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À quoi servent les émotions ?
Par Jean Garneau, psychologue

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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?


Question: Apprendre à gérer ses émotions

    À partir du moment où on comprend que les émotions sont importantes et qu’il est inutile de chercher à les éviter, la question se pose: comment devenir habile à les utiliser et à les gérer. Est-ce une chose qui fonctionne à peu près automatiquement comme la digestion ou la respiration ou est-ce qu’au contraire il s’agit de quelque chose qui s’apprend? Est-il encore possible d’acquérir ces habiletés à l’âge adulte?

Réponse

Comme dans plusieurs autres domaines de notre vie, notre capacité d’utiliser nos émotions est très peu développée à notre naissance. Nous devons en apprendre la majeure partie et nous devons acquérir les outils qui sont nécessaires pour y parvenir.


    Comment nous apprenons à ressentir

On peut dire que c’est un peu comme apprendre à marcher. Nous avons au départ les prédispositions nécessaires, mais il faut d’abord développer nos os et nos muscles. Ensuite, il faut acquérir un minimum de coordination et d'équilibre avant d’apprendre, par essais et erreurs, les premiers rudiments de la marche. Et après nos premiers pas, il reste à perfectionner cette habileté par l’exercice afin de devenir capable de s’en servir efficacement. Mais avec le temps, cet ensemble d’habiletés devient comme une seconde nature; nous n’avons plus besoin d’y penser pour marcher, courir, sauter, etc.

Le bébé est déjà habile à ressentir: il sait directement, sans avoir besoin d’un effort spécial, s’il est bien ou mal. Mais cette habileté est limitée par son vocabulaire émotif. Au début, son expérience est tout à fait globale: il est bien ou mal. C’est tout ce qu’il sait ressentir. Les nuances plus subtiles sont impossibles, car le bébé ne dispose pas des structures mentales nécessaires. Son expérience psychique est avant tout corporelle et indifférenciée. c’est dans son corps qu’il l’éprouve et l’exprime. S’il est mal, il crie sa protestation dans tout son corps. S’il est bien, il s’endort tout simplement.

C’est en même temps que nos structures mentales que se développe ensuite la subtilité de ce que nous sommes capables de ressentir. Plus notre vocabulaire émotif se développe et se précise, plus nous pouvons éprouver des expériences précises et subtiles. (Il faut voir à ce sujet les écrits de Eugene T. Gendlin à propos de la symbolisation et de l’experiencing.)

Mais pendant que nous développons nos capacités mentales, nous apprenons aussi à tenir compte des exigences de notre environnement; nous devenons socialisés. Nous découvrons alors que toutes nos expériences émotives ne sont pas nécessairement bien accueillies par les autres, particulièrement par les personnes les plus importantes de notre vie (nos parents). À travers les incidents de notre enfance et de notre adolescence, nous découvrons, de façon souvent cuisante, quelles émotions sont permises et lesquelles sont inacceptables.

Par peur d’être désapprouvé, rejeté, abandonné, battu ou agressé autrement, nous apprenons alors à dissimuler certaines de nos expériences. Et peu à peu, parce qu’il est plus facile de cacher ce qu’on ignore, nous commençons à nous mentir à nous-mêmes sur ce que nous éprouvons. Nous devenons “raisonnables”.

À l’âge adulte, nous sommes le produit de ces multiples apprentissages. Nous sommes devenus habiles à choisir ce que nous ressentons, à exprimer ce qui nous apparaît recevable et à nous cacher ce qui nous semble inadmissible. Nous avons même chacun nos trucs pour fabriquer des sentiment qui nous semblent “adéquats”.


    Est-ce que ça s’apprend vraiment ?

apprendre On peut donc dire que nous avons tous dû apprendre à ressentir comme nous avons dû apprendre à marcher ou à écrire. Mais il y a une grande différence dans le cas des émotions: une partie importante de notre apprentissage sert à inhiber nos expériences plutôt qu’à les enrichir. C’est comme si on apprenait à écrire seulement des choses gentilles ou si on apprenait à marcher seulement vers le nord.

Une grande partie du problème vient du fait que nous apprenons l’art de ressentir sans une aide adéquate. Nous développons cette habileté essentielle par essais et erreurs, en imitant nos parents et en nous conformant aux exigences qui découlent de leurs susceptibilités et de leurs inhibitions. Imaginez le désastre si nous apprenions à écrire de cette façon!

Souvent, une grande partie du travail en psychothérapie sert à corriger ces apprentissages défectueux. Mais encore là, les exigences de la réalité tendent à nous faire négliger cet aspect pourtant essentiel de la démarche. Pris par les problèmes psychiques et interpersonnels qui nous amènent à consulter, nous ne pouvons consacrer à cette rééducation émotionnelle toute l’attention qu’elle mériterait.

