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" L'enfant expressif "

Par Geneviève Van Houtte , psychologue
(interview par Jean Garneau)


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Vos questions et nos réponses



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Question: le traumatisme qui détermine la personnalité

Est-il possible que la personnalité d'un adulte soit déterminée par un manque d'expression alors qu'il était enfant? Par exemple, souffrir de phobie sociale parce que notre expression a été empêchée ou même simplement parce qu'on n'arrivait pas à s'exprimer, faute de savoir comment?

Réponse

La personnalité d'un adulte se forme tout au long de sa vie. Même chez un jeune, il y a plusieurs facteurs qui en influencent la construction.

Certains traits de caractère sont déjà présents chez le bébé. On distingue facilement, par exemple, les bébés au caractère calme qui dorment beaucoup de ceux qui sont plus actifs, qui réagissent beaucoup à leur environnement et l'explorent spontanément. Les premiers aiment jouer seuls et ont tendance à être plus craintifs alors que les derniers entrent plus facilement en relation avec les autres.

La place de l'enfant dans la famille a également une grande importance dans la construction de sa personnalité. L'enfant unique, l'aîné, le cadet, la fille entourée de garçons, etc. ont chacun un univers caractéristique qui les amène à développer davantage certaines habiletés et à adopter des attitudes particulières.

Il y a aussi, bien sûr, l'influence des personnes qui l'entourent et de leurs façons de réagir à lui et aux événements. Cet environnement humain est le facteur le plus complexe et celui dont les influences sont les plus importantes.

C'est justement à ce niveau que les parents peuvent avoir une contribution majeure au développement de la personnalité de l'enfant. Cette influence peut aller aussi loin que corriger ou compenser en partie les effets des deux groupes de facteurs précédents.

Par exemple, l'enfant au tempérament plus craintif est porté à demander plus souvent l'aide des parents pour régler les problèmes que la vie met sur son chemin. Le parent peut provoquer un développement plus épanouissant s'il cherche à aider l'enfant à faire face aux difficultés plutôt que d'accepter de faire les choses à sa place. En cherchant à favoriser le développement de son expressivité à lui, il aide cet enfant à développer sa capacité de s'affirmer et sa confiance en lui-même alors qu'autrement il aurait eu tendance à devenir timide et réservé.

De la même façon, l'enfant au naturel plus actif et batailleur gagne énormément de solidité personnelle s'il a la chance d'avoir un parent qui l'aide à prendre le temps de réfléchir et de chercher des solutions avant de passer à l'action ou d'attaquer.

On peut conclure que la capacité de s'exprimer est à la fois un résultat de la construction de l'enfant (il apprend à s'exprimer adéquatement) et un facteur dans son développement (le fait de réussir à s'exprimer contribue au développement de plusieurs caractéristiques personnelles, notamment la confiance en soi et de l'estime de soi).


Question: confiance et expression

Est-ce qu'il existe un lien entre l'expressivité d'un enfant et la confiance qu'il accorde à chaque personne? Est-ce que ça pourrait expliquer qu'un enfant qui s'exprime bien à la maison soit renfermé et parle peu à l'école?

Réponse

Comme les capacités de l'enfant se développent rapidement, la réponse à cette question est bien différente selon l'âge où on observe cette réaction. Je vais d'abord expliquer ce qui se passe chez l'enfant plus jeune (3 ans environ) pour ensuite préciser ce qui concerne plus particulièrement la réaction à l'école.

Vers l'âge de trois ans, l'enfant commence à s'intéresser à entrer en contact avec les autres. Son univers s'élargit à travers la découverte d'un monde plus vaste qui constitue son entourage.

Par exemple, une promenade au parc ou un séjour à la garderie constitue une opportunité de découverte remarquable. À cause de la présence d'objets et d'espaces nouveaux, mais encore plus à travers la présence d'autres enfants et d'adultes différents de ceux avec lesquels il est familier, l'enfant est stimulé à explorer et à entrer en contact avec d'autres parties de la réalité.

Il est utile de favoriser ces situations car elles ont un effet favorable sur le développement de l'enfant. Ces rencontres avec le monde extérieur à l'univers familial sont l'occasion de développer son intérêt et sa capacité d'exploration.

Mais elles sont aussi une opportunité encore plus importante: celle de découvrir et de se familiariser avec des façons de faire différentes de celles auxquelles il est habitué. C'est donc le germe d'une capacité d'échapper aux limites de ses parents que ces découvertes permettent d'implanter.

