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Vaincre la migraine sans médicament


Par Michelle Larivey, psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 2, No 1: Janvier 1998



Résumé de l'article

    La migraine est un enfer qui, chez certains, dure une vie entière.

    Elle est souvent la manifestation d'une lutte intérieure. Dans ces cas, les médicaments peuvent soulager le symptôme, mais la bataille demeure en plan et se manifestera à nouveau, sous peu.

    Est-il possible de se guérir de ses migraines au lieu de simplement les soulager ?



Table des matières
    A. Introduction
    B. Le combat psychologique à la racine de la migraine: 3 exemples
    C. Le genre de stress qui engendre la migraine
    D. Les facteurs psychologiques en cause dans la migraine
    1. La difficulté à me donner une place
    2. La réaction de révolte de l'organisme
    3. M'abstenir par peur des conséquences
    E. Deux cercles vicieux
    1. Premier cercle vicieux: la révolte avortée
    2. Second cercle vicieux: baisse d'estime
    F. Comment se débarrasser de la migraine?
    1. Les premiers pas
      • Identifier le problème pendant ma migraine
      • Faire un peu de place à mon besoin
    2. Pour en venir à bout
    G. Pour en savoir plus sur...

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A. Introduction

L'humain est une organisme complexe. Ses réactions, ses symptômes physiques et psychologiques sont souvent difficiles à décoder. On sait que des processus physiologiques sont déclenchés par des réalités psychologiques. À l'inverse, on sait que des réactions psychologiques ou émotionnelles sont engendrées par des processus physiologiques. Par exemple l'exercice physique intense libère des endorphines, hormones cérébrales qui provoquent l'euphorie, sensation fort recherchée chez les adeptes du jogging. À l'inverse, la perception d'un danger met en action les glandes surrénales qui produisent les hormones responsables de la mobilisation de l'organisme pour se défendre.

La complexe organisation qu'est l'être humain est encore très mal connue et les interactions entre son physique et son psychisme encore obscures. C'est pourquoi lorsque l'on désire exercer un pouvoir sur sa vie on a tout à gagner à s'observer soi-même. Demeurer ouvert devant les divers facteurs qui nous semblent affecter notre équilibre physique et mental nous permet parfois d'agir sur des maux qui nous assaillent sans qu'on comprenne pourquoi.

La migraine est un de ces maux qui nous empoisonne la vie et sur lequel l'intervention médicale habituelle est peu efficace. C'est aussi un de ces symptôme que l'on a tendance à traiter comme une réaction à des stimuli d'ordre physique principalement. De toute évidence, certaines migraines sont d'origine physique. À titre d'exemple, une de mes clientes souffrait assidûment de migraines depuis l'adolescence. Son enfer a duré trente ans, jusqu'au jour où elle a décidé de consulter un chiropraticien. Après deux traitements seulement ses migraines ont commencé à disparaître.

Les spécialistes de la migraine, en général des médecins, préconisent d'agir sur ce qu'ils considèrent être des déclencheurs. Dans la littérature sur le sujet, on trouve une liste considérable de facteurs susceptibles d'occasionner la migraine: divers aliments ou épices, facteurs environnementaux (qualité de l'air), comportements divers (dont la relation sexuelle!), changements hormonaux, etc... À la fin de cette panoplie, en général, on trouve un facteur psychologique: le stress.

Comme psychologue et psychothérapeute j'ai travaillé avec des clients qui ont réussi à se débarrasser de la migraine, devenue une véritable peste dans leur vie, en agissant sur des facteurs psychologiques principalement. C'est de cela que je veux témoigner dans cet article. Je n'ai qu'un but: que ceux qui le désirent se servent de ma compréhension de ce phénomène pour en finir avec cette douleur inutile. Réussir à se débarrasser de la migraine améliorerait déjà la qualité de leur vie. La vaincre en apprenant à transiger plus efficacement avec le tourment qui la produit changerait considérablement la couleur de leur vie!


B. Le combat psychologique à la racine de la migraine

Mon expérience comme psychothérapeute m'amène à penser que la migraine surgit lorsque la personne est en conflit avec elle-même au sujet d'une décision qu'elle doit prendre. Sa peur d'assumer ce qu'elle veut vraiment l'amène à prendre une décision qui ne la respecte pas. Elle est donc coincée. Voici quelques exemples illustrant la manière dont le conflit se manifeste et engendre la migraine.

Exemple (1)

Je suis invitée chez ma meilleure amie mais je n'ai aucune envie de participer à sa réception. Ma peur de la froisser ou mon sentiment de lui être redevante m'empêche de refuser l'invitation. Par contre, l'idée de me forcer à faire bonne figure durant une soirée complète me pèse énormément. Je tergiverse intérieurement. Je suis tiraillée. Mais au fond de moi, je sais que je n'oserai pas refuser. Seule une raison majeure m'apparaît acceptable pour justifier un refus. Je m'en veux d'être incapable de dire non et de m'obliger ainsi à subir cette situation qui me déplaît. Le bouillonnement émotionnel et le tiraillement que j'exerce à l'intérieur de moi sont tels que j'en ai mal à la tête!