C’est pourquoi les professionnels de la psychothérapie et de la santé mentale sont souvent portés à recommander des lectures ou des sessions de développement personnel en complément au travail fait durant les entrevues. Je recommande souvent aux personnes qui me consultent la lecture de textes du site redpsy.com ou de publications choisies selon leur situation particulière, notamment Les émotions source de vie et La puissance des émotions dont l’impact est souvent appréciable.

Mais l’outil le plus puissant dont je dispose pour aider mes clients dans cet apprentissage, c’est le programme Savoir Ressentir. Il m’arrive même de le recommander comme cheminement préalable à une psychothérapie ou comme complément au début de la démarche. L’effet sur l’efficacité de la consultation est souvent impressionnant comme en témoignent les résultats de nos recherches. Et la conclusion est sans ambiguïté: oui, il est possible d'apprendre à mieux utiliser nos émotions, même à l'âge adulte.

Question: la thérapie par la drogue

    Existe-t'il des psychothérapies utilisant des drogues psychotropes ou d'autres moyens analogues pour de faciliter l'accès aux conflits inconscients ?

Réponse

Plusieurs exemples

Bien des spécialistes se sont penchés sur la question de l'utilisation des drogues dans un but d'exploration (plutôt que pour masquer les symptômes). Sigmund Freud lui-même, il y a plus d'un siècle, a fait des expériences avec la cocaïne dans l'espoir d'obtenir un accès plus direct aux réalités psychiques qui échappent à la conscience. Plus récemment, à partir des années soixante, plusieurs thérapeutes ont étudié la question en s'appuyant sur le LSD, la marijuana et d'autres drogues "récréatives". Timothy Leary fut un des leaders de cette exploration.

Il y a aussi des tentatives du même genre qui s'appuient sur des moyens non médicamenteux. L'utilisation de l'hypnose pour obtenir l'accès aux "souvenirs refoulés" est le moyen le mieux connu, mais d'autres méthodes sont utilisées régulièrement par quelques spécialistes. Par exemple, l'hyperventilation sert, en Rebirth, à provoquer des "régressions" et à stimuler l'émergence de "souvenirs" inconscients. Le dessin, la musique, le jeu, les masques, la danse, les positions de stress et même le tarot sont utilisés pour atteindre des résultats analogues.

Il faut aussi considérer, dans la même veine, tous les moyens, "thérapeutiques" ou non, qui visent à diminuer l'efficacité des défenses et des résistances. Si l'alcool est aussi généralement présent dans les fêtes et les célébrations, ce n'est pas par hasard. C'est en partie parce qu'il diminue les inhibitions et, par conséquent, favorise une expression plus ouverte et plus intense qui contribue à faire de la fête un succès. On peut aussi penser à des techniques plus "professionnelles" comme les sessions intensives et même ce qu'on appelait autrefois les "marathon de croissance" (des sessions qui, en continuant sans arrêt, faisaient diminuer les résistances en épuisant les personnes).


Deux problèmes

Dans l'ensemble, ces techniques posent toujours les deux mêmes problèmes: une faible fiabilité et une utilité très limitée. Une bonne compréhension du fonctionnement psychique permet de comprendre la nature de chacun de ces obstacles et, par conséquent, les principales raisons qui font que ces techniques n'ont jamais réussi à devenir plus répandues.

Les moyens qui font émerger des souvenirs inconscients nous laissent toujours devant la nécessité d'un acte de foi. Il faut accepter une vérité qu'on ne peut vérifier réellement pour que l'exercice ait un sens. Que l'émergence soit dûe à un effet chimique ou à une forme de suggestion plus ou moins directe, il faut toujours avoir la foi pour croire qu'elle est réelle et qu'elle correspond vraiment à une réalité psychique qui vient de l'intérieur, à un souvenir du passé plutôt qu'à une création immédiate. D'ailleurs, il y a longtemps que les spécialistes de l'hypnose sont familiers avec les "faux souvenirs" que peut provoquer la suggestion même lorsque toutes les personnes impliquées sont parfaitement sincères et totalement authentiques dans leur recherche de vérité.

Le premier problème est donc important: on ne peut savoir si les "souvenirs refoulés" qu'on découvre sont réels. Comment s'appuyer sur eux pour alimenter une démarche de changement?

Mais le deuxième problème est encore plus grave car il détruit l'efficacité possible de toute la démarche. Pour le comprendre, il faut bien connaître la fonction des "mécanismes de défense" et de leur application particulière qu'on appelle les "résistances".