Certains enfants refusent ce contact et cherchent à s'isoler au lieu de vouloir découvrir. Lorsqu'un parent constate une réaction de ce genre, il est important qu'il s'en occupe afin de favoriser la résolution du problème s'il y a lieu. La première étape consiste à essayer de comprendre les causes de cette réaction.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce retrait et c'est souvent une combinaison de ces facteurs qui est en jeu. Les principaux sont les suivants:

  • La difficulté d'exprimer ses émotions. La difficulté d'expression (celle de la colère plus particulièrement), peut contribuer à cette attitude craintive devant l'univers.

  • Des peurs intenses ou démesurées. (Ce facteur est expliqué en réponse à la question précédente).

  • Un événement menaçant (la naissance d'un nouveau bébé ou la séparation des parents, par exemple). Cette situation amène normalement l'enfant à s'accrocher davantage à sa mère. Mais si cette réaction persiste plus de 3-6 mois, il y a lieu de s'en inquiéter.

  • Les difficultés vécues par le parent. Lorsqu'un parent ne parvient pas à résoudre les problèmes de sa vie, il a souvent tendance à faire de l'enfant le centre de son univers. Il se met alors, sans s'en douter, à considérer l'enfant comme une partie ou une extension de lui-même et à lui attribuer plusieurs des émotions qu'il ne parvient pas à assumer complètement. Dans cette situation, le parent peut avoir tendance à s'accrocher à son enfant et à provoquer (ou imaginer) chez ce dernier les réactions qui maintiennent cette situation.

  • La difficulté de se détacher de sa mère et de faire confiance à quelqu'un d'autre. Ce manque de confiance fait donc partie des facteurs qui peuvent contribuer au retrait devant les situations nouvelles, mais il n'est pas le seul.
Malgré les découvertes occasionnelles dont il est question ci-dessus, on peut dire qu'avant l'âge de 5 ans, l'enfant vit essentiellement dans sa famille. Aller à l'école, c'est donc un passe très important dans la vie de l'enfant; c'est explorer un tout autre monde que celui qu'il connaît.

Cette découverte est aussi un défi, car elle invite l'enfant à développer de nouvelles capacités dont il n'avait pas besoin jusqu'alors. Il doit:

  • apprendre à développer une relation de confiance avec un autre adulte

  • apprendre à s'occuper lui-même de la satisfaction de ses besoins

  • développer un univers qui lui est propre

  • se détacher progressivement de la famille.
Ce passage important est une étape de vie dont les résultats demeureront utiles pour toute la vie. Pour en profiter au maximum, l'enfant a besoin d'être accompagné sans qu'on cherche à lui éviter les difficultés qui font partie de ces apprentissages. Il a aussi besoin de temps. Ce développement doit se faire à son rythme, selon ses capacités, et non pas au rythme qui serait rassurant pour les parents.

Aux parents qui s'inquiètent parce que leur enfant ne leur raconte pas sa journée au retour de l'école, il est bon de rappeler que la notion de temps est différente chez l'enfant et chez l'adulte. L'enfant vit strictement dans le moment présent. Il n'est pas intéressé à raconter sur demande ce qui s'est passé auparavant. Ce n'est souvent que par association et à travers l'action qu'il se souvient réellement. Par exemple, il se souvient d'une histoire entendue pendant la journée au moment où on lui raconte une histoire avant le coucher.

Mais certains événements de la journée sont parfois encore très présents au retour de l'école. Dans ce cas, c'est parce que leur importance aux yeux de l'enfant en fait une préoccupation actuelle. Ce n'est pas le récit d'événements de la journée, mais l'expression d'une réalité qui est encore présente. Il s'agit alors d'événements importants pour l'enfant et il est bon d'y être attentif.

En général, il n'est pas utile de s'inquiéter de tout ce qui se passe à l'école. C'est une situation d'apprentissage et un lieu de développement qu'il est bon de laisser entre les mains de l'enfant.

Il suffit d'être attentif aux changements relativement importants et facilement observables. C'est à travers des changements de ce genre dans le comportement ou l'humeur générale que se manifestent les difficultés sérieuses.

Dans ce cas, il n'est souvent pas très utile de questionner l'enfant pour comprendre ses difficultés. On obtient généralement de meilleurs résultats en rencontrant le professeur à l'école pour discuter de ces inquiétudes et, s'il y a lieu, des solutions possibles.


