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" Vieillir "

Par Jean Garneau , psychologue

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Vos questions et nos réponses



Vous avez une question qui demeure sans réponse ?


 
Question: Animation de personnes âgées.

On me propose un poste d’animateur dans un organisme pour personnes âgées. À mes yeux, animer signifie “donner la vie”. Est-il contradictoire ou non d’animer des personnes qui sont en fin de vie?

Réponse

Voyons cette question sous deux angles: l’animation en tant qu’objectif et le sens possible de l’animation d’un groupe de personnes âgées.

    Animation - création - agitation
Dans la mesure où on accepte que le terme “animer” signifie “donner la vie”, on se retrouve dans une position difficile, quelle que soit la “clientèle” à animer. Peut-on vraiment donner la vie à un groupe, à une collectivité ou à un milieu, quels qu’ils soient? Il me semble qu’il est plus facile de créer un groupe (le faire exister en le fondant) que de l’animer (lui donner vie).

L’animateur ne peut que favoriser la vie qui est déjà présente; il ne peut la créer. Il est essentiellement le facilitateur d’un processus déjà inhérent aux individus ou à la collectivité. Il ne leur donne pas la vie, il fournit des conditions favorables pour que celle-ci se développe ou s’exprime plus harmonieusement ou plus complètement.

Le fondateur d’un groupe pourrait plus facilement être considéré comme donnant la vie à ce groupe. Mais en réalité il ne fait rien de plus que de le faire exister; il ne le rend pas vivant. C’est seulement de sa propre énergie et de celle de ses membres que ce groupe peut prendre vie.

C’est peut-être parce qu’on ne prend pas le temps de faire de telles distinctions qu’on confond souvent animation et provocation ou agitation. À vouloir animer une collectivité qui n’en demande pas tant, on en vient souvent à faire de l’agitation sociale plus qu’autre chose, habituellement aux dépens de ceux à qui on prétend donner vie.

    Animation de personnes âgées
Dans “Vieillir”, j’explique comment la vieillesse est souvent une dernière occasion que la vie nous donne en nous invitant à relever les défis fondamentaux de l’existence humaine. C’est probablement dans cette direction qu’il serait le plus intéressant d’interpréter la tâche d’un animateur dans un organisme pour personnes âgées.

Si on comprend l’animation comme la facilitation des processus vitaux déjà présents dans l’organisme visé, il ne s’agit pas de faire bouger un groupe de personnes aux articulations douloureuses, mais de favoriser un cheminement sain et harmonieux de chaque individu face aux défis existentiels de la liberté, la finitude, la solitude et la mort. Il s’agit plus d’aider chaque personne à trouver ses solutions devant ces dilemmes profondément troublants que de chercher à divertir le groupe de vieux pour leur éviter de penser à ces douloureuses questions.

C’est probablement une approche que la direction de plusieurs institutions aurait une certaine difficulté à adopter, mais je crois qu’elle serait vraiment appréciée par les personnes concernées si elle était appliquée avec tact et souplesse. Dans la mesure où il s’agit de faciliter un questionnement déjà présent, c’est à dire de le rendre plus serein, plus harmonieux et plus légitime tout en fournissant des outils pour le rendre plus efficace, une telle approche ne peut être nuisible et elle ne risque pas de violenter ceux qu’elle vise à aider.

Je souligne dans l’article le fait qu’on méprise souvent les personnes âgées sous prétexte de les protéger ou de les aider. Le fait de chercher à les divertir avant tout en détournant leur attention des préoccupations importantes auxquelles elles sont occupées est peut-être une autre manifestation de ce mépris qui se veut bienveillant.


Question: Une vision négative

Contrairement à vos autres articles, celui-ci fait une approche plus négative que positive, voire un peu désespérante du sujet traité. Pourquoi?

Réponse

Comme je le souligne en évoquant les enfants, tout dépend de la signification qu'on accorde au fait de vieillir. C'est désespérant si on n'accepte pas qu'il y ait un début et une fin à notre vie et que la seule bonne solution est de vivre pleinement et réalisant ses aspirations. Dans la mesure où on relève vraiment les défis existentiels que l'âge nous rappelle, la vieillesse devient une étape très satisfaisante au cours de laquelle on continue à se développer et à s'épanouir.