Lorsque nous n'avons pas accès à une partie de notre expérience (souvenir, mais aussi émotion ou motivation), ce n'est pas parce qu'elle est inaccessible en elle-même, c'est parce que nous n'avons pas la capacité actuelle de l'assimiler. L'inconscience est le résultat d'une forme de refus intuitif de l'organisme devant une trop grande difficulté.

Lorsqu'on fait apparaître artificiellement une réalité ainsi repoussée, on crée un déséquilibre important que la personne n'a pas encore les moyens de résoudre. La réaction normale est parfaitement prévisible: la personne va tenter par tous les moyens de retrouver son équilibre. Et, bien sûr, le moyen le plus évident, c'est de refuser, contester, oublier, éliminer ou banaliser la réalité qui "dérange". À la limite, c'est la personne responsable de l'apparition de cette réalité qui devient l'ennemi à repousser.

Tous les psychothérapeutes le savent: il est inutile de tenter de transcender les défenses. Au mieux, on obtient des crises d'angoisse ou de panique. Mais il y a pire; ce sont le plus souvent des défenses encore plus fortes qu'on voit apparaître.

Et la pire issue de toutes est celle où la personne accepte la "réalité" qu'on lui impose ainsi. Il arrive souvent, dans ces cas là, que la personne se perde réellement en croyant réelles des expériences auxquelles elle n'a, en fait, aucun accès direct. C'est la forme d'aliénation la plus dangereuse parce qu'elle a des objectifs thérapeutiques et qu'elle repose sur la confiance du client pour son thérapeute.

En somme, il n'est pas vraiment étonnant que les nombreuses tentatives du genre n'aient jamais réussi à se faire reconnaître de façon générale malgré une efficacité apparente à première vue. Que ce soit pour résoudre nos conflits psychiques ou pour avoir accès à notre monde intérieur, il n'y a pas de recette magique ou de raccourci miraculeux.
Question: Qu'est-ce qu'il faut faire avec nos émotions ?

    J'aime bien l'idée qu'il faut prendre nos émotions au sérieux et entenir compte. Mais que faut-il faire pour en tenir compte? Faut-il lesexprimer?


Réponse

Si vous relisez l'article, vous constaterez que je ne dis jamais qu'il'faut exprimer' ses émotions. C'est parce que je ne crois pas auxméthodes de changement psychologique qui s'appuient sur desobligations ou des normes.

Je le répète: il est important de tenir compte de nos émotions. C'estnotre guide le plus sûr vers la santé psychologique et la satisfactionde nos besoins les plus importants, ceux qui sont essentiels à notrebien-être. Pour cela il est nécessaire de connaître et d'utiliser nossentiments et nos émotions.

Mais tout ça, c'est un choix. Rien ne nous y oblige. C'est un moyen etnon une norme ou une règle à suivre. A partir du moment où nous savonspourquoi nous avons des émotions, à quoi elles servent dans notrefonctionnement psychologique, il est évidemment plus intéressant d'entenir compte, mais ça reste notre choix. Aucun règlement, même ceuxque nous voulons nous imposer en disant 'il faut', n'est plus fort quenotre choix personnel véritable. Et c'est un choix que nous faisons àchaque fois.

Ensuite, l'expression n'est qu'une des nombreuses façons dont nouspouvons tenir compte de nos émotions. C'en est une importante, carelle permet une décharge et elle sert à assumer ce que nous sommesvraiment. En fait, c'est la plus importante parce que l'expression estle chemin par lequel nous changeons. Mais il y a quand-même plusieursautres façons de tenir compte de ce que nous ressentons et c'est danschaque situation que nous avons à choisir laquelle est la meilleure.

Les autres façons? La décoder pour savoir ce qui se passe sous lasurface, la recevoir intérieurement pour nous recentrer, la contenirpour la laisser prendre plus de force, la dissimuler pour empêcherl'autre de nous atteindre, l'attribuer à un autre pour ne plus s'ensentir responsable, etc. Plusieurs façons que nous utilisons selon lessituations et selon les objectifs que nous visons. Elles ne sont pastoutes également saines, mais elles peuvent toutes avoir leur utilitéparticulière.

Une autre question, un peu plus loin, permettra d'expliciter cetaspect.


Pour aller plus loin:

L'expression qui épanouit

Par la psychologue
Gaëtane Laplante
 
Question: Faut-il exprimer toutes nos émotions ?

    J'aime bien l'idée d'exprimer nos émotions. La plupart du temps, c'estsûrement une bonne chose pour régler les problèmes ou pour retrouverun certain équilibre. Mais je crois que ce n'est pas toujoursapplicable et que 'toute vérité n'est pas bonne à dire'. Est-ilréaliste d'aspirer à exprimer toutes nos émotions ?

