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Ne vous séparez jamais sans...
Par Michelle Larivey, psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 1, No 3: Novembre 1997



Résumé de l'article

Dans ce texte vous découvrirez des moyens de contrer un processus de séparation entamé en désespoir de cause par deux amants déçus. Les inhibitions et les déformations de l'expression personnelle conduisent tôt ou tard à la séparation de corps ou de coeur. Transformer cette expression pour redonner vie à la relation...


Table des matières
    A. Introduction
    B. L'importance de cet autre qui me quitte
    1. L'autre répond à un besoin majeur chez moi
    2. L'autre répond virtuellement à un besoin majeur
    3. L'autre me permet d'éviter une réalité de ma vie
    C. Pourquoi la séparation est intolérable ?
    1. La fin d'un évitement
    2. La perte d'une nourriture affective
    3. La perte d'un espoir
    D. Le sentiment d'inachevé
    E. Que faire de ces situations douloureuses incomplètes?
    1. Identifier mon besoin
    2. Compléter l'inachevé
    3. Pourquoi il est nécessaire de compléter la relation
    F. En conclusion

Vous pouvez aussi voir:
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A. Introduction


Faire la coupure dans une séparation ne dépend pas de ma volonté ou non de me séparer. La séparation peut être voulue par l'autre. Elle peut aussi ne dépendre ni de lui, ni de moi: il meurt ou devient inaccessible à cause d'une maladie. C'est de la manière dont je me sépare que dépend le succès de cette coupure. Si je m'y prends mal je resterai probablement 'accrochée' pour longtemps à cette relation incomplète.

La rupture non désirée laisse souvent un grand vide, un immense déséquilibre. L'absence me laisse triste, en douleur vive... au point, parfois, de vouloir en mourir. Je n'irai pas jusqu'au suicide, mais je n'aurai plus jamais la vitalité que j'ai déjà eue. Je me laisserai éteindre avec cette relation. Pourquoi donc un tel choix?

Dans d'autres cas, la séparation est mon choix. La brisure peut même m'apparaître comme bénéfique. Je suis soulagée, débarrassée. Mais je n'arrive toutefois pas à continuer ma vie. Je reste accrochée à ce passé, à cette personne. Que se passe-t-il donc?

C'est toujours douloureux de se séparer de quelqu'un qui a de l'importance pour nous. C'est si bouleversant que certaines personnes ne s'en remettent jamais. Elles vivent avec l'ombre du disparu, accrochées à leur nostalgie. Ou encore, elles cherchent à perpétuer une relation à laquelle l'autre a voulu se soustraire. Dans d'autres cas, plus ou moins subtilement, elles conservent cette relation indépendamment de la volonté de l'autre, par exemple, à travers le prétexte des enfants. Bref, même officiellement séparées, certaines personnes ne le seront jamais. Pourquoi est-ce ainsi?



B. L'importance de cet autre qui me quitte


L'autre occupe une place importante dans ma vie. En fait, si j'ai cet attachement, ce désir que la relation continue, c'est pour des raisons importantes:
  1. il joue un rôle essentiel;
  2. il m'apparaît indispensable pour combler certains de mes besoins;
  3. il contribue à me soustraire à certaines responsabilités de mon existence.
En fait, si la séparation est impossible à envisager, c'est pour l'un ou l'autre de ces motifs et même parfois sur les trois à la fois. Toutes les relations importantes que je cultive reposent sur ces bases de motivation. Voici comment je pourrais traduire la place que cet autre prend dans ma vie.


1- L'autre répond à un besoin majeur chez moi

'Avec toi, j'ai le sentiment d'exister, d'être quelqu'un de valable, d'important.Tu es là et ce que je vis devient important. Ton regard sur moi me laisse toujours remplie d'un bien-être. Partager des activités avec toi donne toujours une saveur de plénitude au présent. Ton contact est précieux pour moi car personne d'autre ne me fait cet effet.'


