Ressources en Développement
Les psychologues humanistes










Le psychologue humaniste: caractéristiques essentielles
Par Jean Garneau , psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 9, No 2: Février 2005


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Table des matières
    Introduction
    Bref rappel historique
    Au centre : la personne humaine
      Les implications principales
    La liberté individuelle
      L’inverse
    La conscience
      La subjectivité
      • Un système d’information
      • Un système d’orientation
      • Un système d’action
      L’inverse
    La satisfaction
      L’épanouissement : but ultime de la vie
      L’inverse
    Conclusion

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Introduction

Les professionnels de Ressources en Développement se définissent comme des psychologues humanistes. Pour beaucoup de nos lecteurs, cette étiquette manque de clarté. Elle évoque vaguement un rapport imprécis avec le respect de certaines valeurs dont ils ne pourraient facilement faire la liste.

Le courant de la psychologie humaniste est lui-même assez mal défini. Il regroupe un grand nombre d’approches plus ou moins structurées et relativement disparates où il n’est pas toujours facile de reconnaître les ressemblances ou les options communes. Il est important par le nombre de professionnels de la psychothérapie qu’il englobe (surtout en Amérique), mais il ne les regroupe pas vraiment. Chaque approche qui en fait partie insiste sur ses caractères distinctifs et néglige le plus souvent d’afficher les dimensions qui la rattachent à cet important courant de pensée. Ce caractère éclaté dissimule l’importance de ce groupe et en complique la promotion.

Dans cet article, je veux contribuer à l’amélioration de la situation en expliquant ce qui, à mes yeux, définit le coeur de la psychologie humaniste, au-delà des différences d’écoles et des techniques particulières. Peut-être pourrai-je par la même occasion apporter un début d’unité et de rigueur dans cet ensemble qui apparaît souvent informe.

Bref rappel historique

Le courant humaniste plonge ses racines aussi loin que la Grèce antique et la Renaissance, mais il a pris forme en psychologie aux environs de 1960 sous l’influence d’Abraham Maslow, James Bugental, Rollo May, Carl Rogers et plusieurs autres psychologues renommés. L’American Association for Humanistic Psychology a été créée dès 1961 dans le but de promouvoir cette option en psychologie.

Au départ, il s’agissait avant tout de replacer la personne humaine au centre de la recherche en psychologie. S’opposant à la fois au mécanicisme behavioriste qui refusait d’inclure la conscience parce qu’elle n’était pas mesurable et en même temps au déterminisme réductionniste de la psychanalyse classique, la “troisième force” soutenait que la conscience, la subjectivité, les valeurs et la liberté étaient au centre de ce qui constitue une personne humaine.

Forte de ses origines dans les milieux universitaires, la nouvelle association s’engageait à développer des méthodes de recherche capables d’intégrer et d’étudier la subjectivité en psychologie scientifique. Elle voulait notamment rendre accessible aux chercheurs des dimensions humaines échappant à la méthode expérimentale de l’époque comme la conscience, la créativité, l’interaction corps-esprit, l’augmentation de la conscience, de la liberté, de la responsabilité, etc.

La psychologie humaniste est rapidement devenue une force importante dont l’influence s’étendait, durait les années 1970 et 1980, dans plusieurs domaines de la société américaine. En devenant ainsi un mouvement, elle a accueilli un grand nombre de regroupements en tous genres, notamment en psychologie transpersonnelle, en croissance personnelle, en santé holistique, en écologie, etc.

Dans cet article, je vais m’en tenir à la définition de la psychologie humaniste en tant que courant de pensée majeur en psychologie scientifique et clinique. Les lecteurs qui veulent en savoir davantage sur le mouvement dans son ensemble peuvent consulter le site de l’Association For Humanistic Psychology à http://ahpweb.org

Au centre : la personne humaine

Comme son nom le laisse entendre, la psychologie humaniste fait de la personne humaine le coeur de son champ d’intérêt. Cela peut paraître redondant, mais si on examine l’ensemble de la psychologie contemporaine, on constate que c’est souvent la maladie, la méthode de traitement, le psychothérapeute ou même la chimie du cerveau et les gènes qui occupent la place principale. Parler de psychologie humaniste n’a rien d’anodin ou de redondant ; cette option est lourde d’implications et de conséquences.


    Les implications principales
    Lorsqu’on accorde à la personne la place centrale en psychologie, on doit nécessairement s’interroger sur la liberté de l’individu. En psychologie humaniste, on reconnaît l’importance des choix individuels pour influencer le comportement de chaque personne. On considère que les automatismes et les forces inconscientes qui déterminent parfois nos actions peuvent être contrecarrés ou orientés par des choix conscients.