Réponse

Il y a bien des façons de tenir compte de nos émotions. L'expressionen est une importante, mais elle n'est pas la seule et elle n'est pastoujours la meilleure. Ça dépend en partie des circonstances où noussommes et ça dépend aussi de ce que nous cherchons à obtenir.

Devant le policier qui me donne une contravention, il n'est pasnécessairement opportun d'exprimer mon impatience, ma frustration ouma colère. Mais que je CHOISISSE de l'exprimer ou non, cela n'empêchepas que je prenne soin de RESSENTIR mon émotion et de me demandercomment je veux EN TENIR COMPTE. Je peux décider qu'il me suffit desavoir que je suis frustré. Je peux aussi, en étant attentif à ce queje ressens, constater que je suis surtout en colère contre moi-mêmeparce que je suis parti en retard. J'ai aussi la possibilitéd'engueuler le policier en imagination (oui, ça soulage aussi un peu).Je peux même décider que c'est une bonne chose pour moi, pour masatisfaction, d'expliquer mon point de vue au policier ou de luiexprimer ce que son intervention m'amène à ressentir.C'est MON CHOIX !

Malheureusement, il n'y a pas de recette magique qu'on puisse suivreaveuglément: il est nécessaire d'utiliser notre jugement lorsque vientle temps de décider ce que nous voulons faire pour tenir compte denotre réaction émotive. C'est toute notre connaissance de nous et desautres qui éclaire alors notre décision. Notre émotion est unedimension importante de cette connaissance parce qu'elle estdirectement reliée à nos besoins les plus importants du moment.N'oublions pas que ce qui est vraiment coûteux, ce n'est pas delimiter notre expression, mais c'est de tenter d'ignorer ce que nousressentons. C'est là que nous nous perdons.

Mais ne nous illusionnons pas. Souvent, lorsque nous sommes tentésd'éviter l'expression de nos émotions, c'est parce que nous sommespréoccupés des réactions de notre interlocuteur. La prochaine questionporte sur cette dimension.


Pour en savoir plus:

Quand l’autre réagit mal

Par le psychologue
Jean Garneau
Question: Quoi faire avec les réactions de l'autre ?

    Que faire quand on ne sait pas comment l'autre va réagir? Est-ce quetoute vérité est bonne à dire? Comment éviter de blesser l'autreinutilement?

Réponse

C'est une question et une objection très fréquente: il n'est pasréaliste d'exprimer nos émotions car on ne sait jamais comment l'autreva réagir.

Regardons de plus près de quoi il s'agit ici. Pourquoi voudrait-onprévoir à l'avance les réactions de l'autre? N'est-il pas plusintéressant de les découvrir au moment où elles se manifestent?

Hélas, nous avons souvent tellement peur des réactions des autres quenous voudrions les prévoir entièrement à l'avance et même lescontrôler. C'est souvent dans ces situations que nous commençons àrenier ce que nous ressentons et à éviter d'y avoir accès. Plutôt quede risquer de subir la colère ou de faire face à la douleur d'unepersonne qui nous importe, nous choisissons de fermer les yeux sur nosréactions et, par conséquent, sur nos besoins.

Mais la vie n'est pas si facile à mettre en cage. En tentant decontrôler ou d'éviter les réactions de l'autre, ce sont les nôtres quenous neutralisons surtout. Et la descente aux enfers est commencée:nous perdons contact avec nos besoins, avec les causes de nosmalaises.

Mais le pire, c'est que nous perdons aussi contact avec l'autre, aveccette personne importante au point que nous sommes prêt à renier nosréactions vivantes. Cette relation précieuse devient alors plussuperficielle. En restant en terrain sûr, on éteint ce qui rendait larelation vivante et on s'en tient aux choses neutres et polies. Et la distance s'installe...

Je crois que le fait de cacher nos réaction émotives véritables esttoujours coûteux. Le pire, bien sûr, c'est de se les cacher àsoi-même. Mais de les cacher à l'autre est également grave. En fait,le coût de cette dissimulation est exactement proportionnel àl'importance que nous accordons à cette personne. Plus il s'agit dequelqu'un de précieux dans notre vie et notre recherche desatisfaction, plus notre vitalité souffrira de cette dissimulation.

En fait, même si on a très peur, la colère ou la peine de l'autre sontpresque toujours bien plus faciles à assumer que les conséquences dela dissimulation de nos sentiments. Il vaut toujours la peine dechercher comment on peut respecter (et possiblement exprimer) nosémotions en tenant compte à la fois de ce qu'on ressent et de notresensibilité à l'autre.

Il y a toujours de la place pour une expression précise et complètequi inclut notre crainte ou notre souci de la réaction de cettepersonne importante, sans négliger nos réactions vivantes. C'est cequi nourrit les vraies relations, ce qui leur permet de restervivantes.

