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Comment vaincre la cyberdépendance ?
(Satisfaction ou compulsion)


Par Jean Garneau , psychologue


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Vos questions et nos réponses



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Question: Un exemple concret

Je crois comprendre vos explications sur la démarche à suivre pour résoudre la cyberdépendance. J'aimerais cependant m'en assurer. Un exemple concret serait bien utile pour vérifier ma compréhension.

Réponse

Voici un exemple imaginaire pour illustrer l'article. Il ne correspond pas à ce qui se passerait vraiment pour une personne réelle. Les étapes et les difficultés sont plus claires, les solutions sont moins approximatives, les hésitations plus brèves. Tout est plus simple et plus net que dans la vraie vie, un peu comme une caricature ou un schéma.

Stéphanie est une "accro" du bavardage en ligne ("chat"). Elle ne pense qu'à aller retrouver ses copains sur ICQ. Elle y passe tous ses temps libres, y compris des nuits entières. Elle néglige sa famille, son conjoint et ses anciens amis. Ses sorties doivent être organisées pour ne pas trop déranger ses discussions sur le Web.

Lorsque son mari se plaint de son absence générale et de la faible fréquence de leurs rapports sexuels, elle se contente de faire un petit effort pour qu'il se sente moins négligé, puis retourne à son clavier pour discuter avec ses amis. Elle sait bien qu'il a raison de dénoncer son excès, mais elle refuse de s'attarder aux questions troublantes qui surgissent alors en elle.

C'est quand sa fille aînée lui dit en pleurant être jalouse de ses amies "qui ont une mère" que Stéphanie prend conscience de l'ampleur et de la gravité du problème. Elle qui a toujours accordé une importance primordiale à ses enfants constate qu'elle est devenue une étrangère dans sa propre maison, pour ses propres enfants. Ils ont bien raison de détester l'ordinateur qui accapare son attention.

Ce pénible bilan l'amène à décider qu'elle ne négligera plus sa famille. Sa décision est ferme, mais elle n'atténue pas la difficulté pour autant: le goût de retourner à son écran la hante. C'est généralement le soir, après que les enfants sont couchés, qu'elle n'arrive plus à se retenir et qu'elle retourne à ses amis virtuels, la conscience un peu soulagée d'avoir attendu si tard. Et comme elle a commencé plus tard, elle ne s'arrache que très tard à son clavier et n'arrive plus à se lever le matin pour le petit déjeuner.

Ces tentatives avortées lui remettent péniblement la réalité en face: elle est incapable de se passer de son "chatting". Elle est une vraie "cyberdépendante", aucun doute! Elle l'avoue à un nouvel ami rencontré sur ICQ. Celui-ci lui donne l'adresse d'un texte qui, croit-il, pourrait l'aider. [Oui, vous avez deviné. ;-) ]

Inspirée par cet article, Stéphanie entreprend de s'interroger sur les besoins qu'elle cherche à satisfaire par son usage compulsif d'ICQ. Elle a bien quelques soupçons, mais ils sont trop troublants; elle préfère ne pas les prendre au sérieux. Elle choisit donc d'essayer d'y voir clair en se retenant pendant 5 minutes chaque fois qu'elle va se brancher.

La première fois, il ne se passe rien de bien intéressant: elle retarde le moment de se brancher et tout ce qu'elle obtient c'est de devenir anxieuse et impatiente. Son mari qui passe par hasard dans la pièce lui semble alors particulièrement bruyant et agaçant. Elle retient juste à temps la remarque cinglante qui lui vient alors à l'esprit. Ce n'est qu'après coup, une fois installée sur son canal préféré, qu'elle se dit qu'il n'avait rien fait pour mériter ce mouvement de colère.

Après quelques tentatives, Stéphanie constate que son angoisse est moins forte et elle décide de prolonger son délai dans l'espoir de voir plus clair. Elle tient vraiment à comprendre ce qui la rend aussi accrochée car il lui semble que c'est toute sa vie de famille qui en souffre. Et c'est alors qu'elle se met à faire des découvertes intéressantes: elle se surprend à avoir hâte de bavarder avec "*Éric.xxx*", un de ses amants virtuels, et avec "Steve35" le romantique intarissable. De découverte en découverte, elle en vient à s'avouer que c'est avant tout pour se sentir femme qu'elle fréquente le Web.

