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Querelles et chicanes dans le couple
Par Michelle Larivey , psychologue


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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?


Question: Un exemple mystérieux

    Il y a dans votre article un long exemple de chicane réussie. J'aimerais que vous expliquiez ce qu'il y a dans l'exemple qui explique que ça puisse finir bien. Il me semble qu'ils s'engueulent vigoureusement et que ça risque de blesser et de tout détruire au lieu de résoudre le problème.

Réponse

L'exemple contient toutes les caractéristiques énumérées dans la partie de l'article relative à "la querelle constructive". Les voici.

Les protagonistes disent leur mécontentement, sans restriction et de façon précise. Lorsque nécessaire, ils explicitent pour spécifier de quelle façon ils sont dérangés. Ils manifestent clairement leurs émotions, soit en les nommant, soit en les démontrant par le ton de leur voix ou leurs gestes. Leur expression verbale et non verbale est fidèle à leur intensité émotionnelle du moment.

Chacun insiste sur ce qui a de l'importance pour lui et l'autre est attentif à cette importance. Nons seulement il est attentif, mais il répond à ce que l'autre soulève.

Aucun des deux ne cherche à contrôler l'autre dans son expression ou à contester la légitimité de ce qu'il vit. Ils ne sont pas occupés à s'excuser pour diminuer la réaction de l'autre, ni à s'expliquer de façon à faire accepter leur point de vue absolument. On n'a pas l'impression qu'ils cherchent à protéger leur Ego. On les voit plutôt intéressés à se faire comprendre pour vrai et à entendre ce que l'autre a réellement à dire. Ainsi, on ne les entend jamais s'offusquer de la manière dont l'autre dit les choses et faire d'une formulation maladroite un sujet de chicane à l'intérieur de leur querelle.

La dispute évolue. Même s'ils abordent plusieurs sujets, les enchaînements sont pertinents. Ils ne s'aventurent pas sur différentes avenues, sans rapport avec le sujet, uniquement pour chercher à mettre l'autre "en boîte".

Ils ne se privent pas de dire leur façon de penser, leurs perceptions et leur interprétation du comportement de l'autre. Ils ne se privent pas de juger l'autre. Ils ont le courage de dénoncer ce qu'ils trouvent problématique et l'ouverture pour recevoir les dénonciations. Cela donne à chacun l'occasion de savoir comment il est vu par l'autre et de connaître son effet sur lui.

Tout au long de l'échange ils se laissent atteindre. Ils s'adressent aussi à l'autre de manière à le rejoindre. Sur la fin de l'extrait, on voit Maryse très "touchée" et en pleine "remise en question". Cela laisse présager des changements.

Il n'est pas facile d'observer ces "règles du jeu" qui garantissent l'efficacité d'une querelle. Mais comme dans plusieurs domaines, on peut se reprendre, si on a dévié. L'important n'est pas de réussir du premier coup, mais de parvenir à respecter toutes les caractéristiques d'une querelle utile.


Question: Acceptation inconditionnelle et respect

    L'acceptation inconditionnelle, ça peut être vrai. Vous semblez dire que c'est le contraire du respect de soi et de l'autre. Est-ce qu'il y a quelque chose qui m'échappe?

Réponse

Précisons d'abord que "l'acceptation inconditionnelle" est une attitude thérapeutique rendue populaire par le psychologue Carl Rogers. Ce psychologue américain est à l'origine de l'approche "non-directive" appelée "psychothérapie centrée sur le client". Carl Rogers prône cette attitude en vue de faciliter au client la reconnaissance et le consentement à son vécu.

Dans la poursuite de cet objectif, le psychothérapeute considère ses propres réactions comme non pertinentes. Elles ne feraient qu'interférer dans le travail que fait son client pour accepter de reconnaître ses émotions, ses besoins, ses fantaisies, ses réactions, ses priorités. Les effets de cette attitude thérapeutique sont intéressants avec les personnes qui sont en processus d'acquérir leur "droit d'être". (Voir l'article Conquérir la liberté d'être soi-même )

Mais une relation de couple n'est pas une relation thérapeutique. Le conjoint ne poursuit pas le même but que le psychothérapeute, c'est-à-dire d'aider son conjoint à accepter ce qu'il vit comme étant une réalité. On peut s'épanouir à l'intérieur d'une relation de couple, mais ce n'est pas parce qu'une des deux personnes se met au service de la démarche de l'autre qu'on y parvient, au contraire.

S'il y a quelque chose d'utile qu'on peut importer de l'attitude thérapeutique rogérienne dans une relation de couple c'est d'accepter l'évidence que l'autre est un être unique et distinct de nous. Ce qui signifie qu'il a ses propres émotions, besoins, réactions, fantaisies, priorités. Reconnaître cela et l'accepter n'est pas incompatible avec le fait que nous avons, nous aussi, nos émotions et réactions... y compris au vécu et au comportement de notre conjoint.