Question: difficultés d'adaptation ou d'expression

Un enfant qui a des difficultés à s'exprimer clairement, surtout lorsqu'on n'a pas tout le temps nécessaire à lui consacrer, peut facilement se retirer, se sentir incompris ou non aimé. Que faire devant ces difficultés? Est-ce qu'il s'agit simplement d'une difficulté d'expression, d'une étape plus difficile dans son développement ou d'un problème grave? Comment faire la différence?

Réponse

Les enfants sont évidemment dépendants de leurs parents. Plus ils sont jeunes, plus cette dépendance est générale.

Ceci les met partiellement à la merci des façons d'agir de leurs parents et même des conflits psychiques de ces derniers. Par exemple, un parent peut facilement réagir à son enfant comme s'il s'agissait de son propre parent. (Voir à ce sujet "Le transfert dans les relations" et "Aux sources du transfert" .)

Il est donc important, pour le parent, de faire la distinction entre les difficultés de son enfant et ses propres conflits psychiques. Par exemple, le fait de se sentir coupable devant le retrait de son enfant est souvent l'indice d'un défi à relever dans le développement personnel du parent plus que d'une situation grave pour l'enfant.

Il ne faut pas oublier non plus le fait que l'enfant doit travailler et relever des défis difficiles dans la construction de sa personnalité et le développement de ses habiletés. Il est important de lui laisser l'espace nécessaire à cette recherche de ses solutions même lorsqu'on serait tenté d'aplanir toutes les difficultés sur son chemin.

Les difficultés dans l'expression ne sont pas les seuls facteurs importants qui peuvent bloquer une partie du développement de l'enfant. Heureusement, il y a des signes auxquels nous pouvons nous fier parce qu'ils indiquent que quelque chose ne fonctionne pas adéquatement et qu'il faudrait s'en occuper. Voici les plus importants de ces indices.

Une difficulté persistante

Le développement de l'enfant est rempli de difficultés à surmonter. On ne peut apprendre à marcher sans tomber et sans essayer à nouveau après un échec. Mais ces difficultés sont généralement de courte durée. Elles sont bientôt surmontées pour faire place à de nouveaux défis.

C'est le fait que la difficulté dure trop longtemps qui est l'indice important. C'est particulièrement important si la difficulté persistante concerne le langage ou la socialisation. Ces deux domaines sont des cibles importantes du développement de l'enfant en même temps que des reflets du succès de ce développement. Ils peuvent donc être considérés comme des indices privilégiés.

L'absence de progrès

Le développement de l'enfant suppose un grand nombre d'obstacles à franchir et il est normal que ceux-ci ne soient pas souvent vaincus au premier essai. Il est normal aussi qu'il faille un peu de temps pour trouver les solutions; il faut laisser aux mécanismes d'adaptation le temps de faire leur effet.

Mais si la difficulté persiste sans qu'on puisse identifier de progrès chez l'enfant, il est bon de s'en inquiéter pour chercher les causes du blocage. En effet, si on identifie rapidement les causes de l'impasse et si on découvre tôt les outils qui peuvent y remédier, la suite du développement de l'enfant peut souvent être grandement favorisée.

En somme, si le problème est durable et si l'enfant cesse de progresser, il est opportun de consulter un spécialiste. Ceci permettra d'identifier rapidement la nature et les causes du problème ainsi que de prendre immédiatement les moyens appropriés pour aider à le résoudre ou à en diminuer les conséquences.

Par exemple, un orthophoniste pourrait évaluer la nature des problèmes de langage de l'enfant qui a de la difficulté à s'exprimer. Il pourrait alors proposer des solutions et ainsi contribuer à briser le cercle vicieux qui conduit au retrait et au silence.


Question: Pourquoi voir un psychologue ?

Comme tous les parents, j'ai souvent des problèmes à résoudre dans l'éducation de mes enfants. Parfois j'en discute avec mon mari, parfois avec des amis, et quelquefois je trouve utile de rencontrer ses professeurs pour faire face à une situation plus délicate. Qu'est-ce que pourrait m'apporter de plus le fait de rencontrer le psychologue attaché à l'école?

Réponse

Pour les parents, le fait de rencontrer un psychologue peut être utile de plusieurs façons différentes. Voici les quatre avantages importants qu'on rencontre le plus souvent.