C'est alors que le problème lui apparaît dans toute son ampleur. Il y a longtemps qu'elle n'a plus de plaisir sexuel avec son mari. Lorsqu'elle "fait l'amour", c'est par reconnaissance pour ses gentillesses ou pour qu'il cesse de se plaindre de leur vie commune. Son désir s'est éteint en douce à l'occasion de sa dernière grossesse pendant laquelle elle était gênée de son corps. La gêne est restée et maintenant; c'est virtuellement qu'elle vit ses désirs et ses amours dans un corps "virtuel" parfait.

À ce moment, Stéphanie n'est pas sûre d'avoir gagné au change en découvrant cette vérité. Elle ne voit pas comment elle pourrait trouver une solution qui la satisfasse. Elle se sent si loin de son mari et jamais elle n'oserait avoir une aventure "en personne". Son aveuglement antérieur lui apparaît bien doux comparé à l'impasse dans laquelle elle se retrouve maintenant.

Mais en repensant à sa fille en pleurs, elle retrouve le courage de s'avouer clairement le besoin qui est au coeur de sa compulsion: le besoin d'aimer et d'être aimée dans un contact physique et sexuel intense. Au fond, elle a le goût de "baiser pour vrai" avec un homme en chair, en os et en sueurs! Le problème, c'est de trouver comment y parvenir.

Le défi lui semble trop grand. Son mari n'est pas assez passionné et ne lui a pas fait la cour depuis... trop longtemps! Elle trouve son corps trop... pas assez... bref pas du tout comme celui qu'elle s'invente sur le Web. C'est trop gênant. Puis, elle n'a jamais été aussi expressive au lit qu'elle l'est au clavier. Ce serait tout un changement, trop de changement. Elle n'osera jamais et, de toutes façons, son mari ne l'accepterait jamais ainsi.

Si elle n'était pas une femme aussi volontaire, Stéphanie laisserait alors tout tomber. La difficulté lui semble trop énorme. Mais elle n'est pas du genre à se résigner facilement. Alors, tout en hésitant, elle conserve sa préoccupation et son désir d'une meilleure solution. Jusqu'au jour où, après une séance de "chatting" particulièrement torride, elle a l'idée de faire une nouvelle expérience.

Constatant qu'elle peut être très séduisante et très sexy sur ICQ, plus qu'elle n'a jamais osé le faire "en personne", elle se met à imaginer des façons d'utiliser cette même audace dans la vraie vie. Elle est devenue une habile séductrice sur le Web à force de laisser libre cours à ses impulsions et d'oser exprimer ses fantasmes. Ce n'est pas sans effort qu'elle y est parvenue; au début c'était vraiment très gênant. "Si je l'ai fait sur le Web, je suis peut-être capable de le faire aussi dans ma vie!"

Au début, c'est difficile. Son mari semble désarçonné lorsqu'elle lui propose d'aller danser; il dit que c'est bon pour les jeunes. Mais il cède devant son insistance et prend visiblement un grand plaisir à cette sortie inhabituelle dont ils reviennent tous deux stimulés et amoureux. Peu à peu, l'audace de Stéphanie augmente, supportée par quelques essais particulièrement réussis.

Et puis un jour elle découvre que ses aventures virtuelles secrètes sont devenues un obstacle entre eux: elle est maintenant inconfortable de garder ce secret qui maintient une barrière invisible entre elle et son mari. Elle a beau repousser l'idée, elle voit de plus en plus clairement les nombreux moments où ses amis virtuels viennent s'interposer en accaparant son attention. Ses séances de "chat" sont moins fréquentes et ont perdu de leur importance, mais le secret est devenu lourd.

Alors, inquiète de sa réaction qu'elle est incapable de prédire, elle invite son mari à un souper en tête à tête afin de discuter sérieusement. C'est à cette occasion qu'elle lui explique comment elle compensait par les relations virtuelles pour la perte de leur intimité et comment elle a entrepris de renouer avec lui. Elle l'informe de ses efforts pour y parvenir et des résultats qu'elle estime avoir obtenus.

C'est pendant ce souper, après que son mari lui ait exprimé ses réactions à cette nouvelle, qu'elle découvre soudain pourquoi elle tenait tant à lui en parler. En fait, elle veut qu'il collabore davantage à sa démarche, qu'il contribue, lui aussi, à renouveler leur relation et leur vie sexuelle.

Depuis cette soirée, les habitués d'ICQ soulignent souvent la rareté des visites de "Steph". La rumeur veut qu'elle soit "en amour" avec un internaute marocain. Parfois elle vient faire un tour, pour un flirt chargé d'humour, de chaleur et d'odeurs d'épices. Les habitués trouvent qu'elle a bien changé.

