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Dépendance affective et besoins humains
Par Michelle Larivey , psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 3, No 7: Août 1999


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Résumé de l'article

Depuis la parution du livre "Ces femmes qui aiment trop", on parle beaucoup de "dépendance affective". Nombreux sont les hommes et le femmes qui se définissent maintenant dans ces termes parce qu'ils se reconnaissent dans la description de l'auteur.

Michelle Larivey souligne en quoi il est inexact et dangereux de traiter cette forme de recherche de l'amour comme une assuétude comparable à l'alcoolisme. Elle montre comment les solutions que suggère cette vision ne peuvent être efficaces.

En s'inspirant de sa conception du transfert et des besoins, elle explique ce qu'il y a de "sain" dans cette recherche douloureuse qu'on appelle la "dépendance affective". Elle précise aussi les causes essentielles des impasses qu'on y rencontre souvent.


Table des matières
    A. Introduction
    B. Suis-je dépendant affectif?
    C. La dépendance au plan affectif
    1. L'importance des besoins affectifs
    2. Les variations dans les besoins
    D. Le vrai problème de la "dépendance affective"
    1. Peu de contact avec ce qu'elle ressent
    2. Une expression camouflée
    E. Conclusion
    F. Comment vous servir de ce texte

Vous pouvez aussi voir:
Vos questions liées à cet article et nos réponses !




A. Introduction


Le terme "dépendance affective" a été popularisé à partir du livre "Ces femmes qui aiment trop" de Robin Norwood. L'auteure est psychothérapeute auprès de personnes alcooliques et toxicomanes; elle compare ce qu'elle appelle "aimer trop" à "la consommation abusive" d'alcool ou psychothropes.

À la lecture de cet ouvrage, plusieurs concluent que la dépendance est pathologique et qu'il faut s'en débarrasser. Les personnes qui se considèrent atteintes de ce mal cherchent typiquement à s'en sortir en se raisonnant et en tentant d'éviter les personnes qui les attirent naturellement.

J'entends souvent des témoignages comme les suivants:

    "Après un an de séparation, je souffre encore beaucoup. Je pense à elle chaque jour. Est- ce de la dépendance affective?"

    "Je tombe facilement amoureux et dépends beaucoup des femmes. Est-ce ça qu'on appelle être dépendant affectif?"

    "J'ai besoin de contacts sexuels avec les femmes. C'est une question d'équilibre. Est-ce de la dépendance affective?"

    "Je ferai tout pour ne pas déplaire à la femme que j'aime et tout pour lui plaire. Je m'oublie. Ce n'est pas grave. Il me semble que ce serait plus grave de la perdre."
Comme vous le constaterez à la lecture de cet article, je n'ai pas la même vision de cette problématique et de ses solutions. Vous comprendrez pourquoi je déplore l'existence de ce diagnostic de "dépendance affective" en tant qu'étiquette de comportement maladif.

Vous verrez également pourquoi je parle plutôt de la "dépendance au plan affectif". Je situerai cette problématique du point de vue de la croissance psychique afin d'aider à déceler les véritables enjeux qu'elle recèle. C'est dans un autre article que je présenterai les solutions et les directions sur lesquelles débouche cette façon de voir.

B. Suis-je dépendant affectif?


Tout ce qu'on dit de la "dépendance affective" dans les médias provoque beaucoup d'inquiétude. Un grand nombre de personnes se demandent si elles souffrent de "cette grave maladie". Comme elles reconnaissent dans sa description des dimensions importantes de ce qu'elles vivent, elles croient avoir trouvé l'explication à leurs insatisfactions en s'attribuant cette étiquette.

Mais cette insécurité a un autre effet, encore plus grave: elle amène ces personnes à remettre en question leurs besoins affectifs. Tout ce qui concerne leur attachement, leur soif de relation, leur besoin d'aimer et d'être aimées leur apparaît comme pathologique. Ces gens se demandent même s'ils sont normaux d'avoir des réactions émotives fortes.

Cette remise en question vient en partie du fait que l'auteur de "Ces femmes qui aiment trop" assimile la forte attirance du "dépendant affectif" à une assuétude pathologique comme la dépendance à l'alcool ou à la drogue de l'alcoolique et du toxicomane. Ce rapprochement est, à mon avis, dangereux et largement injustifié.

