Ressources en Développement
Les psychologues humanistes !

La confiance en soi

Par Jean Garneau , psychologue

| Avant d'imprimer ce document | Mise en garde | Retour à l'article | Autres articles |



Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?










Question: La confiance fragile

J'ai lu votre article à propos de la confiance en soi et j'avoue que je me suis beaucoup reconnu dans le personnage de Pierre. Enfin, si je peux dire, Pierre c'est moi quand je ne me sens pas bien. Vous savez, ces journées où on a l'impression que tout va mal...

Pourtant il me semblait en lisant l'article que j'avais déjà tout compris cela, que j'avais déjà réussi plusieurs fois dans ma vie à m'en sortir et à être heureux avec moi-même et avec les autres. À agir comme Julie, finalement. Mais on dirait que le manque de confiance en moi finit toujours par revenir dans ma vie.

Réponse

Cette question me fait remarquer une oscillation entre la confiance et la non-confiance. C'est un détail auquel je ne m'étais pas encore vraiment arrêté. Mais à bien y penser, je crois que c'est vraiment ainsi que ça se passe le plus souvent: on bâtit une certaine confiance, mais pendant longtemps elle demeure assez fragile. On peut facilement la perdre de temps à autre sans raison apparente. Ces reculs peuvent être troublants on même décourageants par moments.

Doit-on en conclure que la confiance qu'on éprouvait avant ce «recul» était illusoire? Faut-il au contraire en déduire que la confiance en soi ne se bâtit pas progressivement (cumulativement) comme je le dis dans l'article? Est-ce qu'il suffit de se souvenir de ce qu'on a déjà appris et de continuer à le mettre en pratique ?

Il me semble que ces «reculs» sont souvent plus apparents que réels. Je crois que ces périodes de doute (ces baisses de confiance) font partie de la maturation nécessaire à une véritable confiance, solidement ancrée dans l'expérience. Elles apparaissent à l'occasion d'un changement de niveau dans la confiance. Voyons ça d'un peu plus près à travers un exemple.

    Pierre a gagné beaucoup d'assurance au cours des derniers mois. Il participe activement aux réunions de son comité est s'est lié d'amitié avec un autre membre. Récemment, on l'a proposé pour diriger un sous-comité dont le mandat l'intéresse et il doit donner sa réponse aujourd'hui.

    Cette invitation l'a mis dans tous ses états. Extrêmement fier d'être maintenant assez reconnu et important dans le groupe pour qu'on pense à lui comme responsable possible, stimulé à l'idée de travailler plus à fond sur cette question qui l'intéresse vraiment, mais aussi terrorisé à l'idée de se retrouver ainsi en position de leadership. Il sait qu'en acceptant, il gagnera auprès de ses collègues une visibilité accrue mais il sait aussi qu'il sera chargé de faire lui-même le rapport devant tout le groupe et, s'il est adopté, d'aller le présenter à la direction!

    Au début, Pierre s'est étonné de constater que sa si belle confiance l'avait déserté soudainement. Paniqué, il craignait de l'avoir définitivement perdue et de retourner à l'océan d'angoisse qui était tellement familier il n'y a pas si longtemps. Il est même retourné lire l'article qui l'avait aidé à sortir de son impasse.

    Puis il s'est mis à réfléchir. Il savait pertinemment que sa confiance n'était pas artificielle; elle était fondée sur des expériences réelles et n'avait rien d'irréaliste. Il s'est également souvenu que sa "renaissance" s'était appuyée sur des expériences de contact individuel avec les autres: un domaine où il était devenu rapidement beaucoup plus habile qu'auparavant. C'est cette réflexion qui lui a donné l'idée d'en discuter avec son nouvel ami membre du même comité.