    La conscience est également une caractéristique fondamentale des humains. La psychologie humaniste considère que cette conscience, alliée à la liberté, peut avoir une influence supérieure à celle des automatismes ou des traits dont nous héritons par nos gênes. Ces derniers ont leur importance, mais les psychologue humanistes considèrent que la conscience de soi exerce une influence plus profonde et plus large sur l’existence de chaque individu.

    La personne humaine est vivante. À ce titre, son objectif les plus fondamental est son propre épanouissement aussi complet que possible, l’expression complète de sa vitalité. L’existence d’une personne ne saurait être sacrifiée à une cause, à une idéologie ou à une religion sans se dégrader profondément.
La psychologie humaniste est donc avant tout une vision philosophique, un courant de pensée, une façon générale de voir les choses. Elle englobe nécessairement une compréhension du but de la vie, une définition de la santé mentale ainsi qu’une conception des rapports entre la personne et son environnement.

Il s’agit essentiellement d’une option. On peut adopter cette perspective sur la psychologie et sur la vie, mais d’autres choix sont possibles et tout aussi valables. Dans mon esprit, il ne s’agit pas d’une école, ni d’un mouvement. C’est plutôt un point de vue sur la vie et la réalité ; un point de vue que j’adopte parce qu’il rejoint mon expérience et parce qu’il aide à concrétiser mes valeurs, mes objectifs et le sens que je veux donner à ma vie.

En choisissant de m’identifier comme psychologue humaniste, je fais connaître ce qui a le plus d’importance à mes yeux et la façon dont j’aborde les questions pour lesquelles on me consulte. Cela me définit et me limite tout en augmentant le pouvoir de mes clients sur leur cheminement. Parce qu’ils savent à quoi s’attendre, ceux-ci peuvent savoir à l’avance si mon orientation correspond à ce qu’ils souhaitent. Ils sont en mesure de décider si mon intervention pourra les aider à atteindre leurs buts. C’est pour ça qu’il me semble important de l’affirmer clairement.

Des explications plus détaillées sont nécessaires pour bien saisir les implications de cette option. Je vais les regrouper en fonction des trois implications fondamentales que j’ai énoncées plus haut.

La liberté individuelle

Par définition, la psychologie humaniste englobe et respecte la liberté de chaque individu telle qu’elle se manifeste dans ses choix réels. Ce respect s’applique non seulement à la compréhension du fonctionnement humain, mais aussi et surtout à l’intervention psychologique. Nous considérons que chaque personne est capable de faire, pour elle-même, des choix éclairés et efficaces.

givre créateurCeci n’implique pas que ses choix seront nécessairement parfaits et toujours judicieux. Rien ne garantit que la personne atteindra chaque fois les buts qu’elle s’est fixés et il est certain que certains choix ne seront pas conformes à ceux que son environnement souhaiterait qu’elle fasse. La liberté n’est pas une garantie de succès ; elle est une capacité soumise à la qualité de notre compréhension de la situation, à la justesse de nos prédictions et aux obstacles imprévisibles qui peuvent survenir à tout moment. La seule garantie que nous procure la liberté, c’est celle d’être responsables de nos choix et de leurs conséquences, pour le meilleur comme pour le pire. Nous avons le mérite de nos succès comme la responsabilité de nos insuccès. (Pour une explication plus élaborée de ces questions, voir Chapitre VII : Implications existentielles dans “L'Auto-développement psychothérapie dans la vie quotidienne".

Malgré ces limites inévitable, le psychologue humaniste considère que la personne est capable de choisir ses buts ainsi que les moyens à mettre en oeuvre pour les atteindre. Il ajoute qu’elle est capable de se changer elle-même en fonction des buts qu’elle a choisis. La personne étant vivante, elle est nécessairement changeante ; le mouvement est inhérent à sa nature fondamentale et elle peut agir sur l’orientation, la force et le rythme de ce changement.

Enfin, par l’accumulation de tous ces choix et de tout ce changement, chacun est forcément unique. Tout au long de sa vie, il se définit par les choix qu’il fait et par les buts qu’il poursuit. Il se distingue de plus en plus de tous ceux qui l’entourent même s’il partage la même culture et le même milieu, même s’il subit en grande partie les mêmes influences. Il s’individualise par les choix qu’il fait dans son adaptation à ce contexte commun.


    L’inverse
Une bonne façon de vérifier notre compréhension d’un concept est de tenter d’en définir le contraire. Voici quelles seraient les opinions complètement opposées à celles du psychologue humaniste.