En réalité, l'alcoolique et le toxicomane ont recours aux stupéfiants et aux euphorisants pour éviter le contact avec leurs besoins affectifs et leurs émotions. Ces besoins sont typiquement négligés au point de prendre une grande intensité. En consommant des substances toxiques, ces personnes se distraient de leurs besoins affectifs et de la souffrance occasionnée par leur manque. On pourrait comparer ce qu'ils font à l'assoiffé du désert qui s'injecterait de l'héroïne pour ne plus souffrir de la soif. Il mourrait déshydraté, mais peut-être sans éprouver clairement sa souffrance!

Il est certain que les stupéfiants et les stimulants ne combleront jamais les besoins affectifs. Même les alcooliques et les toxicomanes ne sont pas dupes de cela. Mais ils ont souvent peur et se sentent démunis devant l'ampleur de leurs besoins. Malheureusement, l'accent qu'on met sur la dépendance physique dans le cas de ces assuétudes contribue à dévier l'attention des véritables raisons qui ont mené à la consommation abusive.

En plus, lorsqu'on considère ces assuétudes comme des maladies, on voile en grande partie la responsabilité de la personne dans son choix d'évitement. On concentre alors le travail thérapeutique sur l'arrêt du comportement pathologique plutôt que sur l'apprivoisement des besoins affectifs et l'apprentissage à les combler. En agissant ainsi, on s'empêche de régler le problème de fond.

En laissant croire que la "dépendance affective" équivaut à une assuétude, on empêche de trouver des solutions saines aux insatisfactions affectives et aux façons de réagir qui la composent. On laisse croire qu'il s'agit d'une maladie plutôt que d'une tentative maladroite de trouver satisfaction. On prive ainsi la personne de tout moyen réel d'y remédier par elle-même. On laisse entendre qu'il s'agit d'une forme d'assuétude qui ne peut être résolue que par un contrôle de la volonté et un évitement systématique des tentations. Ceci interdit à toutes fins pratiques au "dépendant affectif" de répondre à ses besoins émotifs fondamentaux.

C. La dépendance au plan affectif


Les êtres vivants ont besoin d'air et d'eau pour survivre. Ils sont dépendants de ces éléments et de leur environnement où ils les trouvent. Ils peuvent même devenir "obsédés" par ces éléments dans certaines circonstances.

Imaginons la situation suivante. En expédition dans le désert, nous arrivons au bout de nos réserves d'eau. Si nous n'avons pas de moyen de nous ravitailler à proximité, il est certain que nous deviendrons obnubilés par l'eau. Plus le manque se fera sentir, plus notre vie, nos pensées et tous nos efforts seront orientés vers un seul but: trouver une oasis.

Peut-on qualifier notre groupe de "dépendants physiques"? Nous n'y penserons certainement pas, car il nous semble normal d'avoir besoin d'eau et de nous mobiliser pour en trouver. Il est sain, si on en manque dramatiquement, que sa recherche devienne la priorité de notre vie. Ce que nous trouverions anormal, ce serait de danser pour faire tomber la pluie, de tourner en rond en espérant trouver de l'eau, ou d'implorer l'eau d'apparaître... On considérerait certainement comme pathologique le comportement d'un membre du groupe qui demeurait passif en souhaitant ardemment que l'eau se rende à sa bouche. S'il persistait dans cette méthode jusqu'à risquer sa vie, on le croirait auto-destructeur.


1. L'importance des besoins affectif

Les êtres vivants n'ont pas que des besoins physiques, ils ont également des besoins affectifs. Ceux-ci ne sont pas aussi palpables et sont encore mal connus. Mais on en sait assez, à l'heure actuelle, pour conclure à l'importance d'y répondre. On sait par exemple, qu'un bébé tombe dans un état de torpeur ("marasme") s'il n'est pas soigné, avec une attitude au moins bienveillante. Il peut même en mourir. On sait aussi pourquoi un enfant risque de développer des problèmes psychiques graves s'il reçoit, du parent qui en prend soin et sur une période prolongée, un message fondamental de haïne camouflé dans un discours positif.