    Une bonne discussion au cours de laquelle il a exprimé ses doutes, obtenu le point de vue de son collègue et réfléchi avec lui sur les exigences particulières du rôle de responsable lui a permis de prendre sa décision. Il veut faire cette nouvelle expérience parce qu'elle lui ouvre de nouvelles portes et de nouveaux terrains d'exploration. Il s'est assuré de pouvoir recruter son ami pour son groupe de travail afin d'avoir un allié sûr avec lequel étudier la situation si elle devient difficile. Pierre est satisfait de sa décision. C'est un nouveau défi qui lui plaît et le stimule et une nouvelle occasion de croissance.
Au début d'une démarche où nous construisons notre confiance dans nos capacités, nous tentons des expériences qui nous servent à nous évaluer. Dans chacune de ces tentatives, il y a un risque d'échec. Autrement nous ne ferions que répéter des actions connues dans un secteur de vie que nous maîtrisons déjà. Dans chaque expérience, il y a également un «acte de foi», un choix de nous faire confiance un peu aveuglément. Nous tentons une expérience sans certitude, mais avec quand-même un certain espoir de réussir; nous faisons confiance à nos ressources.

Les résultats de chaque tentative nous permettent d'identifier progressivement les limites exactes de la confiance justifiée: nous connaissons peu à peu nos capacités réelles et les zones où nous ne réussissons pas. L'acte de foi est alors remplacé par une connaissance précise. Les limites que nous identifions deviennent pour leur part de nouvelles frontières à conquérir (car la pratique enrichie par la réflexion nous permet souvent d'élargir nos capacités).

Mais si on change brusquement de niveau de difficulté ou de terrain d'exploration, cette expérience accumulée ne s'applique pas aussi bien. Notre prédiction est moins documentée et comporte une plus grande part d'incertitude. C'est ce qui explique la brusque diminution de notre confiance: nous n'avons plus assez d'expérience pour être aussi certain et il faut revenir à une accumulation d'expérience pour gagner le même niveau de confiance dans cette nouvelle zone. Si nous étions resté dans le même domaine qu'auparavant, notre confiance serait restée intacte.

Mais ce n'est pas la seule occasion où notre confiance diminue rapidement. Il peut suffire parfois d'une série de quelques échecs (ou même d'un échec plus cuisant) dans les expériences que nous tentons pour que le doute s'installe en nous. Notre confiance nouvelle est alors ébranlée et il faut de nouveaux succès pour récupérer la confiance qui semblait déjà acquise.

    Pierre avait déjà vécu un tel recul temporaire lorsqu'une de ses interventions a été déclarée «hors d'ordre» au moment où il participait à la discussion sans avoir été assez attentif dans les minutes précédentes. Froissé et honteux, il avait été tenté de revenir à un style plus silencieux, mais il avait fini par conclure plutôt que c'était un affront bien mérité qu'il avait subi et qu'il ne lui restait qu'à être plus attentif. Il a bien vu que ses interventions suivantes ont été bien reçues et cette constatation a achevé de le rassurer.
Il arrive aussi que la confiance s'émousse sans raison apparente, sans que des échecs clairs ne puissent l'expliquer. Dans ce cas, je crois que notre manque de confiance pourrait être dû au fait que nous avons entrepris sans le savoir clairement de repousser nos limites actuelles. Les frontières entre les niveaux de difficulté ne sont pas toujours très nettes et il peut arriver qu'on change de cible de travail sans s'en rendre compte clairement.

    Même si j'ai gagné avec l'expérience une certaine confiance pour aborder les filles que je trouve très belles, je pourrais être encore très vulnérable lorsque je suis repoussé brutalement. Ma confiance devant ces filles peut alors être très ébranlée, mais ce n'est plus de ma peur d'aborder celles qui m'attirent le plus qu'il s'agit. C'est plutôt de ma difficulté de tolérer un rejet très net.
Si nous avons décidé de faire des expériences plus difficiles que celles que nous savons pouvoir réussir, il est normal que notre confiance soit plus faible. Une certitude serait alors nécessairement illusoire car nous entreprenons de développer de nouvelles habiletés. Le doute est le seul jugement sain que nous pouvons porter en tentant de prédire notre performance. La confiance sur ce point ne viendra qu'avec la multiplication des expériences et l'accumulation des succès.

En résumé, on peut dire que la confiance en soit ne se développe pas en ligne droite. Elle n'est pas une possession, un objet immuable, mais une opinion personnelle qui s'appuie sur l'expérience. Il est normal qu'elle fluctue continuellement en fonction des événements de notre vie et qu'elle diminue lorsque nous abordons de nouveaux défis.