Mais pour ça, il faut faire face à des réalités difficiles que nous avions toujours évitées jusque là. Parmi les quatre défis fondamentaux, c'est celui que nous refusions le plus qui devient alors notre principale tâche de croissance. Comme nous l'expliquons dans le chapître 7 de "L'Auto-développement: psychothérapie dans la vie quotidienne", les personnes qui assument vraiment ces quatre aspects de leur vie sont très rares. Alors, il n'est pas étonnant que la tentation de reculer ou de démissionner soit forte lorsqu'on se retrouve confronté à celui des quatre qui nous semble le plus inacceptable.

Ces défis de l'existence sont des réalités qui peuvent être extrêmement angoissantes si on tente de les nier. Mais ils sont également des tremplins vers une force intérieure et un épanouissement libérateur lorsqu'on les assume vraiment. En fait, chacun de ces défis ouvre la porte à des satisfactions profondes autrement inaccessibles. Par exemple, plusieurs de ceux qui ont frôlé la mort le savent, il faut accepter la réalité de la mort pour apprécier la valeur de chaque moment de vie et en profiter vraiment.

Les enfants n'ont pas cette difficulté: ils n'ont pas vraiment à décider s'ils veulent grandir ou non. La nature s'en charge! Mais dans le cas des personnes qui vieillissent, la nature se contente de leur rappeler avec insistance certaines réalités qu'elles avaient jusqu'alors réussi à nier. Elles ont la capacité de continuer à nier malgré tout. C'est donc uniquement par choix qu'elles peuvent faire de leur vieillesse une autre étape d'épanouissement et, par là, accéder à de nouvelles satisfactions jusque là inaccessibles. C'est ainsi que la croissance ne finit qu'avec la fin de la vie: on travaille jusqu'à la fin à s'assumer complètement.

Ce qui est vraiment déprimant, toutefois, c'est le fait que bien des personnes refusent l'invitation à élargir leur capacité de vivre. Mais c'est leur liberté réelle qui rend cette option possible. Et il faut avoir le choix entre oui et non pour être capable de dire oui. Il faut donc accepter l'existence de ce choix individuel d'évitement pour que les options de croissance soient possibles.


Question: Aider à mourir ou à vieillir

Il me semble que la société et nos dirigeants cherche surtout à faire vieillir les gens le plus longtemps possible. Ne serait-il pas plus utile qu'on aide les gens à mieux mourir que de retarder l'échéance autant que la science le permet?

Réponse

Les progrès des différents secteurs de la biologie et de la médecine font de cette question un dilemme de plus en plus important. Aux époques et aux endroits où la durée moyenne de vie est inférieure à 40 ans, on s'interroge moins là-dessus. Mais les progrès de la science et les mesures sociales de support nous mettent de plus en plus devant des choix de ce genre.

Je n'ai pas la prétention d'avoir des réponses définitives et encore moins d'avoir des solutions applicables à tous. Voici quand-même quelques réflexions sur les deux pivots de ce dilemme. Qu'est-ce que "bien mourir"?

Il me semble qu'il y a une grande variété de bonnes réponses à cette question. Pour certains, la mort idéale arrive soudainement et sans avertissement; elle met fin à une vie qui est encore en mouvement. Pour d'autres, c'est plutôt de s'éteindre doucement entouré des êtres chers après avoir pris tout le temps nécessaire pour faire ses adieux et ses réconciliations. Pour plusieurs, c'est mourir au moment de leur choix, lorsqu'ils ont décidé que les joies qui restent possibles ne sont plus suffisantes pour contrebalancer les souffrances qui les attendent. Pour d'autres, il n'y a pas de mort acceptable.

Et si on veut préciser davantage, les options sont innombrables. Mais il me semble aussi qu'aucune de ces options ne peut être imposée à celui qui ne l'a pas choisie. Chaque personne a sa préférence et se trouverait gravement lésée si on voulait lui imposer une autre de ces options. C'est notre liberté de définir et de créer notre vie, notre capacité de créer le sens qu'on lui accorde, qui sont au coeur de ce choix. C'est pour cette raison qu'il me semble impossible de trouver une réponse qui s'applique à d'autres qu'à moi-même.