L'enfant a besoin, pour se développer harmonieusement, d'être traité comme une personne à part entière et d'avoir l'opportunité de répondre à ses besoins. C'est même indispensable à sa santé mentale. Mais c'est vrai aussi chez les adultes.

Nous continuons d'avoir des besoins affectifs tout au long de notre vie. Nous devons les satisfaire pour conserver notre équilibre affectif et notre santé mentale. C'est même important pour notre santé physique! De plus en plus, on découvre l'effet néfaste des manques affectifs sur la santé physique.

Ainsi, l'adulte de 30 ans a encore besoin d'affection et il en aura toujours besoin. À 50 ans une personne a encore besoin d'être appréciée et reconnue. Quel que soit son âge, celui qui vit une existence peu nourrissante, tend à déprimer. Qui n'a pas connu quelqu'un qui a sombré dans la dépression ou même est mort par manque affectif?

Je pense à cet homme qui demeure replié dans sa solitude par peur du contact dont il a besoin. Je le vois perdre sa vitalité et se maintenir en vie grâce à des occupations répétitives et terre à terre. Je pense aussi à cette jeune femme abandonnée par son amant. Je la revois, piaffant indéfiniment dans la peine et la rage, en négligeant ses besoins affectifs laissés en plan au départ de son amant. En persévérant dans cette attitude, elle peut se rendre à la dépression et même jusqu'au suicide. Je me rappelle aussi ce cadre d'entreprise usé, brisé, et devenu défaitiste à force de voir ses efforts et réussites banalisés. Je vois le vieillard qui se laisse dépérir parce qu'il n'a plus la possibilité de contribuer à quelque chose qui soit valable à ses yeux.

Tous ces gens ont besoin d'affection, d'être importants pour quelqu'un qu'ils aiment ou encore d'être reconnus par quelqu'un qu'ils estiment. L'absence de satisfaction entraîne toutes sortes de symptômes et de troubles psychiques et physiques, tout comme les carences au plan physique le font.


2. Les variations dans les besoins

Lorsqu'ils sont comblés, les besoins sont la plupart du temps invisibles. Je ne sens pas la faim, mon besoin de manger disparaît quand je viens de prendre un bon repas. Je suis également peu consciente de mon besoin d'être aimée si je vis avec des personnes dont l'affection me comble. J'apprécie alors tout simplement mon état de satisfaction et j'en profite sans même y penser. Tout comme au plan physique, le besoin ne fait surface que lorsqu'il est en souffrance, lorsqu'il ne trouve pas de réponse adéquate.

L'urgence et l'intensité du besoin varient aussi d'un moment à l'autre ou d'une période à l'autre de notre vie. Ils varient même selon les personnes avec qui nous sommes en contact. Comme au plan physique, c'est le degré de satisfaction actuel qui détermine combien chaque besoin est crucial, intense ou urgent. L'individu dont le système manque sérieusement de fer se met, par exemple, à rêver de persil; il se jette sur la première botte de persil qui lui tombe sous la main. De la même façon, l'individu qui souffre d'un manque affectif a tendance à être obnubilé par ce besoin.

J'ai déjà expliqué, dans d'autres articles, pourquoi les besoins importants inassouvis donnaient souvent lieu à une préoccupation obsédante et à des comportements répétitifs menant inexorablement à l'impasse. Voyez plus particulièrement:

D. Le vrai problème de la "dépendance affective"


On parle habituellement de "dépendance affective" lorsqu'une personne dont les besoins affectifs sont urgents et intenses répète constamment un scénario non satisfaisant qui la conduit à une impasse. Mais ces caractéristiques ne sont pas réservées aux personnes qu'on étiquette "dépendantes affectives".

Toute personne arrive à l'âge adulte avec des déficits affectifs substantiels. Chacune cherche naturellement à répondre à ces carences. La recherche d'assouvissement prend souvent un caractère urgent à cause de l'intensité du manque qu'elle veut combler. Tout ça est relativement normal pour tout adulte; il faut plus pour qu'on puisse parler d'un problème de "dépendance affective".