Ce qui est le contraire du respect de soi c'est de renier ce que l'on vit pour donner le droit à l'autre de vivre ce qu'il vit. Cette façon d'agir empoisonne toujours la relation de couple, au moins à long terme.

Que peut-il y avoir de bon dans une relation à renier ce que l'on vit pour respecter l'autre? Qu'y a-t-il de constructif à ce que j'accepte sans mot dire que mon conjoint se plaigne continuellement de son travail sans jamais se mobiliser pour y changer quelque chose? Qui a-t-il de positif pour nous deux dans le fait que j'endure ses plaintes et me fasse violence pour dissimuler mon impatience et mon jugement sur son comportement (et à la longue même l'altération de mon estime pour lui)?

Certes, à première vue il semble économique de taire nos réaction et nos opinions sur l'autre: cela évite la chicane. À moyen et long terme, toutefois, il est plus avantageux d'apprendre à se quereller d'une façon constructive qu'à se bâillonner ou à museler l'autre.

Il est donc important de distinguer l'acceptation inconditionnelle du vécu et du comportement de l'autre et l'acceptation de la différence. Il n'est pas nécessaire de venir de Vénus ou de Mars pour avoir des émotions et des besoins différents ou à des moments différents. C'est chose courante sur notre planète.

Par contre, même s'il est impertinent de se forcer à adopter une attitude d'acceptation inconditionnelle, cela ne veut pas dire qu'un conjoint ne peut aider l'autre en lui faisant toute la place pour un moment. C'est ce qu'illustre l'exemple suivant.

Marie est très bouleversée par le rejet que lui fait vivre l'attitude de sa fille. Elle en parle à son époux, Guy en souhaitant obtenir de lui une écoute attentive. Elle ne veut pas de conseil, elle souhaite simplement qu'il la comprenne. Guy va tenter de faire cet exercice. Lui qui a l'habitude de "raisonner" Marie quand il souffre de la voir malheureuse, va faire un effort pour "être à l'écoute" uniquement. Il ira même jusqu'à poser des questions à Marie pour qu'elle précise combien cela lui fait mal, quels genres de propos la blessent le plus, pourquoi cela la blesse, etc...

Grâce au fait que Guy prend une telle attitude, Marie pourra se laisser aller (sans avoir à se justifier et à se battre pour se faire comprendre). Son vécu par rapport à sa fille pourra même évoluer, juste parce qu'elle peut en parler à quelqu'un en qui elle a confiance. C'est parce que Guy est relativement peu impliqué dans le problème qu'une telle chose est possible.

On voit mal, par contre, Maryse ou Marc jouer le rôle que Guy joue à travers leur altercation. Chacun a des enjeux importants dans la dispute et chacun doit présenter son point de vue à l'autre. Cela est absolument essentiel pour que leur situation commune évolue à la satisfaction des deux. Si l'un d'eux était centré sur l'autre, il faudrait nécessairement qu'il fasse abstraction de son vécu et s'empêche de s'exprimer. Cette position de fausse neutralité serait entièrement artificielle.

Si Maryse et Marc adoptaient une solution qui soit amputée du point de vue de l'un d'entre eux, il est certain qu'elle ne pourrait satisfaire les deux. Du point de vue de la vie du couple, ce ne serait pas une amélioration.



Voyez aussi l'article:

Les mythes amoureux
2) L'amour inconditionnel

Question: se guérir de la jalousie

    Je suis très jalouse et je ne me comprends pas. Je n’ai pas de raison de m’inquiéter: je suis belle, j’ai un emploi intéressant et lucratif, mes amis m’adorent et mon ami me répète souvent qu’il m’aime. Mais il suffit qu’il parle à une autre femme pour que je devienne agressive. S’il trouve une autre femme belle, je me renferme sur moi-même. Je ne sais pas quoi faire pour que ça cesse.

Réponse

Pour résoudre un problème de jalousie, il faut avant tout comprendre que la réalité (comme les vrais sentiments de l’autre ou sa fidélité réelle) est peu importante. Ce qui compte, c’est l’interprétation que nous faisons, à partir d’indices plus ou moins clairs, ainsi que nos réactions à ces interprétations.

Autrement dit, la jalousie n’est pas un problème de relation (interpersonnel) mais une façon de réagir intérieurement (intrapersonnel). Ce que nous faisons à partir de ces réactions intérieures est, en réalité, une tentative d’utiliser notre partenaire pour contourner ou neutraliser notre conflit intérieur.

Si je suis jaloux, je vis dans la crainte de perdre une personne à laquelle je tiens beaucoup. Pour des raisons qui me sont propres, je crois que l’autre peut m’abandonner à tout moment. Rien ne parvient à me rassurer vraiment: aucun témoignage de fidélité ou d’amour ne me suffit, aucune preuve n’est assez forte pour me convaincre.

Mais au lieu d’examiner mon insécurité de base et d’y trouver des solutions, je tente de calmer mon inquiétude en me faisant rassurer par l’autre. L’expression de ma jalousie sous forme de colère, de plainte ou de retrait, n’a pas d’autre but: amener l’autre à adopter un comportement rassurant. Je poursuis un seul but: contrôler les actions de l’autre.