Les buts de la personne seraient déterminés par quelqu’un d’autre (comme ses parents) ou par un facteur indépendant de sa volonté (comme son hérédité ou la société). Les méthodes d’intervention du psychologue provoqueraient le changement désiré (par le psychothérapeute, la société ou les parents) indépendamment des préférences de l’individu et même sans qu’il en soit conscient. Les conséquences de ces décisions et de ces interventions seraient entièrement assumées par l’extérieur qui retirerait tout le mérite pour les succès et serait seul responsable de remédier aux échecs.

La conscience

Pour un humaniste, la compréhension du fonctionnement humain et l’intervention psychologique s’appuient sur la capacité de chaque individu d’être conscient de ce qui se passe en lui et dans son environnement. Pour être efficace, cette conscience doit se servir de certains outils qui font partie des capacités fondamentales de chaque être humain. Voici quels sont les principaux outils de la conscience.


    La subjectivité
subjectifL’exercice de la liberté doit s’appuyer sur une connaissance suffisante de soi-même et de son environnement. Dans l’esprit du psychologue humaniste, cette connaissance est en grande partie subjective. On peut même dire que ses aspects les plus importants pour la vie quotidienne sont subjectifs pour la plupart. Ils sont à la fois le reflet de l’individu unique qui les perçoit et des réalités extérieures ou objectives sur lesquelles il porte son attention.


    Un système d’information
Même si elle est largement subjective, la connaissance n’est pas une simple projection de son univers intérieur. Elle s’appuie sur un système qui sert à recueillir et à traiter l’information sur soi-même et sur l’environnement.

Les cinq sens servent à recueillir les données brutes à partir desquels nous construisons notre connaissance. Des points lumineux, des ondes sonores, des sensations tactiles à la surface et à l’intérieur du corps, des sensations dans notre bouche ou notre nez servent à nous informer sur notre situation de chaque moment. Nos sens nous trompent rarement, mais ils nous fournissent une information qui reste encore inutile parce qu’elle manque d’organisation.

En interprétant ces sensations fondamentales, nous leur donnons un sens. Les points lumineux deviennent des objets dans l’espace, les ondes sonores deviennent des sons, des mots ou des bruits, la combinaison d’un certain nombre de sensations devient une émotion. Tout ça grâce à cette interprétation des sensations qu’on appelle la perception. L’information de nos sens devient alors utilisable même si elle est déjà teintée de subjectivité. Notre interprétation est donc loin d’être infaillible, mais elle est nécessaire à toute décision. C’est un fait dont les illusionnistes se servent pour nous faire “voir” des faits que nous savons impossibles.

Les humains ont également la capacité de créer des concepts. En regroupant des faits qui présentent certaines similarités, nous créons des abstractions que nous pouvons utiliser comme des perceptions plus globales. Nous pouvons nous en servir pour organiser notre compréhension de la réalité qui nous entoure ainsi que notre compréhension de nous-même. Il s’agit de synthèses à partir desquelles nous pouvons faire des déductions afin d’avoir accès à des informations qui nous sont inaccessibles. Comme ces abstractions et les conclusions que nous en tirons sont notre propre création, elles peuvent facilement être le reflet de nos besoins ou de nos conflits autant que de la réalité elle-même. La connaissance qu’elles nous procurent est considérable, mais il est souvent difficile d’y distinguer la part de subjectivité.

    Un système d’orientation
Notre système d’orientation est celui qui nous sert à exercer notre liberté en faisant des choix d’objectifs. Il s’appuie sur les informations que nous procure notre système d’information. L’information est nécessaire pour éclairer notre liberté en nous indiquant quelle est notre situation mais elle resterait relativement inutile si nous ne faisions pas des choix pour corriger les déséquilibres qui surviennent et choisir les cibles de notre action.

orientationLes humains ont non seulement la capacité de choisir entre plusieurs buts possibles et entre plusieurs façons de les atteindre, ils ont en plus la possibilité de choisir des buts qui échappent à leurs sens, des buts abstraits. C’est ce qui leur permet d’avoir des objectifs à long terme en plus de leurs buts immédiats. C’est également ce système d’orientation capable de traiter des concepts abstraits qui leur permet de définir des priorités établissant une hiérarchie entre plusieurs buts différents. C’est la même capacité qui leur permet de définir et de choisir un type de priorités bien particulier qu’on appelle des valeurs.