2- L'autre répond virtuellement à un besoin majeur

'J'aimerais tellement compter plus que tout au monde pour toi, être la première. Savoir que pour toi je suis la plus désirée est ce qui compte le plus pour moi. J'ai eu cette impression aux premiers temps de nos amours. Je ferais tout pour l'avoir de nouveau. Ne me dis pas de chercher ailleurs, c'est à toi que je veux faire cet effet.'


3- L'autre me permet d'éviter une réalité de ma vie

'Je ne sais pas ce que je vais devenir sans toi. La solitude est insoutenable. J'ai toujours pu compter sur toi. Avec toi, dans la vie, tout m'était possible. L'idée d'être seule m'inquiète au plus haut point. Je ne fais pas le poids et je suis désemparée. Il me semble que je perds la moitié de moi-même. Je ne puis vivre sans toi.'



C. Pourquoi la séparation est intolérable ?


La séparation est douloureuse parce qu'elle me prive d'une relation nourrissante. Mais paradoxalement, elle peut être tout aussi insupportable si elle me prive d'une relation insatisfaisante, si je conserve l'espoir de l'améliorer pour la rendre satisfaisante. Enfin, la séparation peut être insoutenable si je m'appuyais sur l'autre pour éviter de me confronter à une réalité existentielle pourtant incontournable.Voyons cela de plus près en commençant par la dernière situation.


1- La fin d'un évitement

Les êtres vivants sont confrontés à des défis que représentent certaines réalités inhérentes à la vie. La solitude existentielle est une de ces réalités. Elle constitue un défi de taille, mais c'est notre réponse à ce défi qui fait de nous des êtres à part entière, séparés les uns des autres, ayant notre individualité propre. Notre solitude nous force à prendre en main notre vie, à porter la responsabilité de notre satisfaction au cours de notre existence.

C'est une réalité à laquelle tous les animaux font face d'instinct. Une fois que le chat a atteint une maturité qui lui permet d'assurer sa survie, il n'est plus pris en charge d'aucune façon par sa mère. Il en est de même des oiseaux, qui tout en ayant une vie collective et même en s'entraidant, portent individuellement leur destin.

Beaucoup d'humains se révoltent contre cette réalité. Dans ces cas, au lieu de s'associer à l'autre en se portant complètement eux-mêmes, ils se déchargent sur l'autre de leur responsabilités vis-à-vis eux- mêmes. Une relation fondée sur cet évitement donne à la fois l'impression d'être soudée et emprisonnante.

Outre la solitude, il y a d'autres réalités existentielles telles la liberté, la finitude et la mort, auxquelles on peut chercher à se soustraire, en utilisant les autres. Pour en savoir davantage sur un sujet qu'il serait trop long de développer ici, on peut lire le chapitre VII 'Les implications existentielles' dans le livre:
'L'Auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne',
par Jean Garneau et Michelle Larivey.

La seule solution, lorsque la relation qui se termine est appuyée sur l'évitement d'une réalité existentielle, c'est de se décider à confronter cette réalité. Celui qui ne le fait pas est condamné à s'accrocher à chaque relation, en vivant chaque séparation aussi dramatiquement que s'il y laissait sa peau. Certains y laisseront d'ailleurs leur peau en ayant recours au suicide tellement l'incapacité de se porter est grande. D'autres feront vivre un enfer de culpabilité à celui qui veut se soustraire de cette relation qui est, on peut facilement le comprendre, malsaine pour les deux partenaires.


2- La perte d'une nourriture affective

Dans le cas où perdre l'autre signifie la fin d'une relation satisfaisante, je reste en quelque sorte en plan. Les besoins essentiels auxquels l'autre me permettait de répondre sont en suspens. J'ai l'impression d'une situation inachevée parce que mes besoins ne sont plus assouvis.


3- La perte d'un espoir

Il en est de même si je perds une relation qui n'est pas satisfaisante alors que j'ai encore l'espoir qu'elle le devienne. Dans le cas précédent, je renonçais à quelque chose de satisfaisant pour moi. Dans ce cas, c'est à une aspiration que je renonce, c'est un espoir qu'il me faut abandonner. Dans les deux cas, j'ai le sentiment de quelque chose d'incomplet.

