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La vie d'une émotion
(ou le processus vital d'adaptation)


Par Jean Garneau, psychologue

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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?





Question: Que faire avec les émotions du passé

    En thérapie, on est souvent confronté à des sentiments et des émotions (par exemple, la colère ou la peine) qui viennent d'un passé plus ou moins lointain. Je sais bien qu'il est nécessaire de revenir à ces expériences douloureuses de notre histoire, mais je me demande ce qu'on peut faire de ces sentiments passés.

    Vous parlez beaucoup d'émotions "en direct", qui peuvent trouver des solutions presque immédiates. Mais quand il s'agit du passé, que pouvons-nous faire d'autre que le refouler ?
Réponse

    Heureusement qu'il y a le transfert!
Autrement, il ne resterait pas tellement plus que la résignation. En effet, nous ne pouvons pas changer le passé et les émotions qui nous en restent sont évidemment celles qui nous ont le plus marqués. Belle impasse!

La magie particulière que permet le phénomène du transfert, c'est justement de rendre présentes ces expériences cruciales du passé. En fournissant l'occasion de vivre des conflits et des émotions semblables, il nous donne la possibilité de les traiter "en direct", c'est à dire au présent et en contact avec des personnes réelles, dans des situations actuelles.

Le conflit psychique et interpersonnel redevient présent; les émotions sont vécues maintenant et les défis à relever actuellement sont les mêmes qu'autrefois. C'est donc une nouvelle opportunité de rencontrer la même difficulté pour y faire face à nouveau. Nous pouvons alors obéir aux mêmes craintes qu'autrefois en adoptant les mêmes solutions insatisfaisantes et aliénantes. Mais nous pouvons aussi relever le défi autrement en créant une nouvelle façon d'être et d'agir qui nous respecte mieux. Si nous faisons ce deuxième choix, c'est notre liberté d'exister qui prend de l'ampleur.

Au début, à l'époque où on a découvert l'existence du transfert, on croyait qu'il s'agissait d'un phénomène réservé à la relation entre le psychothérapeute et son patient. Mais on se réjouissait quand-même d'avoir ainsi la possibilité d'observer directement dans la relation thérapeutique les problèmes dont la personne était affligée dans sa vie courante.

Nos observations en psychothérapie de groupe et en sessions intensives nous ont sensibilisés au fait que le transfert peut se manifester avec n'importe qui. Lorsqu'on comprend cette réalité, on constate que nous reproduisons continuellement nos relations d'autrefois avec les personnes qui ont de l'importance dans notre vie actuelle (conjoint, patron, vedette sportive ou de la scène). Nous observons régulièrement le même phénomène dans des situations plus étonnantes comme le transfert avec des êtres abstraits (le gouvernement, l'Église ou la Patrie, par exemple) ou avec des êtres qui, en réalité, sont dépendants de nous (les enfants ou même les animaux domestiques).


    La démarche de résolution
Fondamentalement, la démarche de résolution du transfert est la même que pour toutes les autres expériences émotives: le processus vital d'adaptation.

Ce processus est présenté dans "La vie d'une émotion" (chapitre 2 de "Les émotions source de vie"). Il est expliqué de façon beaucoup plus détaillée dans les chapitres 2 et 3 de "L'Auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne".

Comme pour les autres expériences, l'étape cruciale du point de vue du changement est celle de l'action unifiante (l'expression complète et assumée). On peut trouver des explications supplémentaires sur cette étape dans "L'expression qui épanouit".

Ce processus se déroule alors dans le cadre d'une relation transférentielle et à propos de celle-ci. On peut voir à ce sujet l'article "Résoudre son transfert" ainsi que plusieurs autres que notre outil de recherche permet d'identifier facilement (utiliser le mot clé transfert).

Question: la thérapie par la drogue

    Existe-t-il des psychothérapies utilisant des drogues psychotropes ou d'autres moyens analogues pour de faciliter l'accès aux conflits inconscients ?