Comme il s’appuie sur une information subjective ainsi que des choix libres, notre système d’orientation ne peut être infaillible. Nous pouvons nous tromper dans notre perception, dans nos déductions, dans nos buts, dans nos priorités et même dans la définition de nos valeurs. Rien ne nous garantit que nos choix seront justes ou que nos valeurs seront réellement applicables. C’est pourquoi il est important de rester vigilants quant à la valeur des choix que nous faisons et de toujours nous réserver le droit de les changer pour tenir compte des nouvelles informations que nos actes nous apportent.

    Un système d’action
Notre liberté serait inutile si nous n’avions pas les moyens de transformer nos choix en actions réelles agissant sur nous-mêmes et sur notre environnement. Chaque humain possède les outils nécessaires à cette concrétisation de sa liberté ; il est capable de se changer lui-même et de changer sa situation à partir des directions qu’il choisit.

Nous pouvons agir sur ce que nous ressentons à travers la symbolisation. En traduisant ce que nous éprouvons en mots, en gestes et en images, nous donnons à notre expérience intérieure la possibilité de prendre forme et d’exister à nos propres yeux. En cherchant à mieux cerner l’expérience ainsi dévoilée, nous lui permettons d’évoluer, nous l’aidons à changer.

Nous pouvons aussi agir sur ce que nous sommes par l’action expressive. La symbolisation et l’expression pleinement assumée sont en effet nos outils fondamentaux pour changer notre expérience et notre identité. Une expression complète et exacte en contact avec les interlocuteurs pertinents permet de changer ce que nous éprouvons dans une situation et ce que nous vivrons par la suite dans les autres situations du même genre. (Voir à ce sujet “L’expression qui épanouit” par Gaëtane La Plante.)

L’expression et la symbolisation permettent aussi d’agir sur notre environnement et d’y introduire des changements. Mais sans la motricité, les effets de nos actions seraient très limités. Nous agissons sur l’univers qui nous entoure par nos actions ou à travers celles des autres. Le fait de pouvoir nous déplacer dans l’espace nous procure des capacités considérables (comparativement à celles d’une plante par exemple). Mais c’est la capacité d’agir en fonction d’un but que nous avons choisi à partir d’une interprétation de la réalité qui constitue notre outil le plus puissant.

Enfin, nos mécanismes d’action doivent inclure la capacité de réajuster notre action et nos choix à la lumière des résultats que nous obtenons. Cette dimension est un complément essentiel de notre liberté ; ayant la capacité de faire des erreurs, nous avons besoin des outils nécessaires pour constater et corriger nos décisions erronées ou les moyens inefficaces que nous avons choisi pour atteindre nos objectifs.

La psychologie humaniste englobe l’ensemble de ces dimensions dans la place qu’elle accorde à la conscience que l’individu peut avoir de lui-même et de son environnement. La subjectivité est donc beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire à première vue. Il s’agit d’une forme de connaissance et d’action orientée, enracinée dans la personne à travers son équipement physique et psychique.

    L’inverse
La position inverse nous présenterait un individu qui agirait en fonction d’automatismes dont il n’est pas conscient et par rapport auxquels il n’a aucune choix réel. Cette personne pourrait facilement être manipulée par son environnement dans la mesure où celui-ci connaîtrait les mécanismes à mobiliser. Toutes les formes de publicité et de propagande s’accommoderaient volontiers d’une telle situation car il ne serait plus nécessaire de tenir compte de la liberté individuelle.

À la limite, la position inverse considérerait la personne humaine comme un animal domestique à dresser pour qu’il se comporte comme on le désire. La connaissance des mécanismes hérités génétiquement (réflexes et réactions instinctives), la maîtrise des mécanismes éducatifs (dressage) et l’accès au pouvoir social de ceux qui sont capables de prendre des décisions applicables à tous (big brother) permettraient alors de créer une société qui correspondrait exactement à ce qu’on désire et de considérer les individus qui en feraient partie comme interchangeables. (Voir à ce sujet le magnifique petit livre de Ayn Rand intitulé “Anthem”.)

La satisfaction

Toute compréhension de la personne et de la vie fait référence au moins implicitement au but fondamental qu’on attribue à l’existence humaine. C’est une question essentielle et la réponse détermine un grand nombre de décisions, particulièrement les valeurs et les priorités.


    L’épanouissement : but ultime de la vie


La psychologie humaniste accorde une place centrale à la “tendance actualisante”. Cette tendance innée commune à tous les organismes vivants pousse ceux-ci à protéger leur vie lorsqu’elle est menacée et à s’épanouir au maximum lorsque les conditions sont favorables. Cette tendance agit automatiquement (comme un réflexe ou un instinct) mais elle peut parfois être contrecarrée par un choix délibéré. Les formes que prend l’épanouissement dépendent de l’espèce à laquelle appartient chaque être vivant.

