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L'enfer insomniaque:
comment en sortir vivant ?


Par Gaëtane La Plante , psychologue


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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?


Question: L’insomnie comme symptôme de l’angoisse existentielle de la mort.

J’ai 19 ans, je sais que mon insomnie a pour source un problème d’orientation scolaire, mais aussi une angoisse par rapport à la maladie et à la mort. Je suis confiant dans la possibilité de résoudre mon problème d’orientation, mais en ce qui concerne l’angoisse métaphysique autour de la mort je ne vois pas de solution. Qu’en pensez-vous?

Réponse

Je crois qu’un problème d’orientation (parce qu’il implique de trouver un sens à sa vie) n’est pas sans parenté avec un problème existentiel autour de la mort. Le refus de la mort est habituellement relié “à un refus de faire le bilan de sa vie, de peur de devoir constater, que c’est la mort qui domine ce bilan. Autrement dit, la mort ne conduit au désespoir (ou à l’angoisse) que lorsqu’elle termine une vie qui n’a jamais été vécue réellement, une vie perdue à jamais” (cf. L’auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne).

Mais à 19 ans, la vie commence à peine. On a encore beaucoup de temps devant soi pour se donner une vie vraiment satisfaisante, en accord le plus possible avec ses propres valeurs et ses aspirations. Ainsi, on a la possibilité de diminuer l’emprise de l’angoisse de la mort.

Il faut ici composer avec le paradoxe mort/vie. En effet, ce qui donne sa valeur à la vie, c’est en partie le fait que la mort existe. Qui n’a pas observé dans son entourage, la réaction la plus fréquente d’une personne qui vient de recevoir un diagnostique sévère? C’est l’occasion pour la plupart de faire un bilan de leur vie, et d’établir des priorités en choisissant à quoi ils veulent accorder vraiment le plus d’importance.

Dans dans le chapitre sur les implications existentielles du volume cité plus haut, les auteurs offrent une réflexion de même qu’une façon intéressante de confronter ces réalités angoissantes dont la mort, la solitude, la finitude, la liberté. Pour plus d’information sur ce volume ou pour le commander, voyez http://www.redpsy.com/editions/ad.html

Je me permets de terminer en citant un résumé de la pensée de ces auteurs sur le problème existentiel de la mort. Cet extrait est tiré du volume cité à la page 265.

    “Je suis vivant, je n’ai qu’une seule vie qui se terminera infailliblement par ma mort. Rien pour moi n’est aussi important et précieux que cette seule vie qui est la mienne, que cette unique chance que j’ai de vivre une fois pour toutes. Plus je suis complètement vivant, plus je profite de ces quelques années dont je dispose, plus ma mort devient acceptable même si par ailleurs elle est en quelque sorte plus tragique. Ce qui m’importe par-dessus tout c’est de rechercher et de poursuivre ma satisfaction; seule l’accumulation de satisfactions importantes pour moi peut me laisser serein devant ma mort. Tout ce qui n’est pas poursuivre ma satisfaction est un obstacle à la valeur de ma vie ou même à un seul de ces moments; rien n’est assez important pour que j’y sacrifie ma satisfaction personnelle ou la mobilité qui me permet de l’atteindre. Le fait d’accepter que ma mort est inévitable et imprévisible m’encourage à chercher dès maintenant et à chaque moment à vivre davantage, à exploiter chaque instant comme unique et précieux.”


Question: L’insomnie quotidienne cyclique

Après avoir lu votre article, je ne me reconnais pas dans les divers types d’insomnie que vous décrivez. Mon insomnie ne semble pas d’origine psychologique. Voici comment ça se passe: Je n’ai aucune difficulté à m’endormir, mais je me réveille presque toutes les nuits vers 3 ou 4 heures et j’ai beaucoup de difficultés à me rendormir. Je n’ai pas de préoccupations particulières lorsque je me réveille. Par ailleurs, lorsqu’il est temps de partir pour le travail, le sommeil me revient.

Réponse

Si le sommeil n’a pas de difficulté à s’imposer en début de nuit, c’est possiblement que l’état de fatigue physique est bien grande et permet l’état de détente nécessaire au sommeil. Mais, ce n’est pas parce que la préoccupation psychologique n’est pas présente au début qu’elle n’existe pas. Les problématiques anciennes ont la particularité d’être confuses, ayant été souvent oubliées et refoulées, elles perdent un peu de leur caractère original et sont de là parfois difficiles à reconnaître.