Michelle Larivey explique très bien ces dimensions dans sa fiche sur la jalousie amoureuse (dans le Guide des émotions).

Évidemment, la stratégie du contrôle ne peut réussir. Même lorsque je parviens à obtenir le comportement rassurant que je réclame, mon inquiétude reste intacte. C’est bien normal: ce comportement n’a aucun effet sur les vraies causes de mon insécurité parce que l’autre n’a rien à y voir. Que ma conjointe cesse de s’amuser avec les autres et qu’elle se retienne de rire les blagues du voisin ne me rassure pas vraiment. Qu’elle annule ses sorties avec ses amies ne fait que retarder mon prochain moment d’angoisse.

En fait, c’est lorsque le contrôle réussit le mieux qu’il est le moins efficace. Si, après plusieurs scènes intenses, ma femme cesse de réagir aux autres hommes et devient socialement asexuée, je suis doublement perdant. D’abord, je perds sa présence vivante et stimulante parce qu’elle ne peut être vivante à temps partiel. Mais je perds en plus la possibilité de résoudre mon angoisse car je n’ai plus l’occasion de distinguer quand elle augmente ou diminue. Je suis alors condamné à une inquiétude sourde et permanente qui m’empoisonne doucement sans se faire remarquer.

Dans cette façon de comprendre la jalousie, on peut déceler les éléments essentiels de la méthode pour en sortir. La recherche des vraies causes de mon insécurité est évidemment au coeur de cette solution. L’exploitation des variations dans l’intensité de ma jalousie est l’autre ingrédient fondamental. L’abandon des solutions qui misent sur le contrôle de l’autre est le troisième pilier nécessaire.

C’est en profitant des moments où ma jalousie devient plus vive que je peux le plus facilement progresser dans ma compréhension des sources de mon insécurité. Ces moments sont des occasions de ressentir plus clairement les manques que je crains et d’identifier plus directement les privilèges que je ne veux pas perdre. Il suffit que j’interroge mon expérience intérieure (au lieu de surveiller mon conjoint) chaque fois que j’éprouve le pincement particulier de la jalousie pour arriver assez rapidement à identifier ce qui m’inquiète vraiment.

À compter du moment où j’ai identifié la vraie préoccupation qui se cache derrière mes élans jaloux, la moitié du problème est réglé. Il est alors plus facile, en effet, de laisser tomber les tentatives de contrôle pour explorer la question et rechercher de nouvelles solutions. En effet, l’insécurité qui m’envahissait jusqu’alors est remplacée, en bonne partie, par une nouvelle réalité: le vrai problème que j’évitais par ma jalousie.

Dès lors, je peux m’attaquer à la recherche de solutions appropriées à mon vrai problème. La plupart du temps, ces solutions s’appuient sur une mobilisation personnelle, sur un effort positif. Au lieu d’en vouloir au rival dont le charme m’inquiète, je peux étudier ses trucs pour m’en inspirer et relever le défi. Au lieu de sommer ma conjointe de baisser les yeux pour ne pas voir les beaux hommes du voisinage, je peux me donner la peine de devenir le bel homme qu’elle prendra plaisir à regarder. En somme, il s’agit d’abord d’identifier la source de ma crainte, puis de m’appuyer sur mon envie pour identifier de nouvelles ressources personnelles à développer. Au bout de cette démarche, c’est une nouvelle version de moi-même qui m’attend: une personne dont la confiance est nettement augmentée.


Question: vivre avec un jaloux

    Mon mari est terriblement jaloux. Même si je l’aime profondément et même si je lui suis totalement fidèle, il me surveille et me soupçonne constamment. Il suffit que je parle à un collègue pour qu’il me fasse une scène interminable dans laquelle il m’accuse de vouloir le tromper. J’ai beau tout faire pour être modeste dans mon habillement et dans mes façons d’agir, ça ne donne rien. Je ne sais pas combien de temps je pourrai encore subir ces crises. Est-ce que je peux faire quelque chose pour l’aider et sauver notre couple ?

Réponse

Je ne vais pas reprendre les explications de la fiche sur la jalousie et de la question précédente. Je vais m’appuyer sur elles pour examiner le point de vue de la personne dont le conjoint est jaloux.

D’abord, il faut comprendre que les témoignages d’amour et les preuves de fidélité sont inutiles. Le problème n’est pas dans la relation; il appartient à la personne qui éprouve la jalousie. Le fait de tenter de rassurer la personne jalouse ne peut conduire qu’à de fausses solutions.

La première fausse solution qui peut nous tenter est d’exprimer notre amour en réponse aux expressions d’inquiétude de notre conjoint. Cette méthode est inefficace et même nuisible.

Elle ne réussit pas à rassurer parce qu’elle ne répond pas à la vraie question du conjoint. Ce sont ses raisons de s’inquiéter qui sont importantes et non nos sentiments réels. Il faut que ces raisons deviennent conscientes et explicites avant qu’on puisse y apporter des réponses utiles.