C'est à la longue, si cette recherche demeure stérile, qu'elle devient destructrice. Parce qu'elle s'appuie sur des moyens inadéquats, elle est alors vouée à l'échec, tout comme le serait celle d'un assoiffé qui ferait des incantations pour obtenir de l'eau dans le désert. Ce n'est pas le fait d'avoir besoin d'eau qui est le problème. De même, ce n'est pas le fait d'avoir besoin de l'autre qui est pathologique chez la personne dite "dépendante affective". Ce n'est pas le fait d'avoir besoin d'affection, d'être reconnu comme ayant une valeur ou comme étant aimable par une autre personne qui crée l'impasse.

Ce n'est pas d'avantage le fait de choisir des personnes peu adéquates pour combler ses besoins qui est le vrai problème. La dépendance est inhérente à la vie; les besoins qui en font partie sont normaux et les personnes élues pour les combler sont choisies d'instinct. Cet instinct est fiable car il la mène justement vers des personnes qui permettent de compléter des situations incomplètes (de régler ses transferts).

Mais si ce n'est ni le besoin, ni le choix des personnes pour y répondre qui sont problématiques, où donc est le problème? Les impasses destructrices de la "dépendance affective" sont bien connues; il doit bien y avoir quelque chose qui ne va pas!

Ce qui est au coeur du problème, ce qui en fait un comportement pathologique, c'est le fait de ne pas porter son besoin. C'est cet évitement fondamental qui donne lieu à toutes sortes de comportements disfonctionnels et même aberrants.

Ceci n'est pas toujours bien clair. La personne consciente de son besoin d'être aimée et qui se "désâme" pour obtenir l'affection peut nous apparaître comme "portant son besoin". Elle est toute au service de l'autre, elle se sacrifie souvent au nom de son amour, elle renie ce qu'elle ressent pour ne pas déranger l'autre. Plus: elle lui dit très clairement qu'elle veut qu'il l'aime et le met en situation de le lui prouver. Que pourrait-elle faire de plus pour prouver à l'autre combien il est important et pour obtenir son amour en retour?

Mais justement, il ne s'agit pas de faire plus, mais de faire autrement. Voyons ce qui me fait dire que cette personne en mal d'amour n'assume pas son besoin, même si elle semble y accorder une importance considérable.


1. Peu de contact avec ce qu'elle ressent

Cette personne est généralement "mal dans sa peau". Le plus souvent, elle ne ressent à peu près que l'angoisse ou l'anxiété. Et elle agit à partir de cette angoisse: demandes pressantes à l'autre, gestes généreux à son égard, contrôle pour obtenir ce qu'elle désire et calmer par là son angoisse.

Le plus souvent, elle cherche avant tout à se débarrasser de son angoisse. Il est rare qu'elle tente de trouver ce que cache cette angoisse (Voir "L'angoisse et l'anxiété" ). Si elle le faisait, elle découvrirait diverses préoccupations, divers sentiments. De la même façon, elle s'abandonne rarement à ressentir complètement ses émotions (Voir "La vie d'une émotion"). Si elle le faisait, elle comprendrait mieux ce qui se passe en elle et serait davantage en mesure d'identifier ses besoins (et non seulement ce qu'elle veut de l'autre). Une fois ses besoins plus clairs, elle saurait aussi ce qu'elle doit exprimer (plutôt que de mettre toute son énergie à faire exprimer l'autre).

Cette personne évite ainsi le contact avec son expérience parce qu'elle "est mal" avec elle-même. Non seulement a-t-elle peur du contact avec elle, mais en même temps, elle ne s'accorde pas assez d'importance pour vouloir s'arrêter sur ce qu'elle ressent. Elle cherche donc avant tout à s'éviter. Mais plus elle s'évite de cette façon, plus elle devient inconfortable et angoissée.

En plus, elle est profondément convaincue que ce sont la considération de l'autre, son amour et son respect, qui apaiseront son angoisse et la rendront confortable. Paradoxalement, en attendant ainsi de recevoir de l'autre des marques de considération sans oser déclarer ouvertement qu'elle les recherche, elle perpétue sa faible estime d'elle-même. Elle manifeste peu de respect et de considération pour ce qu'elle vit en le reniant aussi facilement.

Dans ce contexte, on ne peut s'étonner qu'il soit presque impossible pour cette personne d'identifier ses besoins. On n'est pas surpris, non plus, qu'il lui soit très difficile de les exprimer directement.