L'histoire de Stéphanie n'est pas finie, elle a simplement changé de terrain.


Question: Autres applications de cette méthode

Vous proposez une façon d'aborder la cyberdépendance et de la résoudre sans qu'il soit nécessaire de se priver des avantages d'Internet. Est-il possible d'appliquer la même approche avec d'autres formes de dépendance comme les drogues "douces" par exemple?

Réponse

Globalement, on peut dire que cette approche ne peut jamais s'appliquer dans les cas où il y a une intoxication ou une dépendance physique. C'est avant tout parce que les indices expérientiels sont faussés que cette méthode ne peut alors s'appliquer. L'intoxication modifie les bases physiques sur lesquelles se construit l'expérience subjective, particulièrement les émotions et les sentiments. Comme toute la solution s'appuie sur la capacité de ressentir, le fait que ces éléments soient faussés rend la méthode inefficace et peu fiable.

Drogues "récréatives"

Dans le cas des drogues "récréatives", on a souvent tendance à sous-estimer la part d'intoxication ou de dépendance physique. On comprend souvent mal aussi la façon dont l'expérience subjective est modifiée ainsi que l'ampleur de ce biais. Par exemple, j'ai souvent constaté avec des clients en psychothérapie, que l'effet de la marijuana sur la capacité de ressentir durait beaucoup plus longtemps que je l'aurais cru. Il s'atténuait peu à peu, mais les difficultés particulières d'accès à ses sentiments subtils demeuraient perceptibles jusqu'au troisième jour après la dernière consommation. Ce fait peut nuire subrepticement à la thérapie car les autres effets sur la conscience disparaissent beaucoup plus rapidement.

En somme, je n'aurais pas confiance à cette méthode pour gérer la consommation de drogues "douces". Elle ne serait pas plus fiable que si elle était utilisée pendant qu'on est sous l'influence de l'alcool. Peu importe le type d'effet particulier d'une substance donnée, l'important c'est que l'expérience subjective est faussée et que les instruments qui servent à la démarche ne sont plus des guides fiables.

Tabac

Par contre, il me semble possible d'utiliser cette méthode pour l'usage du tabac, à la condition qu'on accepte de cesser complètement de fumer. Considérant ce qui précède, ceci mérite sûrement quelques explications!

Comme tous les psychothérapeutes le savent, le fait de fumer a un effet immédiat sur l'expérience émotive: il calme, atténue, brouille légèrement le ressenti. Selon mes observations, l'effet est immédiat et peu durable. Il suffit généralement pour interrompre le déroulement naturel de l'expérience, mais ne suffit pas à la fausser au-delà de l'immédiat.

On peut se servir de cette caractéristique de l'usage du tabac de la même façon que pour la "cyberdépendance": on retarde le moment d'allumer la cigarette afin de prendre le temps d'identifier l'expérience qu'on est tenté de se dissimuler. On se donne ainsi le choix d'explorer cette expérience ou de l'ignorer.

Mais il y a la dépendance physique! Dans la mesure où elle est réelle, il faut prévoir une période de sevrage et un arrêt complet. Pourtant, mon expérience personnelle et mes observations me portent à croire que la dépendance physique est relativement peu importante et très peu durable. Le "besoin de fumer" disparaît après trois jours; tout ce qui reste alors, c'est l'impulsion de fumer.

Cette impulsion semble découler d'habitudes bien plus que d'une dépendance physique: le fumeur a associé un grand nombre de situations à sa consommation de tabac. Les situations de satisfaction ou de détente font partie de ces habitudes, autant que les situations de stress et d'intensité. Le tabac pourrait donc être comparé à la version légère d'une drogue stabilisatrice de l'humeur: il atténue les hauts comme les bas pour nous laisser dans un état relativement stable. Il suffit d'allumer au bon moment pour assurer cette stabilisation.

La personne qui consent à vivre plus pleinement ses émotions et qui est prête à tolérer un sevrage de trois jours est capable de cesser de fumer si elle le décide. Tout comme celle qui reprend le contrôle sur son usage d'Internet, elle aura souvent l'occasion de remplacer une action automatique (habitude) par une recherche consciente de satisfaction plus directe et plus complète. Elle y gagnera une vie plus intense avec, comme pour l'amélioration de l'odorat, les bons et les mauvais côtés.