Réponse

Plusieurs exemples

Bien des spécialistes se sont penchés sur la question de l'utilisation des drogues dans un but d'exploration (plutôt que pour masquer les symptômes). Sigmund Freud lui-même, il y a plus d'un siècle, a fait des expériences avec la cocaïne dans l'espoir d'obtenir un accès plus direct aux réalités psychiques qui échappent à la conscience. Plus récemment, à partir des années soixante, plusieurs thérapeutes ont étudié la question en s'appuyant sur le LSD, la marijuana et d'autres drogues "récréatives". Timothy Leary fut un des leaders de cette exploration.

Il y a aussi des tentatives du même genre qui s'appuient sur des moyens non médicamenteux. L'utilisation de l'hypnose pour obtenir l'accès aux "souvenirs refoulés" est le moyen le mieux connu, mais d'autres méthodes sont utilisées régulièrement par quelques spécialistes. Par exemple, l'hyperventilation sert, en Rebirth, à provoquer des "régressions" et à stimuler l'émergence de "souvenirs" inconscients. Le dessin, la musique, le jeu, les masques, la danse, les positions de stress et même le tarot sont utilisés pour atteindre des résultats analogues.

Il faut aussi considérer, dans la même veine, tous les moyens, "thérapeutiques" ou non, qui visent à diminuer l'efficacité des défenses et des résistances. Si l'alcool est aussi généralement présent dans les fêtes et les célébrations, ce n'est pas par hasard. C'est en partie parce qu'il diminue les inhibitions et, par conséquent, favorise une expression plus ouverte et plus intense qui contribue à faire de la fête un succès. On peut aussi penser à des techniques plus "professionnelles" comme les sessions intensives et même ce qu'on appelait autrefois les "marathon de croissance" (des sessions qui, en continuant sans arrêt, faisaient diminuer les résistances en épuisant les personnes).


Deux problèmes

Dans l'ensemble, ces techniques posent toujours les deux mêmes problèmes: une faible fiabilité et une utilité très limitée. Une bonne compréhension du fonctionnement psychique permet de comprendre la nature de chacun de ces obstacles et, par conséquent, les principales raisons qui font que ces techniques n'ont jamais réussi à devenir plus répandues.

Les moyens qui font émerger des souvenirs inconscients nous laissent toujours devant la nécessité d'un acte de foi. Il faut accepter une vérité qu'on ne peut vérifier réellement pour que l'exercice ait un sens. Que l'émergence soit dûe à un effet chimique ou à une forme de suggestion plus ou moins directe, il faut toujours avoir la foi pour croire qu'elle est réelle et qu'elle correspond vraiment à une réalité psychique qui vient de l'intérieur, à un souvenir du passé plutôt qu'à une création immédiate. D'ailleurs, il y a longtemps que les spécialistes de l'hypnose sont familiers avec les "faux souvenirs" que peut provoquer la suggestion même lorsque toutes les personnes impliquées sont parfaitement sincères et totalement authentiques dans leur recherche de vérité.

Le premier problème est donc important: on ne peut savoir si les "souvenirs refoulés" qu'on découvre sont réels. Comment s'appuyer sur eux pour alimenter une démarche de changement?

Mais le deuxième problème est encore plus grave car il détruit l'efficacité possible de toute la démarche. Pour le comprendre, il faut bien connaître la fonction des "mécanismes de défense" et de leur application particulière qu'on appelle les "résistances".

Lorsque nous n'avons pas accès à une partie de notre expérience (souvenir, mais aussi émotion ou motivation), ce n'est pas parce qu'elle est inaccessible en elle-même, c'est parce que nous n'avons pas la capacité actuelle de l'assimiler. L'inconscience est le résultat d'une forme de refus intuitif de l'organisme devant une trop grande difficulté.