Voyons d'un peu plus près à quoi correspond ce sentiment d'inachevé et ce que nous pouvons faire pour sortir de ces impasses.



D. Le sentiment d'inachevé


Ce n'est pas seulement lors d'une séparation qu'on éprouve cette insatisfaction particulière qu'est ce sentiment d'incomplétude. C'est une impression qui est souvent présente dans nos relations.

'Je n'ai pas assez de temps avec mes enfants, j'ai l'impression d'être loin d'eux durant les meilleures années de leur vie. Ça me peine énormément.'

'Je ne vois pas suffisamment mes parents. Ils vieillissent et je sais qu'ils partiront bientôt. Ça me rend triste.'

'J'ai peu de temps de qualité avec mon mari... il me semble que nous passons à côté des plus belles années de notre vie. Tout cela, pour ramasser de quoi passer nos vieux jours ensemble. C'est absurde!'

'Il n'est jamais là. Même lorsque nous sommes réunis en famille, il semble absent. Notre complicité d'antan me manque terriblement.'

L'insatisfaction se manifeste par l'impressions de ne pas profiter suffisamment de la relation. À d'autres moments, elle se traduit par l'impression de n'être pas suffisamment atteint par l'autre ou encore, de ne pas l'atteindre réellement. Souvent, c'est plus qu'une impression, c'est un constat: je me rends compte que je ne jouis pas totalement de ce que l'autre m'apporte.

'Il m'aime et c'est ce que je recherche. Mais je ne sais pas pourquoi, cela ne m'atteint pas vraiment!' J'en suis désolée. Mais je ne sais pas quoi faire pour qu'il en soit autrement.'

Si déjà avant ma séparation j'avais le sentiment qu'il y avait quelque chose d'incomplet dans notre relation, j'aurai cette sensation plus intensément encore en me séparant. Car, en plus de continuer à éprouver cette insatisfaction, je perdrai alors l'espoir de parvenir un jour à nourrir vraiment mon besoin avec cette personne.

Si au contraire, l'autre me quitte alors que je suis 'à jour' dans la gestion de mes besoins avec lui, les choses seront bien différentes. Bien sûr, cette séparation dérangera mon équilibre, mais j'y éprouverai quand-même une forme de satisfaction paradoxale qui ressemble au sentiment du devoir accompli. J'aurai l'impression d'avoir réussi ma relation, d'avoir vécu vraiment ce que j'avais d'essentiel à vivre avec cette personne.

'Mon fils quitte la maison pour faire sa vie, cela m'attriste d'une certaine façon, mais au total je suis contente. J'ai vécu ce que j'avais à vivre avec lui. C'est une étape de notre vie qui se termine et une nouvelle qui commence.'

'Ma mère est morte, la séparation a été déchirante parce qu'il m'est impossible de concevoir que je ne la reverrai jamais. Toutefois, ces dernières années, j'ai énormément joui de sa présence et de ce qu'elle pouvait m'apporter. Au surplus, j'ai pu, à ma façon, lui montrer toute ma reconnaissance et mon amour pour ce qu'elle m'a apporté comme mère. C'est dur, mais c'est moins difficile que si elle était partie il y a cinq ans!'

On peut voir un autre exemple du genre dans la sérénité qui habite certaines personnes lors de séparations dramatiques. L'exemple ultime est sans doute celui de la personne qui termine sa vie en étant satisfaite de ce qu'elle en a fait. Elle s'éteint en paix contrairement à celle qui a le sentiment d'avoir perdu sa vie.



E. Que faire de ces situations douloureuses incomplètes?


Lorsque la séparation commence à apparaître comme l'aboutissement inévitable ou même souhaitable à la relation, il n'est pas nécessaire de me résigner passivement. Je peux agir d'une façon qui m'évitera les regrets interminables d'une situation vouée à demeurer incomplète.