2. Une expression camouflée

Tout comme elle refuse ce qu'elle ressent et le traite comme peu important, cette personne a les mêmes objections à l'égard de son ressenti. Elle ne se considère pas assez importante pour communiquer ce qu'elle vit vraiment. Elle ne parvient pas à faire, à celui dont elle veut l'amour, une expression claire et authentique comme:

    "Je souhaite de tout mon être que tu m'aimes! J'ai l'impression que ton amour serait la preuve que j'ai de la valeur. Je t'assure que parfois j'ai l'impression de n'être pas plus importante qu'un verre de terre sur cette planète. Un seul regard de toi... un seul regard de toi où je lis un peu d'appréciation et je me sens pousser des ailes."
Elle choisit plutôt de tourner son attention sur lui et de gagner son amour en faisant ce qu'elle pense qu'il veut. Elle espère que ses efforts, son abnégation ou sa soumission lui amèneront l'affection, l'appréciation et la valorisation. Elle garde caché ce qu'elle vit réellement, y compris, bien sûr, ses réactions "négatives".

Si on sait comment se développe l'estime de soi (Voir "Fidèle à moi-même") on comprend qu'il n'y a aucune chance que cette stratégie donne les résultats visés. Non seulement en s'aliénant ainsi elle n'obtiendra jamais l'estime et l'affection de l'autre, mais encore elle n'en aura pas pour elle-même.

Ça semble paradoxal, mais ce n'est pas moins vrai pour autant: la personne qui agit de cette façon ne se compromet pas émotivement. Exposer ses besoins et ce qu'elle ressent l'apeure trop. Elle est parfois même terrorisée à l'idée du refus, du jugement ou du rejet de la part de l'être important. Le refus implicite qu'elle subit continuellement lui apparaît plus vivable que le refus clair et explicite. Il lui permet de garder l'espoir et de persister dans son effort.

Ce refus d'implication émotif entretien le cercle vicieux et explique la détérioration de la condition de la personne ainsi que de sa relation avec l'autre. Chaque fois qu'elle se défile devant le risque de se porter et de s'assumer, son estime d'elle-même diminue. Mais comme elle n'est à peu près pas satisfaite malgré une grande dépense d'énergie, elle est de plus en plus en état de carence.

De son côté, l'autre finit par ne plus pouvoir supporter son harcèlement, cette demande indirecte qu'elle répète par insécurité plus que par amour. Pour lui également, cette relation sans contact émotif réel ne peut être nourrissante.

E. Conclusion


Ce qu'on appelle la "dépendance affective" est donc une forme déficiente de recherche du droit de vivre (Voir "Transfert et droit de vivre" ) . La personne reporte sur ceux qui font partie de sa vie actuelle le pouvoir de confirmer sa valeur comme personne. Comme tout individu inconscient de son transfert ou incapable de le résoudre, elle répète compulsivement des tentatives qui la mènent dans des impasses.

Pour plusieurs raisons, les besoins de cette personne sont aigus. Ce n'est pas pathologique d'avoir des besoins énormes et aigus. Ce n'est pas non plus parce que ces besoins sont criants et présents depuis longtemps (depuis l'enfance) qu'il est impossible d'y répondre. Je travaille tous les jours avec des clients qui trouvent le moyen de répondre pour la première fois à ce genre de besoins. Ils apprennent en même temps à se nourrir réellement dans leurs relations interpersonnelles.

Dans un autre article, j'explique plus précisément ce qu'on peut faire pour sortir de l'impasse de la "dépendance affective". Avant d'y accéder, je vous propose une réflexion qui permettra de cheminer sur cette question.

F. Comment vous servir de ce texte



Comme tout le monde, vous avez besoin d'être aimé et reconnu comme valable. Je vous propose de réfléchir aux questions ci-dessous. Que vous pensiez être "dépendant affectif" ou non importe peu: les réponses à ces questions sont au coeur de la qualité de votre vie.

  • Quels sont les moyens que vous prenez pour répondre à votre besoin d'être aimé?
  • De quelle façon faites-vous voir ce besoin aux autres?
  • Quels sont les résultats que vous obtenez habituellement?
Il y a matière à discussion! Je vous donne rendez-vous sur le Babillard électronique Infopsy (Qu'est-ce que c'est?) pour échanger là dessus.

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