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" Comment développer l'estime de soi "

Par Michelle Larivey , psychologue


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Question: Relever le défi, mais lequel?

Parfois je songe à laisser mon emploi parce que je pense que je ne possède pas les habiletés de communication nécessaires dans un poste aussi important que le mien. Cependant, je crains de passer à côté d'un défi important. Si c'est le cas, je baisserai certainement dans mon estime.

Réponse

Il ne sert à rien de s'acharner à développer des habiletés pour lesquelles nous n'avons pas les ressources. Mais parfois, ce que nous appelons manque de ressources n'est que le reflet de nos peurs. Comment faire la distinction et prendre la décision qui nous respecte le mieux? Cette question est importante car les choix qui en découlent ont un impact important sur notre estime de nous-même.

Il faut d'abord réaliser que rien ne m'oblige à investir dans le développement de chacune de mes capacités. D'abord, parce qu'il serait impossible de développer toutes mes capacités, tout mon potentiel. Une seule vie serait nettement insuffisante pour y parvenir. Le manque de temps et de disponibilité, entre autres, m'en empêcheraient certainement.

En étant attentif à mes aspirations, toutefois, il m'est possible de choisir les ressources auxquelles je veux accorder la priorité dans lesquelles je veux vraiment investir. Les aspirations les plus importantes de ce point de vue sont celles qui s'expriment dans un intérêt très fort. Cet attrait est important car il révèle la pertinence du sujet par rapport à l'ensemble de ma vie. Il est précieux aussi parce que c'est sa force qui alimentera ma motivation à vaincre les difficultés pour atteindre mes objectifs.

Le fait que ce choix vienne de l'intérieur et soit ancré dans un intérêt réel est extrêmement important. Il existe de nombreux cas de dépression et même de suicide de personnes qui se sont investies dans des domaines aucunement significatifs pour elles dans le but de plaire à une tierce personne. Elles y ont laissé leur énergie en accomplissant des tâches qui ne pouvaient les satisfaire. Elles s'en sont probablement voulu aussi de chercher ainsi à plaire au mépris d'elles-mêmes et à leur détriment.


    Peurs et aspirations

Se peut-il qu'un intérêt très fort soit camouflé sous mes peurs et donc que je n'y aie pas accès? Je ne ferais, alors, que "soupçonner" mon aspiration. Ou encore, je ferais l'hypothèse que la force de mes peurs est proportionnelle à l'importance de l'intérêt.

Ces suppositions peuvent mériter une vérification, au moins pour en avoir le coeur net. On peut le constater parfois dans le cas de la peur maladive de l'eau. En s'y apprivoisant graduellement, la personne se rend compte de l'immense plaisir qu'elle éprouve au contact de cet élément.

Pour répondre à ces questions sur la dissimulation de mes aspirations, je peux faire des tests. Par exemple, tenter de parer à mes faiblesses principales avec une formation appropriée. Une compétence de base pourrait me permettre d'être assez à l'aise pour juger de mon intérêt.

Enfin, est-il possible que mes peurs ou mon manque de confiance soient si considérables que je ne puisse donner suite à mon aspiration? Oui, cette évaluation est possible. Mais elle ne donne pas nécessairement une baisse d'estime de soi.

Pour conserver mon estime intacte, ma décision doit simplement tenir compte de l'ensemble de ce qui m'importe. Supposons par exemple que je tienne par-dessus tout à ma qualité de vie et à celle de ma famille. Si je crois que cette qualité serait trop perturbée par mon choix, il est bien possible que je me respecte davantage en renonçant à mon aspiration. Dans ce cas, le renoncement peut même contribuer à rehausser mon estime, parce que j'ai fait "le meilleur choix".

Il se peut aussi que je m'y prenne trop tard, de sorte que les efforts exigés m'apparaissent surhumains et les chances de réussir à ma satisfaction à peu près nulles. Dans ce cas, il est probablement préférable, du point de vue de mon estime, d'assumer ma négligence d'autrefois avec les conséquences qui en découlent.

En résumé, il n'est pas nécessaire de me lancer dans tous les défis que la vie me propose et de développer l'ensemble de mes talents pour conserver ou rehausser mon estime de moi. Ce qui est nécessaire par contre, c'est que j'effectue mes choix en me respectant totalement. C'est ce respect intégral de ma personne qui assure mon estime.


Question: Quand l’autre ne collabore pas
    Je sais que l'estime de soi et l'autonomie augmentent grâce a une "confrontation" avec ceux qui ont de l'importance pour nous. Mais qu'advient il si ces personnes nous répondent d’une façon qui nous donne une mauvaise image de nous-mêmes? Comment ne pas se sentir dans l'insécurité et le doute lorsque ces personnes dont l'avis compte plus que tout, remuent le couteau dans la plaie sur des sujets qui nous font déjà souffrir au départ et pour lesquels nous recherchons leur aide pour nous en sortir?