Pour cela, il me faut

  1. identifier l'importance que j'accorde à l'autre
  2. compléter l'inachevé et
  3. faire face à ma peur de vivre s'il y a lieu (cesser d'éviter les réalités inéluctables).
C'est tout un programme, mais ce sont les pas qu'il me faut faire pour vivre une séparation sans hypothéquer le reste de ma vie. Alors, même tourmentée, la séparation deviendra une riche occasion d'épanouissement qui me rendra plus apte à réussir vraiment mes prochaines relations importantes.

Voici un exemple qui illustre à quoi peut ressembler l'expérience de la personne qui vit ce déchirement dans la sérénité paradoxale que procure cette démarche.

'J'ai vraiment tout essayé pour avoir l'intimité et la proximité que je recherche dans ma relation de couple. J'ai été compréhensive par rapport à l'immense place que prenait son travail dans sa vie. J'ai été disponible à ses préoccupations et à ce qu'il vivait, ma disant que c'était une façon d'être dans son intimité. J'ai souvent parlé de ce que je vivais, par rapport à toutes sortes de dimensions de ma vie, y compris notre vie familiale et de couple. Je lui ai fait des reproches, mais j'ai aussi, à plusieurs reprises, été très claire (et très émue en le lui communicant) sur combien je tenais à lui et combien j'aimais tout ce qu'il était. Je lui ai dit ( souvent) combien j'avais besoin d'avoir une place centrale dans sa vie. Être aimée et considérée par lui c'est pour moi une confirmation de ma valeur comme personne. Ça va jusque là! Je n'ai pas fait que le dire; son importance pour moi je lui ai démontrée, continuellement, en lui exprimant mes divers sentiments et en cherchant à régler nos problèmes à deux pour garder la relation vivante. Mais je pense qu'il est inutile d'en faire plus. Il n'est pas intéressé à s'investir d'avantage à ce moment-ci de son existence ou il n'est pas vraiment intéressé à moi. C'est triste. C'est immensément triste, car j'aurais aimé que ce soit avec lui, j'aime tellement de choses de sa personne et les quelques fois où j'ai ce dont j'ai besoin avec lui, je suis transportée. Mais c'est trop peu souvent et trop bref. Je crois que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour que nous nous ajustions. Je dois partir, chercher ailleurs à combler ce besoin.

Voyons plus en détail comment on peut arriver à trouver cette harmonie intérieure même dans une séparation aussi déchirante.


1- Identifier mon besoin

Il est nécessaire de connaître précisément le besoin essentiel auquel cette personne correspond pour moi. L'importance que je lui accorde est liée à ce besoin pour lequel elle m'apparaît comme la seule source acceptable de satisfaction. Mais il peut être difficile d'en devenir vraiment consciente. Quelques questions m'aideront à trouver cette réponse lorsque le fait de me demander quel est le besoin comblé ne suffit pas à le trouver.

'Qu'est-ce que cette personne m'apporte?'

'Si elle agissait comme je le souhaite, qu'est-ce que ça changerait à ma vie?'

Bien entendu, pour arriver aux réponses significatives il faut dépasser le niveau du comportement. Il ne suffit pas de savoir que j'attends 'un partage des tâches'; il me faut identifier ce que signifie à mes yeux le fait qu'elle consente à partager les tâches avec moi. C'est souvent d'ailleurs ce que symbolise cette action plus que le comportement lui-même qui est recherché. Par exemple,

's'il m'offre des fleurs, cela signifie qu'il a pensé à moi et s'il a pensé à moi, c'est qu'il m'aime. Donc je suis importante à ses yeux.'

Dans ce cas, les fleurs ne sont que le symbole de l'importance qu'il m'accorde. Voici d'autres exemples

'Son attitude me confirme qu'il me considère comme son égale.'

'Qu'il soit prêt à m'écouter me dit que j'ai de la valeur à ses yeux.'