Mais il reste que la confiance est cumulative. Lorsque le doute se réinstalle en nous, après une phase de confiance solidement établie sur des expériences dans la réalité, ce ne sont pas vraiment les anciennes zones de confiance qui sont ébranlées. Nous manquons de certitude par rapport à de nouveaux territoires, de nouvelles expériences, de nouvelles capacités que nous voulons ajouter à notre répertoire.

La réciproque est vraie: si notre confiance en nous est atteinte dans un domaine important, il est possible que cette diminution ait temporairement des effets semblables dans d'autres domaines. La personne qu'on vient de congédier peut facilement perdre confiance dans son pouvoir de séduction pendant la période où elle est intensément affectée par cet échec. Mais il s'agit alors d'une contamination plus que d'une vraie perte de confiance.

Question: La peur de rougir nous intimide

Nous sommes deux soeurs. Toutes deux, nous sommes très ennuyées par la peur de rougir! Cela nous perturbe continuellement et nombreuses sont les situations où nous nous sommes trouvées honteuses de rougir. Le plus ennuyeux c'est que cela nous gêne très souvent tant dans la participation en cours, que dans certains groupes d'amis. Nous pensons finalement que c'est cela qui nous rend timide et moins le contraire...

Nous voulons absolument trouver un "remède". La découverte d'une fiche à ce sujet sur votre site nous a beaucoup surprises. Nous attendons vos suggestions et nous sommes prêtes à faire beaucoup de choses.

Réponse

    La dimension physique
Deux soeurs sont sans doute déjà sensibles à la dimension héréditaire de la question. Certaines personnes, par leur constitution physique, sont plus portées à rougir que d'autres. C'est une question de teint et de circulation sanguine.

Pour cet aspect, il n'y a qu'une solution: apprendre à vivre avec le corps qu'on a. Chaque personne a des caractéristiques propres, certaines avantageuses, d'autres désavantageuses, mais la plupart malléables (c'est à dire qu'elles peuvent être un bien ou un mal selon la façon dont on s'en sert et la place qu'on leur donne). Chacun d'entre nous est responsable de ce qu'il fait de ses caractéristiques particulières, même s'il ne les a pas choisies.

Certaines personnes sont petites, d'autres grandes, certaines sont costaudes, d'autres menues, certaines ont le teint clair, d'autres le teint mat et d'autres rougissent. Typiquement, les personnes plus jeunes ont tendance à s'en faire davantage à propos de ces caractéristiques car elles sont en pleine construction de leur identité et de leur image d'elles-mêmes. Avec l'âge, la plupart en viennent peu à peu à accepter leurs caractéristiques comme faisant partie de ce qu'elles sont. Elles en viennent également à faire des choix qui leur permettent d'exploiter ces dimensions de leur héritage génétique.

La personne grande et costaude sera malheureuse si elle choisit de devenir jockey, mais elle sera avantagée si elle devient joueur de hockey ou de football. Mais s'il s'agit d'une personne très grande et mince, le basket sera un meilleur environnement que la plupart des autres. Il en va de même pour les caractéristiques psychiques ou intellectuelles: chaque particularité peut être exploitée comme un talent si on choisit de l'endosser.

Plusieurs personnes souffrant de handicaps ont fait la preuve éclatante qu'il est possible de transformer même des caractéristiques très contraignantes en tremplins vers un épanouissement capable d'étonner leur entourage. Alors, il vaut mieux y regarder de près avant de décider qu'une caractéristique physique est une contrainte aux conséquences inéluctables.


    La dimension psychique
Même en tenant compte de la dimension physique héréditaire, on en vient rapidement à constater que c'est la dimension psychique qui est la plus importante. Selon la façon dont on considère ce rougissement intempestif, il peut prendre une importance et une signification tout à fait différente.

On trouve des suggestions pratiques efficaces pour une démarche d'exploration personnelle à propos du rougissement dans "La puissance des émotions". Ces suggestions vont dans le sens de l'identification et de l'acceptation de son unicité comme personne vivante. Elles ont fait plusieurs fois la preuve de leur efficacité.

J'ajoute ici une suggestion pratique bien simple qui peut faire partie de cette démarche. Pourquoi ne pas essayer de transformer le rougissement en un atout?