En plus, cette solution est nuisible parce qu’elle nous amène à l’exaspération. Nous devenons frustrés et impatients d’exprimer notre amour sans que l’autre le reçoive ou en tienne compte. Notre impuissance à nous faire entendre nous amène directement à une colère de plus en plus intense qui peut briser la relation.

La deuxième fausse solution, consiste à adopter un comportement rassurant. En ne voyant plus les autres hommes, en devenant sexuellement éteinte avec tout le monde sauf mon conjoint, je tente d’apaiser son inquiétude.

Cette méthode est peut-être encore pire que la précédente. Elle ne réussit pas davantage, mais elle a l’inconvénient supplémentaire de diminuer ma vitalité. En neutralisant mes réactions devant les autres hommes, c’est toute ma sexualité que j’éteins plus ou moins subtilement. C’est donc une partie essentielle de la vie de la relation que je neutralise ainsi, car je ne peux pas être vivante seulement “à temps partiel”, être sexuée seulement avec mon conjoint.

Comme cette solution mise sur un évitement de l’action et de l’expression, elle ne provoque pas de réactions vives chez moi ou chez l’autre. Peu à peu, imperceptiblement, la relation meurt étouffée et une distance invisible s’installe. Comble de malheur, mon conjoint se sent alors négligé (il a raison) et sa crainte de me perdre s’en trouve confirmée.

La seule solution valable, c’est de demeurer aussi vivant que je le peux, aussi ouvertement que j’en suis capable, tout en invitant l’autre à faire l'introspection nécessaire pour trouver la source de sa jalousie. Si je suis capable, en plus, d’accueillir l’expression de ses craintes et de ses réactions sans chercher à les neutraliser, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour favoriser l'épanouissement de notre relation.

En résumé, on pourrait dire que mon devoir principal, en tant que conjointe d’une personne jalouse, est de rester vivante et expressive pour fournir à l’autre de bonnes occasions d’explorer ses craintes et pour que notre relation reste un univers vivant et nourrissant. Dans la mesure de ma disponibilité réelle, je peux ajouter une attitude d’accueil et de support devant son expression.


Question: L’agressivité de l’autre devant mes reproches

    Comment faire pour régler nos problèmes de couple si mon épouse part en guerre aussitôt que je lui fais un reproche? J’ai fini par laisser tomber, car je n’aime pas la chicane et j’ai assez peur de son agressivité. Mais je considère que notre relation s’est beaucoup dégradée.

Réponse

Il est normal qu’une relation se dégrade si on ne peut pas aborder nos insatisfactions. Certaines personnes sont très susceptibles aux reproches. Elles les vivent automatiquement comme des attaques. Bien sûr, la réaction normale, lorsque nous croyons être attaqués, c’est d’adopter une attitude défensive et parfois, de contre-attaquer. Mais comment dépasser cela? (Une partie du chapitre “Quand l’autre réagit mal” du livre Les Émotions source de vie porte sur cette question: quand l’expression provoque la guerre.)

Il est certain que pour améliorer une relation d’intimité, une attitude défensive à outrance est nuisible. D’une part, avec une telle fermeture, celui qui ne peut supporter le reproche n’entendra jamais ce que nous avons à lui dire. D’autre part, la rencontre continuelle d’un mur conduira, à coup sûr, celui qui veut manifester son insatisfaction au découragement. Viendra un temps où il cessera de tenter le dialogue.

Comme il est bien difficile de changer l’autre en lui faisant des demandes, des pressions ou des interprétations, il vaut mieux se changer soi-même. (En fait, l’autre change nécessairement si je change, car je modifie notre dynamique.) Notre tactique devant la montée du mur sera alors différente.

Il faut donc changer en nous-même ce qui alimente le comportement de l’autre et contribue à la stagnation. Supposons, par exemple, que le scénario typique est le suivant:

    je dis mon insatisfaction / elle se fâche / elle m’accuse / je me trouve aussi fautif / je me tais / je ronge mon frein, mécontent, et prends mes distances
Dans cette interaction, nous avons tous deux “noyé le poisson”. Elle l’a fait en m’accusant. Moi, en me laissant éteindre par ma culpabilité.

Il est normal, dans une tactique défensive, que “l’adversaire” nous amène sur un terrain où nous sommes vulnérables. En fait, sa défense consiste à nous accuser de quelque chose dont nous croyons être coupables. Tout le monde sait utiliser les expressions “toi aussi” ou “toi tu n’es pas mieux” pour se défendre.

Mais nous pouvons facilement éviter de noyer le poisson en ne nous laissant pas neutraliser par cette contre attaque. Par exemple, on peut répondre:

    Moi aussi, c’est vrai... mais ce n’est pas de moi qu’il est question en ce moment. Je te parle de quelque chose que tu fais toi et qui m’horripile! Nous parlerons, une autre fois de ce qui t’horripile chez moi.
Un deuxième point doit être considéré pour résoudre une impasse de ce genre: la gestion de l’agressivité. Si nous en avons peur au point d’éviter toutes les manifestations de colère, la question sera vite neutralisée sans que le problème ne soit vraiment abordé. Dans ce cas, il suffit qu’elle se fâche pour que je capitule.