2- Compléter l'inachevé

Une fois que je suis consciente du besoin essentiel que cet autre satisfait, il est temps de travailler à compléter l'inachevé, c'est-à-dire à rendre mon expression conforme à cette vérité intérieure. La forme que prendra ce travail dépend de la satisfaction que j'obtiens déjà.

a) Lorsque l'autre répond déjà à mon besoin

Aussi étrange que cela puisse paraître, la plupart du temps, ce n'est pas parce que je ne trouve pas de réponse adéquate à mon besoin que je souffre de sentiment d'incomplétude. C'est plutôt parce que je n'assume pas ce besoin. Par exemple, je veux que l'autre me considère comme importante, mais cela demeure un secret entre nous. Jamais je ne lui ai avoué que ma valeur à mes yeux dépend du poids qu'il accorde à ce que je suis et à ce que je fais. Je ne lui ai jamais dit qu'à son contact, je m'accorde davantage le droit de vivre telle que je suis.

Il est même possible qu'au fond de moi, je refuse et renie ce besoin. Par exemple, bien des personnes contestent leur besoin d'être aimées en lui donnant le nom à la mode de 'dépendance affective'. Si c'est le cas, personne ne parviendra à le combler, quelle que soit sa façon d'agir. La porte d'entrée est fermée! Ce qui pénètre en moi n'est qu'un mince filet de ce qu'on m'offre. Je ne suis jamais repue, jamais comblée.

Si j'arrivais à consentir vraiment à ce besoin, la situation serait bien différente. Cela ouvrirait la porte à une satisfaction complète. Pour accepter d'exprimer ce besoin, en insistant sur toute son importance, il faut que je l'assume entièrement. Du même coup, j'ouvre la porte à ce qu'il soit comblé.

Au seuil de la séparation, une telle expression me permet aussi de me 'mettre à jour'. Il s'agit de montrer à la fois mes sentiments concernant la rupture et les besoins auxquels l'autre répond. M'assumer ainsi, telle que je suis, me rendra possible de quitter l'autre 'en conservant tous mes morceaux' (c'est à dire en respectant toutes les dimensions de ce que je vis). La séparation sera quand même difficile, mais je n'aurai plus l'impression d'une expérience de vie 'incomplète'. Ce sera le cas, car j'aurai été complète dans l'expression de ma réalité.

b) Lorsque le besoin n'est pas comblé

Si le besoin que je cherche à combler est bien identifié, mais insatisfait, la séparation sera très ardue. Dans la mesure où l'autre correspond à un espoir de satisfaction plus qu'à une satisfaction véritable, je serai incapable de renoncer à lui. Il faudra probablement qu'il s'arrache à moi car il sera hors de question que je renonce à ce potentiel inexploité. Que faire?

C'est le moment ou jamais, de faire place à ce besoin avec cette personne. Si je suis encore en attente, il est fort probable que ce soit parce que je n'ai jamais exprimé clairement mon besoin. J'ai probablement adressé des reproches, fait des allusions ou gardé mes attentes sous silence. Je lui ai peut-être fait de nombreuses demandes mais il est fort probable que je ne lui aie jamais manifesté clairement, explicitement et avec précision, le genre d'importance qu'il a pour moi et le besoin particulier qu'à mes yeux il a le pouvoir de combler. Et bien sûr, je n'ai jamais pris l'initiative de lui manifester ce besoin au moment où je le vis. Finalement, je n'ai pas pris, moi-même, l'initiative de combler ce besoin avec lui. Au mieux, j'ai revendiqué certaines actions de sa part, je l'ai informé des 'signes' que j'espérais de sa part. J'ATTENDS TOUJOURS.

Nous sommes à la dernière heure, il est temps pour moi d'agir au lieu d'attendre. À ce moment-ci de notre relation je n'ai rien à perdre réellement, sinon la face. Si je ne fais rien, je me condamne à me reprocher longtemps de n'avoir rien tenté, de ne pas avoir fait le nécessaire et même l'impossible pour que cette relation devienne satisfaisante autant que je le souhaite.

Pour ne pas quitter l'autre avec l'impression d'être 'passée à côté' il est indispensable que je fasse moi- même les gestes qui me permettront de jouir de ce que cette personne peut me donner. Je dois me mobiliser pour vivre avec elle les choses pour lesquelles je l'ai choisie. La rupture sera moins indigeste si je fais et si j'exprime aujourd'hui ce que je n'ai pas osé faire ou exprimer jusqu'à maintenant.

