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Le stress: causes et solutions
Par Jean Garneau , psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 2, No 8: Août 1998


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Résumé de l'article

La même situation peut être source de plaisir et d'excitation ou engendrer un stress chronique qui nous conduira à diverses maladies psychologiques et physiques. C'est la façon de canaliser nos énergies naturelles devant les situations d'urgence qui fait la différence.

En comprenant bien les origines du stress et les mécanismes qui l'engendrent, il est possible de dépasser les solutions classiques qui ne s'attaquent qu'aux symptômes. On peut alors adopter une méthode de gestion de soi et de sa situation qui agit sur les causes de notre stress et l'empêchent de devenir chronique.


Table des matières
    A. Introduction
    B. Qu'est-ce que le stress ?
    C. La gestion inadéquate de la pression
    D. Les solutions au stress
    E. Ma solution préférée
    F. Conclusion

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A. Introduction


Il y a 40 ans, le mot "stress" commençait à peine à être connu. Maintenant, c'est une réalité que plusieurs considèrent comme un problème normal de la vie moderne. Le stress est le lot quotidien d'une majorité de personnes dans leur travail, mais il atteint également les enfants, les adolescents et les personnes âgées.

Selon l'American Institute of Stress, ce problème est à l'origine de 75 à 90% des nouvelles consultations médicales et de 60 à 80% des accidents de travail. Les coût du stress seraient plus élevés que ceux de toutes les grèves mises ensemble. Ces coûts se manifestent sous forme d'absentéisme, de perte de productivité, de rotation de personnel, d'accidents, de frais médicaux et légaux directs ainsi que d'assurances et de compensations. Cette situation s'aggrave d'année en année.

On ne peut plus ignorer le stress ou simplement le tolérer en attendant que la situation devienne moins exigeante. Les pressions ne disparaîtront pas: elles font partie de notre vie quotidienne "normale". Il faut maintenant apprendre à "gérer notre stress".

Pour y parvenir, il faut comprendre d'où vient le stress: quels facteurs le provoquent et quels mécanismes l'engendrent. En nous appuyant sur cette compréhension, il devient possible de savoir ce que nous pouvons faire pour empêcher les pressions de provoquer chez nous un stress chronique et le cortège des maux physiques et psychiques qui viennent à sa suite.
B. Qu'est-ce que le stress ?


Le stress est l'état de tension chronique (à la fois physique et psychique) qui découle d'une façon inadéquate de gérer la pression (psychique) pendant une période prolongée. Plusieurs ingrédients sont nécessaires pour créer un stress.

Il faut:

  1. une situation comportant de la pression (psychique);
  2. pendant une période prolongée (autrement, il ne s'agira que de tension passagère);
  3. une façon inadéquate de réagir à cette situation.
Il ne sera pas question ici de stress post-traumatique et de stress physique. Il s'agit de réalités d'un autre genre dont les causes et les solutions sont différentes. C'est uniquement le stress psychologique classique que nous étudierons.

Paul est journaliste à la radio. Chaque jour il doit choisir le sujet de son article, faire les recherches nécessaires, écrire sa chronique, faire toutes les vérifications ou corrections nécessaires et la lire en ondes à 16:32 heures. C'est le cycle normal de sa journée de travail, quand tout va bien. La situation idéale pour souffrir de stress.

Gisèle est à la fois mère de 2 enfants, épouse d'un gestionnaire dont l'entreprise fait face à des difficultés et coordonnatrice d'un groupe de travail dans un organisme de santé. Chaque jour, elle veille à nourrir sa petite famille avant de se rendre à son travail. Son conjoint se charge de conduire le plus jeune à la garderie, mais c'est elle qui doit aller le chercher en fin de journée. Elle a beaucoup de difficulté à tolérer les sautes d'humeur et les caprices d'un des membres de son équipe au travail, les résultats scolaires médiocres de sa fille aînée et le manque de disponibilité de son conjoint qu'elle trouve trop accaparé par son travail. Le soir, après que tous ont mangé et que les enfants sont enfin couchés, elle se retrouve complètement épuisée. Les jours où tout se déroule normalement, quand personne n'est malade et qu'il n'y a pas de grève ou de rumeurs de mise à pied, c'est sa vie normale! Qui lui reprocherait d'être stressée?