N’est-il pas étonnant cependant ici qu’à l’heure où c’est le temps de se reposer c’est l’éveil qui se manifeste? Et au moment d’aller travailler c’est le goût du sommeil qui revient. Il est normal qu’après une nuit perturbée, la fatigue se fasse ressentir au matin. N’y a t-il pas lieu cependant de regarder pourquoi l’idée du retour au travail suscite-t-elle le besoin de dormir? Il serait peut-être utile d’examiner de plus près s’il n’y a pas au travail certains problèmes importants qui sont laissés dans l’ombre?

Une fois cet examen minutieux réalisé, il serait possible d’examiner également si ce réveil n’est pas occasionné tout simplement par la tension que crée justement cette peur de se réveiller au milieu de la nuit?

Tel que je le décris dans mon article, la simple peur de ne pas dormir est suffisante pour créer à elle seule l’état de tension crontraire à l’état de détente nécessaire pour avoir accès au sommeil. Une fois ce problème identifié, il serait alors possible de briser ce cycle de réveil en ne s’y acharnant pas à tout prix à vouloir dormir. Il sera plus à propos alors de s’occuper à une activité calmante ( telle, lecture ou télé. ) pour recréer l’état de détente nécessaire au sommeil.

Ce moyen sera efficace cependant seulement si il ne se cache pas de problématique importante à l’origine de ces moments d’insomnie.


Question: L'hygiène du sommeil pour résoudre l'insomnie

Votre article aborde l'insomnie de façon bien différente de ce que l'on entend et lit dans les revues et journaux à l'heure actuelle. Ces articles accordent de l'importance surtout aux conditions physiques pouvant influencer la qualité du sommeil. Mais vous n'en parlez pas du tout. Pourquoi? J'aimerais avoir votre opinion à ce sujet.

Réponse

Précisons d'abord ce que l'on entend par « l'hygiène du sommeil ».

Ce terme réfère habituellement à l'ensemble des conditions qui favorisent une bonne qualité de sommeil. Par exemple, un horaire de coucher stable, une chambre paisible et fraîche. Il y a aussi la digestion qui peut avoir un impact important sur le sommeil. Ainsi une nourriture trop riche ou épicée, des boissons alcoolisées en trop grande quantité ou des excitants comme le café risquent de perturber le sommeil. Des activités physiques ou intellectuelles trop stimulantes peuvent également empêcher d'atteindre le calme nécessaire au sommeil.

Ce n'est pas parce qu'on a occasionnellement de la difficulté à dormir à cause de l'un ou l'autre de ces facteurs qu'on a un vrai problème d'insomnie. Mais si on tente de résoudre un véritable problème d'insomnie en s'attardant uniquement à corriger ces conditions, on fait fausse route, car c'est s'attaquer au symptôme (l'insomnie) comme si c'était le problème réel.

Cette approche ne permet pas de découvrir la source du problème. Elle ne peut aider vraiment à le résoudre.

A mes yeux, il est insensé de chercher à résoudre un vrai problème d'insomnie en s'arrêtant simplement aux conditions d'hygiène du sommeil. C'est comme si on tentait de résoudre un problème d'anorexie uniquement en corrigeant la diète. Bien sûr, une saine diète est importante pour conserver sa santé, tout comme de saines habitudes peuvent favoriser la qualité du sommeil.

Cependant, lorsque nous avons un problème important comme l'insomnie ou l'anorexie, il faut aller voir plus loin. Il est essentiel de s'attaquer au problème affectif sous-jacent pour arriver à rétablir l'équilibre.


Question: Après avoir identifié la cause de mon insomnie

J'ai essayé votre méthode et je crois avoir trouvé la source de mon problème. Je crois que mon insomnie est causée par le fait que je suis très insatisfait de ma vie de couple. Cependant, je ne suis pas prêt à envisager un divorce. C'est vraiment impensable pour moi à ce moment-ci! Que faire alors?

Réponse

D'abord, ce n'est pas parce qu'on a identifié la "zone" du problème (le travail ou la vie de couple), qu'on voit clairement le problème. Même à l'intérieur de cette partie de notre vie, nous pourrions identifier plusieurs problèmes différents et complexes.

Pour avancer dans la résolution du problème il est essentiel de préciser ce qui me rend aussi insatisfait dans cette dimension de ma vie. Il faut donc être capable de nommer les aspects dont je ne suis pas satisfaits. Est-ce le partage des tâches, l'argent, la responsabilité des enfants, la répartition du pouvoir, ...?

