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Par Jean Garneau , psychologue

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Vos questions et nos réponses


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Question: L'expression authentique et assumée est-elle trop risquée ?

S'exprimer d'une façon où on s'assume vraiment peut faire de nous une proie facile, surtout si on laisse voir ses vulnérabilités. On risque alors de faire abuser de nous par des gens sans scrupules qui profitent de nos faiblesses pour nous manipuler et nous attribuer tous les torts. Est-il vraiment possible de s'assumer pleinement dans son expression sans se condamner à devenir victime et à n'avoir plus que la révolte comme issue ?

Réponse

Cette question "met le doigt" sur une erreur très fréquente. Pour bien répondre, il faut distinguer l'effet sur soi de l'effet sur les autres.

L'expression qui permet de s'assumer ne vise qu'un seul but principal: l'effet qu'elle fera sur nous-même. Les autres sont un peu comme des figurants: ils servent d'auditoire, de représentants de l'ensemble du genre humain. Si mon expression d'une dimension de moi- même est bien réussie, elle fait que je suis capable de laisser voir cet aspect à n'importe qui, sans être à la merci des réactions qu'ils pourraient avoir. Je suis alors en pleine possession de moi-même dans cet aspect de ce que je suis.

Mais si je fais une expression dans l'espoir d'obtenir certaines réactions particulières des autres, alors j'exprime pour influencer (voir Travailler avec mes émotions) et non pour m'assumer. Le fait de faire des confidences peut parfois apparaître comme une bonne méthode pour obtenir la compréhension ou même l'indulgence des autres. On compte alors sur le "fair play" qui devrait empêcher notre interlocuteur de se servir de nos confidences pour obtenir sur nous un pouvoir supplémentaire. On souhaite qu'il n'utilise pas ses capacités et ses informations pour atteindre ses fins; on espère qu'il nous "ménagera".

Dans ce cas, on ne s'exprime pas pour s'assumer, mais bien dans l'espoir de ne pas avoir besoin de le faire vraiment. Lorsqu'on s'assume, on n'a pas besoin que les autres fassent semblant de ne pas voir nos faiblesses: on les porte comme des dimensions essentielles de nous-mêmes. Comme je le souligne dans "Fidèle à moi-même", si je suis inconfortable qu'on me dise sensible, c'est nécessairement parce que je n'assume pas entièrement ma sensibilité. Un autre serait fier d'être traité de sensible!



Question: L'angoisse du silence cybernétique

Je trouve particulièrement difficile l'attente d'une réponse ou l'absence de réponse lorsque j'écris à quelqu'un ou lorsque je participe à un groupe de discussion virtuel. Dans l'attente, je crée toutes sortes de scénarios qui augmentent encore plus mon inquiétude. Je sais bien que ce sont mes propres peurs qui s'expriment alors, mais je n'arrive pas vraiment à les contrôler. Comment peut-on éviter ce débordement de l'imagination ?

Réponse

Peut-être n'est-il pas nécessaire de l'éviter. Il s'agit d'une expérience inconfortable, mais aussi d'une belle occasion de retour à nous-mêmes et aux dimensions les plus importantes de notre vie actuelle.

Le courrier électronique, et les listes de discussion en particulier, nous mettent souvent dans cette situation angoissante. Nous avons l'impression d'avoir envoyé un message important, précieux, compromettant ou vulnérable, mais qu'il est tombé dans le vide infini et l'indifférence froide du cyber-espace. On se sent un peu comme un astronaute qu'on aurait échappé quelque part dans l'espace!

Bien sûr, nous comblons le vide (l'absence d'information sur les réactions des autres) en inventant ce que nous craignons le plus: rejet, indifférence, mépris, haine, dégoût... Ce n'est rien pour nous réconforter, évidemment! Mais quelle belle occasion de nous ramener à ce qui est pour nous le plus important...

Si on y regarde de près, on constate la plupart du temps que les craintes qui nous habitent alors sont le reflet direct de nos transferts les plus intenses. Nous attribuons à nos interlocuteurs invisibles les attitudes "parentales" avec lesquelles nous sommes aux prises. Si nous accueillons cette expérience plutôt que de chercher à l'éliminer, elle nous conduit directement à notre principale tâche de croissance du moment. (Voir "Conquérir la liberté d'être soi-même" .)

Pourquoi ne pas utiliser ces moments angoissants comme indicateur? Ils peuvent nous ramener à notre tâche de développement psychique et nous aider à mesurer nos progrès. Il suffit d'être attentif à ce que nous imaginons chez les autres.



Question: Écriture et impulsivité

Je trouve qu'il est dangereux de répondre immédiatement à un message électronique. Il est beaucoup plus facile d'être pondéré après quelques jours; ça nous permet d'éviter les réparties qu'on regretterait ensuite. Ne croyez-vous pas que les conflits seraient plus rares si on prenait toujours le temps de laisser un peu de temps avant de répondre ?

Réponse

Plusieurs spécialistes des groupes de discussion suggèrent en effet d'attendre que les réactions émotives soient calmées avant de répondre à un message. Il s'agit d'un antidote efficace contre les guerres enflammées ("flame wars") si fréquentes dans certaines zones du Net.

C'est d'ailleurs l'équivalent d'un principe que nous avons tous reçu au cours de notre éducation: ne pas se laisser guider par les émotions, ne jamais les exprimer lorsqu'elles sont présentes ou intenses et, surtout, ne pas se laisser emporter. Ça nous apparaît parfois même comme un des principes essentiels à la vie en société.