Le fait de rougir devient très souvent un obstacle au contact avec les autres parce qu'on cherche à le dissimuler ou à l'empêcher d'avoir lieu. En fin de compte, on se tient à l'écart de peur de rougir car c'est la seule façon efficace de le prévenir.

Si on parvenait à en faire un instrument de communication plutôt qu'un obstacle au contact, le problème serait déjà à moitié réglé. Par exemple, si on le mentionne au lieu de chercher à s'en cacher, le rougissement perd une grande partie de son importance et de son impact social négatif. Il peut même devenir la cause d'une estime ou d'un intérêt des autres pour la personne qui est aussi affirmative.

On peut même aller plus loin: apprendre à rougir volontairement. C'est encore plus facile lorsqu'on est deux complices: on peut faire des sessions de rougissement volontaire en obtenant immédiatement le témoignage de l'autre sur notre degré de succès.

Cette suggestion peut apparaître farfelue au premier abord, mais les bénéfices pour la personne qui s'en inspire sont souvent étonnants. En effet, cet exercice permet d'apprendre rapidement comment on contribue de l'intérieur aux rougissements qui surviennent toujours au moment le plus embarrassant.

Et lorsqu'on est capable de rougir à volonté, on commence à avoir un pouvoir réel sur cette réaction physique "involontaire". On découvre souvent qu'il est possible d'exercer un certain contrôle, surtout si notre but principal n'est pas de passer inaperçu.


    La croissance à deux
Lorsque deux personnes veulent entreprendre ensemble une démarche de développement personnel, elles ont avantage à savoir comment leur partenariat peut les aider à parvenir à leurs buts et comment il peut aussi devenir un obstacle pernicieux. C'est vrai, comme ici, lorsqu'il s'agit de deux personnes qui vivent un problème semblable et veulent travailler ensemble à le résoudre. C'est également le cas lorsque les personnes sont associées par la force des choses dans la recherche d'une solution (un couple, les parents d'un même enfant ou des collègues de travail par exemple).

L'avantage principal est le soutien que les deux partenaires peuvent s'apporter dans l'effort pour changer. Cet appui peut nous aider à trouver un peu plus de courage lorsque nous serions autrement portés à reculer devant la difficulté ou à céder à la peur. Prendre le risque ensemble rend parfois la difficulté plus acceptable.

Mais cet avantage est en même temps une limite; dans la mesure où notre courage dépend vraiment de la présence de l'autre, les gains que nous pouvons faire ne nous appartiennent pas complètement. Il faut la plupart du temps refaire ensuite seul des pas équivalents à ceux qui dépendaient trop du support extérieur. Si on s'y attend, l'inconvénient est limité: il suffit de rester lucide sur la part de risque qu'on laisse assumer à l'autre.

Par ailleurs, la présence d'un partenaire peut aussi devenir un obstacle aux effets très pernicieux. En effet, il arrive souvent que la personne la plus craintive devienne la plus influente des deux aux moments les plus cruciaux. Parce que les risques sont alors plus élevés, la crainte est présente chez les deux alliés; il est alors facile pour la personne la plus craintive de trouver chez l'autre une oreille attentive et de l'encourager à reculer devant des difficultés qu'elle aurait été capable de surmonter.

Si on se souvient que le développement personnel et notre épanouissement sont strictement les résultats d'une démarche individuelle, ces obstacles ont un effet limité. Il suffit de savoir que le risque réel n'est jamais subdivisé lorsqu'on le partage avec un autre. Chacun doit prendre ses propres risques sans les fausser à travers le support de l'autre.

Question: Les liens avec l'estime de soi

Quelle est la différence entre la confiance en soi et l'estime de soi? Est-ce qu'on peut avoir l'un sans l'autre? Faut-il acquérir l'un avant l'autre?

Réponse

Dans "Fidèle à moi-même", j'explique comment la confiance en soi se bâtit à travers les moments où on est fidèle à ses valeurs, ses opinions, ses liens et ses réactions. Je fais voir aussi que la confiance en soi est une des trois conséquences de cette fidélité. Elle est la plus lente à apparaître parce qu'elle suppose une accumulation d'expériences où on a été fidèle à soi. L'estime de soi, au contraire, est la première de ces trois conséquences: celle qui apparaît le plus vite, souvent immédiatement.