Mais en plus d'identifier les aspects qui sont problématiques, il est bien important de préciser mon expérience émotive du point de vue de mes besoins, en termes de manques. Ça peut exiger un cheminement passablement long et complexe.
    Comment faire?
La démarche que je propose ici rejoint les étapes du processus naturel de croissance. Pour une illustration de ce processus, voir http://www.redpsy.com/livre.html#boucle ou le texte "A quoi servent les émotions?"

D'abord, il faut m'arrêter davantage à ces insatisfactions afin d'avoir une idée plus claire de ce qu'elles cachent. Pour ça je dois:
  1. Être à l'écoute des émotions sous-jacentes à mes insatisfactions. Quelles sont-elles? Suis-je habitée par des sentiments de colère, de tristesse ou d'impuissance? Lequel prend le plus d'importance?
  2. Après avoir identifié et mesuré l'importance de mes sentiments, il faut me poser la question : "Qu'est-ce qui me met autant en colère? Me rend si triste ou si impuissante?"
La réponse aux questions précédentes réfère habituellement à des manques, à des attentes et des besoins non comblés. Comme par exemple: "Je ne me sens pas comprise par mon conjoint. Je crains de ne pas être aussi importante que j'aimerais l'être pour lui. Je me sens dominée par lui et incapable d'affirmer mes choix et mes besoins."

Nommer mon expérience de façon aussi précise me permet par la suite de mieux comprendre quels sont mes besoins insatisfaits et comment faire pour y répondre.
    Comment résoudre le problème une fois qu'il est bien clarifié?
Une des façons les plus efficaces pour résoudre ce type de problème, c'est par le moyen de l'expression directe. Une fois familiarisée avec ma propre expérience, il s'agit d'en faire part à mon conjoint. Je cherche à lui faire connaître mes émotions et mes besoins, de la façon la plus juste possible. Il s'agit de bien lui communiquer le contenu et l'intensité de mes émotions et de mes besoins. En somme, il s'agit de lui faire savoir comment telle façon de faire m'irrite, comment ça ne répond pas à mes besoins et comment j'aimerais que ça se passe entre nous.

Une telle démarche n'a rien de magique! Il ne suffit pas de 'dire' pour que mon conjoint réponde à mes attentes. En fait, ce qui se passe est tout autre. Ma démarche expressive est déjà une façon de prendre moi-même mes besoins en charge. Exprimer mon besoin d'être importante, c'est déjà une façon de me donner moi-même cette place que j'attends habituellement de lui.

La plupart du temps, j'ai besoin de répéter cet effort d'expression à plusieurs reprises pour arriver à exprimer toutes les nuances et les volets de mon expérience. Ça implique aussi de m'assumer pleinement dans chacun des volets de mes diverses expériences. Le simple fait de chercher à y arriver de plus en plus, n'est pas une démarche simple et banale.

C'est une démarche difficile et il peut être nécessaire de consulter un spécialiste pour réussir. Cette consultation pourra se faire seul ou en couple, selon le problème et selon l'intérêt de chacun des conjoints.


Question: Les exercices de relaxation

Vous parlez très brièvement des techniques de relaxation dans votre article. Pourriez-vous en décrire quelques-unes et indiquer comment on peut s'en servir pour trouver les vraies causes de notre insomnie?

Réponse

Pour entreprendre la démarche de résolution proposée dans mon article sur l'insomnie, il est essentiel d'être calme et détendu. C'est ce qui nous permet d'avoir accès à nos ressources affectives et intellectuelles à la fois. On est condamné à l'échec si on tente cette démarche au moment où on est déjà envahi par l'angoisse ou la peur de ne pas dormir.

Il est cependant possible d'augmenter cet état de calme et de bien-être par certains exercices de relaxation. Deux techniques sont assez bien connues: la méthode Jacobson et le Training autogène. Voici un aperçu de chacune.

  1. La méthode Jacobson

      a) On commence par s'étendre sur le dos, dans un endroit calme, aéré et confortable.

      b) On concentre son attention sur un groupe de muscles qu'il est facile de contrôler volontairement (par exemple les muscles de l'avant-bras).

      c) On contracte ce groupe de muscles au maximum pendant 6 à 10 secondes, puis on le détend en se concentrant sur la sensation du relâchement.

      d) On reprend les étapes b) et c) pour chaque groupe de muscles jusqu'à ce qu'on ait couvert l'ensemble de notre corps.

  2. Le Training autogène

    Cette technique utilise surtout les sensations de lourdeur et de chaleur pour créer la détente. Ici encore, il s'agit de faire le tour du corps en répétant une série d'exercices pour chaque point choisi. Il s'agit de cinq exercices courts d'auto-suggestions.