Autres compulsions

Pour toutes les compulsions dont les composantes physiques sont peu importantes, les mêmes principes peuvent être appliqués: d'abord identifier les besoins en cause (en arrêtant l'action compulsive au besoin pour augmenter la conscience), puis développer de nouveaux moyens plus efficaces de satisfaction (qui remplaceront éventuellement l'action compulsive). Cependant, il ne faut pas prendre à la légère les difficultés qui peuvent se présenter dans ce cheminement.

Plus la satisfaction obtenue par l'action compulsive est immédiate, physique et intense, plus la démarche de remplacement sera exigeante. Il peut même arriver qu'elle soit vouée à l'échec si elle n'est pas supportée par une psychothérapie. La masturbation compulsive, par exemple, serait beaucoup plus difficile à traiter de cette façon qu'une compulsion qui ne procure qu'une satisfaction de l'esprit comme le jeu. Si c'est le cas, c'est parce que les méthodes plus satisfaisantes exigent de développer des habiletés beaucoup plus complexes.


Question: Choisir entre plusieurs réponses

Vous écrivez que "plusieurs réponses successives peuvent être nécessaires pour arriver à une conclusion suffisamment claire". Je me demande comment savoir laquelle de ces réponses est la bonne. Est-ce qu'il y a des critères ou des indices clairs sur lesquels on peut s'appuyer pour décider laquelle retenir?

Réponse

Rappelons d'abord que ces réponses partielles apparaissent pendant l'étape du développement. Elles sont des résultats provisoires d'une recherche active qui s'inscrit dans le processus vital d'adaptation (voir "La vie d'une émotion").

C'est la compréhension de la dynamique interne du processus et de la fonction particulière que le développement y joue qui permettent de répondre à cette question. Voici les éléments essentiels de cette dynamique.

Le développement commence spontanément (sans qu'on ait besoin de le décider ou de faire un effort particulier) dès que l'immersion est suffisante (i.e. dès qu'on a vraiment reconnu et accepté l'expérience présente). Il débute lorsque de nouveaux aspects de cette expérience apparaissent à notre conscience et il est alimenté par deux activités:

  1. la symbolisation et
  2. l'exploration active.
En cherchant à formuler précisément (symbolisation) les nouveaux aspects, nous les faisons évoluer et se définir davantage par l'apparition de nouvelles nuances. En nommant chaque découverte, nous faisons place à d'autres aspects; notre vécu se développe davantage et se transforme peu à peu.

Nous pouvons aussi examiner notre expérience en faisant des expériences (exploration active). De cette façon, nous pouvons découvrir plusieurs nouveaux éléments qui nous avaient échappés au début. Nous pouvons aussi examiner d'autres situations analogues à partir de cette expérience, ce qui débouche souvent sur une compréhension beaucoup plus fondamentale.

Comme je l'expliquais dans l'article sur le processus:

    "C'est avant tout le fait d'être activement en recherche, d'être curieux de découvrir ce qui se passe vraiment, qui fait que le développement peut réussir. On ne peut prévoir combien de temps il durera et on ne peut décider qu'il est complété. Tout ce qu'on peut faire, c'est être à la recherche d'une compréhension complète de ce qui se passe réellement, accumuler les éléments d'information pour mieux saisir la situation."
Puis, en réponse à la question ci-dessus:

    "Ce n'est que lorsque tous les éléments nécessaires seront en place que nous passerons naturellement à l'étape suivante. À ce moment, nous n'aurons pas besoin de le décider car la prise de signification arrivera d'elle-même, comme une découverte."
Autrement dit, il n'est pas nécessaire de décider laquelle des réponses est la bonne. Chacune est bonne, mais probablement partielle. C'est l'ensemble de ces réponses qui constitue "la vraie réponse" à retenir. Plus exactement, c'est la compréhension globale que nous apporte l'ensemble de ces réponses partielles qui donne son vrai sens à l'expérience (à la compulsion dans ce cas-ci).

Cette compréhension d'ensemble nous arrive généralement en bloc; c'est une découverte qui s'impose à nous comme une évidence indiscutable. C'est une réorganisation, dans une vision d'ensemble, de toutes les réponses partielles que nous avions recueillies pendant l'exploration du développement. On peut comparer cette recherche à celle du détective qui accumule les observations et les indices jusqu'au moment où il comprend, dans une vision d'ensemble, ce qui s'est vraiment passé.