Il faut bien comprendre que l'énergie que j'investis dans cette personne, c'est pour trouver réponse à des besoins qui ne sont PAS OPTIONNELS que je la mobilise. Ils font partie de moi de façon essentielle. Si je n'obtiens pas satisfaction maintenant, j'investirai bientôt autant d'énergie dans une autre personne à qui j'accorderai une importance semblable, pour répondre au même besoin.

C'est là une partie de l'explication des relations que l'on dit répétitives. L'effort donc que je ferai avant de partir, pour assumer mon besoin, est incontestablement un investissement pour ma prochaine relation. Je sortirai de cette relation avec des capacités accrues de porter mon besoin et de me mobiliser pour obtenir satisfaction. Au lieu d'être une copie quasi conforme de celle-ci, ma prochaine relation aura des chances d'être plus évoluée.


3- Pourquoi il est nécessaire de compléter la relation

Si je ne fais pas ainsi le nécessaire pour compléter cette relation avant d'y mettre fin, je serai condamnée à y demeurer accrochée. Si je ne cerne pas bien l'importance de l'autre, si je ne suis pas prête à assumer mon besoin, si je refuse de me mobiliser pour y trouver réponse dans cette relation, je demeurerai indéfiniment dans une relation inachevée et stérile. Cette paralysie peut prendre plusieurs formes.

a) Être en deuil à perpétuité

Il me sera impossible de nouer une nouvelle relation affective de cette envergure. J'aurai l'impression d'être en deuil. L'autre sera encore dans mon coeur, dans mes pensées. Le souvenir sera triste, nostalgique ou encore amer. Je porterai tous les signes d'une relation non terminée: tristesse, dépression, l'impression que personne ne peut être à la hauteur. Certains vivent un tel deuil tout le reste de leur vie.

b) Régler mes comptes indéfiniment

Tout en étant officiellement séparée, je continuerai à faire payer l'autre pour ce qu'il ne m'a pas donné (et que ce salaud donne peut-être à une autre!). Plus insidieusement, je chercherai à ce qu'il me donne, qu'il le veuille ou non, ce que je n'ai pas réussi à obtenir durant notre vie commune: l'attention, une place prépondérante.

Notre oeuvre commune, nos enfants, sera une occasion en or pour garder un contrôle sur lui. Ce lien, conservé jalousement m'autorisera à garder une place dans sa vie. Jamais mes stratagèmes ne me donneront une réelle satisfaction. Au contraire, mes gestes auront une saveur destructrice. Le pire, c'est que l'investissement dans cette vendetta me détournera de la recherche d'une vraie satisfaction... avec lui ou avec un autre.

c) Répéter le scénario à l'infini

Si je n'arrive pas, à l'occasion de cette séparation, à ASSUMER mon besoin, je répéterai le même scénario dans ma prochaine relation. Il en sera ainsi indéfiniment, tant que je ne consentirai pas à l'existence de mon besoin et que je n'accepterai pas de prendre la responsabilité de m'impliquer réellement pour trouver satisfaction à ce besoin. C'est l'entêtement révolté à attendre, combiné à la force d'un besoin essentiel qui ne supporte pas d'être inassouvi, qui provoque la plupart des déchirures et des échecs dans nos relations avec les personnes importantes de notre vie.



F. En conclusion...


Les séparations sont nombreuses et inévitables au cours d'une vie. Elles sont même nécessaires lorsque deux personnes se développement dans des directions opposées.

Il est important de savoir comment réussir ces séparations si on veut pouvoir continuer notre chemin. Autrement, nous demeurons handicapés indéfiniment par les douleurs de la rupture ou par l'absence insupportable.

La séparation déclenche des émotions intenses et importantes. Vivre ses émotions complètement nous permet de passer à travers ces durs moments. C'est cette façon de faire qui rend possible de vivre la séparation complètement pour ne pas s'éteindre avec la relation. C'est également le premier pas vers l'expression complète qui nous libérera et nous permettra de redevenir disponible pour une nouvelle relation plus satisfaisante.

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