Mais je peux au contraire tenter de “tolérer” son agressivité. (Il ne s’agit pas ici de “l’endurer” en me raidissant, mais bien de me laisser “vivre ce que qu’elle me fait vivre”: peur, douleur, rejet, solitude...). Dans ce cas, il me sera possible de continuer à lui adresser mon reproche, même si elle est furieuse. Maintenir ce que j’ai à dire sur mon insatisfaction, malgré le fait que cela ne lui plaise pas, malgré qu’au total je ne sois pas plus parfait qu’elle, voilà ce qui peut permettre d’aller plus loin dans l’échange sur mon insatisfaction.

Et il est certain que le fait de faire face à l’agressivité au lieu de la fuir sera pour moi une occasion d’évolution personnelle. Voir à ce sujet: “La conquête de l’autonomie

On peut aussi trouver un outil sur le sujet, à l’adresse suivante: http://redpsy.com/outils/couple.html#critiques

 
Question: Elle décide sans me consulter
    Je prévois emménager bientôt avec ma conjointe, mais un événement récent me laisse assez songeur à ce sujet . Alors que j'ai déjà un chien et elle un chat, elle vient d'acheter un nouveau chien sans me consulter. Elle sait pourtant que je suis un peu allergique aux animaux; nous avons même fait des essais pour nous assurer que je n'aurai pas de problème à vivre avec nos deux animaux.

    Lorsqu'elle m'a annoncé son acquisition, j'ai exprimé mon mécontentement et mon refus catégorique d'héberger un autre animal. J'ai invoqué mon allergie et le fait qu'elle ne m'a pas consulté là-dessus. Mais ce qui me met vraiment en colère c'est que je vois le fait d'avoir été exclu du processus de décision comme un manque de considération et de respect à mon égard. Ai-je raison ou tort de le voir ainsi ? Qu'est-ce que je peux faire en plus d'exprimer clairement ce que je ressens à ce sujet ?

Réponse

Une situation de ce genre peut servir d'amorce à une intéressante mise au point et fournir au couple l'occasion d'acquérir un important outil qui lui servira ensuite à résoudre les frictions inévitables du quotidien. Mais pour cela, il faut savoir comment aborder habilement la question.

Le premier danger auquel on fait face dans une situation de ce genre, c'est celui de rester au niveau des principes. On peut facilement amorcer la discussion en disant par exemple qu'un vrai couple devrait prendre toutes les décisions en commun et qu'une initiative de ce genre est un manque évident de respect, un affront incompatible avec une relation valable.

Qui décide ?Cette façon de faire est tentante parce qu'elle permet de neutraliser la vulnérabilité dans laquelle on se trouve. Plutôt que d'être blessé, inquiet, fâché, peiné, gêné, etc. on adopte une attitude soi-disant objective et neutre pour analyser la situation du point de vue des valeurs et des règles de bienséance amoureuse.

Mais c'est une grave erreur car cette approche nuit nécessairement à l'atteinte d'une vraie solution en dissimulant les véritables enjeux et le jeu de forces qui se manifestent à travers cet incident. En nous éloignant d'une confrontation directe des impacts de ce geste et des émotions qu'il a provoquées, cette approche nous enlève les éléments nécessaires à une solution satisfaisante et durable.

La méthode la plus prometteuse serait de transformer cette situation en occasion de dialogue et d'apprentissage. Pour y parvenir, il faut aborder la question d'un point de vue subjectif et émotionnel plutôt que d'une façon froidement objective. Plutôt que de discuter des principes de la communication de couple, il faut puiser dans les émotions suscitées par l'événement et dans les significations qu'on a attribuées subjectivement aux gestes de l'autre.

Par exemple, la personne blessée pourrait s'exprimer à peu près ainsi:

    Je suis très surpris que tu aies décidé d'acheter ce chien sans m'en parler alors que nous allons bientôt nous installer ensemble. Je me demande ce que ça signifie à propos de la place que tu veux que j'occupe dans ta vie et de l'importance à tes yeux de mon point de vue sur notre vie commune. Je ne sais pas comment tu vois cela, mais moi ça me donne l'impression d'avoir assez peu d'importance. J'en suis peiné et je reste très inquiet devant une telle possibilité. Je suis tenté de me fâcher, de revendiquer et de te blâmer, mais au fond je suis surtout triste. J'aimerais bien connaître ton point de vue sur cet événement; pour le moment je ne comprends vraiment pas pourquoi tu as agi ainsi et je trouve que c'est un signe inquiétant pour notre avenir ensemble.
Cette façon subjective et expressive d'aborder la situation nous amène nécessairement à éprouver notre vulnérabilité par rapport à l'amour du conjoint et à la place qu'il veut nous accorder dans sa vie. En prenant la peine d'exprimer soigneusement les émotions que nous avons éprouvées et de découvrir le sens que nous avons donné au comportement de l'autre, nous pouvons lui donner accès à l'importance et au pouvoir que nous lui accordons.