    1. Mon bras est lourd...
    2. Mon bras est chaud...
    3. Mon coeur bat doucement et bien...
    4. Je respire calmement et bien...
    5. Mon plexus solaire est chaud...
On doit accomplir ces exercices 3 à 4 fois par jour dans un contexte calme et paisible.

Comprenez bien que je ne suggère pas ce type d'exercice dans le but de faire disparaître le symptôme d'insomnie. C'est seulement dans le but de créer la disponibilité intérieure qui permettra d'avoir accès à la source réelle de l'insomnie. Une fois cette disponibilité atteinte, il s'agit de se mettre à la recherche du vrai problème en suivant la démarche suggérée à la fin de mon article.


Question: L'insomnie comme symptôme d'un choix imposé

Je suis globalement d'accord avec votre façon d'aborder le traitement des problèmes d'insomnie. Je souffre régulièrement d'insomnie et je sais que la cause en est le travail qui m'a été imposé et que je n'accepte pas. Cependant il est trop tard pour changer quoi que ce soit et je devrai vivre avec toute ma vie. Comment puis-je arriver à mieux vivre ces choix et faire en sorte que mon insomnie disparaisse?

Réponse

Subir un choix de cette nature crée nécessairement une source de tensions importantes qui cherche à s'exprimer par différents symptômes. Mais "subir" n'est jamais un choix sain et il est important que ça le devienne.

Devant toute situation nous avons la possibilité de "fuir ou de combattre". Face à une situation de travail pénible, il est toujours possible de la fuir. Mais ce qui rend habituellement ces choix difficiles c'est le fait d'avoir à assumer les pertes matérielles qui vont avec ces choix. Ce qui est souvent le cas dans les emplois syndiqués. Ce qui implique par exemple que dans la situation où je quitte un emploi après vingt ans de service, j'accepte de perdre les bénéfices d'une pension de retraite considérable. Perdre de tels avantages, c'est souvent un choix pénible à faire. Mais c'est tout de même un choix envisageable si les nouvelles exigences du travail sont carrément inacceptables! Ne pas fuir peut donc devenir un choix de rester, parce que dans ce cas la personne évalue que les gains à rester sont encore plus grands que ceux à partir.

Une fois assumé le choix de RESTER, il devient important de trouver une façon de mieux vivre ce choix.

En ce qui concerne les changements imposés dans le milieu de travail, il est bien important dans une circonstance comme celle-là de se donner la possibilité d'intégrer les pertes liées au changement. Perdre des collègues de travail agréables et stimulants, perdre la valorisation attachée à certaines tâches sont autant de deuils à faire. Ça mérite de prendre le temps de digérer ces pertes en se permettant de vivre les émotions en cause comme la colère, la peine, la dépression, tout comme dans un processus de deuil.

C'est dans ce cheminement qu'il sera possible de se détacher du contexte de travail passé pour s'ouvrir aux bons côtés du nouveau travail ou des nouvelles conditions de travail.

J'ai été témoin à plusieurs reprises de personnes pour qui au moment où ils apprennent la perte d'un travail c'est la catastrophe! Mais après un cheminement et six mois plus tard ils ne seraient pas prêts à retourner dans l'ancien travail. C'est comme le jeune veuf ou la jeune veuve qui un an ou deux après le déçès de leur amoureux ou amoureuse rencontre à nouveau un nouvel amour. C'est la vie qui continue!

Deux éléments sont importants à retenir, soit:

  1. Il est important de faire de sa nouvelle situation un choix véritable en acceptant qu'il ne soit pas parfait.

  2. Se permettre de vivre le deuil généré par la perte ou les changements liés à l'emploi précédent. Pour y parvenir efficacement il est parfois nécessaire d'avoir l'aide d'un psychothérapeute compétent.


Question: Causes physiques, psychiques ou sociales?

J'ai lu un article qui prétend que la guérison de certaines maladies physiques peut être favorisée par la résolution des conflits psychiques de la personne malade. Qu'en pensez-vous?

Réponse

Il y a longtemps qu'on a découvert l'importance des facteurs psychiques dans certaines maladies physiques. On a développé le concept de maladie psycho-somatique pour désigner les problèmes où les composantes psychiques et physiques sont indissociables. À une époque, on avait même tendance à rechercher les causes psychiques de tous les troubles physiques.

À une autre époque, certaines auteurs cherchaient à tout expliquer par l'influence de la société ou de l'éducation. Plusieurs recherches venaient alors confirmer l'importance de la société dans le développement de diverses maladies.