Quelle est la durée normale et suffisante d'une vie humaine?

Cette durée est également une réalité bien variable. Il faut déjà avoir vécu un bon moment pour commencer à considérer vraiment que la durée de notre vie est limitée. Même dans les quartiers où ils ont moins de 50% de chances d'atteindre 25 ans, les enfants se croient "éternels".

Paradoxalement, l'âge chronologique est aussi une réalité très subjective. Les adolescents considèrent presque comme des dinosaures les vieux de 26 ans. Les jeunes adultes croient que leur vie sera finie lorsqu'ils atteindront 50 ans. Certains jeunes cinquantenaires commencent à appréhender le moment où l'âge les forcera à la retraite alors que d'autres y aspirent dès 40 ans.

Lorsqu'on annonce que madame T. a 82 ans, la foule applaudit, tout comme lorsqu'on présente monsieur et madame S. qui sont mariés depuis 54 ans. Il semble que la foule considère le simple fait de durer longtemps comme un succès indiscutable. Personne ne demande, avant d'applaudir, si madame souffre d'une arthrite atroce ou si le couple se parle encore.

Tout comme l'âge de la retraite obligatoire, il me semble que l'âge de la mort ne peut être défini que par la personne concernée. Le bon âge, dans ces deux cas, dépend d'un grand nombre de facteurs dont la plupart sont propres à l'individu. Les plus importants sont probablement les suivants: l'état des facultés psychiques, mentales et physiques, la satisfaction actuelle et celle à laquelle on croit pouvoir aspirer, le degré de bien-être (physique, psychique et matériel) dont on jouit et, peut-être le plus important de tous, les objectifs de développement ou d'accomplissement qu'on poursuit.

Certaines personnes préfèrent continuer d'endurer un martyre physique pour se procurer le temps d'atteindre un objectif qui leur tient à coeur. D'autres ont hâte que la médecine ou la société les autorise à mourir et à cesser de souffrir. Certains décident même de mourir très jeunes parce qu'ils n'ont plus l'espoir d'une vie satisfaisante. Autrement dit, les personnes évaluent leur vie selon des critères qui ont peu à voir avec le fait de "durer longtemps". C'est la qualité de cette vie et surtout le sens qu'elle lui donne qui servent de critères pour la personne concernée.

Alors, pour revenir à la question initiale, je dirais qu'il s'agit d'un choix individuel qui repose sur des caractéristiques particulières à chaque situation. La société et la médecine devraient probablement s'abstenir de s'en mêler sauf dans les cas où la personne n'est plus en mesure de faire des choix responsables. Mais ce n'est qu'une opinion personnelle qui n'a de valeur que dans le contexte de ma vie.


Question: Liberté et mort

Vous parlez des défis existentiels comme s'ils étaient indépendants l'un de l'autre. Est-il possible qu'ils soient plus intimement reliés et qu'il y ait une hiérarchie entre eux? Par exemple, le défi de la liberté pourrait-il avoir préséance sur celui de la mort parce qu'il contient en lui-même le droit de décider de choisir le jour de sa mort?

Réponse

Est-ce qu'il y a une hiérarchie entre les saisons? Il est évident que chaque saison est très directement reliée aux autres par une relation de continuité et de complémentarité à la fois. Il n'y a pas de cassure nette entre les saisons, mais chacune a son identité propre qui dépend des trois autres. C'est vrai même dans les régions où les écarts de température sont relativement faibles.

Les quatre défis fondamentaux de l'existence sont complémentaires et interdépendants, un peu comme les saisons. Chacun prend une partie de son sens en regard des autres.

Par exemple, la finitude est un complément nécessaire à la liberté. Sans elle, notre liberté équivaudrait à une toute-puissance et perdrait toute signification. C'est parce que nous ne pouvons tout faire que la liberté de choisir devient cruciale et que l'efficacité de nos choix est importante.

De même, la solitude suppose la liberté. Nous ne pouvons être seuls responsables de nos vies si nous n'avons pas la capacité de faire des choix pour assumer cette responsabilité. Et il serait ridicule de prendre la responsabilité de nos actes s'il n'y avait aucun rapport entre ceux-ci et leurs conséquences.

