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II - les programmes Online Par Jean Garneau , psychologue Cet article est tiré du magazine électronique " La lettre du psy" Volume 7, No 4: Avril 2003 | Avant d'imprimer ce document | Mise en garde | Autres articles | Résumé de l'article Cet article fait partie d’une série où je fais le point sur nos expériences d’intervention psychologiques sur Internet. La première partie s’intitule I - Les réponses aux questions personnelles; elle est disponible à cette adresse http://www.redpsy.com/infopsy/etherapie1.html. Table des matières
Vos questions liées à cet article et nos réponses ! |
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Introduction Nous n’offrons nos cours sur Internet que depuis janvier 2001. Notre expérience est donc bien moins étendue que celle que nous avons accumulée dans les réponses aux questions. Les questions des internautes ont commencé à nous interpeller dès le premier numéro de La lettre du Psy (septembre 1997) et elles ont pris une telle ampleur que nous avons dû en venir à exiger des honoraires pour donner des réponses approfondies aux individus. Mais en réalité notre expérience avec le programme Savoir Ressentir est beaucoup plus importante. Nous avons en effet travaillé longuement à sa mise au point (création, recherches, corrections, vérifications, essais cliniques). Mais surtout, nous l’utilisons dans notre pratique depuis sa publication (1994) et nous accumulons depuis lors l’information sur ses effets et ses limites. Nous sommes donc en terrain familier lorsque nous offrons la version Internet de ce programme alors que plus d’un millier de clients l’ont déjà suivi de façon autonome (en plus de ceux qui en ont utilisé des sections, guidés par leur psychothérapeute). Ce n’est que le médium qui est différent; il s’agit d’une démarche et d’une intervention à distance que nous connaissons bien. |
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La formation à distance
Les premiers cours par correspondance ont été reconnus aux États-Unis par des crédits universitaires, des diplômes ou par le système d’éducation public depuis la période 1883-1891 (Cornell University, Yale University et État de New-York). La formation à distance a pris depuis diverses formes en s’adaptant continuellement au contexte social (comme les périodes de guerre ou les courants de pensée) et à la popularité de différents médias (radio, télévision, informatique, multimédia et Internet notamment).
À l’heure actuelle, on estime que 80 millions de personnes par année suivent une formation à distance. À lui seul, le Cned (Centre national d’enseignement à distance relevant du gouvernement français) offre actuellement plus de 3000 formations. Le site Web California Virtual Campus présente pour sa part plus de 4500 cours, programmes ou diplômes offerts à distance par les collèges et universités du seul État de Californie. Même la liste des sites Web consacrés à l’éducation à distance établie par le Distance Education Clearinghouse de Université du Wisconsin donne le vertige par l’abondance des ressources qu’elle met à notre disposition. En offrant la possibilité d’une plus large diffusion des cours et en facilitant l’interaction à distance entre l’étudiant et le professeur, Internet ouvre à cette forme d’intervention éducative des possibilités considérables. Son impact est particulièrement important pour la formation continue qui, par définition, s’adresse à des étudiants occupant déjà un emploi. Pour c’eux-ci, le fait de se libérer et de se déplacer à un moment précis constitue souvent le coût principal de la formation à cause des pertes de revenus qu’il occasionne.
Notre implication sur le Web étant de qu’elle est, il n’est pas étonnant de voir apparaître une version “Online” du programme Savoir Ressentir et, bientôt de son complément “Maîtriser l’expression efficace”. En fait, ce sont même les découvertes faites depuis l’introduction du premier qui nous amènent à publier “L’expression efficace” d’abord dans sa version Internet. Ce médium permet en effet d’y intégrer des caractéristiques nouvelles que ne pouvait inclure la version originale. |
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Nos cours sur Internet
Il s’agit donc ici d’une forme particulièrement complexe d’intervention éducative qui touche à la fois le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Plus encore, il s’agit d’un cheminement personnel, ce qui implique une adaptation au rythme de chaque individu, aux variations dans sa motivation et aux réactions défensives qui surviennent nécessairement en cours de route. Ce sont tous ces défis à la fois que nos programmes d’Auto-développement tentent de relever à travers un outil que chacun peut utiliser de façon autonome. Nous savons déjà, par nos recherches cliniques et nos observations plus détaillées des cheminements individuels, que le programme parvient à agir à ces trois niveaux. Mais il reste une question importante: dans quelle mesure un tel programme permet-il d’établir une relation adéquate entre le client et l’intervenant (le professionnel, l’auteur ou l’outil) ?