Mais tout dépend du but qu'on vise. Si on veut éviter les conflits, les confrontations, les émotions fortes, les moments de grande intensité, cette méthode est excellente. À la limite, on n'exprime rien et on ne réagit à rien. Il faut alors un conjoint ou un enfant bien décidé et particulièrement audacieux pour nous amener à sortir de cet univers éteint où il ne se passe apparemment rien.

Est-ce bien cet univers sans vagues que nous voulons vraiment? Il semble bien que non si on en juge par ce que nous faisons de nos temps libres. Les films à succès sont chargés d'émotions intenses, les grands comédiens sont ceux qui parviennent à nous toucher avec intensité, les vedettes de la musique populaire sont ceux qui inventent les interprétations les plus intensément chargées d'émotions, les compositeurs de chansons à succès sont ceux qui nous font vivre les émotions les plus fortes. Je ne crois pas que ce soit par hasard!

Pour ma part, je préfère une discussion vigoureuse qui permet de clarifier nos opinions ou une bonne chicane qui nettoie l'atmosphère. C'est nettement plus intéressant et enrichissant que le silence d'un interlocuteur prudent. C'est aussi le prix à payer pour garder la capacité de vivre des attachements intenses et des moments de grande fierté: ce n'est pas par le silence prudent qu'on peut y parvenir.



Question: Courriel ou rencontre physique ?

Comment se fait-il que certaines personnes préfèrent nettement communiquer par courrier électronique alors que d'autres optent tout aussi clairement pour la rencontre "en personne" chaque fois que c'est possible ? Quels traits personnels sont à l'origine de ces préférences ?

Réponse

Voici quelques réflexions sur cette question. Vos réponses personnelles seraient sûrement utiles pour compléter.

On pourrait répondre que c'est d'abord une question d'habileté. Les personnes qui sont habiles sur un clavier ont certainement un avantage sur celles qui doivent chercher chaque lettre.

Mais l'habileté va beaucoup plus loin que ce doigté. D'abord, l'adaptation à la composition sur ordinateur est une étape par laquelle nous devons tous passer. Il y a aussi l'adaptation plus particulière aux limites de l'écran qui nous restreint à une vision étroite de notre texte. Il ne faut pas oublier aussi les habiletés nécessaires pour s'exprimer par écrit: nous ne sommes pas tous également à l'aise dans l'expression écrite et ses éléments essentiels comme l'orthographe et la syntaxe. Chacun de ces éléments peut inhiber notre goût pour l'expression écrite et pour les échanges par courrier électronique.

Mais c'est aussi une question de goût ou de préférence. Selon ce qu'on recherche, les formes de communication prennent une valeur différente. Voici des exemples.

Certaines personnes éprouvent beaucoup de satisfaction à s'exprimer avec précision; elles ont du plaisir à trouver la façon la plus juste de formuler leur opinion ou leur expérience émotive. Ces personnes ont naturellement tendance à préférer l'expression écrite qui permet d'aller beaucoup plus loin dans cette direction.

D'autres personnes recherchent davantage le contact avec l'autre: c'est de l'échange vivant et mouvant qu'elles se nourrissent surtout. Ces personnes veulent réagir immédiatement et veulent voir sans délai les réactions de l'autre, car c'est ce qui nourrit le contact et ce qui fait évoluer la relation. Ces personnes préfèrent naturellement le contact "en personne". Elles se contentent du téléphone ou du bavardage électronique ("chat") si nécessaire, mais sont moins attirées par le courrier électronique qui empêche l'immédiateté.

Mais on pourrait dire aussi que c'est une question de confort. Selon nos façons préférées d'assurer notre sécurité (nos mécanismes de défense), nous serons plus attirés par l'un ou l'autre.

Si ma sécurité s'appuie sur le contrôle précis de ce j'exprime, de mes actions, de l'information que je fais connaître, il est probable que je préfère le courrier électronique qui me laisse tout le temps pour donner à mon message la forme exacte qui me convient. De même, si je crains de perdre mes moyens devant les réponses de l'autre, je me tourne naturellement vers le courriel qui me donne l'espace pour me retrouver avant de répondre.

Par contre, si ma sécurité repose principalement sur ma capacité de m'adapter rapidement à l'autre, à ses attentes, ses réactions et ses exigences, alors il me faut un terrain où j'ai immédiatement accès aux réactions de l'autre. De même, si je compte beaucoup sur ma capacité d'influencer l'autre pour l'amener à adopter mon point de vue ou à m'apprécier, je veux sûrement un mode de communication qui m'aide à le faire. Le courrier électronique ne peut, dans ce cas, m'apparaître comme une méthode de communication satisfaisante.

Habileté, préférence, confort? Les trois dimensions ont leur importance pour nous amener à privilégier une méthode ou l'autre, mais elle ne nous déterminent pas vraiment. Nous pouvons tous explorer les richesses de la méthode qui nous attire moins. Un choix conscient à cet égard peut nous servir à développer de nouveaux aspects de nous-mêmes.



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    Voyez les détails ici: http://redpsy.com/virtuel/question.html


  2. Une question de clarification ou d'approfondissement dont la réponse est publiée sur le site.

    Les auteurs des articles répondent gratuitement aux questions d'intérêt général. Les réponses sont des principes généraux dont chacun doit évaluer la pertinence pour sa propre situation. Il s'agit d'une intervention éducative et non d'une consultation personnelle. Les psychologues répondent à la fin du mois aux questions qui concernent l'article du mois courant. Ils répondent aux autres questions au moment qui leur convient.

    Il vous suffit de nous faire parvenir votre question à


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