C'est un peu la même question qui se pose lorsqu'on réfléchit au "droit de choisir le jour de sa mort". La mort donne son sens à la vie parce qu'elle en définit la rareté. Mais cette vie existe dans le contexte de la liberté, de la finitude et de la solitude. Une partie de sa valeur vient du fait qu'on la choisit, malgré et avec les limites qu'elle comporte, qu'on décide d'en faire soi-même un lieu de satisfaction et d'épanouissement, qu'on pose les gestes nécessaires pour réaliser ce projet.

Comme chacun des défis existentiels, la mort est à la fois un fait indéniable et une réalité qu'on peut refuser avec vigueur. Ce refus ne change pas le fait lui-même, mais il a des effets appauvrissant considérables sur l'univers psychique et le comportement de la personne concernée. La réciproque est vraie: celui qui relève ce défi acquiert la capacité de profiter vraiment de sa vie. Mais c'est à travers un choix qu'il y parvient. Le défi a beau correspondre à une réalité inéluctable, il n'est, du point de vue de la vie psychique, qu'une invitation et non une contrainte.

Pour que ce choix soit réel, il faut que le choix inverse soit également possible. Le choix de mourir est une option réelle, bien plus encore que celle de nier la mort. La décision de choisir un moment ou une façon de mourir est une capacité réelle. Même si certaines lois prétendent priver les individus du "droit" de choisir de mourir, la "capacité" demeure inchangée au sein de chaque individu.


Question: Le plaisir de vieillir

La première partie de votre article décrit les limites du vieillissement d'une façon très démoralisante. On n'y voit pas comment il est possible d'avoir du plaisir à vieillir et de trouver dans cette étape de vie une précieuse sérénité. Dans mon cas c'est après 50 ans que je peux parler de plaisir réel à vivre! Suis-je une exception? Je ne crois pas.

Réponse

Il faut distinguer ici entre les effets du vieillissement lui-même et ceux de notre comportement individuel pendant qu'on avance en âge. La sagesse et la sérénité ne sont pas des bénéfices secondaires automatiques qui viennent dédommager les personnes qui vieillissent. Le plaisir de vivre n'est pas non plus un sous-produit de l'âge.

Si la sagesse et la sérénité sont plus fréquents chez les personnes âgées, c'est parce qu'elles sont plus nombreuses à avoir accepté les défis de la vie et à les avoir relevés avec succès. La vieillesse est comme une dernière chance d'y parvenir. Les défis sont déjà présents depuis longtemps, mais les phénomènes qui font partie du vieillissement nous les présentent avec une force accrue.

Les personnes qui acceptent de s'y frotter peuvent atteindre un niveau supérieur de sérénité et de sécurité psychique. Mais celles qui persistent dans le déni se retrouvent encore plus angoissées, menacées par l'existence d'une réalité sur laquelle elles s'entêtent à fermer les yeux. C'est le sort de tous les humains, jeunes et vieux. Si on trouve ce destin trop démoralisant, c'est vraisemblablement parce qu'on repousse l'un ou l'autre des défis de l'existence. Pour ceux qui les acceptent, c'est un pouvoir accru sur son existence et sa satisfaction qui est l'enjeu.

Pour ce qui est du plaisir réel à vivre, il n'a rien à voir avec l'âge. On éprouve cette forme de joie en vertu d'un succès qui découle de nos actes. Rien ne nous force à attendre d'avoir 50 ans. Mais comme nous recevons la vie sans mode d'emploi, nous devons tous apprendre à nous en servir. Cela suppose bien des erreurs de parcours et des échecs dans nos tentatives avant de trouver "la bonne méthode".

C'est parce que ce mode d'emploi est trop difficile à transmettre que plusieurs personnes ont l'impression que "la vie commence à 50 ans". Il leur a fallu tout ce temps pour devenir habiles à profiter de leur vie. Il a fallu éliminer toutes les méthodes inefficaces: celles qu'on veut nous imposer, celles qu'on emprunte à d'autres, celles qu'on invente en faisant les erreurs qui découlent de notre finitude, etc.

En fait, avec toutes ces fausses pistes plus ou moins inévitables, il est presque étonnant qu'on y parvienne, même à 50 ans ou plus! Pourtant...


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