L’intervention à distance, surtout lorsqu’elle se fait à travers un programme structuré qu’on suit de façon autonome, soulève de sérieuses questions par rapport à la relation entre le client et ... qui ou quoi ? La personne est-elle en relation avec un livre, un ordinateur, un être invisible et abstrait, un auteur ? Une relation aussi peu tangible est-elle suffisante pour permettre un changement personnel ? Ces questions traduisent bien les défis les plus cruciaux auxquels nous étions confrontés au moment d’entreprendre la création de cet outil.
Raymond Bernatchez, La Presse, 18 décembre 1994
Guide Ressources, Janvier 1995
Nos observations nous laissent croire qu’une véritable relation s’établit entre “le programme” et la personne qui le suit. Chaque utilisateur semble créer un lien personnalisé avec un interlocuteur relativement précis dont la nature varie d’un individu à l’autre. Il peut s’agir d’un être abstrait, de l’auteur, d’un prolongement de la personne qui a recommandé le programme, ou même d’un ordinateur plus ou moins anthropomorphe. Cette relation est définie en grande partie par les projections du client. À cet égard, il s’agit d’un type de lien qui rappelle celui qu’on établirait avec un psychothérapeute au style plutôt passif, malgré le fait que le programme dirige et alimente continuellement la démarche. En somme, nous avons constaté avec satisfaction que le programme était capable d’accompagner vraiment l’utilisateur comme s’il le connaissait personnellement. C’est la version Online qui nous a permis de constater l’intensité de la relation qui s’établit souvent entre le client et “son interlocuteur”. Alors qu’au départ il s’agissait du plus grand défi à relever pour créer un programme de qualité, cette relation est devenue, à l’usage, un de ses atouts importants.
Cette caractéristique supplémentaire de la version Online nous permet d’intervenir rapidement au besoin. Il nous arrive donc d’envoyer un message supplémentaire pour rassurer, soutenir, corriger une compréhension inexacte, inviter à reprendre autrement un exercice, ou résoudre les problèmes techniques réels ou apparents qui s’interposent à l’occasion. La personne bénéficie donc d’une supervision discrète de son cheminement en plus de profiter de la personnalisation qui est déjà inscrite dans la structure même du programme. Nous faisons bien attention de ne pas intervenir lorsque ce n’est pas réellement nécessaire. Certaines inquiétudes sont normales au cours de la démarche et elles trouvent des réponses dans la suite du cheminement. Il est utile qu’elles soient vécues et résolues par la personne et non par une intervention magique d’un être extérieur. Mais lorsque la personne se dirige dans une impasse en s’appuyant sur une vision erronée, nous n’hésitons pas à intervenir pour la guider plus précisément. Nous avons remarqué que ces interventions avaient tendance à créer un besoin. À compter de notre première initiative de ce genre, les personnes sont nettement plus portées à rechercher un dialogue avec le professionnel qui suit leur cheminement. Elles profitent de l’auto-évaluation pour soulever des questions, demander des éclaircissements, apporter des préoccupations parallèles, etc. Ceci peut devenir un problème à la fois par les exigences que ces demandes font peser sur le professionnel et par la diminution apparente de la cohérence interne du programme. Nous avons pris l’habitude d’intervenir le moins possible pendant les jours qui suivent l’intervention supplémentaire. Le programme a fait les preuves de son efficacité et nous voulons limiter les interventions ajoutées qui pourraient en fausser les effets. Nous estimons qu’en modifiant la cohérence interne par l’ajout d’interventions “ad hoc”, nous pourrions avoir un effet nuisible en favorisant une dépendance envers le professionnel au détriment d’une confiance dans les outils et la capacité de les utiliser de façon autonome. |
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La place de l’interaction Ces observations nous ont amenés à préciser la place de l’interaction dans nos programmes d’Auto-développement. Selon les objectifs particuliers de chaque programme, celle-ci doit prendre des formes différentes qui seront en harmonie avec le cheminement nécessaire.
