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Vaincre la migraine sans médicament
Par Michelle Larivey , psychologue

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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?


 
Question: Somatisation vs conversion

J’aimerais savoir en quoi consiste la somatisation et comment elle se distingue d’un symptôme de conversion. Comment faut-il agir avec l’un et l’autre pour les aider à guérir.

Réponse

La personne qui explore notre site peut facilement le constater: nous n'écrivons pas sur les maladies mentales et autres troubles de la personnalité qui sont définis dans le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ou ailleurs. Ce n’est pas un oubli: nous avons plusieurs bonnes raisons de ne pas vouloir le faire et il nous semblerait irresponsable d’agir autrement. Voici en bref les principales raisons...

  • Ces termes, tels qu'ils sont utilisés actuellement, ne sont que descriptifs et n’ont aucune valeur explicative. Ils appliquent un nom à un groupe de symptômes sans fournir quelque information que ce soit sur les causes ou les origines de ces symptômes ou de ces troubles.

  • Ces termes n'apportent rien à la compréhension de ce qui se passe intérieurement chez la personne diagnostiquée. Ils ne touchent que son comportement visible de l’extérieur.

  • Ces termes sont trompeurs car ils semblent plus faciles à appliquer qu'ils ne le sont en réalité. Ils sont très souvent mal utilisés par des personnes n'ayant pas la formation pour en comprendre la portée et les implications. Même certains professionnels de la santé qui ne sons pas spécialistes en santé mentale font régulièrement des erreurs grossières dans l’application de ces termes.

  • Ces termes ont été créés pour l'usage des professionnels du domaine. Ceux qui ont les connaissances nécessaires pour s'en servir adéquatement n'ont pas besoin de nos articles pour savoir de quoi il s’agit. Selon nous, les autres feraient mieux de ne pas essayer de s'en servir.
Nous comprenons les motifs qui amènent plusieurs personnes à vouloir en savoir davantage sur une maladie particulière. Les plus fréquents sont le besoin de comprendre ce qui se passe, la recherche d’une solution appropriée, la recherche d’une façon de s’adapter à la maladie d’un proche et le désir de savoir s’il y a un espoir de guérison. Il y a aussi parfois des motifs moins avouables comme la recherche d’arguments et d’armes pour blesser quelqu’un ou le projet de simuler un trouble. Il s’agit très rarement d’une simple curiosité gratuite...

Comme ces termes cliniques ne contiennent aucune information sur les causes ou les solutions, ils ne peuvent généralement servir à ceux qui cherchent à les connaître. Au contraire, en apposant une étiquette pour désigner un style de problème, ils ont tendance à prendre une signification bien plus large et plus figée que celle qu’ils ont vraiment: ils définissent la personne et ses capacités.

Bien sûr, les professionnels pour lesquels ces termes sont des outils de travail en comprennent bien les limites et ne tombent pas dans ce piège. Mais c’est parce qu’ils ont toutes les autres connaissances nécessaires à une compréhension d’ensemble. C’est aussi parce que leur entraînement clinique leur a enseigné les limites de cette classification.

Même dans le plus long des articles de La lettre du Psy, il serait impossible d’en dire assez pour permettre de faire les nuances nécessaires. Les explications seraient donc, selon nous, parfaitement inutiles et probablement nuisibles. Les certitudes qu’une personne pourrait en tirer ne seraient qu’illusoires.

Un professionnel qui connaît bien les personnes impliquées peut sans doute donner des conseils appropriés, au moins superficiellement. Mais c’est avant tout grâce à son habileté clinique et à la capacité d’en discuter avec l’autre qu’il est en mesure de se prononcer ainsi. Il serait bien incapable de donner des conseils judicieux sur une base générale, sans savoir à qui il s’adresse exactement.

Dans la plupart des cas, un professionnel répondrait aussi qu’une personne trop directement concernée et personnellement impliquée est mal placée pour être vraiment utile. Tout comme le médecin ne se soigne pas lui-même et comme l’avocat ne se défend pas lui-même, le psychologue se considère inapte à traiter ses proches ou lui-même.