Alors, lorsque notre émotion risque de déranger, il estparticulièrement important de trouver une façon de lui faire uneplace. Si nous incluons notre souci de ne pas blesser dans notreeffort d'expression, nous obtiendrons bien souvent des résultatssatisfaisants comme un rapprochement ou une meilleure complicité.

Ce n'est pas une recette magique toutefois, il est nécessaired'appuyer notre choix sur notre connaissance de nous-même et del'autre. Encore ici, c'est à chacun de nous que revient la décision,dans chaque situation.

Et il peut arriver qu'on se trompe, que l'autre ne réagisse pas commenous le souhaitons. Une autre question portera sur ce point.


Question: Quoi faire de mes émotions à part les exprimer ?

    Il arrive qu'il ne soit pas approprié d'exprimer mes émotions. Ça peutêtre à cause de la situation, à cause de l'autre personne ou parce queje ne suis pas prêt à laisser voir une dimension de moi. Qu'est-ce queje pourrais faire d'autre, alors, pour en tenir compte et éviter de meperdre ?

Réponse

C'est une question importante, car il n'est pas toujours opportun demiser sur l'expression. Parfois les circonstances la rendentimpossible, parfois nous savons que les conséquences seraientnéfastes, parfois aussi, nous ne sommes pas prêts à poser ce gested'ouverture et de vulnérabilité, même s'il serait souhaitable.

La chose la plus importante, c'est de RESPECTER notre émotion. Il fautabsolument éviter de la nier, de la repousser ou de nous faire croirequ'elle n'existe pas. C'est une information d'importance majeure etd'une grande pertinence: il ne faut pas la perdre.

Deuxièmement il est essentiel, pour que notre émotion nous soit utile,de la RESSENTIR vraiment. L'expression est optionnelle jusqu'à uncertain point, mais pas le fait de la ressentir. S'il est important dene pas s'occuper immédiatement de ressentir cette émotion, nous avonsavantage à nous réserver un moment pour s'y arrêter, dans un aveniraussi rapproché que nous le pouvons. En effet, plus le délai seprolonge, plus il est difficile de retrouver cette émotion avec sesqualités exactes: elle perd alors une partie de la richesse de sonutilité.

Troisièmement, il faut rapidement trouver une façon d'en TENIR COMPTEdans notre façon d'agir. Nous avons besoin, pour ne pas nous perdre,d'adapter notre action à ce qui est vraiment important pour nous.Faire le contraire de ce que nous dicte notre émotion véritable est leplus court chemin vers l'angoisse et la confusion. Si je suis furieuxcontre quelqu'un, il n'est pas nécessaire de multiplier les souriresfaux qui me mettront en déséquilibre. Je peux respecter cette colèresans la mettre au premier plan.

Enfin, il faut trouver un moyen de SOULAGEMENT PAR L'EXPRESSION. Jepeux choisir le moment et l'endroit où le faire, mais il estnécessaire d'avoir un exutoire. Chacun a ses moyens préférés: voiciquelques exemples.

Il peut être très soulageant et éclairant d'écrire une lettre à cettepersonne (on n'est pas forcé de l'expédier) ou d'exprimer nosréactions par écrit dans un journal personnel (voir cet outil ).D'autres personnes préfèrent parler à un objet qui représente lapersonne ou à une image mentale de cette personne (il est important dele faire à haute voix pour obtenir le soulagement). Le dessin, ladanse, les gestes (frapper un coussin) peuvent aussi être des modesd'expression qui apportent un soulagement précieux. Même des sonsinarticulés comme des rugissements peuvent être utiles.

Peu importe le moyen d'expression qu'on choisit, l'essentiel c'estqu'il permette de 'sortir' cette émotion sans créer de problèmesinutiles. C'est pour cette dernière raison que le fait d'engueuler uneautre personne qui n'a rien à y voir n'est pas un moyen adéquat. C'estune expression dirigée vers la personne concernée que nousrecherchons.


Pour aller plus loin:

Quand l'autre réagit mal

Par le psychologue
Jean Garneau
Question: ...et si l'autre réagit mal, que faire ?

    C'est bien joli votre exemple, mais le conjoint n'est pas toujoursaussi réceptif. Que faire s'il répond par de l'indifférence ou unreproche ? Que faire si chacune de mes tentatives est un échec qui merend encore plus triste et me plonge plus profondément dans l'impasse?

Réponse

Bien sûr, l'exemple semble passablement magique. Il faut comprendreque c'est une illustration et un résumé aussi succinct que possible ducheminement d'une personne en changement. La vie n'est jamais sisimple.

Voyons ce qui se passe lorsque ça va aussi mal que vous le dites.

