pas davantage de reconnaissance
  • qu'on ne supporte aucune critique
  • qu'on tombe en amour aussitôt que quelqu'un s'intéresse à nous
  • qu'on déprime devant l'indifférence de notre adolescent
  • ... etc, etc, etc
La répétition, l'intensité de nos réactions, le fait qu'elles soient si stéréotypées (toujours les mêmes dans une situation semblable) sont des signes qui ne trompent pas. Ils indiquent que nous revivons, dans le présent, des expériences antérieures non complétées.

Lorsqu'on remarque ces indices et qu'on veut y voir plus clair, on est vraisemblablement prêt à compléter ces situations qui empoisonnent notre vie. Mais pour être efficace dans cette démarche et pour ne pas se décourager devant les difficultés qu'on y rencontre, il est important d'être bien instrumenté.

Les moyens de résoudre nos transferts

  • Le groupe de psychothérapie, dans une approche qui fournira

    • l'instrumentation
    • la possibilité de pratiquer

  • Les situations de la vraie vie avec interlocuteurs transférés et les originaux, c'est-à-dire, notre famille d'origine.

Conclusion


Il est important de bien comprendre où on en est dans sa démarche de développement personnel. Il est impérieux de connaître les moyens appropriés pour s'aider à réaliser avec succès l'étape où on en est.

En étant bien orienté dans notre démarche de développement personnel, on économisera beaucoup de temps. On évitera aussi plusieurs expériences négatives qui laissent des traces profondes ou nous amènent à abandonner notre recherche.


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