Mais si on veut vraiment en savoir plus sur les catégories diagnostiques du DSM, il est facile de trouver ailleurs que sur notre site une documentation abondante. Apparemment, plusieurs professionnels ne voient pas les choses de la même façon que nous et considèrent le fait de copier des sections de leurs livres de référence comme une contribution valable..



Question: La migraine comme refus de soi

Je suis traitée avec des anxiolitiques et des anti-dépresseurs depuis une crise d'angoisse qui m'a empêchée de manger pendant cinq jours. J'en ai même eu des pensées suicidaires. J'ai aussi commencé une thérapie avec une psychologue.

Je recommence à avoir de nombreuses migraines. Je ne peux m'empêcher d'éprouver une colère terrible contre moi-même, me rendant responsable de mon état. Je me pose la question: est-ce que mes migraines sont le signe que je n'accepte pas ma maladie, que je ne m'accepte pas, moi, comme être malade ?

Réponse

En combattant "le fait d'être dans cet état", il est certain que vous imposez un stress à votre organisme. Ce stress est-il suffisant pour provoquer la migraine ? C'est en vous observant que vous le saurez. On pourrait dire qu'en principe c'est possible. Mais chaque individu a ses particularités et ses propres sensibilités. En portant attention à ce qui se passe en vous lorsque vous sentez la migraine s'installer, en étant ouverte aux diverses émotions présentes lorsqu'elle est à son intensité maximale, vous découvrirez de précieuses informations pour répondre à votre question.

Une de mes clientes me racontait qu'elle s'arrête maintenant à ce qu'elle vit lorsqu'elle perçoit les premiers signes de la migraine. La plupart du temps, elle réussit à l'éviter en composant (autrement qu'elle ne le faisait auparavant) avec les préoccupations qui contribuent à la déclencher.

Les troubles anxio-dépressifs devraient être considérés comme un symptôme plus qu'une maladie. Une crise d'angoisse (à fortiori une crise d'angoisse qui dure cinq jours) est un immense cri d'alarme de votre organisme. (cf. "L'anxiété et l'angoisse, les Vigiles de l'équilibre mental" dans La lettre du Psy, septembre, Vol.1, No. 1, 1997 ). Dans cet article j'explique que l'angoisse survient lorsqu'on cherche à se détourner d'un problème. Le refus de regarder en face les réalités qui nous pèsent demande un effort substantiel de l'organisme. Vous pouvez aussi chercher de ce côté pour cerner l'origine de vos migraines.

Les anxiolitiques et les anti-dépresseurs peuvent atténuer ou faire disparaître les symptômes. Il faut savoir que le ou les problèmes de notre vie qui engendrent ces symptômes ne sont pas réglés parce les symptômes diminuent d'intensité. Il est important aussi de s'assurer que la médication est assez bien dosée pour ne pas éliminer notre motivation à régler nos problèmes. Enfin, il faut être certain que les médicaments prescrits conviennent bien à notre personnalité.

Si vous êtes en psychothérapie, je suppose que vous n avez déjà discuté de tout ça avec votre psychothérapeute. L'impact de la médication sur la démarche thérapeutique peut être très important. Pour m'assurer que les médicaments et la posologie sont tout à fait adéquats pour mes clients, je leur demande généralement de rencontrer un psychiatre qui vérifiera la pertinence de la médication. Au Québec les psychiatres sont les médecins spécialisés en diagnostic des troubles psychologiques. Ce n'est pas le cas du médecin omnipraticien, par définition. Toutes les personnes ne réagissent pas de la même manière au même médicament. Il faut un expert pour bien évaluer la personnalité et choisir le médicament approprié. On peut payer très cher de négliger cette réalité.



Question: Nouveau signal d'alerte

Je m'accorde plus d'importance qu'avant. Je n'ai que très rarement des migraines. Mais maintenant, je vomis énormément. Auparavant, les rares fois où j'étais sujette aux vomissements, c'était lors de mes crises de migraine. Je pense qu'au lieu de garder mes émotions, je rejette quelque chose qui est en moi. Se pourrait-il qu'ayant évolué sur certains points mon corps ait changé de signal d'alarme?