D'abord, le fait d'en discuter avec quelqu'un d'autre, particulièrement avec un spécialiste du fonctionnement des enfants, permet de voir plus clairement le problème. Ça permet de mieux le cerner et mieux le comprendre. On obtient une partie de ce résultat bénéfique lorsqu'on discute du problème avec un ami ou un conjoint, mais sans bénéficier des informations qu'un spécialiste peut apporter.

En plus, le psychologue apporte une connaissance précise du fonctionnement de l'enfant. En tant qu'expert du développement de l'enfant, il peut aider à comprendre quels problèmes correspondent à des étapes normales du développement et lesquels méritent qu'on s'en inquiète. C'est un avantage qu'on peut difficilement trouver autrement si on n'est pas spécialiste de la psychologie de l'enfant. Dans une certaine mesure, les enseignants peuvent jouer une partie de ce rôle grâce à leur expérience avec les enfants d'un groupe d'âge particulier.

Troisièmement, le psychologue peut contribuer à valider les tentatives que fait le parent dans l'éducation de son enfant. Il est en mesure d'identifier les actions qui sont vraiment favorables et utiles et d'aider à mieux ajuster celles qui sont moins appropriées. Le fait qu'il ne soit pas personnellement impliqué dans le problème, ni à la maison ni en classe, lui permet de jouer plus facilement ce rôle important de support au parent.

Enfin, grâce à son regard extérieur plus impartial, le psychologue peut aider à distinguer les dimensions du problème qui appartiennent à l'enfant de celles qui relèvent du parent. Cela permet souvent de sortir de la culpabilité malsaine ou des reproches stériles pour mieux tenir compte des capacités réelles du parent et de l'enfant. Le psychologue est relativement irremplaçable dans cette fonction où il puise à la fois dans ses connaissances approfondies de l'enfant et dans son jugement clinique.


Question: la rivalité entre frères et soeurs

Mon fils a une attitude vraiment dominatrice envers sa soeur cadette. Il cherche toujours à avoir le dessus sur elle comme s'il était constamment en compétition. Par exemple, il refuse de partager, lui enlève ses jouets, prend toute la place lorsqu'elle essaie de s'exprimer, etc. Je ne réussis pas à rétablir un meilleur équilibre entre eux. Que faire?

Réponse

Il faut d'abord comprendre que la rivalité entre frères et soeurs est toujours présente. Il s'agit d'une réaction normale et saine entre les enfants d'une même famille. En fait, cette rivalité est même souhaitable parce qu'elle est l'occasion où chacun apprend à prendre sa place avec ses égaux.

La rivalité est inévitable parce qu'elle est une adaptation à un fait fondamental: la nécessité de partager ses parents avec les autres enfants. C'est une réalité inéluctable pour tous sauf les enfants uniques.

C'est un aspect de la vie de chaque humain: les personnes auxquelles nous sommes liés ne sont pas entièrement vouées à notre satisfaction. Les enfants le vivent d'abord à la maison, puis sous une forme plus complexe ils rencontrent la même difficulté à l'école avec un plus grand nombre d'enfants de leur âge. Éventuellement, ils vivront d'autres formes du même conflit au travail et dans leurs loisirs d'adultes. Alors, il vaut mieux commencer tôt à s'adapter à cette réalité.

Devant la rivalité entre frères et soeurs, il est important que le parent évite d'interférer ou de s'attribuer le rôle d'arbitre et de juge. Il devrait, autant que possible, laisser les enfants régler entre eux ces conflits. S'il leur fait cette confiance, ils trouveront entre eux une forme d'équilibre satisfaisant à long terme.

Le parent devrait aussi refuser d'être utilisé comme force extérieure capable de changer le cours des événements. Que ce soit à la demande d'un des protagonistes ou de sa propre initiative, le parent qui intervient dans ces rivalités biaise généralement la situation, surtout en s'identifiant à l'un ou l'autre des enfants qui lui ressemble davantage.

S'il juge nécessaire d'intervenir pour débloquer le conflit, il peut inviter les enfants à trouver eux-mêmes une solution satisfaisante après que chacun ait bien fait valoir son point de vue. Il s'agit, en somme, de les inviter à négocier pour inventer une solution qui leur convienne à tous deux. De cette façon, les deux enfants en sortiront avec un apprentissage précieux sur l'art de résoudre les conflits.


Question: l'éducation monoparentale

Depuis mon divorce, je trouve que l'éducation de ma fille est beaucoup plus difficile qu'avant. Est-ce en réaction à nos conflits ou par compensation pour l'absence de son autre parent, je l'ignore. Mais on dirait que les problèmes sont plus nombreux et plus complexes. J'ai souvent l'impression d'être incapable d'assumer toutes les responsabilités que cette séparation m'impose.