On peut donc dire que l'estime de soi précède la confiance en soi. Mais il y a d'autres liens et d'autres différences qui méritent d'être examinées. Voyons ça plus précisément.

Une des caractéristiques importantes de l'estime de soi, c'est le fait qu'elle est plus globale. Il s'agit d'un jugement d'ensemble sur notre propre valeur comme personne. Mais ce jugement est en même temps variable: notre estime de nous-même augmente ou diminue selon les moments. On pourrait la comparer au solde d'un compte en banque: elle augmente lorsqu'on y fait des dépôts (surtout par des actions où on est vraiment fidèle à soi) et elle diminue lorsqu'on fait des retraits (surtout en posant des gestes qui ne respectent pas nos valeurs, nos opinions, nos liens et nos réactions).

Notre solde d'estime de nous peut même se retrouver déficitaire si on fait trop de retraits ou trop peu de dépôts. Dans ce cas, nous avons un sérieux problème d'estime de soi qui nous mènera souvent à adopter des comportements compensatoires (des actions qui cherchent à rétablir indirectement l'équilibre) comme la vantardise, la recherche des honneurs ou du pouvoir, l'étalage de ses biens matériels, etc. Normalement, ces compensations ne trompent personne, même pas leur auteur qui continue à souffrir d'insécurité.

Par contre, la confiance en soi n'est pas globale; elle existe par secteurs. Je peux avoir confiance en moi comme orateur sans avoir confiance en ma capacité d'écrire un texte clair. Une autre personne aurait la confiance inverse.

On peut dire aussi que la confiance en soi se développe en partie en étant fidèle à soi. Mais il faut en plus une accumulation d'expérience suffisante. On doit avoir assez d'expérience de ce domaine pour faire une prédiction réaliste. Il ne suffit pas de poser des gestes où on se respecte; il faut aussi le faire à plusieurs reprises dans un domaine donné. C'est cette accumulation d'expérience qui est la clé principale de la confiance en soi: sans elle, il est impossible d'augmenter sa confiance dans un domaine particulier. Le respect de soi ne sert qu'à la consolider.

En somme, les gestes qui permettent d'augmenter notre confiance en nous ou notre estime de nous ne sont pas nécessairement les mêmes, car les critères de succès sont différents. Pour l'estime de soi, le critère est surtout combien nous respectons, dans nos actions, les choses qui sont les plus importantes à nos yeux. Pour la confiance en soi, le critère principal est l'accumulation d'expériences variées qui nous permettra de nous considérer comme compétent dans un domaine de notre vie.

Mais en même temps, il faut reconnaître que l'estime de soi peut aider à acquérir de la confiance en soi parce qu'elle nous permet d'entreprendre notre accumulation d'expérience avec une attitude plus positive à notre égard. Et réciproquement, le fait d'avoir confiance en soi dans certains domaines peut contribuer à une meilleure estime de soi. En effet, nos zones de confiance sont des domaines où nous pouvons être fiers de nous de façon réaliste et il est plus facile de se respecter dans un domaine où on a confiance en soi.


Question: Affirmation et confiance en soi

Je crois que l'affirmation est importante pour acquérir la confiance en soi. Comment ces deux notions sont-elles reliées?

Réponse

Premièrement, il faut préciser le lien entre l'affirmation et la confiance en soi. Il est clair que les personnes qui ont confiance en elles ont naturellement tendance à être plutôt affirmatives. Pourtant, ce n'est pas toujours le cas et il s'agit même parfois d'une illusion plus que d'une réalité. Certaines personnes, par exemple, ont tendance à dissimuler leur manque d'assurance (donc de confiance) en adoptant des comportements qui leur semblent affirmatifs: parler fort, affirmer des opinions comme s'il s'agissait de certitudes, laisser entendre que ceux qui pensent autrement sont des imbéciles, etc.

Être affirmatif, c'est une question de style plus que de confiance en soi. Avec un degré de confiance en soi égal, les personnes peuvent être très différentes du point de vue de l'affirmation. Une personne dira clairement et calmement son point de vue alors que l'autre le présentera en douceur, en veillant à ne brusquer personne et une troisième l'énoncera avec vigueur et enthousiasme. Être affirmatif, c'est une façon d'agir avec les autres, un style et une attitude de base qu'on a dans l'ensemble de ses rapports interpersonnels.