Il est inutile de tenter d'obtenir cette découverte plus rapidement ou de la deviner à l'avance. Mais lorsqu'on parvient à la laisser apparaître, elle est assez convaincante pour ne faire aucun doute dans notre esprit. Tant que nous n'avons pas une telle certitude subjective, il est plus prudent de considérer que nous n'avons encore que des réponses partielles et qu'il vaut mieux poursuivre l'exploration. En fait, tant qu'on se demande si on a la bonne réponse ou non, on peut penser qu'on ne l'a pas encore. Dans une des autres réponses ci-dessus, on trouve un bon exemple de cette démarche et de la façon dont la réponse peut apparaître. Lorsque Stéphanie commence à explorer sa "cyberdépendance", elle amorce cette recherche. On voit la découverte globale qui en résulte dans le paragraphe qui commence par "C'est alors que le problème lui apparaît dans toute son ampleur".


Question: Les cliniques virtuelles

Que pensez vous des cliniques virtuelles en ligne comme celle du docteur K. Young ? Est-ce que cela vous semble opportun et adapté ?

Réponse

Kimberley Young a spécialisé sa clinique virtuelle dans le traitement des problèmes liés à un usage compulsif d’Internet. Comme je l’ai expliqué dans une série de trois articles, je crois que ce type d’intervention n’a pas de valeur scientifique ou clinique. (Voir Les recherches sur la cyberdépendance sur ce point.)

Comme les définitions et les méthodes en question ne touchent en rien aux causes des problèmes mais se limitent à vouloir changer les actes, elles sont vouées à une inefficacité fondamentale (parfois dissimulée par un changement superficiel du comportement visible).

Rien jusqu'à présent ne me permet de croire que les "cliniques online de traitement de la cyberdépendance" soient autre chose que des tentatives mal documentées et opportunistes. On semble avant tout profiter d'un concept que les médias ont adopté et publicisé bien au-delà de sa valeur clinique et de sa fréquence réelle.


Mais cette opinion ne s’applique pas à l’ensemble des interventions par Internet.

Les interventions psychologiques faites à travers Internet sont encore trop nouvelles pour que leur valeur soit établie. Cela ne signifie pas qu'elles soient utiles, inutiles ou nuisibles. On pourrait facilement trouver plusieurs exemples de chaque cas.

Il faut comprendre que les personnes qui offrent de tels services sont en terrain d'exploration et de recherche. Lorsqu'il s'agit de professionnels qui assument soigneusement leurs responsabilités, ce caractère exploratoire est clairement signalé à l'avance aux clients éventuels et ces derniers sont en mesure de choisir, en connaissance de cause, de s'y impliquer ou non.

La plupart des professionnels se refusent tout simplement à dispenser de tels services. D'autres travaillent avec soin à explorer et développer ce nouveau terrain d'intervention.

Ici comme ailleurs, il faut faire preuve de prudence: les personnes les moins compétentes et les moins responsables sont typiquement celles qui entreprennent de dispenser ces services sans faire les mises en garde nécessaires et sans expliquer clairement les limites de leurs connaissances et de leur habileté.

Il reste cependant que l'expérience s'accumule et que plusieurs professionnels se réunissent pour examiner ensemble leurs expériences et en discuter. Il est déjà clair également que certains usages d'Internet donnent des résultats très intéressants dans le domaine de la santé mentale. L'exemple le plus évident (mais non le seul) est celui des groupes de support entre pairs qui contribuent déjà au mieux-être d'un grand nombre de personnes à travers le monde.

Ce chapitre du développement de la psychologie appliquée est à peine entr'ouvert. Les pionniers qui s'y aventurent doivent vaincre des obstacles considérables à plusieurs égards (les conflits de juridictions, les couvertures d'assurance indéfinies, l’inexistence de formations spécifiques, la critique systématique par leurs collègues, etc). Ils doivent en plus faire preuve de prudence en se soumettant à des exigences professionnelles nettement plus élevées que celles qui s’appliquent dans leur pratique clinique plus traditionnelle.

Ceux qui font cette exploration sans négliger toutes ces précautions méritent certainement notre respect et notre reconnaissance.


Vous avez une question qui demeure sans réponse ?
Deux options vous sont offertes:


  1. Une question personnelle à laquelle vous voulez une réponse individuelle.

    Le psy virtuel est à votre disposition. Pour 50$ (canadiens) un de nos psychologues consacrera 30 minutes à vous répondre s'il estime pouvoir vous être vraiment utile. Il s'agit d'un genre de consultation individuelle et vous aurez la réponse en 3 jours.

    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à



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