Paul et Gisèle sont-ils stressés? Ils sont sûrement dans des situations pour le devenir. Les pressions qu'ils subissent sont importantes et elles font partie de leur mode de vie habituel. Il ne manque que le troisième ingrédient: la réaction inadéquate à la pression. C'est cette façon d'agir qui fait toute la différence.

Paul trouve sa vie passionnante! Il aime écrire, faire des recherches, rencontrer de nouvelles personnes et apprendre de nouvelles choses. Il aime également l'intensité des dernières minutes avant de prendre le micro, les corrections ou les additions à la volée, en direct sur les ondes. Paul ne souffre pas de stress et on ne trouve pas chez lui les troubles et les malaises caractéristiques des gens stressés. Mais une autre personne pourrait facilement, dans les mêmes circonstances, souffrir d'un stress considérable et destructeur.

Gisèle a beau être dans une situation encore plus exigeante, elle ne présente pas les symptômes typiques du stress: nervosité, migraines, insomnie, troubles de digestion, difficultés de concentration, irritabilité, agitation, palpitations, maux de dos, troubles de mémoire... Gisèle a exactement le genre de vie qu'elle désire: une vie pleine et captivante où elle s'épanouit dans toutes ses dimensions importantes. Bien sûr elle aimerait avoir plus de temps libre, seule avec son mari, et consacrer plus de temps à être avec les enfants. Elle tente de compenser un peu pendant le week-end et elle traite les vacances en famille comme une priorité absolue.

Comment est-ce possible? Ces personnes ont "une vie tellement stressante" comparativement à d'autres.

Maurice, par exemple, occupe un poste de professionnel dans un des plus importants ministères, avec la sécurité d'emploi et tous les bénéfices marginaux qui le protègent contre les imprévus. Malgré tout ça, il souffre de stress: il dort mal, il fait de plus en plus d'erreurs d'inattention au travail, sa digestion est difficile, se ronge les ongles, attrape toutes les grippes et fait fréquemment des sautes d'humeur qui l'étonnent lui-même. En fait, Maurice est rongé et hanté par son conflit avec son patron. Il se rend au travail à reculons, rumine toute la journée ses insatisfactions et ses projets de vengeance. Toute sa vie est empoisonnée par ce conflit: il est distant avec ses collègues, irritable avec ses enfants, belliqueux avec son épouse; il s'en prend même au chien! Au bout du compte, ses relations avec les autres sont devenues tellement mauvaises que sa conjointe pense sérieusement au divorce, ce qui évidemment n'améliore pas la situation pour Maurice.

1. Quelle pression engendre le stress?

La pression psychique nécessaire pour engendrer le stress est une réaction psycho-physiologique devant une urgence. Trois genres de causes peuvent provoquer cette réaction d'urgence:

  1. les changements rapides, (positifs ou négatifs),
  2. les menaces ou les dangers que nous rencontrons (objectivement fondés ou non) et
  3. notre impression (justifiée ou non) d'avoir à réagir rapidement à la situation.
Lorsque nous sommes dans une situation d'urgence, notre organisme se mobilise intensément pour être capable d'y faire face adéquatement. C'est la sécrétion d'adrénaline qui permet de rendre instantanément disponibles les ressources de notre organisme. Elle augmente l'acuité de nos sens et de nos perceptions, la rapidité de nos réflexes et la force de nos muscles.