Réponse

Nous vivons nos émotions dans notre corps. Aussi, lorsque nous bloquons une émotion, le corps participe à le faire. Il n'est pas impossible que vos vomissements soient le résultat d'une réaction émotive arrêtée, inhibée ou encore de l'effort fait pour repousser une émotion. Pour avoir une réponse à cette question il vous faudrait vous observer davantage.

Remémorez-vous quelques situations où vous avez vomi et tentez de retrouver mentalement les sentiments et les pensées qui vous habitaient avant que survienne le vomissement et au début de la nausée. Remémorez-vous aussi les événements extérieurs qui avaient lieu à ce moment. Prenez note, par écrit et minutieusement, de tous ces détails et retracez en la séquence. N'omettez rien. Ne banalisez rien. Contentez-vous de décrire tout ce qui se passait.

Les prochaines fois que cela vous arrivera, soyez attentive à ce qui se passe en vous avant, pendant et après le vomissement. Prenez-en note. Lorsque vous aurez quelques expériences ainsi décrites, il vous sera facile de faire des rapprochements et peut-être même de répondre à votre question.

Si le rapport n'est pas évident, il ne s'agit probablement pas d'une psychosomatisation. Dans ce cas, vous devriez consulter un médecin. L'origine pourrait être physique.











Pour en savoir plus sur ce processus,

vous pouvez lire:

"La vie d'une émotion"

Par le psychologue
Jean Garneau

Question: Se débarrasser des émotions

Pourquoi est-il grave de chercher à se défaire d'une émotion ?

Réponse

La vie d'une émotion passe par six étapes qu'on peut appeler les étapes de son "processus naturel". Pour qu'elle joue son rôle d'informateur sur nos besoins du présent, l'émotion doit absolument passer par ces six étapes. (Voir l'article "À quoi servent les émotions", dans La Lettre du Psy d'octobre '97.) La plupart du temps, elle le fait, mais ce n'est pas le cas pour les émotions que nous avons des objections à vivre car alors nous tentons d'obstruer leur cours naturel.

Chaque étape du processus émotionnel prend un temps plus ou moins long selon l'importance et la clarté de ce que nous vivons. À chacune de celles-ci, nous pouvons utiliser différents mécanismes pour nous "défaire" de cette émotion.

Il y a toujours un coût lié à l'obstruction d'une émotion ou au tamisage de son intensité: nous ne comprenons pas ce qui se passe, nous perdons le contact avec nous, nous agissons sans tenir compte complètement de tout ce qui nous importe, etc... Lorsque l'émotion est intense, les efforts pour l'ignorer ou l'occulter doivent être plus grands. Le physique est mis à contribution avec une plus grande intensité. Les tensions, les maux de têtes sont souvent le résultats d'émotions ainsi empêchées.

Les personnes intéressées pourront lire les chapîtres qui sont consacrés à ces sujets dans "L'Auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne", particulièrement au chapitre II: "Le processus naturel de croissance" et au chapitre III, "La facilitation de son processus". Vous pouvez en lire un extrait en cliquant ici.



Question: Causes physiques, psychiques ou sociales?

J'ai lu un article qui prétend que la guérison de certaines maladies physiques peut être favorisée par la résolution des conflits psychiques de la personne malade. Qu'en pensez-vous?

Réponse

Il y a longtemps qu'on a découvert l'importance des facteurs psychiques dans certaines maladies physiques. On a développé le concept de maladie psycho-somatique pour désigner les problèmes où les composantes psychiques et physiques sont indissociables. À une époque, on avait même tendance à rechercher les causes psychiques de tous les troubles physiques.

À une autre époque, certaines auteurs cherchaient à tout expliquer par l'influence de la société ou de l'éducation. Plusieurs recherches venaient alors confirmer l'importance de la société dans le développement de diverses maladies.

À l'heure actuelle, la mode est plutôt aux explications physiques. Un grand nombre de recherches signalent des causes physiologiques aux problèmes psychologiques. On identifie des hormones, des structures neurologiques ou même des gênes qui pourraient être les causes de ces problèmes.