Le programme Savoir Ressentir vise à développer la capacité de ressentir clairement ses sentiments ou émotions et à en tirer les informations importantes pour guider sa vie quotidienne et sa recherche de satisfaction. Il sert donc à développer un groupe d’habiletés relativement intimes: une activité psychique qui se déroule avant tout intérieurement et souvent dans un silence recueilli. Nous parlons de centration. Pour bien ressentir, il est important de se mettre à l’écoute de soi, réceptif à des indices subtils et à des nuances qu’une action intempestive pourrait facilement faire disparaître. L’interaction avec l’environnement est alors limitée au profit d’une action intérieure qui combine l’attention ou l’accueil avec la symbolisation (traduction du ressenti en mots, en images ou en gestes symboliques). Les rapports avec les autres personnes ne sont pas facilement favorables à cette activité; ils jouent le plus souvent un rôle perturbateur en apportant des distractions qui dissimulent l’expérience principale.
C’est le “journal de bord” qui sert d’interlocuteur principal dans ce programme car il est un excellent outil de centration et de symbolisation. Nous l’utilisons de diverses façons, mais toujours en tant qu’interlocuteur passif pour formuler ce qu’on éprouve ou découvre. Cet instrument demeure un fidèle compagnon du début à la fin du programme.
Pour choisir les conditions d’apprentissage nécessaires au succès du programme, nous avons dû répondre à la question suivante: “avec qui ou quoi sommes-nous en interaction dans une expression réussie?” Nous savons bien qu’il s’agit avant tout de personnes, mais cette réponse est insuffisante lorsque vient le temps de définir les exercices pratiques nécessaires à l’acquisition et à la maîtrise des habiletés. Il faut connaître les fonctions ou les rôles que ces personnes auront à jouer par rapport à l’expression désirée. (On peut consulter “L'expression qui épanouit” et les chapitres 2 à 4 de L’Auto-développement.)
Ce destinataire doit aussi être vivant et réagissant; il faut qu’il soit un interlocuteur à cause de la stimulation qu’apporte sa réaction. Cette réaction contribue à provoquer un changement dans l’expérience et à confirmer l’efficacité de l’expression. Il arrive souvent que cet interlocuteur soit également un complice; une personne qui appuie et comprend celle qui s’exprime. Ce rôle repose sur une ressemblance au moins partielle entre la personne qui s’exprime et son interlocuteur. Les amis sont évidemment des partenaires naturels pour assumer cette fonction. L’expression complète suppose également la présence d’un public; plusieurs personnes qui jouent un rôle de témoins plus qu’un rôle d’interlocuteurs. Idéalement, cet auditoire est moins directement impliqué comme destinataire (cible), comme interlocuteur (réagissant) ou comme complice (support). Il est dans une position plus neutre et agit en quelque sorte comme représentant de ce qu’on pourrait appeler “les autres” ou “la société”.
Par sa nature même, un babillard électronique joue facilement le rôle de public. Il représente un lieu où notre expression est nécessairement exposée au regard des autres, de la société. Il nous permet de vivre les mêmes appréhensions et les mêmes difficultés qu’une expression faite devant un groupe relativement anonyme. Mais le babillard offre en plus une variété de personnes visibles (par leur expression) qui peuvent nous ressembler ou non et qui peuvent provoquer chez nous des réactions diverses. Nous pouvons donc y trouver facilement des personnes envers qui nous avons des réactions vives à exprimer (destinataires), des individus dont nous sommes proches (complices) et des interlocuteurs capables de nous répondre. Contrairement aux listes de discussion par courrier électronique, le babillard accumule les messages jusqu’à ce que leur nombre fasse disparaître les plus anciens. La richesse du groupe qui s’offre à nous dans un babillard est donc toujours plus grande que celle de la liste (qui semble disparaître complètement chaque fois que la discussion se calme). Pour un programme que chacun suit au moment de son choix et au rythme qui lui convient, cette permanence des messages représente un avantage de taille. Ces réflexions nous ont amenés à repenser complètement les activités d’apprentissage et les exercices du programme sur l’expression en y ajoutant une utilisation systématique du babillard. Presque chacune des leçons comporte une tâche particulière à faire sur le babillard. C’est la raison pour laquelle la sortie de ce programme a tant tardé: il nous a fallu revoir chaque leçon pour en déterminer le volet babillard et créer les directives appropriées à chaque tâche. C’est aussi cette raison qui nous amène à publier d’abord la version Online de ce programme. En fait, l’importance du babillard nous semble tellement grande que nous prévoyons l’ajouter à la version sur papier (ce qui crée de nouvelles difficultés assez complexes). |
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