La confiance en soi, au contraire, est une réalité intérieure: c'est la confiance que je me fais pour me débrouiller adéquatement dans un domaine que je connais bien. Cette confiance s'appuie sur l'expérience et se bâtit secteur par secteur. Je suis confiant dans certains domaines et pas dans certains autres. Ma confiance se manifeste d'une façon qui dépend de ma personnalité, selon mon style général. Ma confiance en moi est aussi différente d'un domaine à l'autre, alors que mon style plus ou moins affirmatif est plutôt constant.

L'affirmation est donc un chemin inadéquat pour développer la confiance en soi. Au mieux, elle permettrait de donner aux autres l'image de la confiance. Mais alors, elle deviendrait un piège auquel il serait difficile d'échapper.

Avoir l'air confiant peut en effet sembler désirable à première vue, mais il suffit d'y réfléchir pour comprendre que cette fausse confiance est un obstacle important au développement d'une véritable confiance en soi. Nous savons en effet que la confiance se bâtit à travers l'accumulation d'expériences variées, incluant des erreurs et des risques. La personne que tous croient bien confiante (sans que'elle le soit vraiment) peut difficilement se permettre des erreurs que les autres verraient. Il lui faudrait un courage énorme pour risquer volontairement ces erreurs dans son exploration et elle est souvent tentée de limiter sa recherche à des pistes sans risques afin de sauvegarder son image d'assurance.

Cependant, une nuance supplémentaire s'impose: le fait d'affirmer ce qu'on est, ce qu'on croit, ce qu'on pense et ce qu'on veut est un ingrédient important du développement de l'estime de soi. C'est en affirmant ainsi ce qu'on est qu'on s'assume ouvertement devant les autres et devant soi-même. Ceci fait partie du chemin par lequel se bâtit l'estime de soi. Ce n'est que de façon indirecte que cette affirmation peut contribuer au développement de la confiance en soi.


Question: Des techniques d'affirmation

J'aimerais connaître des techniques d'affirmation de soi dont je pourrais me servir pour augmenter ma confiance en moi.

Réponse

Souvent, nous aimerions connaître des techniques précises qui pourraient être des raccourcis vers des qualités que nous souhaitons développer. Nous aimerions connaître les gestes précis, les exercices particuliers qui nous permettraient d'atteindre notre objectif. Mais il est rare que cette approche soit efficace, même si elle semble parfois donner des résultats intéressants. L'affirmation de soi et la confiance en soi sont de bons exemples de résultats que des techniques particulières ne permettent pas d'obtenir.

Si on comprend bien comment se construit la confiance en soi, on sait que ce n'est pas en devenant un adepte de la "pensée positive" ou en se disant dix fois par jour "je suis bon" qu'on deviendra réellement plus confiant. Ces méthodes ne peuvent donner autre chose qu'une fausse confiance qui repose sur une illusion.

Pour une vraie confiance réaliste et efficace, il faut "prendre de l'expérience". Il faut faire des essais, prendre des risques calculés, réfléchir aux résultats qu'on a obtenus, essayer de nouvelles façons de procéder et chercher à comprendre ce qui se passe. Par cette méthode, il est certain qu'on développera progressivement une confiance réaliste et efficace dans le domaine où on a fait ces expériences. Et pour avoir confiance en soi dans un autre domaine, il faudra également y "prendre de l'expérience". Cette méthode est clairement expliquée dans l'article; elle permet d'augmenter efficacement la confiance en soi, mais il s'agit d'un guide dans notre démarche et non d'une série d'exercices ou de techniques à appliquer automatiquement.

Des exercices définis d'avance ne peuvent donner les mêmes résultats, car ils ne tiennent pas compte de nos capacités réelles, de nos découvertes précédentes, de ce que nous avons déjà compris et des limites de notre sécurité. Il faut être nous-mêmes dans la situation pour choisir les expériences qui correspondent à nos capacités du moment. Autrement, on se sent aussi démuni que si on prenait des cours de conduite par correspondance.