Premièrement, votre tristesse augmente: elle devient plus intense etplus déchirante. Est-ce un résultat bénéfique ou néfaste de votreexpression ? Nous sommes portés à considérer qu'il s'agit d'uninconvénient, d'un signe d'échec, car ce n'est pas pour être encoreplus triste qu'on prend le risque d'exprimer notre émotion.

Pourtant, il s'agit d'une émotion véritable. Donc, cette tristesseintense est un message que notre organisme nous envoie à propos de nosbesoins les plus importants. L'intensité de la tristesse nous indiquequ'il s'agit d'un message important et urgent; l'heure est grave!

Bien sûr que c'est grave, je le sais trop bien! En fait, je sais trèsclairement, à ce moment, à quel point cette situation est intolérableet combien cette réponse ne peut me convenir. On peut dire que mondrame émotif est évident et que je ne peux plus me le cacher.Autrement dit, rien n'est résolu, mais le problème est clair.

Et si je prends alors mon courage à deux mains et je continue d'êtreattentif à mes émotions, qu'arrive-t-il ? Eh bien, comme dansl'exemple, d'autres aspects deviendront clairs à mes yeux. J'aurai dessouvenirs de situations semblables, je me surprendrai à éprouver de lacolère ou une tristesse d'une saveur différente, des images pourrontse présenter à ma conscience, des idées nouvelles me viendront àl'esprit ou je remarquerai des gestes automatiques de mes membres. Lespossibilités sont multiples.

En somme, si je demeure ouvert, au moment où je reçois cette réponsequi ne me convient pas, je serai en mesure d'y voir plus clair et depoursuivre mon cheminement vers une meilleure compréhension de masituation. Dans ce cas, je serai peut-être amené à envisager despossibilités que j'avais toujours repoussées, comme la nécessité d'uneconfrontation véritable ou d'une rupture. Et alors, je serai plusproche d'une utilisation adéquate de mon émotion, d'une utilisationqui réponde vraiment à mes insatisfactions profondes.

Mais n'oubliez pas de lire l'article de Michelle Larivey sur cettequestion: 'Ne vous séparez jamais sans...' Il complète bien cetteréponse. Vous le trouverez dans le numéro de novembre 1997 et auxarchives à l'adresse ci-dessous.


Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que nos émotions nous indiquent enquoi nos besoins essentiels ne sont pas satisfaits. Elles ne sont pasune recette miracle pour obtenir satisfaction. La recherche du bonheurest notre responsabilité à tous: nos émotions peuvent aider à nousinformer sur notre succès et à nous indiquer les directions à prendre,mais elles ne sont pas le moyen d'obtenir satisfaction. En fait, ellesne sont que l'indice de notre degré de succès dans la poursuite dubonheur.


Connaissez-vous le
"Guide des émotions" ?


Vous pourrez consulter les fiches explicatives de plusieurs expériences émotives telles la jalousie, la gêne, la tristesse, etc.

Pour y accéder !
Question: Le dictionnaire des émotions

    À lire ce texte, j'ai l'impression que des expériences précisescorrespondent à chaque émotion et même à chaque problèmepsycho-somatique. J'aimerais bien pouvoir consulter le dictionnairedes émotions pour savoir ce qui se passe. Pourquoi ne pas donner laréférence? S'il n'est pas écrit, vous pourriez peut-être l'écrire.

Réponse

Si vous trouvez un dictionnaire ou un livre qui ressemble à ce quevous demandez, je vous suggère de vous méfier. Il faut prendre avec ungrain de sel les publications de ce genre. Habituellement elles sont écrites par des amateurs qui n'ont pas assez de formation pourindiquer ou même connaître les limites de leurs affirmations. Cesauteurs ne vous mettront pas en garde contre les dangers qu'il yaurait à croire aveuglément ce qu'ils disent.

En fait, ces dictionnaires, tout comme les dictionnairesd'interprétation des rêves qui ont déjà été en vogue, doivent êtreconsidérés comme un divertissement social et non une clé véritable ouune voie légitime de découverte. Pour amorcer une discussion animéeentre amis, ça va. Mais pour mieux se comprendre, c'est au mieux dutemps perdu.

En fait, la réalité n'est pas si simple. Les humains utilisent unevariété de symboles que chacun adapte à sa situation particulière. Onne peut avoir une traduction unique. Même s'il en existait une, elleserait inutile car ces sont les nuances qui sont les dimensionscruciales, et ces nuances sont toujours individuelles.

Par exemple, on peut dire que la tristesse indique toujours qu'il y aun manque. Nous pourrions donc avoir ici la base d'un dictionnaire:'tristesse = manque'. Mais en fait, cette traduction ne nous avance àrien. Tant qu'on ignore de quel type de manque il s'agit et tant qu'onignore quel est le besoin particulier qui est insatisfait, on ne peutrien faire de cette connaissance sommaire. C'est pour cette raison quela meilleure façon de décoder le message d'une émotion c'est unedémarche d'accueil et d'introspection.