À l'heure actuelle, la mode est plutôt aux explications physiques. Un grand nombre de recherches signalent des causes physiologiques aux problèmes psychologiques. On identifie des hormones, des structures neurologiques ou même des gênes qui pourraient être les causes de ces problèmes.

Il s'agit de tendances qui se ressemblent et comportent toutes des dangers importants. Il faut comprendre que les organismes vivants en général et les humains en particulier sont des êtres complexes qui fonctionnent de façon unifiée. La distinction entre les forces psychiques, les formes physiologiques et les forces de l'environnement qui agissent sur un individu à un moment particulier est avant tout théorique. Nous distinguons ces dimensions pour essayer de mettre de l'ordre dans notre compréhension de ce qui se passe, mais notre organisme ne s'embarrasse pas de ces séparations artificielles; il fonctionne comme un tout. C'est comme un orchestre symphonique: on peut bien distinguer les cordes et les cuivres, mais il ne s'agit que de vues de l'esprit. La musique est la résultante unifiée de ce que font tous les instruments et de l'interaction entre chacun.

Nous considérons que les trois tendances ci-dessus correspondent à des points de vue et non à des réalités fondamentales. Chacun met une dimension en lumière et apporte avec lui des possibilités d'action particulières. Mais s'il est considéré comme seul facteur ou comme seule explication vraiment importante, il impose aussi des limites artificielles à ce qu'on peut faire.

Il faut noter également que, selon les lois de la statistique, il suffirait de multiplier les études pour en arriver à une "corrélation significative" (un lien scientifiquement acceptable) même lorsqu'il n'y a pas de lien réel. C'est pour cette raison qu'on donne toujours les résultats des sondages scientifiques avec des explications qui ressemblent à: "la marge d'erreur de ce sondage est de 3% 19 fois sur 20". Cette précaution signifie que, selon les lois statistiques utilisées par cette étude, les résultats d'un sondage sur vingt pourraient être faux sans qu'on puisse le savoir.

Si nous examinons une personne du point de vue des influences qu'elle a subi (société, éducation, famille), nous trouverons toujours des corrélations statistiques pour supporter notre hypothèse de départ. Ces études nous amèneront à identifier des "causes" particulières et nous conduiront à des "solutions" qui y sont reliées. À cause de la façon de poser la question, on découvre des facteurs qui dépendent de l'environnement et on invente des solutions qui s'appuient sur l'éducation ou sur l'organisation de la société.

De même, si on fait des études sur les facteurs neurologiques, les facteurs endocriniens ou la structure génétique, on trouvera forcément des corrélations de ce type. Les solutions seront alors entre les mains des neurologues, ou passeront par la manipulation génétique ou celle des hormones.

Il en va de même avec les explications psychologiques. Elles ne sont ni plus vraies ni plus fausses que les autres. Elles s'appuient sur les même méthodes statistiques et ont des marges d'erreur comparables. Comme les autres, elles nous amènent à envisager des solutions d'un genre particulier: agir sur le fonctionnement psychique.

Mais il existe une différence très importante: le pouvoir que nous pouvons y exercer nous-même.

La plupart du temps, les explications neurologiques, endocriniennes ou génétiques nous obligent à un acte de foi. Nous ne pouvons vraiment comprendre ni la cause ni le remède; il faut s'en remettre à un spécialiste qui décide de quoi nous souffrons et qui est seul à savoir comment y remédier. De même, les explications sociales ont tendance à nous échapper. Même si nous pouvons plus facilement les comprendre et évaluer dans quelle mesure elles nous semblent pertinentes, les solutions ne sont pas entre nos mains. Le gouvernement ou l'école sont les seuls à avoir les moyens d'agir.

Mais dans les cas des explications psychologiques, nous exerçons un pouvoir nettement plus grand. Tous les humains sont un peu spécialistes en psychologie, car ils sont conscients de ce qui se passe en eux. Ils peuvent donc souvent faire la différence entre une explication psychologique plausible ou non. Il leur suffit de se servir de leur intelligence et de leur expérience pour vérifier directement ce qu'on leur explique. Mais ils peuvent en plus contribuer de façon déterminante à la solution. Même lorsqu'ils font appel à un spécialiste, leur contribution active fait habituellement partie du traitement.

La réalité humaine est complexe et il faut se souvenir que les découpages de l'esprit que nous lui appliquons ne changent pas le fait qu'elle fonctionne comme un ensemble où chaque partie est liée à toutes les autres. Mais si nous devons choisir des explications partielles, nous croyons que les explications psychologiques sont les plus avantageuses à cause du pouvoir qu'elles nous donnent sur notre destin.


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    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

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