Si on veut développer sa capacité de s'affirmer devant d'autres, c'est une toute autre démarche qu'il faut faire. Devenir capable d'affirmation, c'est réussir à s'assumer devant les autres. Cette conquête se fait aussi graduellement, en assumant ce qu'on est réellement prêt à risquer de montrer de soi.

Le fait de parler fort, de parler en regardant l'autre dans les yeux, ou de s'adresser directement à la personne concernée, par exemple, n'est utile que s'il correspond à ce qu'on est prêt à faire maintenant et à ce qui est vrai sur le moment. Autrement, il ne s'agit que d'un rôle artificiel où on n'assume pas ce qu'on est mais où on tente d'être quelqu'un d'autre.


Question: Un test global de confiance en soi

Vous avez recommandé, à la suite de l'article, un test de confiance en soi (réf.: http://www.queendom.com/conf_soi2.html). Ce test donne un score global de confiance en soi alors que vous dites que la confiance se développe par secteurs. Est-ce qu'il existe une sorte de confiance en soi qui est globale ou générale ?



Réponse

Cette remarque est très pertinente et elle met le doigt sur les réserves que nous avions par rapport à ce test. Il faut examiner le test plus précisément pour donner une réponse précise à cette question.

Si on examine les questions qui composent le test, on constate qu'elles portent sur diverses facettes de notre vie: notre façon d'être devant les autres, notre comportement en groupe, nos attitudes par rapport au succès, la compétition, etc. Il fait un peu "le tour de notre vie".

Lorsque le test nous accorde une note globale, il fait un seul total à partir de tous ces aspects. Il nous donne donc un résultat qu'il est très difficile d'interpréter, parce qu'il est composé de choses disparates. Quel sens donner à ce résultat?

On peut dire qu'un résultat élevé signifie à peu près "votre confiance en vous dans les divers secteurs de votre vie est, en moyenne, plutôt élevée, mais elle peut être très élevée dans certains domaines et très faible dans d'autres". Un résultat peu élevé aurait une signification du même genre, tout aussi ambiguë. C'est à cause de cette signification très peu claire que nous n'intégrons pas ce test dans le coffre d'outils du site redpsy.

Cependant, les remarques ci-dessus permettent de comprendre pourquoi nous avions trouvé quand-même ce test intéressant lorsque nous l'avons examiné. Ce n'est pas tellement le score global qui nous avait semblé intéressant, mais plutôt les questions qui composaient le test.

En effet, ces questions peuvent facilement provoquer une réflexion sur soi-même et ses attitudes. Si on poursuit sa réflexion à partir de ces questions, on risque d'en venir à identifier des zones négligées de notre vie, des dimensions où notre confiance est faible parce que nous les avons plus ou moins évitées dans le passé.

Utilisé de cette façon, le test peut être un instrument très utile.
[réf.: http://www.queendom.com/conf_soi2.html
ou http://www.queendom.com/tests/personality/self_esteem_r_access.html (version anglaise)]



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?

Vous avez une question qui demeure sans réponse ?
Deux options vous sont offertes:


  1. Une question personnelle à laquelle vous voulez une réponse individuelle.

    Le psy virtuel est à votre disposition. Pour 50$ (canadiens) un de nos psychologues consacrera 30 minutes à vous répondre s'il estime pouvoir vous être vraiment utile. Il s'agit d'un genre de consultation individuelle et vous aurez la réponse en 3 jours.

    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à


Pour aller plus loin dans votre exploration !
Vous pouvez discuter de cet article avec les autres lecteurs...


Vous pouvez lire...

Infopsy: Livres: Poème:
Vous pouvez aussi vous servir de:


Pour trouver autre chose sur notre site
    Rechercher:

Vous n'avez pas encore trouvé ce que vous cherchiez ?

Pour en savoir davantage sur la question, ou sur un thème particulier traité dans cet article, vous pouvez poursuivre votre recherche avec nos outils préférés.

Cliquez pour poursuivre votre recherche.


Retour au menu

ReD Tous droits réservés © 1999-2005 par Ressources en Développement inc.
Nous n'exprimons aucune opinion concernant les annonces google
Si vous voulez reproduire ou distribuer ce document, lisez ceci
Communiquer avec ReD