Chez les humains, la tendance actualisante nous pousse à devenir la meilleure version de ce que nous pouvons être, compte tenu de nos capacités et de nos limites. Elle nous entraîne à le faire en développant au maximum nos ressources physiques, mentales et psychiques. Elle reste soumise à notre liberté en ce sens que nous choisissons les domaines que nous privilégions dans notre recherche d’épanouissement, mais elle oriente nos efforts vers une recherche de qualité.

repousser les limitesIl faut bien comprendre que ce n’est pas l’idée d’un épanouissement qui sert de motivation. La croissance est éprouvée comme une satisfaction plus importante que la plupart des autres. On peut en avoir un aperçu en pensant au jeune enfant qui commence à marcher ; c’est porté par un besoin impérieux qu’il prend le risque de marcher et son enthousiasme devant les succès même partiels ne fait pas de doute. De même, le fait d’échapper à un danger imminent est éprouvé comme une satisfaction intense qui permet d’oublier temporairement les efforts ou les blessures nécessaires pour y parvenir. La tendance actualisante est éprouvée comme un besoin important et son exercice réussi est ressenti comme une satisfaction majeure.

C’est parce que nous sommes capables de croissance, d’apprentissage et d’exploration que nous pouvons exploiter au maximum les possibilités de notre désir d’épanouissement. La croissance nous permet d’atteindre le format (physique et mental) qui correspond à notre espèce et à notre race. L’apprentissage nous permet de dépasser les limites de l’expérience immédiate pour nous développer en tenant compte de ce que nous avons déjà vécu et de ce que d’autres nous ont fait connaître de leur expérience. L’exploration nous permet d’aller à la rencontre des êtres, des objets et des événements qui sont à distance afin d’enrichir notre compréhension de l’univers dans lequel nous vivons.

Tout ceci nous pousse à créer sans cesse de nouvelles solutions pour répondre à nos besoins en tenant compte de nos capacités et de nos limites ainsi que des ressources et contraintes que présente notre environnement. Nous recréons continuellement notre identité et nos capacités en cherchant à mieux atteindre nos objectifs, nous recréons notre univers en agissant sur notre environnement, en inventant des outils pour augmenter nos capacités et en agissant sur les autres personnes qui composent les divers réseaux dont nous faisons partie. Cette interminable création de solutions originales nous amène nécessairement à devenir de plus en plus uniques, au centre d’une existence irremplaçable.


    L’inverse
La position inverse supposerait qu’on sacrifie la personne à une valeur qui lui soit supérieure. La recherche d’épanouissement de l’individu ne peut être suspendue qu’en décidant de promouvoir une valeur à un rang plus élevé. Les humains sont capables de créer des symboles et de leur attribuer plus ou moins arbitrairement une valeur. Ils peuvent choisir un être suprême (dieu), un être collectif (le bien commun), une réalité qu’ils ont créée (les normes d’un groupe) ou même une personne réelle (celle qui détient un pouvoir de coercition) pour jouer ce rôle déterminant.

Le point de vue exactement opposé à celui de la psychologie humaniste proposerait que la personne s’adapte et se conforme aux règles implicites ou explicites de son milieu. Il proposerait aussi qu’elle sacrifie son existence en fonction d’un au-delà, d’une cause ou d’un leader puissant.

Conclusion

La psychologie humaniste propose donc une vision particulière de la vie, de la personne humaine, de ses rapports avec son environnement ainsi que de la santé mentale. De cette option découlent à la fois les buts de toute démarche de psychothérapie et les caractéristiques essentielles des moyens qu’on y utilise.

À travers les articles et les outils qu’il propose, le site redpsy.com est un bon exemple de la façon dont cette option peut se concrétiser. Partout on peut y déceler le respect de la personne humaine en tant qu’être libre capable de choisir, en tant qu’être conscient capable de comprendre sa réalité et d’agir en fonction de sa compréhension, en tant qu’être vivant qui vise avant tout à s’épanouir autant que le permettent ses capacités et sa situation. Un regard plus approfondi sur ce site et les publications qui l’accompagnent permet de voir que le respect des personnes ne s’applique pas seulement lorsque tout va pour le mieux. La façon dont nous traitons des divers problèmes psychiques et interpersonnels illustre bien comment leur résolution peut, elle aussi, se faire en respectant la personne comme être vivant, conscient, responsable et autonome.





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