Voici les étapes caractéristiques de cette démarche:
  1. prendre le temps de s'arrêter à l'émotion pour bien la ressentir;
  2. accueillir cette émotion sans chercher à la changer;
  3. laisser apparaître les détails et les nuances qui la composent;
  4. attendre que la synthèse ou la lumière se fasse d'elle-même;
  5. tenir compte du message reçu dans ma façon d'agir et mon expression;
  6. redevenir disponible.
(Vous les avez peut-être reconnues. Il s'agit bien des six étapes duprocessus qui ont été présentées sommairement vers la fin del'article.)

Un mot de plus sur les troubles psycho-somatiques ou les problèmesphysiques qui découlent de nos émotions repoussées (6e marche). Nousaimerions bien que la réalité soit aussi simple que:

trouble cardiaque = problème d'agressivité
maladie de peau = difficulté avec l'intimité, etc.

Comme je le soulignais plus haut, des traductions aussi sommairesseraient inutiles, même si elles pouvaient être vraies. Mais en fait,c'est encore plus complexe que dans le cas des émotions. Un grandnombre de facteurs ont une influence sur le développement d'un troublephysique particulier. Les facteurs psychologiques qui nous intéressentici en font partie, mais plusieurs autres facteurs peuvent avoir uneinfluence encore plus déterminante. Par exemple: faiblesse ouprédisposition congénitale, alimentation, déséquilibres bio-chimiques,excès, etc.

Seul un professionnel qualifié (ou une équipe de professionnels) esten mesure d'évaluer correctement les causes psychologiques etnon-psychologiques d'un trouble psycho- somatique. Nous pouvonscontribuer de façon importante à cette identification des causes enétant attentif et réceptif à nos indices physiques et émotifs, mais ilest illusoire d'espérer y parvenir sans une aide professionnelle.


Question: L'intelligence émotionnelle

    Que pensez-vous du concept de quotient émotionnel et donc, de sa mesure?

Réponse

Le concept d'intelligence émotionnelle (dont découle celui dequotient émotionnel) est intéressant mais il présente certainsdangers.

Il faut comprendre que l'intelligence est une faculté dontles bases physiologiques et, par conséquent, les dimensionscongénitales ou héréditaires sont déterminantes. On peut développer(exploiter) le potentiel intellectuel avec lequel on naît, mais on nepeut l'augmenter. Toute la notion de mesure de l'intelligences'appuie sur cette dimension.

Bien sûr, il est possible d'exploiter son intelligence nettement endessous du niveau de potentiel. Il découle de ce fait largement connuqu'on cherche également à mesurer la performance intellectuelle (paropposition au potentiel disponible). Cette évaluation permetd'estimer (par comparaison avec le potentiel) l'ampleur des progrèsqui pourraient être réalisés si les obstacles de l'environnement etdes facteurs émotionnels étaient enlevés.

Or, ce qu'on appelle l'intelligence émotionnelle est loin d'êtreaussi déterminée par des facteurs héréditaires. Je croisque l'éducation (au sens large) est, et de loin, le principal facteurdéterminant. Toute personne naît avec une capacité émotionnellegénérale relativement équivalente; c'est son éducation (famille,école, société) qui détermine dans quelle mesure elle conserveracette capacité de reconnaître son expérience émotive et d'en tenircompte.

Il me semble donc absurde de mesurer un quotient émotionnel.Cependant, il pourrait peut-être s'avérer utile d'évaluer dans quellemesure une personne est habile à laisser à sa vie émotive la placequi devrait lui revenir. Mais que faire d'un tel score, une foisqu'on l'aurait? On n'en a peut-être pas besoin pour savoir qu'onconnaît mal ou utilise peu nos émotions...

Évidemment, toute forme de quotient suppose qu'on compare à une norme(le quotient est le rapport entre une réalité et celle qu'on jugenormale). Qui définira la norme? En quels termes? Je crois que cesquestions sont bien loin d'avoir des réponses satisfaisantes. J'aides opinions personnelles et professionnelles sur ce qui estpsychologiquement sain, mais jamais je ne voudrais m'en servir commebase pour une évaluation de tous.


Pour aller plus loin:

Agressivité et affirmation

Par la psychologue
Michelle Larivey
Question: Débloquer la colère retenue

    Je souffre du mal-être de la colère rentrée. J'en suisconsciente... je me dis "faisons confiance au processus"... maisl'attente est de plus en plus dure à vivre... et mon corps me faitmal : sensation de gorge qui se serre, sensation de pointe traversantle thorax... N'y aurait-il pas moyen d'accéler le processus, d'aidercette colère à sortir ?