Réponse


Comme le souligne cette question, l’acquisition de notre autonomie se fait à travers une affirmation ouverte de ce que nous sommes. Et pour qu’elle soit un succès, nous devons réussir cette affirmation de nous-même devant les personnes à qui nous reconnaissons un pouvoir sur notre identité et notre valeur. Plusieurs articles du site redpsy.com élaborent déjà sur ce point.

Tu devrais comprendre !Il est tentant, dans ces conditions, d’attribuer une importance primordiale à la réaction de la personne auprès de qui nous faisons cette expression affirmative. Après tout, nous sommes dans une relation de dépendance avec elle; c’est ce qui lui confère son pouvoir sur notre valeur et notre estime de nous-même. Il semble tout à fait naturel de croire que le résultat obtenu dépende directement de la “confirmation” reçue de cette personne. Nous pensons volontiers que si elle approuve et supporte notre affirmation, alors notre effort sera couronné de succès, mais que si, par malheur, elle la conteste ou l’ignore, alors nous serons dans une impasse. Pire! Tout sera à recommencer, avec la difficulté supplémentaire qu’ajoutera le souvenir de cet échec.

C’est ce que nous croyons, mais la réalité est bien différente. En fait, c’est notre dépendance qui nous pousse à croire que la réponse de l’autre est déterminante. Comme nous lui accordons le pouvoir de juger et de déterminer notre valeur, nous avons tendance à nous soumettre automatiquement à son jugement. En réagissant ainsi, nous confirmons et renforçons notre dépendance envers cette personne.

Cette réaction est tout à fait normale chez un enfant qui est en situation de dépendance réelle. Il n’a pas tout à fait le choix d’agir d’une façon qui contredise les exigences de son parent et il a vraiment besoin de leur opinion pour former son identité.

Mais quand il s’agit d’un adulte, cette dépendance n’est plus une contrainte réelle; elle n’est qu’une attitude reflétant les difficultés de son histoire personnelle et signalant quels défis de son développement n’ont pas encore été relevés avec succès. La conquête de l’autonomie est un de ces défis fondamentaux pour toutes les espèces animales, mais plus particulièrement pour les humains.

On peut affirmer que ce sont les obstacles à notre libre affirmation qui sont les ingrédients les plus favorables à l’acquisition d’une véritable autonomie. Au moment où nous sommes prêts à gagner notre droit à une existence comme un être distinct, nous avons besoin de surmonter une difficulté. Il faut que notre affirmation constitue un risque réel. Autrement, nous ne gagnerions rien et tout resterait à faire.

Si les personnes importantes à qui nous reconnaissons un pouvoir sur notre identité nous présentent des obstacles réels, une résistance pertinente, alors elles nous fournissent les conditions les plus favorables au succès dans notre tâche de développement. Mais si, au contraire, elles aplanissent les difficultés et nous facilitent la tâche en éliminant artificiellement les obstacles, elles nous empêchent d’acquérir la liberté et l’autonomie. Elles nous maintiennent alors dans la dépendance (peu importe les motifs qui les animent).

L’acquisition de l’autonomie est toujours une tâche complexe. Elle exige de reconnaître en nous deux forces contraires: le besoin d’être différent et le besoin d’être aimé. Ces deux forces sont présentes en même temps et s’adressent au même interlocuteur.

Dans cet effort nécessairement paradoxal, nous sommes toujours tentés de privilégier un pôle ou l’autre: insister sur notre dépendance en espérant un support artificiel ou insister sur notre différence en reniant notre désir de conserver l’amour de l’autre. Mais c’est seulement lorsque nous réussissons à faire cohabiter harmonieusement ces deux forces, dans notre expression comme dans notre vécu, que nous parvenons à élargir notre zone réelle de liberté.

Si les personnes importantes nous rappellent nos difficultés que nous connaissons déjà et que nous tentions de nier, elles contribuent au succès de notre démarche car elles nous forcent, par leur attitude, à affirmer ce que nous sommes vraiment, avec les difficultés et les contradictions que cela comporte. Si elles coopéraient à notre déni, elles nous aideraient à nous tromper et à nous priver des indices intérieurs dont nous avons besoin pour nous guider vers une réelle estime de nous-même.


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    Le psy virtuel est à votre disposition. Pour 50$ (canadiens) un de nos psychologues consacrera 30 minutes à vous répondre s'il estime pouvoir vous être vraiment utile. Il s'agit d'un genre de consultation individuelle et vous aurez la réponse en 3 jours.

    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

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