Réponse

Il est très difficile d'élever seul un ou plusieurs enfants. C'est malheureusement une situation de plus en plus répandue qui touche un grand nombre de parents. C'est le cas lorsque le divorce a dégénéré en guerre dont les enfants sont à la fois les victimes et les munitions. C'est également le cas lorsque le conjoint a choisi de disparaître plus ou moins complètement.

Même ceux qui tentent de collaborer autant que possible n'y échappent pas vraiment. Ils ont beau être soucieux que leur divorce ne nuise pas au développement de leurs enfants, ils se retrouvent souvent seuls, chacun de son côté, avec les lourdes responsabilités du parent.

Une partie importante des difficultés caractéristiques de la famille monoparentale découle du fait que le parent est emprisonné dans une diade avec son enfant. Il est le seul adulte de la situation, avec toute la responsabilité d'y faire face. Il est également pris avec son seul point de vue sur la situation.

Un couple de parents offre naturellement une variété de points de vue à cause des différences de personnalité, de valeurs et d'expérience entre les parents. Les visions complémentaires s'enrichissent mutuellement pour créer une synthèse nettement supérieure à celle que l'un ou l'autre aurait pu inventer à lui seul.

Lorsqu'il y a un seul parent, les situations ont tendance à se cristalliser. Elles prennent une forme qui reflète le caractère et les conflits de ce parent, qui correspond à ses limites et ses comportements défensifs plus qu'à ses capacités. Il faut donc compenser pour cette tendance naturelle.

La façon la plus simple d'y parvenir, c'est d'impliquer un tiers pour compléter l'environnement en y ajoutant un point de vue différent. Cette personne supplémentaire est précieuse pour le parent comme pour l'enfant. Elle aide les deux à adopter une vision plus large de leur réalité, une vision qui échappe à leurs manies particulières, à ces habitudes qui se sont installées entre eux.

Un oncle assez proche, une grand-mère, un voisin intéressé ou un professeur disponible peuvent jouer ce rôle. Il s'agit simplement de trouver un autre adulte avec lequel il soit possible pour l'enfant et pour le parent de parler ouvertement des situations de vie qui les préoccupent.

Une autre façon de réussir un meilleur équilibre, c'est d'ajouter un autre lieu où vivre des expériences importantes. Par exemple, le fait de participer aux activités de scoutisme, à une équipe sportive ou à des cours parascolaires donne l'occasion d'appartenir à un univers différent dont les règles et les habitudes échappent à celles de la paire parent-enfant. L'école joue déjà un rôle à cet égard, mais une contribution supplémentaire qui touche les loisirs est un atout important.

Ces apports extérieurs peuvent souvent être suffisants pour compenser en grande partie les inconvénients qui découlent de la cellule familiale rétrécie. Ils ajoutent de la richesse à l'expérience de vie, mais également un support important pour l'enfant et pour le parent. Même le répit et la distance que ces autres partenaires viennent installer dans la relation parent-enfant sont bénéfiques.


Question: des lectures supplémentaires

Pourriez-vous recommander des livres qui pourraient compléter votre article et nous aider à mieux jouer notre rôle de parents?

Réponse

Voici deux livres bien faits que je recommande souvent aux parents.

  • "Parent responsable, enfant équilibré"
    François Dumesnil (1998)
    Les éditions de l'homme


    IL s'agit d'un livre qui met l'accent sur le rôle d'éducateur du parent. Le parent a pour tâche d'une part de contenir et d'encadrer le jeune et d'autre part de favoriser l'actualisation de son potentiel et la construction de son identité. Comment l'encadrer, comment jouer avec lui, comment le stimuler intellectuellement, comment favoriser la construction de son identité à travers son besoin de se réaliser, tels sont les thèmes abordés dan ce livre.

  • "Guide pour parents inquiets, aimer sans se culpabiliser"
    Michel Maziade (1988)
    Les éditions la liberté Québec


    Il y a rarement une seule cause à un problème. L'auteur jette un nouvel éclairage sur la façon de regarder un problème vécu par un jeune. Il tient compte du tempérament de l'enfant, de facteurs constitutionnels, des façons de voir ou de solutionner le problème, des genres de familles. Il guide les parents dans une démarche qui peut les aider à trouver eux même des solutions.

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    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à



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