L'exemple le plus clair de cette situation d'urgence, c'est la situation où on est sur le point d'avoir un accident sur la route à cause d'une situation dangereuse qui survient à l'improviste. Mais il arrive souvent que le danger soit moins soudain et moins directement évident. C'est le cas, par exemple, lorsqu'on craint qu'une autre personne nous attaque ou nous enlève quelque chose d'important à tout moment. Parce que le danger est permanent, toujours imminent mais jamais terminé, il conduit plus facilement au stress chronique. C'est ce qui se passe dans le cas de Maurice: sa relation avec son patron est très importante, mais il ne se passe rien de bien grave. Toute la pression vient de l'appréhension et de l'anticipation.

2. La réaction naturelle

La suite normale à cette violente mobilisation générale est une action vigoureuse qui utilise les ressources rendues disponibles par la décharge d'adrénaline. Selon la situation et les décisions que nous prenons sur le moment, cette action est une fuite ou un combat: on agit pour éviter le danger qui nous menace ou pour combattre l'obstacle qui se dresse devant nous.

L'action vigoureuse rétablit l'équilibre psycho-physiologique et entraîne une sensation de bien-être et de satisfaction. Subjectivement, on éprouve un plaisir lié à l'intensité de ce que nous avons vécu. La fatigue et le besoin de récupérer apparaissent naturellement ensuite pour compléter le cycle. On ressent alors ce qu'on appelle une "bonne fatigue".

Dans la mesure où ces suites naturelles peuvent avoir lieu, le stress chronique destructeur est impossible. On parle alors de stress positif ou, plus communément, d'une vie excitante! Certaines personnes deviennent même "accrochées" à l'adrénaline: ces moments de mobilisation intense accompagnée de peur et d'action vigoureuse deviennent leur principale façon de se sentir vivantes. C'est, par exemple, une dimension importante de la passion du jeu ou de la pratique des sports extrêmes.

Par contre, si le passage à l'action n'a pas lieu, les risques de souffrir de stress augmentent considérablement. C'est alors qu'on peut parler d'une gestion inadéquate de la pression. Une seule expérience ne suffit pas à engendrer un stress chronique: il faut une répétition fréquente de cette pression mal gérée.
C. La gestion inadéquate de la pression


En examinant la façon dont les personnes stressées réagissent à la pression qui fait partie de leur situation, on peut identifier deux défauts fondamentaux et deux facteurs qui aggravent le stress. Les deux défauts sont des erreurs importantes dans la façon d'agir dans la situation qui engendre de la pression. Les facteurs aggravants sont plutôt liés aux caractéristiques de la situation.

1. Les façons inadéquates de réagir

Comme on l'a vu plus haut, la mobilisation générale de l'organisme en situation d'urgence conduit naturellement à une action de grande intensité. Elle sert précisément à la rendre possible. La première erreur que fait la personne stressée, c'est d'inhiber cette action que la situation d'urgence rend nécessaire.

    a) Inhibition de l'action
Pour diverses raisons (dont certaines sont bonnes), la personne se retient d'agir en atténuant l'intensité de son action ou en lui imposant des limites qui forcent l'action à demeurer incomplète. Souvent, elle va plus loin en arrêtant complètement son action, en la remplaçant par de l'immobilité. Parfois aussi, elle cherche à dissimuler ses réactions: elle s'efforce de demeurer inexpressive ou d'éliminer l'intensité de ses réactions. Les motifs pour cette inhibition volontaire sont très variables et souvent ils sont pertinents, au moins en partie. Mais quelles que soient les raisons et leur pertinence, cette inhibition transforme en tension, en malaise, en angoisse et en effets physiques l'énergie qui aurait dû servir à l'action.

Lorsque la situation d'urgence ne dure pas, cette inhibition a peu de conséquences. Mais s'il s'agit d'une situation qui se répète souvent ou qui dure longtemps, cette retenue générale devient intolérable et on ajoute bientôt une deuxième forme d'inhibition pour rendre la première plus efficace.

    b) Neutralisation de l'information
...

Plus de détails
Lisez la suite dans...

L'enfer de la fuite
comment en revenir plus fort

par Jean Garneau et Michelle Larivey

ISBN 2-921693-57-7    ReD éditeur
272 pages    29,95$





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