Pour permettre d'arriver à une solution valable, cette expression doit s'accompagner d'une invitation sincère au dialogue. Elle doit inclure une ouverture réelle à recevoir le point de vue de l'autre et à se laisser atteindre par son impact. Il arrive très souvent que la signification du même geste soit tout à fait différente pour l'autre parce qu'elle s'appuie sur des prémisses complètement imprévues.

Il est important de rester ouvert à cette possibilité et à son impact émotionnel car c'est souvent l'élément le plus important pour réparer la blessure réellement ressentie à partir de l'interprétation précédente. Voici deux exemples d'explications bien différentes de celle qui était prévue; chacune pourrait être l'amorce d'un dialogue fructueux pour un meilleur équilibre dans le couple.

    Je croyais que ton allergie serait moins forte avec un chien qu'avec un chat, alors j'ai décidé de me séparer de mon chat pour que tu sois plus confortable dans notre appartement. Je n'ai pas voulu t'en parler d'avance parce que j'étais certaine que tu refuserais mon sacrifice au lieu de le recevoir comme un geste d'amour. Je n'ai jamais pensé que ça pourrait te blesser! Tout ce que je voyais c'était la peine que j'avais à l'idée de me séparer de Poupoune.

    J'ai bien peur de ne pas avoir la force de tenir mon bout lorsque nous aurons à prendre des décisions communes. C'est toujours difficile de discuter avec toi car je trouve tes arguments excellents et je n'ai pas assez de présence d'esprit dans nos discussions pour trouver des réponses valables. Alors, j'ai décidé de prendre les devants pour essayer de m'entraîner à décider par moi-même dans des questions qui nous concernent tous les deux. Je savais bien que tu réagirais, mais il faut que je trouve le moyen de me respecter même quand tu n'es pas d'accord.
Le premier de ces deux exemples illustre comment la signification du geste peut être radicalement différente de celle qu'on avait imaginée. Il est certain que la découverte d'une telle explication change complètement la situation et les émotions qu'elle provoque en nous. Seul un dialogue ouvert à partir des points de vue subjectifs des deux partenaires peut conduire à une telle mise au point. Et lorsque les deux perspectives sont clairement exprimées, il reste à discuter de la question la plus fondamentale. Par exemple, dans cet exemple, on pourrait s'interroger sur les sources réelles de l'inquiétude apparemment injustifiée.

Pour ce qui est du deuxième exemple, il permet de mieux comprendre la situation réelle. Au lieu d'y voir un manque de considération ou de respect, on peut alors y déceler un problème de communication ou une difficulté dans le partage du pouvoir entre les deux partenaires. Un dialogue ouvert permettra aux conjoints de se mettre ensemble à la recherche d'une meilleure solution et d'un meilleur équilibre.

Au début d'une relation de couple et au moment de chaque nouvelle étape importante (invitation, cohabitation, mariage, enfant, changements...), il est bien naturel que les deux partenaires soient portés à entreprendre une négociation des règles qui s'appliqueront à l'avenir dans la vie commune. Très souvent, cette négociation se fait à travers de longues discussions sur les objectifs et les valeurs de chacun.

Mais il nous arrive aussi, comme dans le dernier exemple, de faire une partie importante de ces débats à travers des actions et des événements. Par exemple, nous posons un geste en sachant que l'autre ne l'accepte pas afin de découvrir les limites réelles de notre autonomie, nous «oublions» volontairement un de nos devoirs afin de mesurer le prix que nous devrons payer pour nous faire pardonner, nous boudons plus ou moins ouvertement dans l'espoir de mesurer combien l'autre tient à nous.

Cette méthode peut amener les partenaires à aborder plus clairement les questions qui les préoccupent ou les aspects de leur relation qui les inquiètent. C'est ce qui pourrait se passer dans l'exemple que nous examinons. Mais il y a de fortes chances que cette mise au point n'ait jamais lieu car la tentation la plus forte, devant une action qui nous met ainsi devant un fait accompli ou devant un défi, c'est de répliquer sur le même ton. Alors, c'est une escalade qui s'enclenche, une bataille qui fera sûrement deux blessés et conduira probablement à un échec dans la vie de ce couple.

L'expression ouverte comme celle que j'illustrais plus haut peut conduire à une autre issue, mais il faut beaucoup de courage pour l'amorcer lorsque nous faisons face à une provocation volontaire. La réplique est tellement plus facile et moins vulnérable... apparemment!


 
Les échanges physiques agressifs dans le couple

    Il est arrivé quelquefois à mon ami de ma flanquer une gifle lorsqu'il était en colère. Je suis tellement terrorisée que je n'ose plus le contredire. Ce n'est pas une façon de vivre! Par ailleurs, je suis tellement en colère à ce sujet que j'ai le fantasme de lui rendre la pareille. Il me semble que ça me libérerait.
Réponse

Une gifle est une atteinte à notre intégrité physique et psychique. C'est désagréable et humiliant.