Il s'agit de tendances qui se ressemblent et comportent toutes des dangers importants. Il faut comprendre que les organismes vivants en général et les humains en particulier sont des êtres complexes qui fonctionnent de façon unifiée. La distinction entre les forces psychiques, les formes physiologiques et les forces de l'environnement qui agissent sur un individu à un moment particulier est avant tout théorique. Nous distinguons ces dimensions pour essayer de mettre de l'ordre dans notre compréhension de ce qui se passe, mais notre organisme ne s'embarrasse pas de ces séparations artificielles; il fonctionne comme un tout. C'est comme un orchestre symphonique: on peut bien distinguer les cordes et les cuivres, mais il ne s'agit que de vues de l'esprit. La musique est la résultante unifiée de ce que font tous les instruments et de l'interaction entre chacun.

Nous considérons que les trois tendances ci-dessus correspondent à des points de vue et non à des réalités fondamentales. Chacun met une dimension en lumière et apporte avec lui des possibilités d'action particulières. Mais s'il est considéré comme seul facteur ou comme seule explication vraiment importante, il impose aussi des limites artificielles à ce qu'on peut faire.

Il faut noter également que, selon les lois de la statistique, il suffirait de multiplier les études pour en arriver à une "corrélation significative" (un lien scientifiquement acceptable) même lorsqu'il n'y a pas de lien réel. C'est pour cette raison qu'on donne toujours les résultats des sondages scientifiques avec des explications qui ressemblent à: "la marge d'erreur de ce sondage est de 3% 19 fois sur 20". Cette précaution signifie que, selon les lois statistiques utilisées par cette étude, les résultats d'un sondage sur vingt pourraient être faux sans qu'on puisse le savoir.

Si nous examinons une personne du point de vue des influences qu'elle a subi (société, éducation, famille), nous trouverons toujours des corrélations statistiques pour supporter notre hypothèse de départ. Ces études nous amèneront à identifier des "causes" particulières et nous conduiront à des "solutions" qui y sont reliées. À cause de la façon de poser la question, on découvre des facteurs qui dépendent de l'environnement et on invente des solutions qui s'appuient sur l'éducation ou sur l'organisation de la société.

De même, si on fait des études sur les facteurs neurologiques, les facteurs endocriniens ou la structure génétique, on trouvera forcément des corrélations de ce type. Les solutions seront alors entre les mains des neurologues, ou passeront par la manipulation génétique ou celle des hormones.

Il en va de même avec les explications psychologiques. Elles ne sont ni plus vraies ni plus fausses que les autres. Elles s'appuient sur les même méthodes statistiques et ont des marges d'erreur comparables. Comme les autres, elles nous amènent à envisager des solutions d'un genre particulier: agir sur le fonctionnement psychique.

Mais il existe une différence très importante: le pouvoir que nous pouvons y exercer nous-même.

La plupart du temps, les explications neurologiques, endocriniennes ou génétiques nous obligent à un acte de foi. Nous ne pouvons vraiment comprendre ni la cause ni le remède; il faut s'en remettre à un spécialiste qui décide de quoi nous souffrons et qui est seul à savoir comment y remédier. De même, les explications sociales ont tendance à nous échapper. Même si nous pouvons plus facilement les comprendre et évaluer dans quelle mesure elles nous semblent pertinentes, les solutions ne sont pas entre nos mains. Le gouvernement ou l'école sont les seuls à avoir les moyens d'agir.

Mais dans les cas des explications psychologiques, nous exerçons un pouvoir nettement plus grand. Tous les humains sont un peu spécialistes en psychologie, car ils sont conscients de ce qui se passe en eux. Ils peuvent donc souvent faire la différence entre une explication psychologique plausible ou non. Il leur suffit de se servir de leur intelligence et de leur expérience pour vérifier directement ce qu'on leur explique. Mais ils peuvent en plus contribuer de façon déterminante à la solution. Même lorsqu'ils font appel à un spécialiste, leur contribution active fait habituellement partie du traitement.

La réalité humaine est complexe et il faut se souvenir que les découpages de l'esprit que nous lui appliquons ne changent pas le fait qu'elle fonctionne comme un ensemble où chaque partie est liée à toutes les autres. Mais si nous devons choisir des explications partielles, nous croyons que les explications psychologiques sont les plus avantageuses à cause du pouvoir qu'elles nous donnent sur notre destin.



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    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


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    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

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