Lorsqu'on fait apparaître artificiellement une réalité ainsi repoussée, on crée un déséquilibre important que la personne n'a pas encore les moyens de résoudre. La réaction normale est parfaitement prévisible: la personne va tenter par tous les moyens de retrouver son équilibre. Et, bien sûr, le moyen le plus évident, c'est de refuser, contester, oublier, éliminer ou banaliser la réalité qui "dérange". À la limite, c'est la personne responsable de l'apparition de cette réalité qui devient l'ennemi à repousser.

Tous les psychothérapeutes le savent: il est inutile de tenter de transcender les défenses. Au mieux, on obtient des crises d'angoisse ou de panique. Mais il y a pire; ce sont le plus souvent des défenses encore plus fortes qu'on voit apparaître.

Et la pire issue de toutes est celle où la personne accepte la "réalité" qu'on lui impose ainsi. Il arrive souvent, dans ces cas là, que la personne se perde réellement en croyant réelles des expériences auxquelles elle n'a, en fait, aucun accès direct. C'est la forme d'aliénation la plus dangereuse parce qu'elle a des objectifs thérapeutiques et qu'elle repose sur la confiance du client pour son thérapeute.

En somme, il n'est pas vraiment étonnant que les nombreuses tentatives du genre n'aient jamais réussi à se faire reconnaître de façon générale malgré une efficacité apparente à première vue. Que ce soit pour résoudre nos conflits psychiques ou pour avoir accès à notre monde intérieur, il n'y a pas de recette magique ou de raccourci miraculeux.


Question: Changer du premier coup?

    Votre article me porte à croire que, la plupart du temps, le processus se déroule assez facilement. En suivant les étapes soigneusement, on devrait retrouver son besoin, en comprendre les dimensions importantes et trouver le moyen de le satisfaire et de l’assumer à la fois.

    Ce n’est pas ainsi que ça se passe dans ma vie. Est-ce que je manque de talent? Est-ce que j’ai mal compris? Ça me semble peu réaliste de changer ainsi du premier coup!


Réponse

La réponse est disponible dans Les émotions source de vie

Question: Les émotions provoquées

    Ma conjointe était très tendre, mais elle a pris l’habitude de faire de violentes colères lorsque quelque chose la perturbe. Si elle rencontre un obstacle, elle s’exprime de plus en plus violemment sans pouvoir s’arrêter. J’en suis chaque fois bouleversé, même si je crois comprendre l’origine de ses problèmes.

    Comment faire, dans ces conditions, pour vivre cette émotion et suivre le cheminement que vous suggérez? Est-ce que le processus s’applique aussi dans cette situation?


Réponse

La réponse est disponible dans Les émotions source de vie

Question: Sauter une étape

    Vous écrivez dans "La vie d’une émotion" qu’il est important de ne pas sauter d’étapes du processus vital d’adaptation et qu’il ne faut pas faire les étapes dans le mauvais ordre. Qu’arrive-t-il si on se trompe, si on saute une étape ou si on la fait au mauvais moment?


Réponse

La réponse est disponible dans Les émotions source de vie

Question: Au-delà de la prise de conscience

    Je comprends assez bien toute la partie "prise de conscience" de la demande qu’on fait à partir du ressenti de l'émotion, mais ensuite que ce passe-t-il dans les cas où l'autre ne répond pas à cette demande? Quand il évite, parle d'autre chose, ou répond "qu'est-ce qui te prend?".

    Il me semble que de passer à l'émotion suivante (comme "ça me fait de la peine que tu me répondes ça") conduit habituellement à une impasse et à l'incompréhension la plus totale.


Réponse

La réponse est disponible dans Les émotions source de vie


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  1. Une question personnelle à laquelle vous voulez une réponse individuelle.

    Le psy virtuel est à votre disposition. Pour 50$ (canadiens) un de nos psychologues consacrera 30 minutes à vous répondre s'il estime pouvoir vous être vraiment utile. Il s'agit d'un genre de consultation individuelle et vous aurez la réponse en 3 jours.

    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à


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