Si un geste de ce genre survient occasionnellement dans un couple, il faut chercher à comprendre pourquoi. (1) Est-ce que celui qui assène la gifle n'a pas de mots pour traduire sa réaction? (2) Est-ce le signe d'un manque de contrôle? (3) S'agit-il d'une réponse à mon hostilité (à une agressivité camouflée)? (4) La gifle est-elle la seule manière de m'atteindre à certains moments?

Si cette relation en vaut la peine, ce sont là des questions qu'il faut explorer. C'est ce qui permettra de trouver un ajustement convenable qui n'exige pas de museler l'un ou l'autre. Il ne faut pas oublier, en effet, qu'il est impossible de vivre une relation intime et saine si l'agressivité y est censurée. La relation ne peut être un lieu d'épanouissement si la colère en est bannie. Pour la santé des individus et de la relation, l'agressivité doit être ressentie lorsqu'elle est présente et exprimée ouvertement. Sinon, elle fait place à la rancune qui, si elle dure, détériore nécessairement les rapports humains.

Reprenons maintenant chacune des hypothèses déjà évoquées. Essayons de trouver, pour chacune de ces raisons, une solution favorable à l'épanouissement du couple et des individus.


    (1) La gifle remplace l'expression verbale
L'expression peut avoir plusieurs fonctions: elle peut servir à informer, à influencer, à se soulager, à s'assumer ou à nourrir la relation. (Jean Garneau l'explique dans "Travailler avec mes émotions".) Dans ce qui nous occupe ici, la gifle est une réaction qui sert à informer et à se soulager. En effet, elle traduit un vif mécontentement: une colère empreinte d'intolérance.

Nous savons que l'expression est nécessaire à la santé psychique; mais ce n'est pas n'importe quel genre d'expression qui s'avère sain et utile. Dans un rapport interpersonnel l'efficacité de l'expression ne peut être évaluée qu'en tenant compte de l'effet à la fois sur celui qui réagit et sur celui qui reçoit sa réaction. Dans notre exemple, l'effet sur la cible de l'expression est dévastateur: il a provoqué la terreur. Si la relation de couple repose sur l'égalité et la confiance mutuelle, la gifle vient d'en ébranler les assises. Il pourrait même arriver que ce geste suffise à faire éclater la relation.

SilencePar ailleurs, si nous examinons ce geste d'un point de vue psychique, nous devons en arriver à la conclusion qu'il s'agit d'une expression partielle. Par conséquent, cette expression ne peut être entièrement satisfaisante. Celui qui administre la gifle ne livre certainement pas la totalité de son expérience émotionnelle, mais en plus, il empêche son interlocuteur d'y avoir accès. La communication est donc déficiente, ce qui n'est pas sain pour la relation. Celui qui reçoit a gifle retient une seule chose: il ne devrait pas réitérer l'expression qui l'a provoquée. Il se peut même qu'il ne sache pas clairement ce qui l'a provoquée et pourquoi son action a déclenché une telle fureur.

La gifle cherche ici à remplacer les mots, des mots dont son auteur ne dispose peut-être pas. Aussi, s'il s'agit d'une tendance chez lui (et non un accident de parcours), il aurait avantage, pour lui-même, sa partenaire et leur relation, à développer sa capacité de s'exprimer verbalement.

Il est assez facile de remédier au manque de vocabulaire lorsqu'il s'agit de la cause principale de l'expression "à travers les gestes". Mais la parole déficiente reflète souvent plutôt une coupure de l'expérience émotionnelle. Dans ce cas, le travail nécessaire est de plus grande envergure. Il faut perfectionner l'habileté à identifier et à nommer ce qu'on éprouve. L'investissement en vaut la peine car la capacité de ressentir à fond et de nommer ce ressenti procure une fluidité dans le contact avec soi-même. Cette fluidité assure des échanges interpersonnels plus complets, plus satisfaisants et plus nourrissants. C'est le cas même lorsque l'émotion vécue est considérée comme négative (par exemple la colère).


    (2) La gifle signe du manque de contrôle
Le manque de contrôle s'explique surtout par l'incapacité de la personne à "tolérer" son ressenti, à le laisser vivre en elle. Par exemple elle n'arrive pas à demeurer en contact avec sa colère soit parce qu'elle considère ce sentiment comme mauvais, soit parce que son intensité est insupportable. Elle cherche donc à l'évacuer. Le geste impulsif sert alors de soupape en faisant disparaître le ressenti.

La faiblesse du vocabulaire émotif va souvent de pair avec le manque de contrôle car ils ont souvent la même source: l'incapacité de tolérer ses émotions. Le remède est le même pour les deux volets: il faut apprivoiser sa vie émotionnelle. Plus particulièrement, il faut augmenter sa capacité de ressentir à fond ses émotions, même celles qu'on trouve désagréables.