Réponse

Cette question évoque un "déblocage" que nous souhaitons parfois etque nous attendons, mais qui ne se produit pas. On peut s'appuyersur les deux commentaires suivants pour choisir une solution.

Premièrement, il ne sert à rien de vouloir provoquer le déblocageavant d'être prêt. Notre organisme tient compte à la fois de notredésir d'avancer et de notre crainte, probablement mieux que nousne pourrions le faire consciemment. Il suffit souvent de resterdisponible et de prendre le temps de laisser faire le processus pourque le "déblocage" survienne de lui-même, au moment opportun et de lafaçon appropriée. (Il ne faut surtout pas faire l'erreur de croireque nous connaissons d'avance la forme que prendra ce déblocage:l'image que nous en avons reflète nos craintes autant que nosmodèles, mais n'a peut-être que peu à voir avec nos besoins réels.)

Deuxièmement, si nous constatons que nous sommes dans une impasseet que nous ne progressez plus, il est sage d'envisager lapossibilité de nous faire aider par un spécialiste du domaine. Enexpliquant bien notre difficulté, telle que nous la ressentons, àun psychothérapeute compétent, ce dernier pourra vraissemblablementnous aider à faire le pas difficile, à franchir l'obstacle qui nousempêche de poursuivre notre démarche. Dans ce cas, ilfaut s'assurer d'avoir affaire à un professionnel qui a reçu laformation nécessaire et qui acceptera de travailler dans le sens oùnous voulons aller. Le mieux, pour trouver ce professionnel, c'estde nous appuyer sur des références et de lui expliquer clairement ceque nous attendons de la consultation.


Question: De très vieilles émotions qui remontent

    Est-il possible que la peine refoulée lors d’événements difficiles (mort de ma mère à 10 ans, abus sexuel par la suite) cherche maintenant à remonter? Avant l’année dernière, je n’avais pas pleuré. Mais à l’occasion du décès d’une personne qui m’était chère, ces vieilles peines ont resurgi. Est-ce que le fait d’avoir de la misère à laisser remonter cette vieille peine traumatisante peut expliquer l’angoisse que je ressens lorsque tous ces souvenirs douloureux cherchent à refaire surface (et que je referme le couvercle tellement j’ai peur d’exprimer ces émotions)?

Réponse

La réponse aux deux questions est oui. Les peines (comme toute autre émotion étranglée ou enfouie) sont source d’angoisse. Mais ce refoulement a aussi d’autres conséquences importantes.

Être vivant c’est être en constant mouvement émotionnel. Pour nous sentir unifiés et harmonieux dans cette mouvance émotionnelle, il faut que ce que nous vivons puisse “suivre son cours”. Il est nécessaire de laisser libre cours au flot émotionnel.

Notre éducation ne nous a généralement pas préparés à cela. Aussi nous craignons souvent d’accorder cette liberté à notre vie émotive. Comme le cavalier inexpérimenté montant un cheval trop vif, nous vivons alors notre vie avec un mors sévère pour nous assurer que l’émotion ne partira pas à l’épouvante!

Quand surviennent des situations où nos émotions sont intenses, nous cherchons à nous consoler, à nous raisonner, et parfois même à oublier. Des amis et professionnels bien intentionnés vont jusqu’à nous conseiller de prendre des calmants. Tout cela, dans l’espoir de diminuer la douleur psychique.

Comme dans le cas de la douleur physique, le fait de la faire disparaître nous prive d’une information précieuse sur ses causes ainsi que sur les actions qui sont dommageables. Mais contrairement à cette douleur physique, le fait de l’enrayer l’amène souvent à se loger quelque part dans notre système nerveux et à rester intacte mais invisible. Dans ce cas, l’émotion neutralisée réapparaîtra éventuellement, probablement à l’occasion d’un événement qui, par sa signification, rejoint l’expérience enfouie.

La solution apparente qui consiste à supprimer la douleur psychique s’avère dont nuisible à moyen et à long terme même dans les cas où elle est avantageuse dans l’immédiat. C’est au contraire en vivant totalement ces douleurs que nous réussissons à les éliminer et à nous refaire un équilibre qui intègre cette expérience “négative”. C’est à cette condition que nous assurons notre intégralité et notre organisme nous y invite en nous présentant à nouveau les expériences que nous n’avons pas encore assimilées.



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    Le psy virtuel est à votre disposition. Pour 50$ (canadiens) un de nos psychologues consacrera 30 minutes à vous répondre s'il estime pouvoir vous être vraiment utile. Il s'agit d'un genre de consultation individuelle et vous aurez la réponse en 3 jours.

    Voyez les détails ici:http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à


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