Exemple (2)

Mon ami tient beaucoup à faire un voyage en des lieux qui ne m'inspirent aucunement. Je suis coincée entre mon désir de lui faire plaisir, sachant qu'il ne peut que rarement se permettre une telle fantaisie, et mon impression de gaspiller ainsi mes propres vacances, aussi très précieuses pour moi. La seule idée de gâcher ce temps qui m'est cher me donne des hauts-le-coeur. Par ailleurs, l'image de la réaction de mon ami, si je refuse de l'accompagner au cours de ce voyage, provoque dans mes mâchoires une douleur stridente. Dans mon for intérieur je sais que je vais choisir de sacrifier mes vacances parce que je n'oserai pas lui causer cette déception. Cela me met en colère contre moi et peut-être aussi contre lui qui ne comprend pas ma situation et donc ne me facilite pas les choses. Je suis très partagée et toutes les options sont souffrantes pour moi. Le bouillonnement émotif ainsi que le tiraillement me fendent la tête!

Exemple (3)

Je suis très insatisfaite de mon travail et je me vois dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit pour l'améliorer. Sur ce point, ma vision est réaliste. Je vis dans un système régi par des règles strictes auxquelles je dois me conformer. Dans ce système, mon pouvoir est nul. Ma seule possibilité est de quitter ce milieu. Mais cette décision est extrêmement difficile à prendre car je n'ai pas l'énergie physique de me lancer dans une aventure. Ma santé est vacillante et m'inquiète. De plus, je ne crois pas être capable de me présenter avantageusement devant des employeurs potentiels tant que je suis ainsi à la limite de mes forces. Je sais que je suis dans un cercle vicieux, car ma vie au travail me draine plus qu'elle ne me nourrit. Je pense que cette situation agit sur ma santé. Je n'ai toutefois pas le courage de m'engager dans quelque chose d'autre. Le risque me fait trop peur, la demande d'énergie me pèse trop. Je ne suis pas fière de faire ce choix. Je m'en veux. J'en veux à beaucoup de personnes autour de moi. Je me sens coincée... et pour longtemps. Cette perspective m'exaspère et me décourage à la fois. Chaque fois que j'évoque ce sujet je deviens tendue. Les fins de semaines sont les pires moments pour moi: j'ai tout le loisir de me morfondre sur ce sujet. La migraine s'installe régulièrement la fin de semaine.

On peut identifier, dans ces exemples, le déchirement intérieur auquel se livre la personne, la tension qui accompagne les tergiversations et l'effet désastreux qu'ils ont sur son confort. On peut dire qu'elle vit un stress. Voyons de plus près ce qui engendre ce stress ou cette tension. Nous verrons par la suite ce qui prédispose certaines personnes à s'imposer cette forme de stress.


C. Le genre de stress qui engendre la migraine

Dans les trois exemples, on remarque que je demeure ambivalente à décider bien que je sache ce qui me convient et ce qui ne me convient pas. De plus, je fais (exemple 3) ou m'apprête à faire (exemples 1 et 2), le choix contraire à ma préférence. Ce choix me déplaît profondément car je suis consciente de faire abstraction d'un besoin, d'une préférence ou d'une aspiration importante. Je suis très contrariée.

Par ailleurs, ma propre attitude par rapport à ce dilemme m'irrite. Je contiens cette colère. Pour contenir une émotion, je dois nécessairement me tendre. La tension qu'on s'impose pour s'empêcher de ressentir une émotion ou pour diminuer son intensité requiert un effort musculaire plus ou moins important selon l'intensité de l'émotion. L'effort dans ce cas, ne s'exerce pas sur les même muscles chez tous. Il est possible que les personnes susceptibles à la migraine s'imposent une tension qui provoque une céphalée.

Pour réussir à se tendre, il faut restreindre la respiration. De ce fait, je réduis l'oxygénation de mon organisme et du même coup, mon énergie. La tension et la respiration courte s'accompagnent parfois d'un refroidissement des extrémités, mains et pieds. Je deviens légèrement tremblottante et ne me sens pas très forte.

Non seulement je contiens ma colère mais j'en fais également fi. Si ce n'était pas le cas, je m'en servirais pour comprendre que mon choix actuel ou celui que je m'apprête à faire est un mauvais choix pour moi. En effet, les émotions font naturellement leur chemin dans notre conscience, nous informant sur l'importance de ce que l'on vit pour nous amener à agir de façon éclairée. Pour faire fi d'une émotion comme pour en contenir l'intensité, je dois faire un effort corporel. Cet effort se traduit aussi par une tension qui nécessite encore de raccourcir sa respiration.

Ces exemples illustrent la survenue d'une tension qui se développe peu à peu en migraine. À leur lumière, je peux donc considérer ma migraine comme un signal. LE SIGNAL QUE JE PRENDS LA MAUVAISE DÉCISION POUR MOI.


D. Les facteurs psychologiques en cause dans la migraine

Nous faisons des choix constamment. Pourquoi le fait de choisir entre ce qui est bon pour soi et ce qui est bon pour quelqu'un d'important pour nous peut-il susciter une si grande tension? Pourquoi l'idée de devoir dire non est-il si déchirant? Pourquoi le fait de renier une aspiration provoque-t-il un tel tiraillement qui dégénère en un tel mal de tête?
...

Plus de détails
Lisez la suite dans...

L'enfer de la fuite
comment en revenir plus fort

par Jean Garneau et Michelle Larivey

ISBN 2-921693-57-7    ReD éditeur
272 pages    29,95$




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