    (3) La gifle est une réponse à mon hostilité
L'hostilité est l'attitude d'une personne qui éprouve de la colère tout en cherchant à la camoufler. La colère transpire en quelque sorte à travers ses gestes et son expression. (Voir "L'hostilité" dans le guide des émotions.)

Les problèmes qui découlent de l'hostilité viennent du fait que celui qui la reçoit est bel et bien atteint mais qu'il est incapable d'en démontrer ou d'en vérifier l'existence. Lorsqu'il tente de signaler de sa présence, l'interlocuteur hostile nie. Il se défend d'avoir agi agressivement, soit par mauvaise foi, soit parce qu'il n'est pas vraiment conscient de sa colère. Dans les deux cas il omet de porter attention à ce qu'il ressent pour tenter de l'identifier précisément. Il faut donc avoir une solide confiance dans notre expérience émotionnelle (ce que nous ressentons) pour oser confronter une personne hostile. Autrement, nous serons facilement déstabilisés par ses dénégations.

Voici quelques exemples où on peut déceler une attitude hostile.

    Des propos dénigrants tenus d'un ton émotionnellement neutre. Ici, c'est justement le ton qui sert de camouflage. On voit aussi l'équivalent sous la forme d'une insulte qui se dissimule sous le couvert d'une blague.

      Les hommes sont tellement puérils!


    À l'inverse: la gentillesse du geste lequel débouche sur ce qui semble une maladresse, un accident.

      Je t'offre un café mais je renverse ta tasse sur ton pantalon.


    Une attaque indirecte qui vise l'autre mais en faisant mine de rien ou prétendant n'être adressée à personne en particulier.

      Certaines personnes n'ont pas conscience à quel point elles sont minables.
Lorsque la gifle survient en réaction à l'hostilité, on peut s'attendre à ce que l'attaqué se considère comme la victime d'injustice. Il n'admettra jamais qu'il a provoqué son partenaire. Celui-ci, même s'il n'est pas justifié d'avoir recours à un assaut physique pour se faire entendre, a parfaitement raison d'éprouver de la colère. La plupart du temps, l'attention se porte alors sur le fait d'avoir frappé et on oublie complètement la raison pour laquelle ce geste est apparu. Il va sans dire que cet accent mis sur le geste convient parfaitement à l'individu hostile.

Une attitude hostile est dont susceptible de déclencher souvent des gestes agressifs chez l'individu qui ne maîtrise pas bien ses réactions. Un couple formé d'un individu porté sur l'hostilité et d'un autre qui a tendance à l'impulsivité promet, à coup sûr, des scènes violentes. Nous avons déjà vu quelle direction de développement permet d'acquérir une meilleure maîtrise de son expression. Voyons maintenant quel chemin peut aider à se départir de l'hostilité.

L'hostilité étant une manifestation indirecte de colère il faut développer la capacité d'être plus directement agressif. Cela implique qu'on assume cette émotion d'abord face à soi-même, puis devant les autres. Cette démarche exige également qu'on accepte de faire face aux conséquences qu'entraîne l'expression directe du mécontentement ou de la colère.


    (4) La gifle est la seule manière de m'atteindre
Fermeture fragileCertaines personnes ont tendance à se fermer, à se rendre imperméables à l'autre. Lorsque cette fermeture est réussie, il faut souvent une intervention choc pour permettre l'ouverture. La gifle peut servir à créer ce choc. Il est vrai qu'elle secoue l'ego et blesse l'orgueil, mais elle a en plus l'avantage de provoquer parfois l'ouverture d'un canal de communication. C'est d'abord la colère d'avoir été frappé qui émerge (et peut même donner le goût de frapper à son tour). Ces gestes ne sont pas réellement graves dans la mesure où les coups de sont pas donnés dans le but de blesser mais pour refaire le lien.

Une telle tactique de communication peut paraître surprenant à première vue, surtout à l'ère où le moindre geste intense est facilement qualifié de violent et de ce fait considéré comme devant être banni. Je pense qu'au contraire l'intensité émotionnelle au coeur d'une relation intime passe par l'expression physique. Nous acceptons plus facilement l'expression physique de l'amour. Le corps à corps est souvent l'expression la plus satisfaisante de nos sentiments. La colère entre intimes, lorsqu'elle est très forte, a aussi tendance à s'exprimer physiquement. Dans la mesure où il ne s'agit pas d'une démonstration de force, dans la mesure où l'échange n'a pas pour but de blesser et que les partenaires sont en contrôle, rien ne justifie d'éliminer cette forme d'expression.

En résumé, avant de tirer une conclusion sur les échange physiques agressifs dans un couple, il est sage de chercher à en comprendre la fonction. Il est nécessaire d'avoir des explications franches sur ce sujet et sur les effets de ces comportements sur chacun. Il est important aussi de noter qu'on ne peut pas faire l'économie de l'expression verbale. Elle est nécessaire pour transmettre notre vécu dans sa subtilité, pour l'exprimer complètement ainsi que pour nourrir la relation.


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